Mythomanie

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« L'autre jour j'ai pêché un poisson gros comme ça ! »
~ Docteur-Comte-Capitaine Lambert, ambassadeur de France à Madagascar, Archevêque de Pise, Grand-Croix de la Légion d'Honneur, Chevalier de l'Ordre de Malte, Prix Goncourt 1993 et Prix Nobel d'Économie en 1985

La mythomanie est une pathologie psychologique qui tend à une déformation de la vérité. Nous avons pu obtenir un entretien à ce sujet avec un spécialiste reconnu en la matière, le professeur Mortier, directeur de l'hôpital psychiatrique de Beausoleil-sur-Pleurme.

Ah mais non, c'est fini, l'appellation « hôpital psychiatrique » est complètement tombée en désuétude maintenant. On dit « cabane à dingos » maintenant. Le terme change tous les 5 ans environ. Quand j'étais jeune — ça remonte à pas mal d'années maintenant — et que j'ai commencé à travailler comme assistant chez les parfumeries Guerlain — ah c'était marrant, comme travail. Et puis c'était une petite fierté d'avoir apporté une touche à l'un de leurs parfums qui a été un succès. Enfin, une modeste contribution bien sûr, mais c'est toujours ça —, on appelait ça des « asiles d'aliénés ». Et puis, ça a été « maison des fous » et que sais-je encore. Enfin, bon.

Causes

Les causes de la mythomanie, comme de nombreuses pathologies psychologiques, sont assez difficiles à cerner, mais il semble que dans la plupart des cas, le malade tente de fuir les difficultés de la vie réelle, et que cette fuite en avant se concrétise dans une mise en scène de la réalité. Tenez, quand j'étais dans la coloniale — c'est là que j'ai commencé ma médecine. On apprenait sur la tas à l'époque. C'était pas de la tarte, parce que les Tonkinois aimaient bien fabriquer des pièges qui font des vilaines blessures (c'est des gens assez vicieux je dois dire), et que j'ai dû pratiquer notamment une fois une amputation du bras avec un couteau à huîtres —, on a eu un officier, qui après avoir perdu les deux jambes est devenu complètement dément et qui racontait à qui voulait l'entendre qu'il allait retourner bientôt habiter dans son somptueux château et autres fadaises de ce genre. Cas typique de mythomanie galopante. Pauvre gars, tiens.

Symptômes

Les effets sont assez variables, ça peut aller du mensonge ponctuel au vrai délire inventif, qui peut d'ailleurs être très vraisemblable. À l'époque où j'étais médecin-chef sur un sous-marin, on avait un cuisinier qui prétendait avoir gagné à la loterie le jour de son départ en mer et qui expliquait ce qu'il comptait faire de sa nouvelle fortune : faire le tour du monde, faire construire un manoir, etc. Tout ça étant parfaitement invérifiable, ça tenait la route, et on s'en est rendu compte en débarquant six mois plus tard. Enfin, entre-temps le pauvre homme était mort au cours d'une attaque de nos quartiers de permission par des pirates du golfe d'Eden.

D'une façon générale, la limite entre l'état sain et la maladie est très difficile à cerner et à peu près n'importe qui peut basculer au moins ponctuellement dans la mythomanie. Par exemple, j'ai bien connu le président du Conseil Constitutionnel au temps où j'étais expert médical auprès de la cour d'Appel de Paris. Eh bien croyez-le ou non, mais cet homme qui passait ses journées à peser la sagesse des nouvelles lois m'a raconté un jour avoir participé à une chasse au tapir et en avoir tué un qui pesait plus de 600 kilos. Devant ma surprise, il m'avait promis de me montrer la dépouille qu'il était supposé avoir fait empailler, mais il ne l'a jamais fait. Je pense qu'il a eu un accès de mythomanie, mais c'était un grand homme. Il venait souvent discuter avec moi autour d'un verre de porto dont il raffolait. Je le faisais importer directement de Lamego, par un caviste que j'avais connu au Brésil quand j'ai eu une brève carrière de chercheur d'or. Métier difficile et risqué. Et puis les piranhas. De belles saloperies. J'ai vu un tapir de 300 kilos se faire dévorer en quelques minutes dans un petit bras de l'Orénoque.

Soins

Le principal moyen de traitement passe par la psychanalyse pour aider le malade à trouver les causes profondes de sa pathologie, après il peut, s'il le désire vraiment, s'en sortir. C'est assez nouveau comme méthode, avant on utilisait surtout des méthodes violentes, comme les électrochocs. Quand j'étais ministre de la justice en Zambie, on m'avait demandé d'en faire sur le président qui pérorait sur la beauté de son éléphant blanc. Il n'en avait pas, évidemment. Le pauvre. Enfin. De toute façon, il n'en a pas eu besoin, peu après j'ai fait un coup d'état pour prendre le pouvoir et je l'ai fait fusiller. Ça a été le début d'une belle ère d'expansion pour le pays, puisque, je le rappelle, on possédait toute l'Afrique jusqu'au Niger.

Cas célèbres

Quand j'étais empereur de Patagonie, j'ai écrit un livre — qui m'a valu la médaille Fields —, dans lequel je relate les histoires de quelques mythomanes célèbres. Don Quichotte est sans doute le plus célèbre. Je l'ai bien connu. Tartarin de Tarascon en est un autre exemple, c'est un personnage imaginaire, mais fondé sur le modèle de mon très bon ami Gasparin de Tarascon que j'avais présenté à Alphonse Daudet.

Il y en a bien d'autres, et quand je suis descendu sur terre comme le Messie il y a deux mille ans de cela, j'ai raconté une parabole à ce sujet. Ca m'a valu d'être crucifié, mais le type qui m'a jugé s'est fait écraser peu après par mon rhinocéros, bien fait pour lui.

Je suis navré, je dois vous laisser, en tant que pape galactique et roi de Cassiopée j'ai peu de temps à moi. La paix soit avec vous.

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