Prix Nobel de physiologie ou médecine

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Pleiade.JPG Préparez des sandwich et une bouteille d'eau avant de commencer à lire, parce que...
Cet article est plus long que mon bras !
En revanche, il est plus court que ma jambe.


« J'aurais préféré le prix Nobel de la paix. »
~ Edward D. Johns à propos de son prix Nobel de physiologie ou médecine

Parmi les questions philosophiques récurrentes, on retrouve notamment « Pourquoi sommes-nous là ? », « Dieu existe-t-il ? », « Qui veut gagner des millions ? », « Aimez-vous les uns les autres ? », « En allemand, bouteille d'oxygène se dit Sauerstoffflasche, ce qui fait trois F de suite, c'est dingue, non ? » ou encore « Peut-on manger la maïeutique ? ».

Une autre question qui se pose parfois est « Prix Nobel de physiologie ou médecine ? ». Cette question demande cependant une grande connaissance dans le domaine des Prix Nobel, de la médecine, voire de la physiologie, et ne peut donc être approchée qu'après un certain parcours dont cet article tente de faire l'amorce.

Origines : le mystérieux testament d'Alfred Nobel

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Alfred Willus Cedricum Baraba Privium Nobel regardant par la fenêtre. Il ne mentionna aucun de ses descendants dans son testament, et préféra verser son immense fortune à des prix plus ou moins inutiles. Plus grave que cela, il ne demanda pas qu'on récompense les mathématiques. Cet oubli, peut-être pas si involontaire que d'aucuns le prétendent, le vit instantanément exclu de toutes les soirées de mathématiciens, les colloques de mathématiciens, etc. Bon, Alfred s'en foutait un peu, vu que quand le testament fut lu, il était déjà mort.

La première mention du prix Nobel de physiologie ou médecine se trouve dans le testament d'Alfred Nobel qu'on retrouva en pleine mer Méditerranée quelques heures après que son avion pour l'Égypte s'y fut abîmé. En effet, il y demandait explicitement que sa fortune serve à créer le « prix Nobel » qui récompenserait chaque année des travaux en « paix, littérature, physique, chimie et physiologie ou médecine ».

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Avec les différents fragments d'avion retrouvés en mer, on put tant bien que mal reconstituer l'engin, toutefois, on ne retrouva jamais la boîte noire du vol dans lequel Nobel se trouvait alors qu'il rejoignait l'Égypte pour y donner une conférence sur la dynamite dans la littérature anglaise médiévale, aussi les rumeurs les plus folles coururent sur cet accident[1].

Dès le départ, on ne sut si le bon Nobel avait voulu créer un prix qui récompense soit la physiologie, soit la médecine, mais pas les deux en même temps, ou alors un prix qui récompense l'un ou l'autre sans distinction[2], ou encore un prix qui ne récompense que les travaux dont on ignore s'ils tiennent de la physiologie ou de la médecine, ou encore si Nobel ignorait lui-même quelle serait la cinquième discipline récompensée par un prix, et que les exécuteurs testamentaires devaient choisir entre physiologie et médecine.

Les exécuteurs testamentaires, d'ailleurs, se rendirent vite compte que personne ne savait vraiment ce qu'est la physiologie. Allez dans la rue et demandez aux gens : qu'est-ce que la physiologie ? Vous verrez, aucun ne sera capable de vous le dire. Je vous jure. Peu convaincu, je suis moi-même descendu dans la rue pour demander aux gens : je me suis déconnecté à la Désencyclopédie, j'ai éteint mon ordinateur, j'ai marché jusqu'à ma porte et je suis descendu dans la rue pour demander aux passants : qu'est-ce que la physiologie ? La plupart des gens n'a pas pu répondre : ils ne savaient pas ! D'ailleurs, personne ne sait vraiment ce qu'est la physiologie, on ne peut pas le savoir. Si vous croyez le savoir, c'est certainement faux, vous confondez sans doute avec la médecine, l'anatomie, la biologie, la chimie ou une branche voisine (histologie, morphologie, etc.).

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Saviez-vous que...
Alfred Nobel a donné son nom au prix qu'il a créé, mais pas à son invention principale, la dynamite ? Pourquoi n'a-t-il pas nommé cette invention la nobélite ? Au fond, avait-il honte d'avoir découvert cet explosif ? Voulait-il que son nom soit plus associé au prix bienfaiteur qu'à l'arme dévastatrice ? Souffrait-il de son image ?

Accompagné de ces nombreux doutes, le jury du prix Nobel de physiologie ou médecine dut toutefois décerner le prix à différents chercheurs. Néanmoins, les nombreuses controverses autour du nom-même du prix empêchèrent moult fois son attribution.

Lauréats

1903 : Joachim C. Moulot

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Joachim C. Moulot (à gauche, à côté de son frère) souffrait de nanisme à un très haut point[3]. Il avait cependant pu percer de façon assez exceptionnelle dans le monde de la médecine, aussi l'attribution de ce prix fut en quelque sorte l'apothéose de Moulot, lui qui avait longtemps été "rabaissé" à cause de son handicap.

Après deux années d'errements pendant lesquelles le jury du prix discuta du problème et organisa des barbecues, le prix Nobel de physiologie ou médecine fut donné pour la première fois au chercheur en médecine et jardinier français Joachim C. Moulot, pour ses travaux sur l'aorte en horticulture.

Searchtool.jpg On peut en effet se demander, avec raison, d'où vient ce mot d'aorte. Quelque chose gène à l'oreille, c'est ce "ao" initial, qui est quasiment unique en français si on fait exception de août, qui est la contraction du dieu polynésien Ao et de la note archaïque ut, de aoriste, qui est un mot inventé par les professeurs de grec pour leur permettre le calembour « un temps de conjugaison aoriste et péril, ha ha ha[réf. non nécessaire] », et de aondin, qui est le mot anodin avec une faute de frappe (désolé je suis pas encore habitué à mon nouveau clavier lol).

En réalité, aorte vient du mot latin ortus, variante de hortus, signifiant "jardin", auquel on a rajouté le célèbre a privatif. L'aorte signifie donc, étymologiquement, l'absence de jardin.


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B. Erikson, président du juré, devisant avec C. Nielsen, vice-président, et J. Högfeldt, secrétaire, lors de la sortie dans le jardin de Moulot. L'ambiance était alors à l'insouciance, aux discussions frivoles et aux plaisanteries fines, tandis que le soleil brillait paresseusement sur les canotiers.

Après avoir effectivement constaté que l'aorte ne contenait pas de jardin, Moulot s'était proposé d'en greffer un à l'intérieur de l'aorte de sa femme, et de regarder comment elle se portait. Il avait par ailleurs posé deux bancs dans ledit jardin, et, quand il faisait beau le dimanche, il allait y faire des pique-niques avec ses enfants.

Le jury du prix Nobel vint en personne visiter ledit jardin, et fut aussitôt conquis. Selon toute vraisemblance, l'aorte pouvait contenir un jardin ; le fait qu'elle n'en contînt pas était simplement dû à une erreur de la nature. Le prix fut donc décerné lorsqu'on se rendit compte qu'on ne savait pas vraiment si cela tenait de la physiologie, de la médecine ou du jardinage. On pensa alors que physiologie signifiait peut-être horticulture, et Moulot gagna le prix.

Toutefois, si l'attribution du prix satisfit grandement Moulot, elle bouscula avec une rare brusquerie la communauté horticultrice. Celle-ci pensa en effet que si le prix Nobel de physiologie ou médecine s'occupait d'horticulture, il ne fallait pas récompenser ce petit con de Moulot mais un véritable horticulteur. D'ailleurs, la même année, un jardinier du nom de Ferdinand Papol avait réussi à faire muter une pomme de façon à en faire un médicament capable de guérir le SIDA. Mais cela n'eut pas les suites souhaitées, puisqu'après avoir examiné l'invention, le jury du prix Nobel de physiologie ou médecine fit remarquer que le SIDA n'existait pas encore en 1903.

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Une vague de colère s'empara des horticulteurs à l'annonce de cette nouvelle. Au centre de cette photo, on peut voir clairement Ferdinand Papol lever les bras au ciel, et dans son regard se lit un cri déchirant dans la veine de « Ah, ils m'ont refusé ce prix sous prétexte que ma découverte guérit un syndrome qui n'existe pas encore ? Eh bien, je le jure sur la Bible, j'emploierai désormais mes jours à faire exister ce Syndrome d'immunodéficience acquise, et ces hommes insensés verront bien à qui ils auraient dû remettre leur prix absurde ! » (bon, j'avoue que la photo n'est pas de très bonne qualité et que c'est une interprétation qui peut se discuter, mais, bon...)

1908 : Arthur Gray

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L'air de rien, Arthur Gray était un petit salopard intelligent. Fils d'un riche producteur de billets de banque, il avait toujours vécu dans le luxe et l'opulence. Son incroyable fortune lui permettait d'obtenir tout ce qu'il voulait, or Gray avait vraiment très envie d'un prix Nobel de physiologie ou médecine.

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James Horn se souvient « Je dois beaucoup à Arthur, il m'a sauvé onze fois la vie. S'il n'avait pas gagné à chaque fois la course, j'aurais pu y rester plus d'une fois. Bien sûr, c'est lui qui me tirait dessus avant le départ pour avoir un blessé à transporter, mais en même temps, s'il ne l'avait pas fait, il n'aurait pas eu de blessé et les autres voitures n'auraient eu aucune raison de le laisser passer. Du coup, il ne serait pas arrivé premier, et n'aurait pas pu me sauver la vie. »

Les horticulteurs tentèrent tant bien que mal d'assiéger le bureau des jurés du prix Nobel de physiologie ou médecine, mais après cinq ans de siège pendant lesquels le prix ne put évidemment pas être remis, ils retournèrent à leurs boutons, de rose bien sûr.

Mais le jury du prix Nobel de physiologie ou médecine, affaibli par cette douloureuse expérience, n'avait pas de candidat à qui remettre la récompense. C'est alors qu'un des membres suggéra que peut-être que physiologie, venant du grec φύσις et λόγος, pouvait être abrégé F pour φύσις et l pour λόγος, ce qui donne Fl, qu'on pourra aisément confondre avec F1.

Bref, il pensait que le prix Nobel devait récompenser un travail tenant à la fois de la Formule 1 et de la médecine.

Comment une idée si absurde et improbable avait pu germer dans l'esprit de cet homme ? En fait, il était grassement payé par la seule personne qui pouvait prétendre d'une récompense liant ces deux domaines : Arthur Gray.

Arthur Gray était un ambulancier américain qui avait remarqué que la loi obligeait tous les véhicules à laisser passer les ambulances transportant un blessé. Il en vint donc à participer à des courses de Formule 1 avec son ambulance, et gagna systématiquement toutes les courses grâce à sa technique déloyale.

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La célèbre ambulance de Gray. À l'origine c'était une ambulance normale, mais il en avait légèrement modifié la structure pour s'adapter à la course de Formule 1. Il avait aussi mis des roues plus grandes et supprimé le matériel médical superflu. Le truc plat devant c'est juste parce qu'il n'avait plus la place pour écrire AMBULANCE à l'envers ailleurs, pareil pour le genre d'aileron, derrière, c'était un truc pour mettre l'avertisseur lumineux bleu bien en vue. Ah, et je crois qu'il a aussi légèrement retouché le moteur. Sinon, rien de particulier.

Les jurés décernèrent le prix sans le moindre soupçon : Gray était réputé pour avoir sauvé la vie de nombreux blessés grâce à ses records de vitesse, cela en plus des nombreux prix de Formule 1 remportés. Quand Gray eut reçu le prix, il monta dans son ambulance, démarra à toute vitesse et se perdit au loin. L'affreuse magouille qui était à l'origine de cette attribution fit cependant rapidement surface.

1913 : Claude Bresnay et Sylvestre Étilleux

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Grâce à la discrétion du Comité et de la justice, on ne sut jamais qui était ce juré soudoyé suicidé, mais il semblerait bien que c'était lui, Cyrus Jöhrnend, un homme compétent, mais au quotidien parfois bien terne...

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... À moins que ce ne fût lui, Kristofer Ofsson... ?

En janvier 1909, dans l'étonnement le plus général et sa salle de bain, un des jurés du prix Nobel de physiologie ou médecine se suicida en s'écorchant vif avec un épluche-légumes puis en se roulant dans une flaque de jus de citron, de façon à mourir de douleur. De plus, avec les morceaux de peau épluchée, il écrivit au préalable un texte d'adieu dans lequel il expliquait s'être ôté la vie par remords de s'être laissé corrompre par Arthur Gray.

Le jury du prix Nobel de physiologie ou médecine, craignant le scandale imminent, tenta d'étouffer l'affaire. Ses membres s'occupèrent de recoller tous les bouts de peau de feu leur collègue sur sa chair, et le placèrent le corps dans la baignoire avec un sèche-cheveux, de façon à faire croire à une électrocution accidentelle. Néanmoins, la police, qui pour une fois fit son boulot, remarqua sur la peau du mort des traces de colle que le jury avait laissées, parce qu'ils s'y étaient pris comme des sagouins et qu'ils avaient tout salopé, et parvint à reconstituer l'ultime message du suicidé. Le scandale tant redouté éclata : la presse s'empara de la nouvelle, la Suède s'embrasa face à cette affaire de corruption et de nombreuses associations appelèrent au boycott du Prix Nobel de physiologie ou médecine. Alors que les jurés du prix durent faire profil bas, Arthur Gray, lui, ne fut pas inquiété puisqu'il était parti à tout vitesse avec son ambulance dans la section précédente.

Il s'ensuivit un procès long de quatre ans qui ôta au prix Nobel de physiologie ou médecine le peu de crédit qui lui restait. Au final, la sentence admit que seul le suicidé avait participé à l'affaire de pot-de-vin et les jurés s'en tirèrent tant bien que mal avec une lourde amende. Aussitôt l'objectif du Comité fut de regagner l'estime perdue de l'opinion publique. C'est alors que quelques jours après la fin du procès, le 26 avril 1913, deux chimistes français par ailleurs anciens élèves de Mendeleïev, Claude Bresnay et Sylvestre Étilleux, proposèrent de renommer un élément du tableau périodique d'après les notations de Dmitri Mendeleïev.

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Le couple de chimiste Claude Bresnay et Sylvestre Étilleux tel que présenté dans la presse...

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Saviez-vous que...
Le jury du prix Nobel de chimie s'est donc retrouvé sans lauréat, et a dû donner son prix au physicien Helmutt Glaubr. Le jury du prix Nobel de physique, qui comptait récompenser Glaubr, s'est retrouvé tout bête et a finalement décerné le prix au président du Bureau international permanent de la paix, ce qui a fort troublé le jury du prix Nobel de la paix qui comptait lui décerner le prix, et qui finalement l'a donné à l'écrivain Didier Dibdin, ce qui fait que le jury du prix Nobel de littérature, qui souhaitait lui remettre le prix, était bien embêté.

Les jurés de prix Nobel de physiologie ou médecine, évidemment, sautèrent sur l'occasion. Rétablir la volonté d'un monstre sacré de la science, quoi de plus héroïque, quoi de plus propice à faire remonter une cote de popularité dans les sondages ? Profitant d'un moment d'inattention du jury du prix Nobel de chimie, le jury du prix Nobel de physiologie ou médecine décerna le prix à Bresnay et Étilleux, vingt-cinq minutes après l'annonce des deux chimistes relative à ce renommage.

Le renommage, justement, n'était pas en soi une grande révolution : il s'agissait simplement de rebaptiser le bore (élément chimique de numéro atomique 5) en « Ernestrutherfordium », en hommage à Ernest Rutherford, grand chimiste néo-zélandais. Mendeleïev, sur son premier tableau périodique des éléments, avait en effet parlé d'ernestrutherfordium et non de bore, et disait d'ailleurs dans son journal intime qu'il voulait rendre cet hommage à son collègue et ami[4], et faire disparaître du tableau ce nom évoquant Boris, qui était le prénom de son professeur de chant en CM1.

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La première version officielle du tableau périodique des éléments, retrouvée dans les archives de Mendeleïev, a effectivement un élément de symbole E en lieu et place du B symbolisant le bore.

Cependant, les jurés de prix Nobel de littérature, fâchés de s'être retrouvés sans lauréats à cause des combines du jury du prix Nobel de physiologie ou médecine, firent remarquer un fait étrange à la presse :

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Incroyable : avec cette nouvelle version du tableau périodique des éléments, on peut facilement lire le mot "eNFONCE" à l'envers avec les éléments 5 à 10 (ernestrutherfordium, carbone, azote, oxygène, fluor, néon) !

Qu'est-ce que cela signifie ? Tout cela est-il bien sérieux ? De qui se moquent Bresnay et Étilleux ? C'est alors que le jury du prix Nobel de la paix, qui s'était fait volé son lauréat par le jury du prix Nobel de physique et qui avait dû récompenser un écrivain, jeta de l'huile sur le feu.

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Qu'est-ce qui est « enfoncé » dans cette version du tableau périodique ? Peut-être bien la « BiTe » obtenue en diagonale avec le bismuth (83) et le tellure (52).

Le jury du prix Nobel de physique, qui justement avait dû récompenser le président du Bureau international permanent de la paix à cause du jury du prix Nobel de chimie qui avait récompensé leur futur lauréat, la faute au bordel engendré par le jury du prix Nobel de physiologie ou médecine, décida de ramener également sa fraise et proposa une explication.

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Le tableau périodique des éléments possède un élément "Pd" (le palladium) et "Bi" (le bismuth), mais aucun élément "Hétéro" ou "Convenable". Simple coïncidence ?

Aussitôt il parut évident que Claude Bresnay était en réalité un homme, et que les deux larrons avaient profité de posséder le tableau périodique de Mendeleïev pour le falsifier et y ajouter de la propagande homosexuelle. Mais le jury du prix Nobel de chimie, qui avait été le premier lésé dans l'affaire, ajouta une ultime pique au scandale déjà juteux.

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Eh bien oui, vous le lisez aussi bien que moi : les symboles respectifs du lithium (3) et du béryllium (4) forment bien le mot "Libé" qui est le diminutif du journal Libération. Non seulement ils étaient gays, mais en plus, ils étaient de gauche.

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Dans l'inconscient collectif, c'est désormais ainsi qu'on se représentait Claude Bresnay et Sylvestre Étilleux : deux homosexuels luxurieux se vautrant dans le stupre et la jouissance perpétuelle pendant que les gens honnêtes, eux, s'étaient fait berner comme des bleus.

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Saviez-vous que...
En fait, la photo à gauche représente juste deux judokas. Ce ne sont en aucun cas des homosexuels se vautrant dans le stupre etc., c'était juste pour illustrer la vision que les gens avaient alors des deux chimistes, et à quel point elle était différente de celle présentée plus haut. Mais non, en aucun cas ces deux personnes sur la photo ne sont des pédérastes, rassurez-vous : l'auteur de cet article se met un point d'honneur à ne mettre aucune photo choquante dans ses articles, et en particulier aucune image de sodomite.

Dans la fureur qui suivit, les idées n'eurent plus aucune clarté. L'opinion n'en avait plus qu'une (d'opinion) : on l'avait trahie, on avait fait de la propagande homosexuelle et socialiste sous prétexte de rétablir une vérité scientifique. Peu importe quelle était la part de vrai dans tout cela, et sans même chercher à comprendre que c'était les infâmes jurés des autres prix Nobel qui avaient ourdi une odieuse machination en guise de vengeance d'une amère querelle de récréation, on bouda à nouveau le prix Nobel de physiologie ou médecine, et les deux chimistes durent fuir dans le Nord-Pas-de-Calais pour être à l'abri des représailles de la civilisation.

Coup dur, forcément, pour les jurés du prix Nobel de physiologie ou médecine qui semblaient définitivement hors course après deux scandales consécutifs. Heureusement, l'année suivante fut celle de l'accalmie : le début de la Première Guerre Mondiale allait bientôt détourner totalement l'attention du monde, et le jury du prix Nobel, dans l'ombre, allait pouvoir se reconstruire peu à peu.

1920 : Joachim C. Moulot

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Erwin Forsberg fut président du jury du prix Nobel de physiologie ou médecine depuis 1914. Comme l'Europe était en guerre, les jurés ne pouvaient pas remettre le prix, du coup il se faisait un peu chier. En plus il est mort en 1919, juste avant que le prix soit à nouveau donné ! Quelle vie de merde !

Après la Première Guerre mondiale et quelques années pour se remettre un peu de ses émotions, le jury du prix Nobel de physiologie ou médecine fut de nouveau sur pieds. Ses plaies passées tranquillement suturées par le fil du temps, les jurés pouvaient enfin remettre une nouvelle fois le célèbre prix.

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Les jurés du prix Nobel de physiologie ou médecine et quelques amis posant dans le jardin de Moulot, près de la petite cabane à jardin. Si on regarde bien, derrière le type debout tout à droite on voit un chapeau melon qui dépasse : c'est Joachim Moulot, toujours atteint de nanisme, hélas.

Or en 1920, Joachim C. Moulot (lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine en 1903) faisait de nouvelles recherches, cette fois-ci sur la carotide en horticulture. En fait, on peut facilement constater que carotide vient du mot carot(t)e avec le suffixe -ide propre à la botanique. Partant de cette idée, Moulot avait ouvert la carotide de sa femme, mais avait découvert que non, la carotide ne contenait pas de carotte. Il avait donc greffé un champ de carottes dans ladite carotide, et il allait l'arroser chaque jour avec un petit arrosoir. Il avait aussi tout un matériel de jardinage spécifique, pour lequel il avait construit une petite cabane dans le jardin, à côté (celui qu'il avait greffé dans l'aorte de sa femme. Vous savez, l'aorte et la carotide ne sont pas si éloignées que ça en fait. Depuis l'aorte, il suffit de prendre l'artère subclavière et de bifurquer assez vite pour éviter de finir dans l'artère axillaire, et vous êtes à la carotide[5]).

Les jurés du prix Nobel de physiologie ou médecine vinrent aussitôt pour visiter le champ de carottes. Ils en profitèrent pour prendre un peu de bon temps dans le jardin de l'aorte, et finalement quelqu'un suggéra qu'après tout, physiologie signifiait peut-être horticulture, et on refila le prix à Moulot.

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Saviez-vous que...
Dans le cadre de ce premier essai de contamination, le SIDA était une MPT (maladie postalement transmissible) ?

L'infâme Ferdinand Papol, apprenant cela, bouillit littéralement de rage. En guise de vengeance, il envoya une lettre piégée au jury du prix Nobel de physiologie ou médecine, lettre contenant un prototype du Syndrome d'Immunodéficience acquise sur lequel il travaillait alors. Nos jurés allaient-ils survivre à cette attaque ?

1928 : Eugène Sortie

Ha ha ha, en réalité le prototype de SIDA que Papol avait envoyé ne s'avéra pas mortel : ce fut en revanche l'équivalent d'une grippe particulièrement tenace qui s'abattit sur les jurés pendant pas moins de huit ans ! Huit ans plus tard donc, les infatigables jurés du prix Nobel de physiologie ou médecine repartirent à la recherche d'un lauréat potable pour leur fameux prix. Ils reçurent aussitôt la candidature d'un certain Eugène Sortie.

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Putain, incroyable, ce type s'appelait Eugène Sortie ! Sortie ! Comment peut-on s'appeler Sortie ? Déjà si c'est le descendant de Secrus, ça veut dire que Secrus a évolué en Sortie ? J'aimerais pas faire chier mais ça me paraît un peu gros à gober quand même... En tout cas voilà un patronyme qui va permettre un paquet de blagues, ça je le vois venir gros comme une maison !

Eugène Sortie était historien, et le lointain ancêtre d'un certain Tullius Lavivrus Secrus qui avait été tribun de la plèbe à l'époque de la république romaine. Sortie voulait que le souvenir de cet aïeul injustement méconnu soit rétabli dans la mémoire collective par la magie du prix Nobel de physiologie ou médecine. En effet, Secrus avait contribué à sa façon à la grande histoire de la médecine en donnant le droit de veto à la plèbe.

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Malgré son handicap flagrant (il n'avait ni bras ni jambe), Secrus avait contribué à l'égalité entre les hommes durant une époque pourtant notoirement inique. Son nom allait enfin retrouver la renommé méritée grâce à son descendant, Sortie. Bon sang, ce nom ! Sortie !

Searchtool.jpg En effet, avant Tullius Secrus, seuls les animaux de riches patriciens avaient le droit, en cas de maladie ou de blessure, à une consultation chez le vétérinaire. Secrus, qui trouvait injuste que les plébéiens ne puissent pas aller chez le médecin, demanda à ce qu'on donne également aux classes défavorisées le droit d'aller au moins chez le véto, c'est pas cher et ça leur fera du boulot. Le droit de véto (ou droit de veto, les Romains n'avaient pas les accents) était né.


La question fut alors : ce prix touche-t-il le domaine de la physiologie ou médecine ? La médecine vétérinaire est de toute évidence un domaine de la médecine, mais qu'en est-il de la physiologie ? Les jurés décidèrent que le prix alternerait désormais les lauréats en médecine et les lauréats en physiologie, de façon à éviter de s'emmêler les pinceaux et à gagner du temps puisqu'on ne savait toujours pas ce qu'était la physiologie.

Une autre question fut : peut-on remettre le prix à titre posthume ? Alfred Nobel n'avait pas précisé quoi que ce soit à propos de ce détail dans son testament, ou peut-être que si mais on ne savait plus trop où on avait rangé le testament (je crois que c'est Theodor, du juré du prix Nobel de physique, qui l'avait pris pour faire des photocopies et qui avait oublié de le rendre à Wilhelm, le secrétaire du prix Nobel de la paix, qui en avait besoin parce qu'il avait écrit la date d'un rendez-vous important au verso[6]). On décida que oui, allez, donnons-le à titre posthume, de toute façon la personne qui recevrait l'argent serait Eugène Sortie, le seul descendant officiel de Secrus[réf. nécessaire], alors bon, on va pas chinoiser non plus.

1946 : Joachim C. Moulot

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Oskar Forsberg, le fils de Erwin Forsberg, fut président du jury depuis 1935, et comme le prix n'était pas donné, il s'ennuyait pas mal. Il est mort en 1945, juste avant qu'on donne de nouveau le prix. Quelle dérision.

« On va pas chinoiser non plus », souvenez-vous, c'est ainsi que se terminait la section précédente. Il se trouve que, du fait d'une vieille rancune, les jurés des autres prix Nobel, eux, trouvaient qu'il y avait à chinoiser. En effet, le Bureau des Impôts ayant renvoyé le testament de Nobel[7], il fut finalement vérifié que les prix Nobel ne pouvaient être donnés à titre posthume. On demanda donc que le prix soit retiré à Secrus, tandis que le jury du prix Nobel de physiologie ou médecine arguait que le prix avait été donné à Sortie.

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Saviez-vous que...
Je sais bien que vous vous dites : bouh, il a repris la même image pour Erwin Forsberg et Oskar Forsberg, on voit bien ils sont habillés pareil pile-poil dans la même position, c'est impossible que ce soit deux personnes différentes. Vous avez raison. C'est juste que Oskar Forsberg ressemblait tellement à son père qu'au lieu de le prendre en photo, on prenait des photos de son père, c'était plus économique et plus simple puisqu'ils étaient exactement pareils. Du coup cette photo d'Erwin Forsberg est aussi employée officiellement comme photo d'Oskar Forsberg.

La dispute continua quelques années, jusqu'à ce que la situation en Europe devienne trop tendue pour que l'on donne quelque prix que ce soit. La montée du nazisme était en marche, et de 1933 à 1945, les prix Nobel ne furent pas donnés par souci de neutralité, et aussi parce que plus personne n'en avait quoi que ce soit à foutre.

En 1946, la guerre finie, la dispute sur la posthumité du prix était plus ou moins oubliée : le jury du prix Nobel de physiologie ou médecine, frais et dispos, se sentit prêt à poursuivre son devoir et à donner le prix à un scientifique méritant. Il se trouva que le jardinier et scientifique français Joachim C. Moulot avait refait un travail de grand intérêt : se demandant d'où venait le nom de radius, il avait remarqué que cela venait de radis avec un U en plus. Il avait greffé un champ de radis dans le radius de sa femme (puisque ledit radius n'en contenait pas, évidemment), et avec les radis et les carottes de la carotide il pouvait faire une très bonne salade de saison, qu'il mangeait avec ses enfants dans le jardin de l'aorte de sa même femme.

Les jurés vinrent donc visiter le champ de radis et décidèrent de donner le prix à Moulot. En plus, ils avaient dit qu'on alternerait lauréat en médecine et lauréat en physiologie, ce qui tombait bien puisque certains pensaient que physiologie signifiait horticulture.

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Les jurés vinrent également se reposer dans le jardin de l'aorte, et comme Moulot avait installé une petite rivière dans le jardin, ils avaient pris leurs cannes à pêche.

1975 : James Potter

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Saviez-vous que...
Lors de ce deuxième essai, le virus de Papol était une Maladie Téléphoniquement Transmissible ? Ha ha ha qu'est-ce qu'on se marre les copains !

Le prix ayant été remis pour la troisième fois à Joachim C. Moulot, il est évident que l'infâme Ferdinand Papol éclata derechef d'une rage noire, et qu'il tenta à nouveau de contaminer les jurés avec son virus en guise de vengeance. Il leur envoya donc le 14 janvier 1947 un coup de téléphone censé leur transmettre la maladie.

Mais cette fois-ci, le virus de Papol était presque au point. On observa chez les jurés la plupart des symptômes que Papol garda pour sa version finale (perte de poids, lésions, cancers, etc.), sauf que ce bêta-test n'était toujours pas mortel. Les jurés agonisèrent donc pendant presque trente ans, consultant les médecins les plus célèbres, dont aucun ne voulut s'intéresser à leur cas, sous prétexte que le prix Nobel ne leur avait jamais été donné.

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Malade comme un chien, le président avait trouvé quelques vieux habits dans une friperie. Il ne payait vraiment pas de mine. Hé, on dirait presque un costume traditionnel grec !

En 1975, tout semblait désespéré. Le président du jury sortait d'une clinique londonienne où il avait essuyé une énième mise à la porte. Tremblant de froid dans l'hiver britannique, il se posa sur le quai de la gare de Londres, posa son chapeau à terre et écrivit sur un bout de carton « Un shilling SVP, c'est pour la recherche contre le SIDA ». C'est alors qu'un jeune homme aux cheveux noirs ébouriffés, portant - chose étrange - une longue robe noire, s'arrêta près de lui.

Le jeune homme : Que vous arrive-t-il, vieillard ? Vous êtes malade ?
Le président du jury : Hélas ! Je souffre d'un mal inconnu, et aucun médecin ne veut me soigner !
Le jeune homme : Ah heum...

Et en disant cela, il sortit de sa robe une longue baguette. Il fit un geste rapide et prononçant quelques mots en latin, et partit sans rien dire.

Le président du jury (il était guéri) : Attendez jeune homme ! Comment avez-vous fait cela ?

Le jeune homme lui expliqua brièvement l'existence de sorciers, de magie, etc.

Le président du jury (enthousiaste) : Ça alors ! Ce n'est pas vraiment de la médecine, mais pourtant cela me soigne ! C'est probablement de la physiologie ! Je vous donne le prix Nobel, jeune homme !

Il écrivit aussitôt une lettre à ses collègues pour leur signaler l'attribution d'un nouveau prix. James Potter, puisque c'était le nom du jeune homme, lui offrit pour le remercier un élixir qui soignerait les autres jurés. Néanmoins, d'un coup de baguette magique il fit oublier la rencontre au président pour préserver l'anonymat des sorciers. Les jurés du prix Nobel de physiologie ou médecine ne surent donc jamais qui était ce James Potter qu'ils avaient récompensé en 1975.

1976 : Joachim C. Moulot

Soignés, heureux et guillerets, les jurés de prix Nobel de physiologie ou médecine cherchèrent vite un nouveau lauréat. Ils n'en trouvèrent pas, alors ils décidèrent de récompenser Joachim C. Moulot. Celui-ci n'avait rien fait de spécial dans le domaine de la médecine, mais il avait construit une cathédrale dans le ventricule gauche de sa femme. Les jurés vinrent voir ça, et conquis par le style baroque de l'édifice, ils lui donnèrent le prix (d'autant plus que physiologie signifie peut-être architecture baroque, ajouta quelqu'un).

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Les jurés avaient amené des amis, qui eux-mêmes avaient amené des amis. Au final la foule se pressait dans la cathédrale de Moulot ; on n'avait jamais vu tant de personnes dans un ventricule gauche.

1977 : Egon Vudnik

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Le président du jury du prix Nobel de physiologie ou médecine s'apprête à donner le prix, se trouvant dans la mallette, à Vudnik. Autour d'eux, trois gardes du corps sont visiblement prêts à en découdre au moindre problème, quitte à employer le tabouret posé ostensiblement au milieu d'eux.

C'était la quatrième fois que Moulot recevait le prix Nobel de physiologie ou médecine. Il était évident que Papol, après ses deux échecs, allait tenter à nouveau de faire quelque chose pour anéantir le prix.

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Le jury du prix Nobel de physiologie ou médecine était étroitement surveillé par l'inspecteur Jolivet et son fidèle assistant Blaise Pichaud depuis les incidents de 1909. Les deux policiers remarquèrent très vite que quelque chose se tramait.

Le jury du prix Nobel décida de prendre les devants : ils allaient se débarrasser de Papol. Pour cela, ils firent appel à Egon Vudnik, concepteur de bombes. Incognito, ils lui donnèrent le prix Nobel de physiologie ou médecine en guise de premier paiement, et lui demandèrent de venir à bout de Papol. Vudnik avait mis au point un procédé révolutionnaire de bombe portative qu'il était possible de déguiser en presque n'importe quel objet courant, tels qu'un peigne, qu'une mandarine ou qu'un clairon. Cela faisait des années qu'il travaillait sur ce système à partir d'une ébauche mise au point par son père ; employer cette bombe allait donc être pour lui une sorte de consécration.

Malheureusement, la police avait pris l'habitude de faire suivre le jury du prix Nobel de physiologie ou médecine au vu des différents problèmes qui avaient parsemé son histoire. C'est ainsi que l'inspecteur Jolivet eut vent du complot à la bombe d'Egon Vudnik, et qu'aussitôt les rouages de la justice commencèrent leur implacable mouvement. En un éclair, la police et l'armée étaient chez les jurés du prix Nobel de physiologie ou médecine, et les arrêtaient tous pour préméditation de meurtre. On mit également vite la main sur Egon Vudnik, mais la police ne retrouva pas son prototype de bombe.

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En pleine réunion entre les membres du jury, le secrétaire s'adressa au président en ces termes : « Lars, ne te retourne pas mais je crois qu'il y a des militaires et des policiers dans la pièce. »

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Les jurés du prix Nobel de physiologie ou médecine et Egon Vudnik (celui avec le boulet au pied) en prison.

Le jury du prix Nobel de physiologie ou médecine n'avait pas commis un seul meurtre, il en avait vaguement commandité un, plus par légitime défense que par agressivité. De ce fait, normalement avec un bon avocat ils auraient dû pouvoir s'en tirer pas trop mal.

Mais les membres du jury des autres prix Nobel vinrent témoigner contre eux. C'est ainsi qu'ils furent accusés de vol à main armée (jury du prix Nobel de physique), faux et usage de faux (jury du prix Nobel de littérature), proxénétisme (jury du prix Nobel de chimie) et crime contre l'humanité (jury du prix Nobel de la paix). Les jurés des autres prix Nobel se sentaient enfin débarrassés de cette bande de branquignols, en tout cas pour 20 ans, puisque c'était la durée de la réclusion.



1998 : Joachim C. Moulot ???

À leur sortie de prison, les jurés du prix reprirent tant bien que mal la tâche qu'ils avaient héritée du testament de Nobel. Ils furent contactés très vite par Joachim C. Moulot, qui avait de nouveaux travaux. Pris d'une nouvelle vague d'enthousiasme, Moulot s'était interrogé sur l'épididyme.

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Moulot (au centre) était devenu encore plus petit, et sa soif de gloire s'en était encore accrue.

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Saviez-vous que...
La ville de Didymes a été baptisée par un célèbre cartographe bègue, Xamandre de Syracuse ? Il a également nommé d'autres lieux des environs : Dodone (en Grèce), le mont Ararat (Turquie) mais aussi Antananarivo, Honolulu, la mer de Marmara, Hamamatsu (ville japonaise), le Prout[8] (rivière de l'Europe de l'Est), etc.

On peut en effet se poser des questions sur ce redoublement de syllabe étrange présent dans le mot épididyme, évocation des mots enfantins employés pour désigner certains parties de l'anatomie peu éloignées de celle qui nous occupe. Il semblerait qu'en fait, étymologiquement, le mot épididyme vient du préfixe grec épi-, qui signifie "sur, au-dessus", et de Didymes, qui est une cité d'Asie mineure, en actuelle Turquie.

Quel était le rapport entre tout cela ? Où Moulot voulait-il en venir ? Eh bien Moulot pensait que ce qu'on cultivait sur la colline au-dessus de Didymes pouvait se cultiver dans l'épididyme, et que c'est pour cette raison que l'épididyme se nommait ainsi. Moulot avait conjecturé, d'après ses tests personnels, qu'on y cultiverait du chou, néanmoins il n'était sûr de rien et proposait au jury du prix Nobel de physiologie ou médecine de venir avec lui, à Didymes, voir ça de plus près.

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Savez-vous...
Planter les choux à la mode de chez nous ?

À la recherche des hypothétiques choux de Moulot sur une colline au-dessus de Didyme, les membres du jury du prix Nobel de physiologie ou médecine partirent donc pour la Turquie. Ils étaient visiblement bien partis pour refiler une énième fois le prix à Moulot

Searchtool.jpg Il se trouve que cette année-là, Arthur Gray, le célèbre pilote d'ambulance, avait battu ses propres records et était en quête de reconnaissance. Il apprit que les jurés étaient à Didymes, monta aussitôt dans son ambulance et démarra à toute vitesse. De leur côté, Claude Bresnay et Sylvestre Étilleux avaient proposé de renommer l'erbium (68) en molybdénium (symbole Mo), le thulium (69) en sénestrium (symbole Se), l'ytterbium (70) en Xurium (symbole Xu) et le lutécium (71) en Eleborium (symbole El), et cherchaient à retrouver leur gloire passée. Ils partirent également pour la Turquie, décidés à y arriver avant que le prix ne soit donné à Moulot. Quant à Eugène Sortie, il avait brusquement besoin d'argent pour l'entretien de sa « fondation Secrus » : il prit le premier vol pour Didymes, histoire de mettre les bâtons dans les roues aux projets de Moulot.

James Potter était mort, mais son fils, Harry, était dans le besoin pécuniaire. Voulant faire passer définitivement à la postérité la mémoire de son défunt père, il enfourcha son balai et vola jusqu'à Didymes. Egon Vudnik, enfin, n'avait pas très bien vécu sa réinsertion après ses vingt ans de prison. Il était prêt à faire chanter les jurés du prix Nobel de physiologie ou médecine pour avoir un deuxième prix. Mais pour cela, il fallait que le prix ne soit pas décerné à Moulot. En route donc pour Didymes, où tout commence et tout finit...


Une improbable confrontation

Dans la campagne turque chaude et touffue, les membres du jury du prix Nobel de physiologie ou médecine prenaient une petite collation. Ils avaient passé la matinée à chercher une trace de champ de quoi que ce soit et, paradoxalement, avaient fait chou blanc. La colline de Didymes n'était constituée que d'une épaisse forêt au milieu de laquelle se trouvait un sympathique temple antique.

Le président du jury : Joachim ? Vous ne venez pas vous asseoir avec nous ? Il reste un peu de thé ! Joachim, qu'avez-vous donc à scruter l'horizon si anxieusement ?

Moulot tenta de prendre un air détendu. Il était pourtant sûr d'avoir entendu le moteur d'une voiture de course... L'avait-on retrouvé ?

Joachim C. Moulot : Je meurs de chaud... Si nous entrions dans le temple ? Nous serons à l'ombre...

À l'ombre... à l'abri surtout. Des années qu'il profitait du prix Nobel de physiologie ou médecine, cela devait lui retomber dessus un jour ou l'autre. Les jurés le suivirent non sans protestation à l'intérieur du temple. On entendit aussitôt une Formule 1 approcher, et s'arrêter à côté du temple.

Le président : Mon Dieu, qui est-ce ?
Arthur Gray : Salut les copains, c'est moi ! Qu'est-ce que vous diriez de me choisir comme lauréat, au lieu de l'autre nabot ?
Claude Bresnay et Sylvestre Étilleux : Hum... Bonjour... Nous sommes venus en nous accrochant à l'aileron arrière de l'ambulance de Gray... Avez-vous lu nos derniers travaux ?
Eugène Sortie : Bonjour chers amis ! C'est Sortie ! Comment allez-vous ?
Harry Potter : Alohomora ! Ah non, c'était déjà ouvert. Bonjour.
Egon Vudnik : Psst ! Vous me reconnaissez ?
Le président : Mais enfin, qu'est-ce que...
Joachim C. Moulot : Monsieur le président ! Ils n'ont rien à faire là ! Foutez-moi ça dehors !

La confusion régna quelques instants : Gray distribua quelques coups de poing tandis que Sortie tentait d'assommer ses concurrents à l'aide de la statuette de son aïeul, Vudnik muni de sa bombe menaçait de tout faire péter et Harry Potter aussi. Soudainement une voix presque éteinte s'éleva du fond de la pièce :

— Vous voilà...

Les rixes naissantes cessèrent instantanément. Le président murmura :

— Qui... Qui a parlé ?

Un long corps maigre et poussiéreux, barbu, blafard, se déplia lentement et sortir de la pénombre, faisant face à la horde des lauréats hébétés.

— Moi ? Je suis Alfred Nobel.

Le dénouement

Un long silence fut observé dans le temple. C'est Harry Potter qui le brisa.

— Alfred Nobel ? Mais ! Vous êtes mort il y a des années de cela, dans un accident d'avion... !
— C'est ce qu'on a raconté, effectivement. Mais on n'a jamais retrouvé mon corps, ni même la boîte noire. Pourtant... mon testament a été retrouvé... Ça ne vous a jamais paru bizarre ?
— C'est vrai que, maintenant que vous le dites, susurra Eugène Sortie.
— Mais alors cet accident... ? reprit Harry.
— Ce n'était pas un accident, coupa sèchement Nobel. On a voulu me tuer.

Un murmure de surprise parcourut l'assemblée.

— Vous tuer ?
— Mon fils. Il a toujours envié ma fortune, dont je ne lui faisais que trop peu profiter. Il a cherché à me tuer, pour l'héritage. Mon testament fut, en quelque sorte, un dernier pied de nez. Tout pour la science, rien pour lui.

Les gens, bien que dubitatifs, prirent une moue approbative. Seul Harry semblait songeur.

— Ça ne nous explique pas comment vous vous en êtes sorti, s'écria-t-il, ni comment vous avez fait pour vivre jusqu'à maintenant !
— C'est juste, Harry, répondit Nobel d'un air amusé. Il y a d'autres choses que je vous cache.

Nobel sortir de sa poche un morceau de bois long et fin. Il le manipula lentement en marmottant, et il en sortit des petits bâtons de lumière qui formèrent des lettres de l'alphabet, voletant dans l'air. Elles formèrent les mots :

ALFRED WILLUS CEDRICUM BARABA PRIVIUM NOBEL

Nobel tapota alors avec sa baguette. Les lettres se déplacèrent lentement.

I AM ALBUS PERCEVAL WULFRIC BRIAN DUMBLEDORE
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Saviez-vous que...
Albus est également le dernier mot du slam « Les voyages en train » de Grand Corps Malade ?
— Al... Albus ? C'est vous ? s'écria Harry.
— Oui, chantonna Dumbledore. Ou Alfred Nobel. Cela revient au même, après tout !
— Mais...
— Pas un mot, Harry ! Laissez-moi vous expliquer.

N'en revenant pas, les locataires improbables de ce temple se turent et se mirent à écouter.

— Avez-vous déjà entendu parler des Horcruxes ? Je ne pense pas. Il existe en sorcellerie une façon de se préserver de la mort de son corps. On scinde son âme en morceaux, qu'on place dans différents objets... Le sorcier ayant procédé a une telle opération ne peut mourir que si les objets sont détruits.

Dumbledore marqua une petite pause, puis continua.

— C'est ce qu'a fait Lord Voldemort - Vous-Savez-Qui, comme on dit. Il a éparpillé son âme dans différents objets. Je m'étais donné le projet de les retrouver, et de les détruire, mais quand l'avion dans lequel je me trouvais a commencé à chuter, j'ai dû envisager un autre moyen, moins dangereux que de le faire moi-même. J'ai donc créé les prix Nobel.
— Les prix Nobel ?
— Le prix Nobel, en fait. Celui de physiologie ou médecine ; les autres n'étaient là que pour faire diversion. Je savais quels objets étaient les Horcruxes : la seule chose qui pouvait les réunir sans mon aide était ce prix.
— C'est donc pour ça, cette notation ambiguë : physiologie ou médecine ! Il fallait un sujet assez vague pour réunir des objets sans grands points communs ! s'écria le secrétaire du jury.
— Mais alors quels sont ses objets ? lança Moulot, qui n'en menait pas large.
— Très bonne question ! répondit Dumbledore. Le temps presse : le Seigneur des Ténèbres progresse d'heure en heure ! Il faut détruire sans attendre ses Horcruxes. Le premier Horcruxe est l'aorte de Ludivine Moulot, la femme de Joachim. J'avais prévu que du fait de vos travaux, vous en viendriez à triturer cette aorte ! Procédez vite à l'ablation, Moulot ! Le deuxième Horcruxe est l'ambulance de Gray. Il faut la détruire le plus rapidement possible. Le troisième est le tableau périodique des éléments de Mendeleïev, l'original annoté, en possession de Bresnay et Étilleux. Le quatrième est la statuette de Secrus, qu'a amenée miraculeusement M. Sortie. Le cinquième est le prototype de bombe de Vudnik. Allons, destruction !

Chacun commença à s'affairer à la destruction de son Horcruxe. Pendant ce temps, Harry s'approcha de Dumbledore.

— Pensez-vous que ça va marcher ?
— Je ne sais pas Harry. Il faut faire vite. Dès que Voldemort aura remarqué que nous détruisons des morceaux de son âme, il accourra. L'important est que nous ayons pu détruire le plus de Horcruxes possible avant qu'il n'arrive, de façon à ce qu'il soit suffisamment affaibli pour le combat final.
— Monsieur... Ma cicatrice me picote de plus en plus, grimaça Harry.
— Déjà ? Sapristi ! Il a fait vite ! Il doit déjà être dans les parages...

Dumbledore sortit précipitamment du temple, Harry à ses trousses. Il firent rapidement le tour du temple.

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Dissimulé derrière un buisson, Lord Voldemort souriait avec haine et fureur. Ses mains, semblables à de grandes araignées blafardes, caressaient de leurs longs doigts blanchâtres sa poitrine, ses bras, son visage. Ses yeux rouges, aux pupilles verticales comme celles d'un chat, paraissaient encore plus brillants dans l'obscurité.

— Vous croyez donc pouvoir venir à bout de ma grandeur ? hurla nerveusement le Seigneur de Ténèbres.
— Albus, laissez-moi combattre, annonça Harry péremptoirement. Je viendrai à bout de cet homme.
— Voyons, Harry, chuchota Dumbledore.
— Il a tué mes parents, ne l'oubliez pas.
— Je sais, mais si nous avons déjà détruit cinq Horcruxes, il y en a encore un que nous n'avons pas. Il devrait y en avoir six, vous comprenez ?

Harry se retourna vers Dumbledore, ébahi. Une deux-chevaux gris bleu s'arrêta à ce moment devant eux. Un grand homme distingué, en smoking, en sortit calmement.

— Qui êtes-vous ? demanda Dumbledore.
— Je me présente. Je suis Edward D. Johns. Vous vous souvenez peut-être de moi : je suis le type de la citation du début de l'article. J'ai eu le prix Nobel de physiologie ou médecine de manière inofficielle, pendant que les jurés du prix était en prison. Il m'a été donné par le jury du prix Nobel de la paix (j'aurais d'ailleurs préféré le prix Nobel de la paix, comme dit plus haut). J'ai...
— Votre travail ! Où se trouve la chose qui vous a valu le prix ? beugla Dumbledore.
— C'est dans cette petite valise, annonça calmement Johns. Il s'agit d'un...

Avant qu'il ait pu finir sa phrase, Dumbledore avait pulvérisé la valise d'un geste de baguette.

— Mes... Mes travaux... gémit Edward D. Johns en contemplant le gâchis.

Les Horcruxes avaient maintenant été détruits. L'affrontement entre Harry et Voldemort était imminent.

* * *

Cela faisait maintenant plusieurs heures que Voldemort et Harry combattaient. Les jurés et les lauréats du prix Nobel de physiologie ou médecine s'étaient réunis autour des combattants, et encourageaient Harry et prenant le thé (il en restait un peu, souvenez-vous).

Brutalement, Voldemort qui semblait mal en point réunit le peu de force qu'il lui restait après la destruction des Horcruxes et envoya un Avada Kedavra en plein dans Harry. Celui-ci s'effondra.

Où suis-je ?

Harry était allongé, face contre terre, nu. Il ne savait depuis combien de temps il était là. Il eut soudain l'idée que peut-être il n'était pas qu'une pensée désincarnée, mais qu'il vivait encore. Il se leva donc lentement.

Il se trouvait dans une brume claire et brillante. En face de lui, Albus Dumbledore était tranquillement assis sur un fauteuil mauve,

— Que se passe-t-il ? Où sommes-nous ? demanda Harry. Il ajouta : Je suis mort ?
— Je ne crois pas Harry, répondit Dumbledore. Les choses en réalité sont très simples. Je crois que tu es le septième Horcruxe.
— Le septième Horcruxe ? Mais...
Exactement. Et en voulant te tuer, Voldemort a simplement détruit le dernier morceau de son âme qu'il y avait en toi.
— Alors... Je ne suis pas mort...
— Non Harry. D'ailleurs moi non plus. En fait je ne sais pas vraiment pourquoi nous sommes là. Peut-être que le brouillard s'est levé sur Didymes...
— Albus... Pourquoi avez-vous vécu toutes ces années dans l'ombre, comment pouviez-vous être sûr que les Horcruxes reviendraient jusqu'ici ?
— Une prophétie, Harry. Il était dit dans la prophétie que la destruction du Seigneur du Mal impliquait la création du prix Nobel de physiologie ou médecine. Quant au crash de mon avion, il faisait partie du plan. Je savais que je devais passer pour mort pour être en sécurité ; j'ai donc demandé à mon fils de piéger l'avion dans lequel je me trouvais, pour que ma mort paraisse crédible. Il l'a fait par devoir, c'était un des hommes les plus courageux que j'aie rencontré. Tu comprends maintenant, Harry ?

Harry regarda dans le vide quelques instants. Puis il tourna la tête vers Albus :

— Je comprends, oui... Sauf une chose qui m'échappe. Albus, qu'est-ce que la physiologie ?

Dumbledore sourit avec bienveillance.

— La physiologie, Harry ? La physiologie, ce n'est peut-être finalement que l'amour, l'amour que tu portes à tes amis et à tes proches, et qu'ils te portent également. C'est cet amour, Harry, qui a rendu ta force supérieure à celles des ténèbres, et qui t'a permis de vaincre Lord Voldemort. Oui, Harry, je crois que c'est cela, la physiologie.

Harry se réveilla. Autour de lui, Dumbledore le regardait paisiblement, comme s'il savait quel rêve Harry venait de faire. Le cadavre de Voldemort gisait devant lui, tandis que le nom de Harry Potter était scandé et ovationné par les jurés, Moulot, Gray, Bresnay, Étilleux, Vudnik, Johns et Sortie. Bon sang ce nom. Sortie !

Épilogue

L'air était doux et parfumé malgré l'heure matinale. Sur ce quai de la gare de Londres, la petite famille échangeait les dernières paroles avant que le Poudlard Express ne démarre.

— Je n'irai pas, je n'irai pas, je n'irai pas à Serpentard ! s'exclama Albus Sylvestre Egon.
— Allons, Albus, répondit Harry à son fils, il n'y a aucune raison que tu ailles à Serpentard.
— Moi quand j'irai à Poudlard je veux aller à Gryffondor, surenchérit la cadette, Lily Claude Arthur Joachim.
— Ouais, comme moi ! annonça fièrement l'aîné, Alfred James Edward Sortie.
— Allons les enfants, le train va bientôt démarrer, clama Harry. Albus, ne t'en fais pas, tout se passera très bien.

Un sifflement strident interrompit les dernières salutations. Le train se mit lentement en marche tandis que Harry lançait quelques gestes de la main à ses enfants. Ginny s'approcha de lui.

— Tu as vu dans le journal ? dit-elle. Le prix Nobel de physiologie ou médecine a été remis à un certain Ferdinand Papol, qui a trouvé un médicament contre le SIDA.

Harry sourit pensivement. Il savait que maintenant, le prix Nobel de physiologie n'avait plus aucun sens.

— C'est une bonne chose, non ? insista Ginny.

Harry la regarda puis, d'un geste machinal, il abaissa la main et caressa sur son front la cicatrice en forme d'éclair.

— J'en suis sûr.

Il y avait dix-neuf ans que la cicatrice de Harry avait cessé de lui faire mal. Tout était bien.

Voir aussi

Notes

  1. Et courir sur un accident, ce n'est pas facile.
  2. Pour peu qu'on puisse employer l'expression "sans distinction" pour parler de prix Nobel.
  3. Pour peu qu'on puisse parler de haut point à propos de nanisme.
  4. Mendeleïev emploie plus précisément le terme « защитник », ce qui nous en révèle un peu plus sur le rapport entre les deux génies de la chimie.
  5. On peut aussi revenir au cœur, sortir par le ventricule droit, prendre la veine cave supérieure, monter par la veine jugulaire interne et ensuite redescendre sur la carotide, mais ça fait un détour inutile par le cerveau.
  6. Il s'avéra par la suite qu'en fait c'était Jöns, du jury du prix Nobel de chimie, qui l'avait joint par erreur à sa déclaration d'impôt. Heureusement l'administration lui l'a retourné par la suite, sinon ça aurait été la merde, je vous raconte pas.
  7. Si vous ne lisez pas les notes en bas de page, vous ne pouvez pas comprendre cette histoire de Bureau des Impôts expliquée dans la note précédente. Mais en même temps si vous ne lisez pas les notes en bas de page, vous ne pouvez pas être en train de lire celle-là, donc cette note ne sert à rien. Ah merde.
  8. Aucun redoublement de syllabe dans ce nom-là : on ne bégaie pas avec le cul.


Aiguille.png  Portail de Mes Deux Seins


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