Pierre Boulez

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« Si on programme un ordinateur pour qu'il joue aléatoirement des notes, des rythmes et des nuances, il jouera la 9e de Beethoven d'ici à 1 milliard d'années. »
~ Pierre Boulez à propos de ses passe-temps
« Si on programme un ordinateur pour qu'il joue aléatoirement des notes, des rythmes et des nuances, il jouera une pièce de Boulez toutes les 5 minutes. »
~ Olivier Messiaen à propos de la musique de son ami Pierrot
« Moi quand je fais du bricolage j'écoute du Pierre Boulez, comme ça j'ai l'impression qu'on travaille à plusieurs. »
~ Jean d'Ormesson à propos de la musicalité des oeuvres de Boulez
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Un autoportrait de Pierre Boulez

Pierre Boulez est un célèbre pilote français, qui conduit aussi bien les voitures que les orchestres. Il est né à Montbrison il y a fort longtemps, il mourra donc bientôt, ne vous inquiétez pas. Revenons un peu sur cette vie mouvementée d'un des héros de ce siècle, qui grâce à son audace et sa ferveur marquera durablement l'histoire de la lutte contre cette oppression déshumanisée qu'est celle que la raison effectue sur l'esprit de l'occidental moyen.

Les jeunes années

Pierrot est d'origine assez modeste. Son père était tailleur, même s'il revenait de temps en temps. Sa mère était saisonnière, son travail était d'amputer les prisonniers allemands en temps de guerre. On peut supposer qu'ils ne mangeaient pas tous les jours. C'est donc dans un environnement très prompt à l'élévation intellectuelle que le petit Pierre (sa croissance fût assez tardive) commence ses études. C'était un enfant rebelle, comme vous auriez pu vous en douter. Il a de ce fait très mal supporté l'école, les rares fois où il y est allé, mais ses résultats furent assez exceptionnels, et témoignaient d'une vivacité d'esprit déjà hors du commun. Après avoir obtenu son bac dans une pochette surprise, le petit Pierrot entre en fac de maths. Il est bien évidemment obligé de s'assoir au premier rang pour pouvoir suivre. Son professeur voyait en lui l'avenir de la recherche scientifique, mais il n'avait pas assez de barbe pour rentrer au CNRS. Au lieu de devenir chercheur en maths, il se contenta donc d'un poste de chercheur à l'ANPE, moins gratifiant certes, mais moins éprouvant également.

L'entrée assez modeste, presque tonitruante, dans la vie active

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A l'époque, on jouait au tennis avec ce qui nous passait sous la main

Un jour, le miracle se fit. Un certain monsieur McEnroe cherchait un professeur de tennis pour son fils John. Pierrot n'hésita pas une seule seconde. Il lui suffisait d'avoir un cours d'avance sur le petit, et tout le monde n'y verrait que du feu. Ce petit job lui permit de reconstruire sa vie, et d'imaginer une alternative à son échec mathématique cuisant.

C'est à ce moment là qu'il tomba sur une école de musique dirigée d'une main de fer par un séparatiste vaticanais répondant au doux nom d'Olivier Messiaen. Cet ornithologue membre de l'Opus Dei était un hippie avant l'heure. Son enseignement reposait donc principalement sur les couleurs de l'arc-en-ciel de la marijuana et sur l'imminence de la fin du monde à cause du commerce de la fourrure des bébés phoques.

L'insupportable prétention de ce monsieur Messiaen ne plaisait absolument pas à Pierrot. Il tenta plusieurs fois de le tuer, en vain. Il décida donc de quitter sa classe, au milieu d'un cours sur l'universelle réciprocité de l'amour du Seigneur. Ne prenant du plaisir à être autodidacte que lorsqu'il possède un professeur dont il ignore fièrement les conseils, Pierrot fût contraint de trouver un nouveau modèle à ne pas suivre. Il fit alors un tour à l'école normale pour vomir sur la future chaise de Jean-Marc Luisada et composer quelques morceaux en classe de composition. Tous plus ou moins anecdotiques, certains ont été exceptionnellement rejoués pour ses 80 ans (un certain « Beau lérot de Ravel », une trilogie en quatre parties d'opéras sur le Seigneur des Anneaux : « l'anneau du Nibelung » enfin bref, des trucs de jeunesse sans intérêt). C'est aussi à cette époque qu'il commence à diriger des orchestres. On lui offre des baguettes, mais ne voulant pas faire comme les autres, il s'en sert pour manger son riz et dirige à la main.

L'émergence d'un compositeur

La rencontre avec Sartre (Papi Jean-Paul) est fondamentale pour l'avenir médiatique de Boulez. L'inspiration, le souffle divin inspiré par les muses du communisme vont soumettre l'ami Pierrot à des forces qui le dépassent. Claustrophobe, il va vite détruire ces murs qui s'érigent autour de lui avec son marteau qui lui servait de raquette de tennis. Il retourne les instruments de domination du communisme contre ce même communisme, voilà un exploit sensationnel, mais la composition qui suivra ne sera qu'une timide fresque peu évocatrice d'une telle hauteur de vue, d'un tel psychologisis grandissimus. Celle-ci n'est autre que la première Dérive. Le petit Pierrot ne fait que dériver du chemin du communisme, non pas une dérivation grandiloquente, con fuerza eroïca y grande espressione, non, juste une simple dérivation de brebis claudicante, encore sous l'ombre et le joug infernal de Moscou. Ce n'est que quelques années plus tard que le petit monsieur Boulez va s'affirmer en tant qu'être pensant, homme libre et dionysien, homo musicalis en somme. Avec Le marteau sans maître, expression pure et noble d'un esprit indépendant à son apogée, Boulez écrase d'un pas de géant les balbutiements aphones d'un sartrianisme traditionaliste stagnant et oppressant, et détruit par là même, avec la brutalité la plus féroce et une bestialité sans égal, les piètres murmures simiesques et ineptes des animaux machines anthropomorphes répondant au nom de communistes.

Cet acte d'une témérité presque sauvage, qui n'a pas d'égal depuis l'aube de l'humanité, va tout de même l'amener au devant de légers ennuis. Un matin d'hiver, la visite incongrue d'un certain Sergueï sonne comme la fin d'une époque de liberté amorale et le retour vers le terrible, mais ô combien plus sûr, chemin balisé de la vie sociale prolétarienne modèle. Ce monsieur va lui remettre en main propre une valise contenant sa maman, découpée en fines tranches, visiblement par un habitué. C'était du propre, ça c'est sûr. Reste que Pierrot n'a guère apprécié, il décida alors de composer Polyphonie X, une fugue en l'honneur de sa lâcheté, symbole de sa soumission à Moscou. Un SMS de Nikita (Khrouchtchev) lui confirmera qu'il a fait le bon choix, et il reçoit le lendemain par la poste son petit frère en un seul morceau.

C'est donc une carrière de compositeur semée d'embûches pour notre cher et tendre Pierrot, mais c'est la marque du génie. Regardez un sale gosse comme Mozart par exemple, né avec une cuillère en or massif dans la bouche, il n'a pas fait long feu. Quelques compositions banales, une vie libertaire de débauche et de dépravation, on en parle plus comme d'un phénomène de foire, un homme-éléphant ou une femme à barbe que comme d'un génie transcendant, un homme de conviction, de rigueur et d'esprit.

L'IRCAM et l'inter, instances de sa domination éternelle

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Les solistes de l'intercontemporain sont photographiés dans de grands espaces pour masquer l'oppression intellectuelle démoniaque et émasculante à laquelle ils nous soumettent.

Comme vous l'avez sûrement remarqué, Pierrot se présente comme un homo narcissismus, imbu de lui-même et fier de l'être. Il se sent l'âme d'un prophète qui doit prêcher à ses apôtres, transmettre son savoir incommensurable de peur qu'il ne se perde. Par un subtil jeu quasi-prestidigitationnel, il parvient à manipuler Pompidou pour qu'il assure un financement stable à l'IRCAM, Institut de recherche et coordination acoustique/musique, petit jouet dont Pierrot se sert pour financer ses expérimentations loufoques. Dans la foulée, il crée l'ensemble intercontemporain, un attroupement absurde de percussionnistes déficients mentaux, où ont sévi des criminels sonores reconnus internationalement, comme Pierre-Laurent Aimard et Jean-Guihen Queyras. Par l'association de ces deux institutions pharaoniques, Boulez fait office d'Evelyne Dhéliat de la musique savante, donnant la pluie et le beau temps à quiconque veut l'entendre.

Mais bon, l'inter c'est plus c'que c'était, ma ptite dame. Avec Sébastien Vichard au piano, dernier né de la terrible génération Béroff, l'orchestre s'est semble-t-il affaissé sur sa propre base, dans un cataclysmus internus majeur, aspirant toute la matière aux alentours à la manière d'un trou noir. Et pire encore, du Xénakis raisonne dans les couloirs de l'IRCAM. Le navire a définitivement pris l'eau, il faudrait donc en profiter pour noyer les matelots, ça nous ferait des vacances.

Mais alors, mon gaillard, quand est-ce que l'on saura enfin ce qu'est la musique de Boulez?

La plèbe gronde dans ma boite mail. De très nombreux admirateurs se plaignent de l'absense d'illustration sonore dans mon article. Kevin, de Laba-Les-Moulineaux (juste à côté d'Issy-les-Moulineaux), est un exemple caractéristique. Il m'a d'ailleurs envoyé une carte postale mickey très explicite faisant état de son immense chagrin quant à cette très regrettable absence: "Komen kon c alor keske c la musik de Boulez si ya po de musik directemnt ak c cible sr la paj?" Rassurez-vous, citoyens, je ne vous oublie pas, et me démène jour et nuit pour vous offrir le meilleur article concevable. C'est pour cela, qu'en mon âme et inconscience, je suis parti à la recherche d'une oeuvre de Boulez non protégée par la sacem. En fouillant par hasard dans la bibliothèque de Gdansk (Pologne), je suis tombé sur cette sublime esquisse en ut majeur, sous-titrée "calme et élégant", que je vous interprète plus bas. Comme vous pourrez le constater, c'est une oeuvre encore très proche de Schubert, une influence dont Boulez aura du mal à se défaire. L'atonalité est encore assez peu décelable, et la candeur schubertienne reste un élément primordial: on croirait entendre la douce complainte amoureuse d'un enfant touché par la grâce, qui respire la gaieté chaste et le bonheur céleste. De longs silences laissent une part importante à la méditation, afin que l'on puisse entrevoir le drame métaphysique qui se joue de nous sur nos propres épaules, jusqu'à nous faire vaciller dans leur extase interne, volontiers dramatique, mais bien plus souvent machiavélique. La fin du morceau montre un monde ravagé par l'amoralisme, où le sage raisonnable peut s'épanouir dans la joie éternelle.

Je n'ai malheureusement pas le matériel adéquat pour jouer cette oeuvre dans les meilleures conditions. La musique pour piano de Boulez requiert le désormais traditionnel ramasseur de pages qui s'assure du respect de l'intégrité physique de la partition, pour ainsi permettre sa réutilisation ultérieure.


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