Omelette brayaude

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Mais non, ça n'a pas déjà été mangé, je vous jure !

Vous venez de rentrer du boulot. Vous avez travaillé tard, vous êtes fatigué et vous avez faim. En ouvrant le frigo, vous constatez que celui-ci est presque vide. Il ne contient plus que des œufs, des lardons, des oignons et des pommes de terre. Que pouvez vous donc faire ?

Quoi ?

Un whist ?

Mais vous êtes con ?

Vous pouvez pas faire un whist, il faut être quatre !

Les œufs, les lardons, les oignons et les pommes de terre, plus vous, ça fait cinq. Vous voyez, vous POUVEZ PAS faire un whist.

À moins que vous ne jouiez pas, et que vous laissez jouer les œufs, les lardons, les oignons et les pommes de terre. Mais c'est totalement crétin, parce qu'à ce moment-là, pourquoi n'ont-ils pas joué au whist avant que vous n'arriviez ? Hein ? HEIN ?

Histoire

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Saviez-vous que...
Les pommes de terre, apparemment indispensables à la préparation de l'omelette brayaude, n'ont été introduites en Europe qu'au XVIéme siècle. Avant cela, on utilisait surtout des testicules de zèbres. Ce qui explique que l'omelette brayaude apparut avant l'introduction de la patate dans nos contrées, et également pourquoi les zèbres se sont barrés en Afrique.

Les premières traces historiques de l'omelette brayaude remontent au IXéme siècle, dans le petit village de Flllufll, situé pas loin du panneau "limitation à 70km/h", en Europe. On en retrouve en effet des traces sur une photographie de Marcel Ploupll, célèbre Flllufllais du IXéme siècle, celle où il se la pète en imitant Fonzie dans son nouveau blouson en cuir. Petit à petit, l'omelette brayaude prend de l'extension, et, en 1321, elle est finalement adoptée par le village de Grrrriggr, celui juste à côté de Flllufll, de l'autre côté de la nationale. Mais son arôme délicat, ainsi que ses vertus hallucinogènes lorsque qu'absorbée en grande quantité par voie nasale, joue rapidement en sa faveur, et, en 1325, le maire de Chhhach, de l'autre côté du panneau "limitation à 60km/h", déclare l'omelette brayaude saveur de l'année, juste devant les cailloux en papillote.

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La première preuve de l'existence de l'omelette brayaude: cette photographie du IXéme siècle de Marcel Ploupll

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Le duc de Vitellus, en 1535, un samedi.

Au début du XVIéme siècle, le territoire de l'omelette brayaude s'étend alors sur plusieurs dizaines de milliers de kilomètres carrés. Mais rapidement, les premiers conflits territoriaux apparaissent avec les moules gratinées au nord. En 1537, la guerre éclate entre les moules gratinées et l'omelette brayaude suite à un conflit de boisson: les moules gratinées, qui étaient déjà accompagnées par du vin blanc, revendiquaient également le pepsi-cola, boisson traditionnellement associée à l'omelette brayaude. Les moules gratinées, commandées[1] par le duc de Mytoloïda, mirent rapidement les troupes omelettoises, peu préparées et prises au dépourvu, en déroute, et conquirent de large portion de terrain. L'omelette brayaude, d'abord totalement désorganisée, parvient à se ressaisir et contre-attaque lors de la célèbre bataille de Jjjjijk. Confortée par les victoires précédentes, l'armée des moules gratinées sous-estime l'importance des troupes de l'omelette brayaude. Submergée et prise en étau par les forces omelettoises, dirigées par le duc de Vitellus, les moules sont rapidement décoquillées. Au bout de quelques jours, il ne resta plus qu'un faible fumet de fruits de mer sur la vallée de Jjjjijk.

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La situation en 1566.

Les forces s'équilibrent rapidement, et le conflit se stabilise un certain temps. Mais, mobilisée par les conflits au nord, l'omelette brayaude ne tient pas compte de la soupe au potiron qui étend alors sa sphère d'influence à l'ouest. Le conflit s'envenime lorsque la soupe au potiron, ayant assujetti beaucoup de communes précédemment sous domination omelettoise, négocie, en 1565, une alliance avec les moules gratinées. L'omelette brayaude reçoit in extrémis l'aide de son allié de l'ouest, le gaspacho. Les troupes du comte Jamòn da Tortilla prennent le contrôle des régions de l'ouest et y rétablissent l'ordre. Voulant profiter de l'apparente faiblesse de l'omelette brayaude, les moules gratinées organisent une percée jusqu'à la ville de Ceeece, dans le haut de la ville, juste à côté de la pharmacie. Les troupes omelettoises sont rapidement mobilisées, mais le sac de la ville ne peut être empêché. En représailles, le duc de Vitellus prend la ville de Ooooho, jusque là détenue par les moules gratinées. Ces dernières soutiennent financièrement la soupe au potiron qui pousse les populations à la révolte contre la présence gaspachone, et des conflits éclatent dans les villes de Rmmmerm et Wawww. À cette occasion, le comte Jamòn da Tortilla est capturé et livré aux moules gratinées, qui l'exécuteront par éponge Spontex.

En septembre 1566, la situation tourne à l'avantage des moules gratinées et de la soupe au potiron. Une grande partie du territoire est occupée et le duc de Vitellus est rappelé à Flllufll, la capitale omelettoise. Le gaspacho, en prise à des conflits sur son propre territoire avec le flan au caramel, abandonne son soutien et rapatrie ses troupes. La position de l'omelette brayaude est catastrophique. Mais en octobre, un contingent de fiers et farouches guerriers pommes de terre recrutés aux Amériques débarque au port de Qrriqr. L'association pomme de terre - omelette brayaude connait alors un succès sans précédent, et suscite un enthousiasme triomphant. En quelques mois, les territoires envahis sont reconquis. Un traité de paix entre l'omelette brayaude, la soupe au potiron et les moules gratinées est signé à Grrrriggr le 19 février 1567.

En mars 1567, le bilboquet débarque et fout une branlée à tout le monde.

Recette

Mais au fait, est-ce qu'on en a quelque chose à foutre, de l'histoire de l'omelette brayaude ? Et est-ce qu'on en a quelque chose à foutre, de la recette de l'omelette brayaude, au fond ? Et pourquoi ne pourrions nous pas tout simplement vivre en paix, dans un monde où on arrêterait l'escalade consumériste et dé-responsabilisante ? C'est vrai, ça, pourquoi ? Bon, ben en attendant, voilà la recette.

Ingrédients

Il faut tout d'abord nous munir des ingrédients, c'est-à-dire :

  • 27 tonnes de pommes de terre;
  • 384 592 344 œufs frais[2];
  • 3 cochons que nous venons de tuer d'un coup sec sur la nuque avec une chaise (ou un meuble de jardin, mais en bois alors, parce qu'en plastique, ça rebondit et c'est moins pratique);
  • et 3 oignons.

Ceci correspondra à un repas pour 2 personnes, mais il y aura beaucoup de gaspillage, ce qui n'est pas bien.

Outils

Vérifions que nous possédons bien tout les outils. Au delà du traditionnel couteau et du fouet de cuisine, pour faire une omelette brayaude, il est indispensable de posséder un égriteur à lames rotationnelles de type B. Celui-ci sera particulièrement utile lors de la cuisson, pour frimer :

« Z'avez vu mon égriteur à lames rotationnelles ? Il est chouette, hein. Et c'est un de type B, attention ! Et oui, ça, c'est de l'outillage de professionnels. Et t'as vu, il y a même un cran de sureté. Pour l'enlever tu fais comme ça et Aaah! Ah! AAAAAAaaah ! Et merde. »

Préparation

1) Prenons d'abord un oignon, qu'on appellera Maurice. Dessinons dessus un petit visage souriant avec un feutre à alcool[3]. Plantons maintenant le couteau d'un geste bref en plein dans sa face en poussant un petit cri de malade mental. Effaçons maintenant le visage souriant et dessinons un visage triste. Ensuite, découpons Maurice en petits morceaux[4].

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Les différentes étapes : A) oignon content, B) oignon pas content, C) oignon qui souffre sa race.

2) Prenons ensuite un deuxième oignon, qu'on appellera Maurice. Hum, merde, on a déjà appelé le premier Maurice. Bon, disons que le premier s'appelait en fait Raymond, et que c'est celui-ci qui s'appelle Maurice. Recommençons avec Maurice ce qu'on a fait avec Raymond.

3) Prenons le troisième oignon, qu'on appellera Maurice. Ben zut. Bon, okay, on va dire que le deuxième oignon s'appelle Raymond. Ah, et le premier ne peut plus s'appeler Raymond alors. Bon, donc, on va dire que le premier s'appelait en fait Georges. Donc, on a le premier, qui s'appelle en fait Georges et ensuite, le deuxième, c'est Raymond, et le troisième, c'est Maurice. La gastronomie, c'est un truc compliqué. Avec Maurice, on va devoir faire comme avec Raymond et Georges. Seulement, au bout du troisième coup, Maurice va commencer à se méfier. Le plus simple, c'est de lui faire croire que nous sommes partis. Pour cela, nous n'hésiterons pas à nous écrier: « Ding dong ! Oh ! Tiens, on sonne à la porte ! Oh ! Vite vite ! Je vais aller voir. » En faisant un bruit de pas qui diminue, simulant quelqu'un qui s'éloigne, l'oignon, qui est aveugle, ne sera plus sur ses gardes. Et paf, on lui plante le couteau dans sa face. Notons qu'à ce moment-ci, le petit cri de malade mental peut être suivit d'un grand rire sardonique.

4) Prenons ensuite une pomme de terre, auquel nous attribuerons aucun nom, parce que ce serait totalement ridicule. Le but final est de la découper en morceaux, comme pour les oignons. Dans le cas de la pomme de terre, la technique de la personne qui sonne à la porte ne marchera sans doute plus. Premièrement, parce qu'elle a sans doute remarqué l'astuce. Et ensuite parce que la pomme de terre a parfois des yeux. Ici, nous emploieront une technique plus rudimentaire appelée "technique de Rumsfeld" qui consiste essentiellement à se dire: "rien à foutre, c'est une pomme de terre, je suis beaucoup plus costaud qu'une pomme de terre, et je vais lui latter la gueule". Notons qu'à ce stade, les pommes de terre doivent être sorties une à une du sachet, parce que si nous sommes plus costaud qu'une pomme de terre, face à 27 tonnes de patates qui luttent pour leur survie, on fait généralement moins le malin.

5) Nous allons ensuite battre les œufs. Ouvrons le carton qui contient les 384 592 344 œufs et ... Mais... Tiens, ils ont organisé un rassemblement... Mais, je ne me souviens pas avoir acheté des kalashnikovs... Mais... Oh mon Dieu ! Ils se révoltent ! Les œufs se révoltent ! Et ils sont armés.

6) Fuyons rapidement vers le salon en évitant les tirs. Sautons au dessus du canapé et retranchons-nous y. Notons que pour cette recette, il est préférable d'avoir un canapé en acier trempé, car les œufs le mitraillent. Sortons notre Browning 9mm et ripostons quelques coups.

7) Nous allons à présent utiliser la radio.

« Allo QG ? Allo QG ? Ici Cuisine ! Ici Cuisine ! Nous nous sommes retranchés dans le salon et faisons face à un soulèvement d'ingrédient de type pré-volaille ! Allo QG ! Allo QG ? Répondez bon Dieu ! »

8) N'oublions pas de riposter quelques coups, histoire d'empêcher les œufs d'organiser un assaut ou que les pommes de terre s'oxydent, ce qui rendrait l'omelette moins savoureuse.

« Clevinger, surveillez le flan droit ! McWatt, découpez les lardons en dés ! Allo, QG, demandons l'appui aérien ! Allo QG ! QG ? »

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La situation actuelle.

9) Au bout de quelques minutes, les œufs auront entièrement pris possession de la cuisine, bloquant ainsi l'accès au jardin. Méfions-nous, si les œufs prennent le contrôle de la salle de bain, le temps de cuisson risque de devoir être rallongé de quelques minutes. Pendant ce temps, n'oublions pas de contrôler régulièrement la température du four tout en évitant les balles qui fusent autour du canapé.

« Dobbs, relayez moi à la radio et essayez d'avoir ce putain de QG. Nately, allez me cherchez un cocktail, genre un whisky avec des glaçons dedans. »

Nately : Mais chef, c'est pas vraiment un cocktail, un whisky avec juste des ...

« Bordel, on ne discute pas les ordres ! C'est la guerre ! LA PUTAIN DE GUERRE ! Compris ? »

10) Au bout d'un quart d'heure, si vos œufs ne sont pas à court de munitions, la recette a peu de chance de réussir. Auquel cas, il ne reste qu'une solution: garder son calme.

« Orr, allez soutenir Clevinger sur le flan droit. Snowden, faites bouillir de l'eau pour les pommes de terre. »

Snowden : Ben en fait, je ne m'appelle pas Snowden, chef. Je m'appelle Maurice.

« Ce n'est pas possible, c'est le troisième oignon, Maurice. »

Snowden : Oui, je sais, mais on a qu'à dire que le troisième oignon s'appelle Raymond, que le deuxième s'appelle Georges et que le premier s'appelle ... Aaaah, je suis touché ! Aarg !

« Bien fait ! »

Si les hostilités n'ont pas cessé après vingt minutes, la recette est définitivement foutue. Les œufs ont irrémédiablement pris le contrôle de la cuisine, et risquent bien de nous massacrer jusqu'au dernier. Quitte à mourir, nous allons donc tenter une sortie, et mourir en brave. Certes, nous n'avons aucune chance, et ça risque de piquer un peu lorsque les balles traverserons notre peau et nos organes vitaux, mais il faut ce qu'il faut, nous faisons ça pour la gastronomie. Après tout, on ne fait pas d'omelettes sans casser des œufs.

ha !

Haha !

Hahahahihihi !

LRuquier.JPG Laurent Ruquier dit :
J'ai pas compris ?


HAHAHA !

« on fait pas d'omelettes sans casser des œufs »  !

Ahaha, elle est bien bonne !

LRuquier.JPG Laurent Ruquier dit :
Bin quoi ?


Ohohoh, qu'est-ce qu'on se marre, ahaha !

Wahaha ouhouhouh !

LRuquier.JPG Laurent Ruquier dit :
ALLEZ MAIS FAIPATAPUTE, DIS MOI !!


Héhéhé

Héhé

Heu...

Bon ben c'est fini.

Conclusion

À la semaine prochaine, alors, pour la recette du bœuf bourguignon. Parce que, hihihi, "qui vole un œuf vole un

PAN

Aaaarg !

Notes

  1. C'est-à-dire "sous la direction de", et non pas "commandées au restaurant". Un peu de bon sens, voyons.
  2. Des œufs issus de la même poule, de préférence.
  3. Il s'agit d'une recette alcoolisée.
  4. Attention, ne vous laissez pas entrainer par vos habitudes: après avoir découpé Maurice, ne le lestez pas et n'allez pas le jeter dans le canal.


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