Vanité

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Cet article qui reste à écrire va être un pur chef-d'œuvre et attirera beaucoup de jalousie à son auteur. Ami lecteur, ne laisse pas la rancœur de ta piètre condition t'empêcher de profiter pleinement de ce cadeau que je te fais.



L'AUTEUR

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Moi (vue d'artiste)

de cet article

présente

un pur chef-d'œuvre

d'intelligence

et d'humour

à destination des gens

qui savent reconnaître

le génie quand ils le rencontrent


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Plutôt que de traiter son sujet par une suite d'explications impersonnelles, l'auteur a eu l'idée excellente de simuler une interview par un journaliste qui l'interrogerait au sujet de la vanité.


L'interviewer : Pouvez-vous expliquer la genèse de cet article à vos nombreux fans ? D'où vous est venue l'idée de traiter ce sujet ô combien délicat qu'est la vanité ?
L'auteur : D'abord je tiens à préciser que cette modeste contribution n'est qu'une simple proposition destinée à combler un vide. J'invite tout un chacun à la compléter, la modifier voire la supprimer selon ses désirs. Non, je plaisante : le premier qui touche à ce diamant est mort.
L'interviewer : Qui pourrait le vouloir ? Ce serait sacrilège ! Je l'ai lu douze fois et à chaque fois je ris plus fort, je découvre une subtilité qui m'avait échappée, je grandis spirituellement. Il me semble me rapprocher de vous tout en ressentant de façon plus aiguë la distance qui nous sépare. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?
L'auteur : Rien n'est plus facile à comprendre. Plus je vous éclaire, mieux vous entr'apercevez la mesure de mon génie. Lorsque vous croissez d'une unité, deux unités de plus vous apparaissent à mettre à mon crédit.
L'interviewer : C'est formidable !
L'auteur : Certes. Mais trêve d'inutiles flatteries. Il n'y a rien que vous puissiez dire de positif à mon sujet que je ne sache déjà. Y a-t-il quelque chose sur lequel vous désirez que je vous éclaire ?
L'interviewer : J'aimerais tout savoir sur tout mais je ne sais pas quelle question vous poser en premier.
L'auteur : Ne deviez-vous pas m'interroger sur la vanité ?
L'interviewer : Ah si. Comment est-il possible que vous en sachiez autant à ce sujet ?
L'auteur : Ma foi, je suis un fin observateur de mes contemporains dont je dois avouer que le ridicule de leur fatuité saute aux yeux de qui a l'œil un tant soit peu exercé. La naïveté de leur suffisance est un spectacle étonnant et distrayant. Qu'ils semblent ne se rendre compte de rien est le seul mystère que je n'ai toujours pas résolu.
L'interviewer : Ne serait-ce pas tout simplement parce que vous êtes vous-même très vaniteux et que donc vous pouvez aisément voir chez les autres ce que vous possédez en vous-même ?
L'auteur : Bravo ! J'ai simulé pendant un instant l'incompréhension, comme si certaines idées pouvaient ne pas m'être accessibles, afin de vous laisser une chance de trouver la solution.
L'interviewer : Merci, Maître. Mais étant donné que je ne suis qu'une émanation de votre Esprit, il est bien clair que c'est vous qui avez eu l'idée.
L'auteur : Certes, rappelons à notre lectorat que vos brefs éclairs de génie n'émaneront pas d'une autre personne que la mienne et ne seront évidemment que réthoriques, dans un but pédagogique et récréatif.
L'interviewer : Il va sans dire.
L'auteur : Pour continuer sur le sujet, la vanité qui m'habite n'a rien à voir avec celle du commun des mortels. Les petits vaniteux sont persuadés de ne pas l'être. Les grands vaniteux savent qu'ils le sont et en tirent une juste fierté.
L'interviewer : Avez-vous des exemples de cette pauvre espèce de vaniteux ?
L'auteur : Ils foisonnent, vous vous en doutez bien. Prenez l'exemple incontournable et venant immédiatement à l'esprit de ce BHL. Philosophe de guerre, il combat pour la Liberté dans tous les pays, sur tous les fronts, devant toutes les caméras. Ses nombreux ouvrages ont été de multiples fois cités par personne mais systématiquement promus dans tous les médias, ce qui fait de lui le philosophe le plus vu à la TV dans le monde. Son principal apport tient dans le concept de la chemise ouverte qui permet d’aérer mais pas trop afin de maintenir le corps dans une température idéale pour ne pas trop puer des bras sous la chaleur et la lumière vive des projecteurs.
L'interviewer : Ah oui, il m'énerve. En plus, il me semble qu'il se croit journaliste d'investigation et éditorialiste de haut vol. Moi qui suis pigiste, et encore juste le temps de cet article, j'ai l'impression d'avoir plus de talent que lui.
L'interviewer : Comme autre exemple spectaculaire de votre profession, on a l'inénarrable Christophe Barbier. Dans ses éditos dans l’Express, à travers des citations, il convoque les plus grands philosophes, hommes politiques ou romanciers pour défendre les idées que l’eau mouille beaucoup quand elle tombe sur nous, que le feu brûle quand on le touche, que l’air oxygène quand on le respire et que la terre s’aplatit quand on marche dessus, pour atteindre la quintessence du journalisme engagé dans l’opinion la plus commune. Vu qu’il ne passe pas suffisamment à la TV, il nous offre aussi des éditos en vidéo plusieurs fois par semaine, visibles depuis le site web de l’Express, où on peut en plus l’admirer déambuler dans les couloirs de son journal avec son écharpe rouge même en été (vu que c’est un peu la Légion d’Honneur qu’il s’est décernée), ce qui est important pour bien comprendre ce qu’il dit.
L'interviewer : Oui, celui-là aussi il m'énerve !
L'auteur : Si on s'éloigne franchement du journalisme mais en restant dans les medias, la place où le vaniteux se doit d'être pour exister, il nous faut citer Nabilla. Top modèle pour des millions de jeunes qui rêvent de passer pour des cons à la TV, il lui a suffit d’une seule phrase pour obtenir l’attention fascinée du gland public, pour qui la bimbo idiote est le fantasme le plus érotique qui soit dans la mesure où elle semble facile à leurrer donc à séduire. Symbole de la méritocratie égalitaire qui veut que tout le monde peut réussir dans vie, du moment qu’on a une plastique en plastique et qu’on est suffisamment con pour ne pas se rendre compte qu’on l’est à ce point. Avec l’air qu’elle stocke dans la poitrine et entre les oreilles, elle peut tenir plusieurs heures sous l’eau.
L'interviewer : Oui, celle-là aussi elle m'excite ! Euh, je voulais dire qu'elle m'énerve aussi.
L'auteur : Comme n'importe qui, je pourrais évidemment encore égrainer toute une liste de personnalités médiatiques pour le plus grand plaisir de notre lectorat qui adore se moquer de la vanité des autres comme s'il n'était pas secrètement jaloux de la place de ces ridicules. Mais j'estime qu'il vaut mieux entrer dans le vif du sujet et commencer à aborder la notion en elle-même.
L'interviewer : Ouais, tous ces peoples, on s'en fout finalement. Moi, en tout cas, ils ne m'intéressent pas.
L'auteur : Car les considérer serait leur accorder une grande importance, celle de rivaux dont la vanité serait flattée tandis que la notre ne serait que frustrée.
L'interviewer : Ah ça oui ! Moi, ces petits marquis de pacotille, ils m'indiffèrent à un point ! Ils n'arrêtent pas de m'indifférer ! Ils m'indiffèrent tellement que ça m'indiffère de le constater !
L'auteur : C'est sûr que vous n'êtes pas comme ces narcisses qui, faute de passer dans les media mainstream, nous offre de petits programmes sur leur petite vie à travers de magnifiques documentaires d'eux-mêmes sur Facebook et des dépêches de dernière minute à propos de leur actualité sur Twitter, où le reste du Monde, s'il n'était pas déjà occupé à se médiatiser de son côté, pourrait apprendre qu'hier soir ils ont mangé des nouilles. Résultat : un twitos récolte en moyenne un like et encore, en tenant compte dans ces statistiques des annonces de Paris Hilton qui obtient un million de likes à chaque fois qu'elle nous fait part d'un nouveau pet.
L'interviewer : Merci de ne m'avoir pas confondu avec eux.
L'auteur : Bon, laissons ces moutons et revenons aux nôtres. Intéressons-nous plutôt aux champs d'applications de la vanité. Ils sont multiples. Plus que ça : ils sont infinis.
L'interviewer : L'espace de cet article étant borné, pourriez-vous vous restreindre à n'en traiter que quelques-uns ? Lesquels mettriez-vous en avant ?
L'auteur : On peut par exemple commencer par parler du milieu de l'art (et ne jamais s'arrêter). Depuis que l'art est mort, on n'a jamais vu autant d'artistes. D'ailleurs, tout le monde est devenu artiste, le plus pathétique étant le tagueur, celui qui trouve nécessaire de nous communiquer son surnom débile en cinq mètres sur deux sur les murs des autres.
L'interviewer : Mais n'atteint-on pas là l'essence même de l'art contemporain, qu'on pourrait définir comme toute production d'artiste, un artiste étant simplement quelqu'un qui se proclame artiste ? Il suffit donc de signer pour avoir à la fois un nom d'artiste et une production ?
L'auteur : C'est exactement ce que je pense et que j'allais dire moi-même si je ne vous avais pas inventé. Sauf que ces cons de tagueurs ne tirent aucun revenu de leurs exactions contrairement aux artistes officiels estampillés par l'Etat. Quand Manzoni fait caca en conserve, il imagine qu'un gramme de sa merde vaut autant qu'un gramme d'or. Mais comme l'art est dans l'œil, comme le doigt, du spectateur, chaque boîte de 30g vaut aujourd'hui environ 30000 euros, soit à peu près le prix d'un lingot d'un kilo d'or. C'est la différence entre un artiste et un simple mortel, qui ne peut couler qu'un bronze dont je certifie qu'il ne le revendra jamais même à un millième du cours du métal. Il faut cependant avouer que la côte des 90 conserves de Manzoni n'ont augmenté qu'après sa mort, ce qui constitue un phénomène inverse de celui de la poule aux œufs d'or, dont la production ne rapportait que tant qu'elle était en vie. C'est pourquoi je milite pour l'assassinat de tous les artistes plus ou moins connus, non pas seulement pour des raisons d'hygiène publique, mais parce c'est un moyen de créer de la richesse sans effort dans un monde en crise.
L'interviewer : Même les intermittents du spectacle ?
L'auteur : Non pas la peine, il suffit de leur couper les vivres. Non seulement on les paie quand il ne font rien, mais en outre on les paie encore plus quand il font des spectacles, c'est-à-dire du mal. Vivement l'instauration du revenu minimum universel.
L'interviewer : Excusez-moi de vous arrêter, Maître, mais je m'aperçois tout à coup que nous n'avons même pas défini le concept dont nous parlons.
L'auteur : C'est vrai. Nous avons simplement supposé que tout le monde savait ce qu'était la vanité. Or, il est probable que tout le monde croit le savoir alors que bien peu ont une idée précise de ce dont il s'agit. Étymologiquement, 'vanité' vient de 'vide'. La vanité est le fantasme du "quelque chose" là où il n'y a rien.
L'interviewer : À ne pas confondre avec la fierté, qui est un contentement de soi qui fait suite à la réalisation d'une action de valeur !
L'auteur : Vous supposez qu'il existe quelque chose qui ne soit pas vain. Alexandre dit "le grand" qui conquiert un empire et n'a pas le temps d'en profiter avant de mourir jeune et de ne pas le voir s'écrouler aussitôt, pas vain ? Courir le 100m en moins de 10 secondes, pas vain ? La valeur d'un exploit du Livre Guiness des Records tient en ce qu'il est difficile à réaliser (puisque qu'un seul individu a pu le faire) pas en ce qu'il a produit (en général : rien). Vous êtes fiers de vos enfants ? Parce qu'ils ont vos gènes dont vous n'êtes pas le créateur ou parce que vous avez réussi à bien viser dans le trou ?


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