Romantico Scorpio

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Jean-Henri Fabre a dit :
« C'est le genre d'articles que j'aurais aimé écrire.
On écrivait pas assez comme ça de mon temps.
 »

La nuit s'élève comme une vapeur bleu profond, dispersant les nuages blancs comme des linges pâles. L'air chaud se dissipe au réveil des grands vents froids comme des espèces de volatiles migrateurs. Le silence cache parfaitement les transitions de la faune, quand les prédateurs ensommeillés et les proies en éveil cèdent la place aux prédateurs en éveil et aux proies ensommeillées, harmonies des glissements de la bille vitale dans son beau roulement circulaire.

Renaissance

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Les terres d'érosion en ce désert fuligineux se couvrent d'un manteau pesant et noir dès que le Romantico Scorpio émerge de son repaire ultime. Son armure roule les reflets argentés de la belle Lune coquine et séduite. Cet immense espace de dunes indomptées, le scorpion le domine depuis des millions d'années d'évolution suprême dictée par la survie du plus puissant. Son œil noir nyctalope semble dicter la marche de la Terre, comme l'abysse qui l'abîme et la recrache dans un jet d'encre calligraphique parallèle à toute l'expansion de l'Univers.

Peu de raisons peuvent se vanter d'expliquer pourquoi ce scorpion est nocturne ou nyctamère, car cet animal majestueux a annihilé la généalogie de la morale alimentaire. Ses proies succombent avec respect et sont toujours nombreuses à son seuil, repentantes de leur vie d'insolence sous le dégradé platonique des latitudes de soleil dur et de lune liquide.

Son aventure hors de son tombeau théâtre de sa résurrection quotidienne se fait dans une détente souple, un déploiement pourtant colossal de ses armes aiguisées par la prédation constante de son Ennemi Adoré : la Domination. Chaque sortie affermit la preuve de sa loyauté au monde des sous-êtres qu'il honore de son inflexible victoire.


Rayonnement solitaire

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Face à cet horizon déclinant à perte de vue, sa solitude éclate comme un éclair de vie fugitive. Son noir de jais chatoie de l'encre noire impénétrable qui se fixe sur le film argentique de la pellicule-souvenir de la Vie. Malgré l'insonorité environnementale tranchante, il se supporte comme il flotte sur l'ennui des vastes réflexions de soi sur le monde miroitant.

Il marche, il marche en côtoyant en stoïque souverain les drames du conflit des espèces. Ses pas sont de bénignes décapilotades de sable blanc qui s'accumulent dans la mémoire pour créer des dunes mirifico-oniriques. Le Romantico Scorpio peut faire des dizaines de kilomètres loin de son foyer initial pour piquer ses victuailles. Parfois il se fige pendant des dizaines de minutes irriguées de sang froid battu par un cœur partagé entre la mélancolie de l'après-guerre et la rémanence de la gloire qui se peint à l'huile grâce à la palette de ses attributs virils. Il pose, cible sans flèche dans la nuit sans ombre.

Un parfum reptilien nage dans les pleins et creux de ces vagues analytiques qui découpent le plan mathématique d'un océan dalilien invisible. Ce parfum pénètre et saoule la bacchante traversant en plein délire la scène d'ébats naturels. Elle se fatigue dans une tempête de sable et de larmes d'émotion avant de s'évaporer comme une fleur d'air virevoltante.

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Il marche, il marche, par monts et par vaux. Les montagnes s'affaissent en vallées devant lui, inclinées par la courbe de ses segments carapacés. Dans un instant un pan du nouveau monde va se dévoiler, comme par le hoquet d'une belle femme aux longs cheveux ondulants. Dans ses rêves il projette ses conquêtes sur les immensités de sa liberté excessive. Il sait que dans sa pensée déroulante s'offrira à ventre nu l'objet de sa maîtrise : sa maîtresse.

Il tenaille ses proies de sa musculature saillante sous le grain lisse de son exosquelette invincible. Aucun autre animal ne peut manipuler ainsi, infléchir, plier, soulever, immobiliser, soumettre. Il les subjugue à son aplomb, les darde, les accapare de l'intériorité privée des entrailles jusqu'à la pellicule de l'épiderme pulsant et en alerte.

Sa proie s'évanouit presque dans ses bras, décisivement suppliciée, lascive et convaincue. Sa faiblesse s'érige en féminité exacerbée qu'il broie, lacère, et liquéfie dans l'ombre majestueuse de son organe dominateur et accent circonflexe de la têrre.


L'éclair de l'héroïsme

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L'aube paresse de plus en plus pesamment sur la nuit qui se roule sur son dos. Le soleil lance ses premières flèches ardentes.

Il est temps que le scorpion se replie dans son nid pour laisser la place aux animaux qui se proclament rois à haute voix. À des milliers de kilomètres du repaire, l'équinoxe entre l'ascension et le déclin n'est plus qu'une ombre extrêmement disproportionnée jetée sur la vie.

Trop loin de son royaume souterrain, soudain le Romantico Scorpio se recroqueville et se pique. L'agitation des particules de l'air semble le gagner, le convulser par vagues de pseudo-mues frénétiques. L'ergot planté fermement dans son céphalothorax le paralyse en plein sa danse de mutilé. La boucle s'est bouclée dans une réinvention immortelle du mythe héroïque : l'insupportable humblement vaincu par lui-même qui se supportait déjà plus que ne le pourrait l'Univers.


Carnet de voyage

Je suis un entomologue de la vieille école, disciple spirituel du grand Jean-Henri Fabre. Ma moitié romantique et moi, humble narrateur vôtre, prenons l'avion en direction du plus vaste désert chaud du monde. Je consigne ici au fur et à mesure mes impressions de voyageur parti à la rencontre d'un animal de légende.

L'avion plane momentanément au-dessus de la péninsule ibérique où flotte un vague parfum tropical courtisan de la belle Méditerranée. Nous abordons en quelques heures les côtes du Maroc d'entre les trouées incontinentes des nuages (renaissance d'Adam ?). L'avion se pose enfin à l'aéroport de Casablanca. De là, l'idée nous passe de franchir le frontière du Sahara occidental pour gagner le cœur du désert. Mais avant, nous devons sagement nous reposer et nous dépayser un peu dans un hôtel de fortune officiellement fourni en cancrelats géants.

En avant, le désert

Le lendemain à l'aube, armés de notre seul courage, nous louons une jeep pour lancer un raid dans le Sahara. D'après ma carte, le Scorpion Sacré doit se terrer dans un trou à rat sous une pierre plate aux alentours de 23°17’ N ; 5°31’ E, coordonnées qui situent peu ou prou la ville de Tahat en Algérie. Nous partons à 6h du matin, et sommes enchantés par l'immensité épique saharienne, Sa Majesté Sérénissime épouse du Soleil. C'est comme si au-delà de la prochaine dune nous nous attendions à tout moment à voir jaillir le sommet d'une pyramide, sauf que celle-ci n'apparaîtrait jamais, avalée par les gorges profondes de sable.

Alors que le jour touche à son terme, nous devons camper, encore à une demi-journée au moins de notre destinée. La journée fut épuisante et monotone malgré les relais. Cette nuit nous nous serrons autour du feu, maîtres du silence naturel des braises, à parler des contes et légendes du Romantico Scorpio — il paraît que les Touareg vouent au Romantico Scorpio un culte de sacrifice humain — à travers nos chèches.

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— msh ffshmm mmmssshh fmsfmschhh
— ssccchhh mmf mf fmmm mmff sssmm mfff ff
— mmsshhh mmffmfsh shmf fmsh
— scmmmhhh hhhhmmhhh mmff mf mf !
— fffmm
— fssshhmm ssshhh shh mffsh
— mmf ff mmm mmm mschh
— ssccchhh mmf mf fmmm mmff sssmm mfff fff

Là elle me corrigeait une faute d'orthographe.


Retour de l'aube

J'ouvre des yeux frappés par les premières lueurs. La fumée de notre foyer consumé s'effiloche dans la pénombre interplanétaire. Je réveille ma compagne, qui s'était visiblement assoupie par laisser-aller pendant sa mission de veille.

Nous nous élançons à nouveau dans le désert. Après quelques heures de chevauchées, les éclats du lit blanc de sable commencent à m'aveugler et les perles de sueur à alourdir mes paupières. Je regarde sur le côté comme on le conseille à l'auto-école, mais ce n'est que surenchère de nuées et essaims lumineux. Je suis inconforté par un raidissement irradiant du bas du dos. Mes bras se raidissent. Peut-être n'ai-je pas assez récupéré la nuit passée ? Mes questions sont coupées courtes — *ping* *ping* !!, bruite mon sinsector —, car nous touchons enfin au but. Je manœuvre la Jeep entre deux dunes. Nous descendons sur Son territoire.

Le repaire cerbérien se trouve juste devant nous, sous cette pierre plate. De mes deux bras je soulève la pierre, et là découvre l' "horreur" fabrienne en position offensive, le fameux dard recourbé suintant déjà sa perle de venin. Je suis déjà lardé et moribond, fasciné par la perfection belliqueuse. J'avance ma main comme ce jour où j'avais touché la prise électrique murale, avant de me rendre à l'évidence qu'en aucune façon ne pouvais-je espérer que mes doigts entrassent dans les trous.

C'est alors qu'avec la fulgurance de l'éclair le scorpion me pique avant de détaler au loin. Je tombe sur mon séant en hurlant autant de douleur que de surprise !

René, Rerené !
— ...
— René ! Rerené ! Rererené !
— ARRÊTE !!!
— Mais quoi ? QUOI ?!
— C'est pas moi René, nom de Dieu !!
— Oh mon Dieu c'est vrai ! Pardonne-moi, Philippe-Jean ! PARDONNE-MOI !
— Maryse ?
— Oui, mon Philippe-Jean ?
— Ah ah je t'ai eue ! Tu t'appelles pas Maryse ! Réfléchis un peu !
— Oh oh toujours le mot pour rire, ce coquinet de Philippe-Jean !
— Héhé !
— Cela veut-il dire que tu me pardonnes ?...
— Mais bien sûr... que non ! Mais qu'un pardon se mesure dérisoirement aux chefs-d'œuvre de souffrance qui me mettent en pièce ! Que de joyeuse décrépitudes et d'anéantissements ! Oh comme je voudrais me vendre cher contre le plus bradé des repos, les plus placides des lacs atones et aphones !
— Oh non pas mon René !
— Oui, quelle crue n'a jamais ravagé les bords du fleuve ! Quel homme ne s'est jamais repu tant qu'il ne s'est pas fait déchiqueter entre les mâchoires des eaux mythologiques !
NON !!! PAS MON RERENÉ !
— Oh non, laisse la Nature œuvrer dans ses cascades de fluide glacial ! Laisse-la déployer à nouveau pour la première fois ses vierges poumons quand une vie d'esclave se voue à l'extinction !
 

2 heures du même genre de litanies vaseuses plus tard.......

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHH...!!!!!!!!
— RERERERERERERERERENÉ !!
— Mais je ne comprends plus rien ! Je devais mourir[1] ! c'est écrit dans les livres ! Pourquoi me prive-t-on du droit suprême de mourir aux mains du plus Grand Ennemi de la Terre Ferme !
— Ah mais Ferme Donc Ta Grande Gueule ! Ferme-La !
— Quoi ? Mais quel démon linguistique vient ainsi te posséder et déposséder de ton sublime ?
— Mais putain lâche-moi les burnes, t'es pas mort, je vais pas non plus te faire une french manucure !
— Vas-y dégage, grosse fiente de merlan frit ! Tu me saoûles grave !
— Connard cryogénique !
— Ouais ouais, c'est bien c'est bien, va chier !

Il aura juste fallu une Vulgarus Banalitus pour descendre mon monde.

Alors comme ça vous voulez du monde du Romantico Scorpio ? Eh ben parlons-en de ce Scorpion Romanticon ! Bon c'est quoi les dates ? je m'en souviens jamais ! 24 octobre - 22 novembre ?

Bon. Tu pues du bec et du cul. Tu te crois attirant(e) ? Je préfèrerais me faire aiguillonner le trou de la bite que te regarder ! Tu veux savoir ce qui va t'arriver demain ? Je vais venir chez toi et te buter. Fais gaffe misérable merde de Insérer ici le nom, j'ai ton IP, tes jours sont comptés ! Tu excites ma soif de génocide, immonde traînée de pus !

Ça c'était les amours.

Scorpion.jpg Scorpion Romanticon

ANNIVERSAIRES DE STARS !!! Tiens, la reine des pétasses showbiz de Sarah Michelle Gellar ! Comment qu'il s'appelle son dernier mec ? Max ? Milou ? Qu'elle et Insérer ici le nom soient du même signe ne m'étonne pas du tout !

CHANCE AU TRAVAIL !!! Oh oui qu'il y a beaucoup de chance à travailler avec un connard ou une connasse dans ton genre ! Va te chier sur la jambe ! Immense perte ambulante ! Râclure de bidet ! Va coucher avec le lapin nain dans son tas de laitue avariée !

Notes

  1. Journal of Experimental Biology, Vol 201, Issue 18 2625-2636 http://jeb.biologists.org/cgi/content/abstract/201/18/2625 : The resistance of the scorpion Androctonus australis to its own venom, as well as to the venom of other species, was investigated. A comparison of the electrical and pharmacological properties of muscle and nerve fibres from Androctonus australis with those from the crayfish Procambarus clarkii enabled us to understand the lack of effect of scorpion venom (110-180 microg ml-1) and purified toxins, which are active on voltage-gated Na+ and K+ channels, Ca2+-activated K+ channels, on scorpion tissues. Voltage-clamp experiments showed that peptide K+ channel blockers from scorpion and snake have no effect on currents in muscle and nerve fibres from either scorpions or crayfish. The scorpion toxin kaliotoxin (KTX), a specific blocker of Kv1.1 and Kv1.3 K+ channels, had no effect on muscle fibres of A. australis (2 micromol l-1) or P. clarkii (400 nmol l-1). Similarly, charybdotoxin (ChTX) had no effect on the muscle fibres of A. australis (10 micromol l-1) or P. clarkii (200 nmol l-1) and neither did the snake toxin dendrotoxin (DTX) at concentrations of 100 nmol l-1 in A. australis and 200 nmol l-1 in P. clarkii. These three toxins (KTX, ChTX and DTX) did not block K+ currents recorded from nerve fibres in P. clarkii. The pharmacology of the K+ channels in these two arthropods did not conform to that previously described for K+ channels in other species. Current-clamp experiments clearly indicated that the venom of A. australis (50 microg ml-1) had no effect on the shape of the action potential recorded from nerve cord axons from A. australis. At a concentration of 50 microg ml-1, A. australis venom greatly prolonged the action potential in the crayfish giant axon. The absence of any effect of the anti-mammal-toxin AaH II (100 nmol l-1) and the anti-insect toxin AaH IT1 (100 nmol l-1) on scorpion nerve fibres revealed strong pharmacological differences between the voltage-gated Na+ channels of scorpion and crayfish. We conclude that the venom from A. australis is pharmacologically inactive on K+ channels and on voltage-sensitive Na+ channels from this scorpion.
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