Noyade

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Rapport 52773 du 31 Août 2012

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L'homme avait la tête sous l'eau, on l'y maintenait, il nous regardait en souriant depuis déjà plus d'un quart d'heure, et bientôt ce fut une demie heure, sans qu'il en soit affecté, toujours le sourire aux lèvres, on aurait pu en tirer un bon prix pour son record en apnée, mais il était grec et cela ne nous troublait pas plus que ça, un monde perdu au bout du quai

Molière commençait à raler, qu'on en tirerait jamais rien, pas même une saloperie de sirtaki, et l'on remontait encore des seaux d'eau, la piscine ne serait jamais vidée à temps, d'autant plus que le portugais, lui aussi, ne se décidait pas à se noyer, OberKampf répètait sans cesse une expression française

(les portugaises ensablées)

qu'elle ne comprenait pas, pourtant il allait falloir faire quelque chose, s'ils ne voulaient pas crever comme ça, on pourrait essayer une autre méthode

(appuie sur la baïonnette)

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Molière c'était le patron

Moliére c'était le patron, enfin de patron pour ce qu'il y en avait en ce moment, et cet agent de la brigade financière qui réclamait son argent, menaçait de tout et de n'importe quoi, de taxes et de taux, de couteaux qui sont montés au fil des fusils et Molière ne s'était pas cru obligé de lui expliquer que ça s'appelait des baïonnettes, mais il n'en pensait pas moins,

(d'ailleurs)

pensait-il encore en observant l'homme sous l'eau, il le narguait de son sourire immuable, on sentait bien, lui devait le savoir, qu'il ne remonterait jamais, il ne faisait plus de bulles depuis longtemps, comment arrivait-il à survivre ?

« On devrait le pendre, c'est radical »

ça c'était OberKampf, sans doute des souvenirs qu'elle n'avait jamais réussi à évacuer, et Molière, ça l'indisposait foutrement qu'on ait à redire sur ses méthodes

(faut qu' ça rentre ou bien qu' ça pète)

les nègres continuaient à remonter les seaux, ils étaient jaunes ces nègres là, jaunes comme des coquelicots délavés, ils continuaient à vider la piscine du grec pour remplir celle du portugais, d'industrieux besogneux qui ne se lassaient pas, pourtant Molière s'impatientait, tapotait du pied, ça n'allait pas assez vite cette affaire là

(ça serait jamais fini)

il s'emportait pour un rien, trois gouttes d'eau qui étaient tombées sur le sol, est-ce que ça comptait vraiment trois gouttes d'eau, est-ce que l'homme aux baïonnettes viendrait réclamer son dû ?

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OberKampf était d'accord

mais pour le coup OberKampf était d'accord avec lui, il fallait faire attention, une goutte par-ci, une goutte par-là, on n'en finirait jamais

(tout le monde était d'accord)

on n'allait pas y passer la jounée, le grec s'était allongé au fond, il remuait encore le fumier, et le portugais souriait lui aussi, comme un enfant, un enfant qui aurait une confiance aveugle en ses parents,

(tant pis si c'est des cousins)

Molière ça le faisait pas rire du tout, il en avait noyé d'autres, des tonkinois beaucoup et des maugrabins encore plus, il y avait encore la piscine de l'espagnol à remplir, celle de l'italien à moitié pleine, on aurait jamais assez d'eau, les nègres jaunes bossaient pas assez vite, fallait doubler les équipes et ces connards qui n'en finissaient pas de crever, Molière perdait patience

Searchill regardait tout ça dans son coin sans rien dire, il fumait un cigare, encore un, ça puait le rat crevé depuis pas mal de temps déjà, il se leva, glissa trois mots dans l'oreille d'OberKampf

Molière les dévisageait le regard interrogateur, OberKampf se frotta les mains et déclara : « RocheFelfelt arrive avec des citernes »

(surprenant)

vingt minutes plus tard, RoseVelvet arriva, il avait bigrement bronzé, il était même noir, c'était vraiment le big boss,

(un lutteur king en personne)

ses équipes de nègres jaunes le suivaient, ils déroulaient des tuyaux, bientôt l'eau commença à couler dans les piscines

et puis il y eut une discussion à propos du portugais, RoseVelvet voulait pas remplir sa piscine, il disait qu'il avait le soutien de Chabaise

Molière était pas dans son assiette, il osait pas contredire RoseVelvet d'autant plus qu'il était venu avec Pissette, le porteur du goupillon de l'eau sacrée nom d'un chien, il fallait pas contrarier le porteur du goupillon, Molière le savait mais il avait des arguments, le portugais était mouillé, il avait trempé dans cette affaire là

(les dossiers ouverts sur des procès-verbaux)

Valoise se leva avec les rapports, les preuves et Charloquinte amena sa quincaillerie en allemand, du coup OberKampf se frotta encore les mains, elle prennait un malin plaisir à la noyade, c'était clair

on entendit un énorme rire, un rire démentiel, un rire qui submergea tout, c'était TataTruk, du bout de sa perche il maintenait le grec sous l'eau, les yeux exhorbités de l'homme laissaient prévoir une fin proche, Pissette trottina jusque là et regarda la piscine, puis il donna du goupillon et fit signe d'arrêter de remplir, c'était fini

(demain ça sera ton tour)

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RoseVelvet se fendit d'un sourire, les choses prenaient une nouvelle tournure, l'eau abondait, OberKampf essayait de calmer TataTruk

pour Molière les choses n'étaient pas encore résolues, il remit les papiers du portugais sous le nez de RoseVelvet

un hélicoptère fit bourdonner son moteur au dessus de nous, on ne s'entendait plus,

(les pages du dossier qui s'envolent)

il brassait tellement d'air que tout le monde leva la tête, il était noir, avec un signe sur la carlingue, une étoile

(RAF)

et OberKampf cria « eine linksextremistische terroristische Vereinigung ! »[1], la Bambule commença, les balles crépitaient, fendaient l'air un peu partout, les nègres jaunes commencèrent à s'écrouler

(demain ça sera ton jour)

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une dans le dos

OberKampt s'en prit une dans le dos, les corps remontaient à la surface, l'eau tournait au rouge, le massacre prenait forme, c'était pas celui qu'était prévu et RoseVelvet devint blanc comme un linge, la panique s'était installée

(pus d' bonhomme et pus d'amour)

ce fut bref, définitif et efficace, le silence revint, on entendait juste un bourdonnement d'abeille qui s'éloignait, Molière gisait dans une marre de sang, il avait appuyé sur un bouton avant de crever et on entendait un air grave et profond, une marche lente, une musique à boyaux

Tiens, voilà du boudin, voilà du boudin, voilà du boudin
Pour les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains,
Pour les Belges y'en a plus
Pour les Belges y'en a plus
Ce sont des tireurs au cul
Pour les Belges y'en a plus
Pour les Belges y'en a plus
Ce sont des tireurs au cul


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  1. Un groupe terroriste de gauche !


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