Visite

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Ils étaient sympas pour des pauvres, ces amis, la famille Crassou. Ce jour là j'avais justement reçu leur visite, ils avaient pu goûter au privilège de dîner chez nous, bien qu'il faille avouer que nous avions raté la préparation du dessert ! En effet, un de nos délicieux gâteaux que l'on pouvait gouter à notre table avait été raté par notre aimable domestique, Rosa, quel dommage...

Quand je les questionnais sur l'emploi de domestiques, ils me répondaient :

— Oh, eh bien, nous n'avons pas vraiment les moyens... Et euh...
— Le moyen vous en empêche, vous dites ? Allons, nous-mêmes n'avons qu'une seule domestique ! Ce n'est point difficile !




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Un peu de décoration n'aurait pas fait de mal.

La semaine suivante, c'était à eux de nous recevoir. Comment allaient-ils s'y prendre pour nous accueillir, nous, la riche et digne famille des Boyard ? Savaient-ils au moins que nous descendions d'une très grande lignée ? Savaient-ils que c'étaient une lignée de sang particulièrement riche, particulièrement méritante ? Oui, ils devaient sûrement l'avoir vaguement retenu (on leur en avait souvent parlé), puisqu'ils avaient fait l'effort de préparer du pudding au dessert. Ah-ah, je vous vois venir ! non, évidemment, il ne s'agit pas réellement d'un effort, mais étant donné ce que leur condition nous avait déjà fait vivre à une de leurs réceptions, je pense que de ne pas nous avoir servi de vulgaires yaourts Petits Paniers de Yoplait était pour eux un grand pas en avant.

J'allais sonner à la porte. Ding dong ! Nous retintâmes... Non, évidemment, je vous teste, « Nous retintâmes », ça n'a pas de sens, sachez-le.

— Bonjour.
— Bonjour !, répondis-je d'un air plus sûr que le sien.
— S.. salut., répondit sa modeste femme Lisa.

La mienne eut au moins la politesse de montrer qu'elle était une femme.

Après de torrides introductions (je fais déjà de l'ironie), il fût le moment de passer à table. Les serviettes n'étaient pas placés selon les codes, mais, bfff! quelle importance... pour ces bas gens. Finalement, nous mangeâmes quelques haricots, accompagnés de, euh rien. Accompagnés de rien. Ceci-dit, ce qu'il manqua le plus était un vin. Manger sans vin, une hérésie quand on reçoit !

— Avons-nous du vin ?, demandai-je poliment
— Non. Est-ce que cela vous suffit ?
— Est-ce que cela me suffit, vous demandez ?

Un silence ternit alors l'ambiance, qui était déjà bien pauvre.

— C'est une plaisanterie ?, demandai-je
— Pas du tout
— Eh bien, vous êtes bien modeste d'esprit !, balançai-je pour détendre l'atmosphère

Et justement il se mit à rire.
Sa femme aussi. Allait-elle se taire, elle ? Quelle était donc cette jeune mode que de laisser rire sa conjointe à table ? Absolument scandaleux. Je le fît savoir par une phrase que je juge tout à fait subtile de par sa politesse :

— Vous êtes content de votre arrivée en France ?

J'avais en effet cru ouïr qu'ils venaient d'un de ces pays arabes, où on est islamiste, et justement je me disais qu'une fois arrivés ici ils devaient se croire tout permis, tout cela parce-qu'ils se retrouvent dans un pays occidental, un riche pays, un glorieux pays.

— Pardon monsieur ?
— Eh bien, vous êtes bien issus de l'immigration, tous les deux, non ?
— Oh ! Non, en fait, ma famille a seulement immigré il y a de cela deux générations.
— Le paternel de votre paternel ? Allons, dis-je gentiment... ça ne fait pas de vous un pur-souche pour autant. Avez-vous vos papiers ?
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Même cette assiette de décoration toute kitsch de chez IKEA n'aurait fait de mal à personne.

Nous continuâmes notre discussion, pendant laquelle je pouvais sentir la pauvreté de ces gens, aussi bien d'esprit comme de biens. Ces deux là me parlaient. Oui, les deux, car sa femme ne s'était toujours pas retenue, à l'autre. On parlait de purs-sangs arabes. Une race de chevaux. C'est là que je pu demander :

— Aimez-vous, l'équitation, Jacquot ?
— Je n'en pratique pas
— Bien. Cette discussion est close.

Je sorti ma baguette d'incantation. Nous recevoir ainsi... Il ne fallait pas prendre la famille Boyard pour des cons. Mon père lui-même avait vendu son château à une émission de télévision. Malheureusement pas diffusée sur TF1. France 3, je ne regarde jamais. Puis à part C'est pas sorcier, rien n'intéresse non plus Giselle sur cette chaîne. Bref, je sortis ma fameuse baguette d'incantation. Ils avaient peur, cette pauvre famille. Je le sentais. J'invoquai quelques monstres venus des ombres, qui auraient du ne faire qu'une bouchée de leurs piètres corps... Quand je découvris une chose en entendant ce bon vieux connard :

— Hahaha ! J'ai aussi un pouvoir magique ! Tout ce que tu pensais dans ta tête, je l'entendais tout haut depuis le début ! Hahaha !

Cela me surprit. Et puis finalement, peu importait. Normalement il ne pourrait rien me faire, même s'il savait lire dans les pensées. Je lui demandai (pour être certain) :

— Ah, mais, vous ne pouvez rien contre moi, si ?
— Non.
— Bien.

J'envoyai sur lui tous mes monstres de la nuit sanguinaire. Ma femme, bien entendu, fit son boulot de femme et se transforma ainsi en harpie. Elle put manger son insolente femme, quand moi je faisais manger le mari.

La harpie s'occupa de dévorer cette chienne de femme de pauvre tandis que mes zombies et mes démons brûlaient et violaient leurs cadavres puants la misère dans une danse joyeusement macabre et sanguinaire de guerre vaudou.

Comme ça, je n'aurai plus jamais à venir chez ces gens.


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Elle n'aurait pas pu nous tuer.












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Quand tout à coup...

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Boum !

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Paf !

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Surprise !

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Une assiette de chez IKEA arriva sur les lieux du crime...

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... et nous dévora...




[modifier] Notes en bas de page

Il n'y a aucune note en bas de page. Le narrateur est mort.


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