Mythologie basque
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La mythologie basque est lâensemble des croyances actuelles ou passĂ©es des peuples pyrĂ©nĂ©ens portant un bĂ©ret basque sur le sommet du crĂąne. Les populations dites basques ou euskariennes se distinguent par un particularisme gĂ©nĂ©tique dit « bug basque », apparu dans lâADN humain il y a 20000 ans du cĂŽtĂ© de Saint-Jean-Pied-de-Port, et qui se signale par lâinversion des hĂ©misphĂšres droit et gauche du cerveau.
IndĂ©tectable par lâimagerie Ă rĂ©sonance magnĂ©tique (IRM), essentiellement Ă cause du port du bĂ©ret, le « particularisme basque » se manifeste par le fait que le Basque pense en sens inverse de la normale, pour ne pas dire de travers : il compte sur les vingt doigts de ses mains, estime que la femme est lâĂ©gale de lâhomme, fait oui de la tĂȘte pour signifier non (et vice-versa), hisse sur les territoires espagnol et français une sorte de drapeau anglais pour daltoniens, parvient Ă digĂ©rer le vin dâIrouleguy et compose ses phrases Ă lâenvers.
Comprendre en profondeur la mythologie basque nĂ©cessite avant toute chose dâintĂ©grer ces caractĂ©ristiques trĂšs singuliĂšres issues du « bug basque ».
Sommaire
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[modifier] Naissance de la mythologie basque
La mythologie basque a Ă©tĂ© dĂ©couverte dans les annĂ©es 30 du XXĂšme siĂšcle par le bon pĂšre JosĂ© Miguel BarandiarĂĄn. Avant lui, personne ne savait quâelle existait. Quelques chercheurs avaient bien recueilli au siĂšcle prĂ©cĂ©dent une dizaine de contes de bonnes femmes mais, selon Wentworth Webster, « on reconnaĂźt dans les ĂȘtres des contes basques le petit peuple de fĂ©erie irlandais » ; selon le breton Paul SĂ©billot « le folk-lore basque trouve ses sources dans la toujours vivace mythologie arthurienne » ; selon le lituanien Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz « nous retrouvons les Laumes lituaniennes dans le folklore basque » ; selon le philologue suisse Hans-Rudolf ZĂŒllnerzĂŒlberkrĂŒzli : « ça me rappelle les nains de jardin de mon Valais natal ».
[modifier] Lâapport capital de JosĂ© Miguel BarandiarĂĄn
Câest pourquoi la surprise fut immense lorsque le pĂšre JosĂ© Miguel BarandiarĂĄn parvĂźnt Ă dĂ©montrer, grĂące Ă de nombreux recoupements, lâexistence dâune mythologie basque trĂšs ancienne dominĂ©e par la figure numineuse dâune puissante dĂ©esse de la nature, Mari, se dĂ©duisant non seulement du « bug basque » au PalĂ©olithique supĂ©rieur, mais de la prééminence Ă lâĂ©poque actuelle de la racine *mar- dans les prĂ©noms fĂ©minins basques comme Marie, Maria, Mayana, Mayi ou mĂȘme Madi, dans des toponymes comme Oloron Sainte-Marie (ou, plus subtilement, Saint-Martin-d'Arberoue et Saint-Martin-d'Arrossa) voire dans le nom de la mairesse de Saint-Jean-de-Luz MichĂšle Alliot-Marie.
[modifier] LâexpĂ©dition de 1991 dans la forĂȘt dâIraty
En 1990, sommĂ© par une cabale scientifique bĂ©arnaise dâappuyer ses thĂ©ories sur des faits concrets, le patriarche de la culture basque, alors ĂągĂ© de 101 ans mais toujours vigoureux gaillard, prĂ©pare une expĂ©dition dans la forĂȘt dâIraty oĂč il espĂšre dĂ©couvrir les preuves de ses dires. Il constitue une Ă©quipe avec le soutien financier de lâEuskal Herriko Unibertsitatea et de la fromagerie Ossau-Iraty. Un premier repĂ©rage lui permet de dĂ©terminer les meilleures conditions pour pĂ©nĂ©trer la forĂȘt depuis Lecumberry. En 1991, l'expĂ©dition principale s'Ă©lance et parvient Ă sâenfoncer dâenviron 3 kilomĂštres 500 sous la hĂȘtraie. HĂ©las, on nâentendra plus jamais parler de ses membres.
[modifier] Développements ultérieurs de la mythologie basque
Par la suite, plusieurs ethnologues spĂ©cialistes de la mythologie basque comme lâamĂ©ricaine Mary-Ann Humbug-Cobblers, lâamĂ©ricaine Mariah Tara Diddle ou encore lâamĂ©ricaine Mareen Frills-Bilgewater, firent de nombreuses et intĂ©ressantes trouvailles sur le rĂŽle prĂ©pondĂ©rant de la femme dans la sociĂ©tĂ© basque depuis lâAntiquitĂ© Ă nos jours et contribuĂšrent Ă Ă©toffer la gĂ©nĂ©alogie de la dĂ©esse Mari et des divinitĂ©s fĂ©minines secondaires de la mythologie euskarienne, en particulier en sâintĂ©ressant au rĂŽle prĂ©pondĂ©rant de la Reine GueniĂšvre ou de la Dame du Lac.
Mais malheureusement rien nâavait encore permis dâĂ©tayer leurs hypothĂšses⊠jusquâaux extraordinaires dĂ©couvertes sur le terrain, en 2004, de lâethnologue amĂ©ricaine Mary Margot Trifle-Baloney !
[modifier] Les découvertes de Mary Margot Trifle-Baloney
Mary Margot Trifle-Baloney, professeur-assistant de littĂ©rature mĂ©diĂ©vale amĂ©ricaine Ă lâUniversitĂ© de Balderdash dans lâIdaho, reçut en Novembre 2002 une lettre de sa collĂšgue et amie Maria Escobar Diaz Temor de la Cruz y BarandiarĂĄn, professeur dâeuskara Ă lâUniversitĂ© du Pays basque de Bilbao et petite-niĂšce du fameux anthropologue, lui faisant part de nouvelles inĂ©ditesâŠ
Un chercheur de champignons dans la forĂȘt dâIraty avait dĂ©couvert quelques vestiges de lâexpĂ©dition de 1991, en particulier le bĂ©ret de son grand-oncle. Cette trouvaille fut Ă lâorigine de la nouvelle expĂ©dition Trifle-Baloney de 2004 (lâexpĂ©dition projetĂ©e en 2003 ayant due ĂȘtre reportĂ©e dâun an Ă cause dâune turista aiguĂ« quâavait contractĂ© lâexploratrice pour avoir consommĂ© des piments dâEspelette).
[modifier] LâexpĂ©dition Trifle-Baloney de Juin 2004
Pour le reste de cet exposĂ©, nous nous fonderons essentiellement sur des extraits du carnet de voyage de Mary Margot Trifle-Baloney, publiĂ© en Juin 2006 aux presses de lâUniversitĂ© du Pays basque sous le titre Nuvoko mondeak Idahoko citoieneak euskaldunaborijeneko revelazionak, Anbotoko Zuriak Diviniteko Grandeak[1], traduit lors de lâĂ©dition française en La Grande DĂ©esse Blanche dâAnboto, rĂ©vĂ©lations des AborigĂšnes Basques au citoyen de lâIdaho pour un monde nouveau.
LâexpĂ©dition dĂ©marre dans une ambiance dâenthousiasme et dâacclimatation au « bug basque ». DĂšs les dĂ©buts, Mary Margot Trifle-Baloney semble dĂ©jĂ pressentir avec une intuition toute fĂ©minine les rĂ©vĂ©lations importantes que lui rĂ©serve son Ă©quipĂ©e :
« Au printemps 2004, enfin libĂ©rĂ©e de mes obligations professorales, je dĂ©cidais de consacrer toutes mes forces Ă mon expĂ©dition dans cette mystĂ©rieuse forĂȘt dâIraty, source de tant de secrets que le pĂšre BarandiarĂĄn avait peut-ĂȘtre dĂ©jĂ dĂ©couverts. NâĂ©tait-ce pas lâinspiration de Mari, la Grande DĂ©esse Blanche dâAnboto, que je ressentais lĂ et qui me poussait Ă sortir des sentiers battus pour mâaventurer dans cet inconnu pĂ©rilleux qui allait bouleverser ma vie ? Je songeais parfois avec une affreuse inquiĂ©tude au sinistre bouc noir des sorciĂšres basques que dĂ©crivait le cruel inquisiteur De Lancre dans son Tableau de lâInconstance des DĂ©mons. Quâallais-je rencontrer dans ma quĂȘte ? Etais-je bien sĂ»re de ce que je faisais ? »
[modifier] Une retraite mystique Ă lâhĂŽtel Loustau, prĂšs de la gare
A peine arrivĂ©e Ă Bayonne, Mary Margot est de nouveau victime dâune violente turista pour ne pas avoir su traduire la carte du restaurant ni dĂ©tecter la prĂ©sence de piments dâEspelette dans la pipĂ©rade. Câest lâoccasion pour elle dâune illumination quasi-mystique :
« Mon ventre me fait atrocement souffrir, dâautant que mon inflammation sâest doublĂ©e dâune cystite. Vais-je devoir abandonner ? Non, je ne peux renoncer si prĂšs du but ! Tout cela semble un rite de passage voulu par Mari dâAnboto, pour me libĂ©rer de mes fautes et de mes impuretĂ©s et ĂȘtre digne de lâapprocher, elle la Grande DĂ©esse MĂšre. »
Durant sa « retraite mystique forcĂ©e » Ă lâhĂŽtel Loustau, quâelle consacrera Ă la mĂ©ditation et au nettoyage de ses sous-vĂȘtements, Mary Margot comprend peu Ă peu que son expĂ©dition est un « parcours initiatique » quâelle devra accomplir seule. Elle prend congĂ© de Maria Escobar â malgrĂ© les doutes que celle-ci peut Ă©mettre sur les talents linguistiques de Mary Margot â et dĂ©cide de passer sa semaine de convalescence Ă apprendre le basque.
« Finalement, la langue basque nâest pas si compliquĂ©e que me lâassurait Maria Escobar. Il suffit dâajouter des âko et des âak Ă la fin des mots et de mettre la phrase Ă lâenvers. Parfois câest le mot entier quâil faut intervertir, comme pour : basque qui donne eusqab, puis euskal. Il y a quelques exceptions Ă connaĂźtre absolument, comme piment dâEspelette qui se dit Ezpeletako biper gorria. JâĂ©prouve quelque fiertĂ© Ă me dire quâaujourdâhui : euskaleko parlerak saisko jeak[2] ! Peut-ĂȘtre faut-il voir lĂ un petit coup de pouce de ma chĂšre Mari ? »
[modifier] A la recherche de la Déesse Perdue
Finalement, partie de Bayonne le 11 juin 2004, grĂące Ă lâaide de son manuel « Apprendre le basque en dix leçons » lâethnologue amĂ©ricaine parvient Ă rejoindre Lecumberry le 21[3]. Les aborigĂšnes basques donnent une fĂȘte en lâhonneur de lâarrivĂ©e de lâexploratrice.
[modifier] Les mystĂšres de Lecumberry
« Les natifs font tournoyer des pierres Ă©normes sur leurs Ă©paules nues. Ceux qui portent des coiffes de plumes vivement colorĂ©es effectuent des bonds sauvages au son des tambourins propitiatoires. Dans ces contrĂ©es reculĂ©es, situĂ©es Ă dix jours de route de toute civilisation, vivent des hommes sains et Ă©quilibrĂ©s dont la musculature puissante et souple, parfaitement adaptĂ©e Ă leur mode de vie en accord avec la nature, Ă©voque celle des grands fĂ©lins des PyrĂ©nĂ©es. Tels sont les aborigĂšnes basques au pied des montagnes sacrĂ©es dâIraty, le jour de lâĂ©quinoxe dâĂ©tĂ©. »
[modifier] La malĂ©diction dâAkerbeltza
Toutefois, malgrĂ© sa remarquable connaissance du Basque, Mary Margot ne parvient pas Ă se renseigner auprĂšs des aborigĂšnes sur le destin de la prĂ©cĂ©dente expĂ©dition (« ezpedizionako prezedentoak ») ni sur la dĂ©esse Mari. Son intuition fĂ©minine lui souffle que quelque chose dâimportant se prĂ©pare :
« On mâoffre Ă plusieurs reprises lâIrulegiko ardoa, un jus de raisin aux vertus thĂ©rapeutiques. Les jeunes aborigĂšnes me font partager leurs longues cigarettes roulĂ©es de tabac rituel. Peu Ă peu la nuit tombe. Les mĂ©lopĂ©es extatiques et le tam-tam incessant des tambourins me plongent dans une transe primitive. La tĂȘte me tourne. Je sens la foule frĂ©nĂ©tique me porter vers un grand feu de joie devant lequel se tortillent des silhouettes obscĂšnes. Et si les faits rapportĂ©s fidĂšlement par De Lancre se perpĂ©tuaient encore de nos jours ?
Ma vue se trouble, mes jambes se dĂ©robent sous moi. Soudain, je Le vois ! Horreur, Ses yeux jaunes flamboyants me fixent de leur prunelle horizontale. Câest Lui, câest Akerbeltza, le Bouc Noir des sabbats ! Je me dĂ©bats, jâessaie dâĂ©chapper aux mains viriles et rugueuses qui mâentraĂźnent vers le bĂ»cher sacrificiel. DĂ©esse Mari, aidez-moi ! »
[modifier] Basa Jaun, le Seigneur des Sylves Obscures
Par chance, Mary Margot est sauvĂ©e dâune mort atroce par le Basa Jaun, lâHomme Sauvage :
« Sa stature Ă©norme, sa carrure et sa pilositĂ© dâours des PyrĂ©nĂ©es, son front bas, obtus, fermĂ© par des sourcils Ă©pais et bestiaux rappelaient les gorilles des jungles amazoniennes. Je me sentais en sĂ©curitĂ© contre son torse musculeux et velu. Oui, câĂ©tait Basa Jaun, le Seigneur des Sylves Profondes, le mĂ©diateur magique entre le peuple basque et la Grande DĂ©esse Mari de la forĂȘt dâIraty. Dans ses bras puissants, Basa Jaun me porta vers ma tente⊠»
Le lendemain, lâethnologue se rĂ©veille saine et sauve dans sa tente canadienne. Lâesprit plus serein, elle parvient Ă Ă©tablir un rapport dâordre structural entre la boisson « ardo beltza » et Akerbeltza : « Ardo beltza, la boisson rouge du dieu Irouleguy, symbolise le sang du bouc Ă©missaire que lâon sacrifiait Ă la Grande DĂ©esse dont le nom, jamais prononcĂ© par les participants aux rites, Ă©tait tenu secret ».
[modifier] Plongée au coeur des profondeurs sauvages
Enfin le 23 juin, aprĂšs sâĂȘtre fait indiquer la direction de la forĂȘt par le Basa Jaun qui lui « adresse un clin dâĆil complice et de bon augure », Mary Margot Trifle-Baloney prend congĂ© de la population locale. Elle a pris soin dâemporter dans son sac Ă dos une dizaine de tranches de jambon de Bayonne sous cellophane, trois bouteilles de jus de raisin « Irulegiko ardo beltza » AOC, un tube dâaspirine contre dâĂ©tranges maux de tĂȘte persistants et deux boĂźtes de Smecta.
Une brume Ă©paisse envahit les contreforts des collines, un crachin dense et ininterrompu noie les futaies dâIraty. Mary Margot Trifle-Baloney sâadonne avec lâenthousiasme du dĂ©butant aux joies de la navigation Ă la boussole et du dĂ©chiffrage des cartes IGN[4]. Câest le dĂ©but dâune incroyable aventure humaine oĂč lâethnologue amĂ©ricaine se retrouve confrontĂ©e aux forces de la Nature et dĂ©couvre la puissance de son instinct de survie.
[modifier] Into the wild of the emerald forest
Afin dâillustrer cette transition capitale dans lâĂ©volution de lâexpĂ©dition Trifle-Baloney, nous nous permettrons ici dâemprunter textuellement au chapitre intitulĂ© « Into the wild of the emerald forest » :
« 27 juin : mes cartes trempĂ©es ressemblaient Ă du papier mĂąchĂ©. La boussole Ă©tait tellement embuĂ©e quâon ne voyait plus la petite aiguille. Ces instruments modernes Ă©taient dĂ©cidĂ©ment inutiles dans ce domaine vierge oĂč la nature inviolĂ©e a repris ses droits ; aussi ai-je dĂ©cidĂ© dâabandonner sous une pierre ces objets qui me reliaient encore au monde civilisĂ©. JâĂ©couterai dĂ©sormais la petite voix de mon instinct. Le mot Iraty ne vient-il pas dâailleurs du grec erratum ? »
« 28 juin : voilĂ maintenant cinq jours que jâavance, guidĂ©e par ma seule intuition, sous les frondaisons de la forĂȘt immense. Avec lâhumiditĂ© tropicale, mes tranches de jambon ont pris une drĂŽle de teinte verdĂątre peu appĂ©tissante mais je ne suis pas lĂ pour faire la fine bouche. Câest Ă mes pulsions animales de survie de me dicter mes actes, pas Ă mon mental dâoccidentale engoncĂ©e dans des habitudes mesquines. »
« 29 juin : je suis malade à en crever. Mon corps rejette par chacun de ses orifices toutes les impuretés de sa vie passée. Et surtout le jambon. »
« 30 juin : je viens de terminer la seconde boßte de Smecta. Les dés sont jetés, comme disait George Washington. »
« 1 juillet : je vomis toujours et jâai maintenant de la fiĂšvre. Il ne me reste plus quâune tranche de jambon verte et un quignon de pain moisi. Grande DĂ©esse Mari, ne mâas-tu pas jugĂ©e digne de Toi ? »
[modifier] Initiations aux mystÚres de la déesse basque
En ces heures de dĂ©sespoir oĂč lâĂȘtre humain, isolĂ© de ses congĂ©nĂšres, en est rĂ©duit Ă la seule dimension de son existence animale, il est parfois des instants de rĂ©vĂ©lation⊠Câest ainsi que les indiens PerperpĂ©-TutchutchĂ© dans la forĂȘt primaire de Bouconne, ou les tribus Bouloulou-bantou-bantou du Zimbwana, contraignent lâadolescent Ă sâĂ©loigner de la hutte protectrice et natale. Rendu aux seuls soins de Dame Nature, il obtient des aperçus profonds sur le sens de la vie et les mystĂšres du monde des espritsâŠ
[modifier] SauvĂ©e par lâinstinct primal !
Câest ce que devait dĂ©couvrir Mary Margot Trifle-Baloney aprĂšs avoir englouti la derniĂšre tranche de jambon de Bayonne. Comme elle ne retrouvait toujours pas le chemin de retour vers Lecumberry, son instinct de survie lui dĂ©signa dans les sous-bois lâexistence de champignons comestibles qui lui permirent de ne pas pĂ©rir atrocement de faim, comme Scott au pĂŽle Sud, Ă quelques kilomĂštres dâune Ă©picerie Petit Casino.
A ce seul fait providentiel elle dut de pouvoir poursuivre son expĂ©dition et dâainsi rapporter au monde Ă©bahi ces rĂ©vĂ©lations transcendantes sur la mythologie euskarienne, rĂ©vĂ©lations qui firent grand bruit Ă lâĂ©poque mais sont maintenant largement admises et divulguĂ©es dans tout bon manuel dâethnographie (basque).
Mais lĂ encore, laissons la parole Ă lâexploratrice :
« 4 juillet : je me sens bien mieux depuis que jâai pu me rassasier de la chair crue de ces dĂ©licieuses oronges des CĂ©sars, que lâon trouve en grande quantitĂ© sous ces bois. Mais ma tĂȘte me tourne encore et jâai des Ă©blouissements. Sans doute lâeffet de la fiĂšvre. Je mâallonge un instant sur le tapis de feuilles mortes. »
Câest alors que nous entrons dans la partie la plus importante mais aussi la plus extraordinaire du rapport ethnographique de Mary Margot Trifle-Baloney. Nous nous contenterons de rĂ©sumer sa dĂ©couverte dans les grandes lignes ; les lecteurs intĂ©ressĂ©s pourront se reporter pour le dĂ©tail aux ouvrages en annexe, que nous nâavons dĂ©jĂ que trop citĂ©s.
[modifier] Le récit de José Miguel Barandiarån
Dans lâaprĂšs midi du 4 Juillet, fĂȘte de lâindĂ©pendance des Etats-Unis, lâexploratrice est rĂ©veillĂ©e en sursaut de sa petite sieste : elle se voit entourĂ©e dâAmazones menaçantes, armĂ©es de lances et de chisteras. Les Amazones, qui comprennent parfaitement le basque parlĂ© par Mary Margot, la conduisent dans une grotte oĂč trĂŽne un Ă©trange vieillard. Lâethnologue amĂ©ricaine reconnaĂźt JosĂ© Miguel BarandiarĂĄn ! Elle lui dit ĂȘtre une amie de sa petite-niĂšce Maria Escobar, ce qui lui sauve la vie.
JosĂ© Miguel BarandiarĂĄn raconte alors comment, lors de son expĂ©dition de 1991, il dĂ©livra trois enfants basques des griffes des terribles laminak (des ĂȘtres mi-homme mi-dinosaure), ce qui lui valut dâĂȘtre reçu en grand honneur par le Seigneur Ramunxo, le chef des Euskaldunak.
InitiĂ© alors aux rites de la mythologie basque, il dut promettre de ne pas ne retourner dans le monde extĂ©rieur. AgĂ© maintenant de 118 ans, il est encore gaillard et alerte grĂące Ă lâIrulegiko ardoa, en rĂ©alitĂ© un Ă©lixir de longĂ©vitĂ©.
JosĂ© Miguel BarandiarĂĄn montre enfin Ă lâexploratrice dâĂ©tranges schĂ©mas mĂȘlant des symboles de lauburus, de bĂ©rets basques et de piments dâEspelette, ainsi quâune description dĂ©taillĂ©e de la recette originelle du poulet basquaise. A la seule vue des piments dâEspelette, lâexploratrice est soudain prise de violentes tranchĂ©es et doit sâexcuser un instant.
[modifier] La CitĂ© dâOr de Pirinio-Atlantika
Puis elle est conduite par les Amazones basques Ă travers un tunnel secret au fond de la forĂȘt dâIraty. Elle dĂ©couvre alors Pirinio-Atlantika, la merveilleuse CitĂ© dâOr perdue du peuple euskarien. Le cidre coule Ă profusion dans les riviĂšres et les gĂąteaux basques poussent sur les arbres comme des fleurs.
PrĂ©sentĂ©e au Seigneur Ramunxo, elle reconnaĂźt le Basa Jaun ! Elle saisit alors le sens cachĂ© du clin dâĆil complice quâil lui avait adressĂ© Ă son dĂ©part de Lecumberry. Il savait quâils allaient bientĂŽt se retrouver.
Basa Jaun lui explique que la civilisation oubliĂ©e de Pirinio-Atlantika est la matrice de toutes les sociĂ©tĂ©s humaines, prĂ©sentes, passĂ©es ou futures : lors de la prĂ©histoire, au moment oĂč se produisit le « bug basque », les Euskaldunak entamĂšrent une longue migration depuis le continent antarctique jusquâĂ la forĂȘt sacrĂ©e dâIraty. Ainsi, la CitĂ© dâOr de Pirinio-Atlantika nâest autre que l'Atlantide, l'archĂ©type des civilisations perdues dont il est question dans les mauvaises sĂ©ries tĂ©lĂ© du monde entier.
[modifier] La bataille finale
Mais la CitĂ© dâOr est attaquĂ©e par les abominables laminak ! C'est la grande bataille symbolique entre les forces du Bien-Ătre menĂ©es par la dĂ©esse Mari et les forces de la Surcharge PondĂ©rale menĂ©es par son fils et Ă©poux Sugaar, le Dieu-Serpent. Les Amazones basques et leurs frĂȘles lances sont opposĂ©es aux lĂ©gions fĂ©roces des laminak et des tartaroak cyclopĂ©ens, armĂ©s dâĂ©normes jambons de saurien gĂ©ant.
Alors que Mary Margot, sĂ©parĂ©e accidentellement de ses amies Amazones, va ĂȘtre livrĂ©e aux dĂ©sirs lascifs d'un homme-dinosaure hideux, Gaxuxa, la compagne de Ramunxo, se sacrifie et la sauve en lui remettant son collier de chorizo magique.
DĂ©sormais, la possession de ce collier implique que Mary Margot est devenue prĂȘtresse de la DĂ©esse Blanche dâIraty. Elle est alors transportĂ©e dans un lieu secret, la caverne de la DĂ©esse aux Pieds de Canard. La Dame dâAnboto se rĂ©vĂšle Ă elle et, aprĂšs lui avoir enseignĂ© les arcanes de la mythologie basque, lui demande de conserver prĂ©cieusement le secret.
[modifier] Conséquences fructueuses de l'expédition Trifle-Baloney
RetrouvĂ©e quelques jours plus tard dans le bosquet en haut du champ de Mr Manex Ithurbide Ă Mendive, grĂące aux efforts de la brigade de gendarmerie de Saint-Jean-Pied-de-Port alertĂ©e par un coup de fil de Maria Escobar, Mary Margot Trifle-Baloney fut transportĂ©e aux urgences de lâhĂŽpital de Bayonne dans un Ă©tat dâĂ©puisement alarmant.
Mais, succĂšs remarquable, lâethnologue amĂ©ricaine Ă©tait parvenue au terme de son Ă©prouvante aventure Ă confirmer les dires de JosĂ© Miguel BarandiarĂĄn et de ses successeurs concernant lâexistence de la dĂ©esse mĂšre Mari et sa prĂ©pondĂ©rance au sommet du panthĂ©on ancestral des Basques !
Aujourdâhui, Mary Margot Trifle-Baloney se consacre Ă de nombreuses activitĂ©s relatives Ă son expĂ©rience passĂ©e dans la forĂȘt dâIraty, comme le dĂ©veloppement Ă lâUniversitĂ© de Balderdash de lâĂ©tude de la mythologie basque selon la mĂ©thode universelle de Jacques Lacan, la promotion en Idaho dâun modĂšle Ă©galitaire des droits de la femme tel quâappliquĂ© dans la citĂ© de Pirinio-Atlantika, lâenseignement de la langue originelle des Amazones basques, lâimportation massive dâIrulegiko ardo beltza... mais aussi et surtout lâĂ©ducation du jeune JosĂ© Miguel, nĂ© de son entrevue Ă©phĂ©mĂšre avec le sauvage Basa Jaun.
[modifier] Notes
- â Le parler basque comporte plusieurs dialectes : il sâagit ici de la langue sacrĂ©e des tribus aborigĂšnes secrĂštes de la forĂȘt dâIraty.
- â Mary Margot devait se rendre compte par la suite quâil faut aussi supprimer les pronoms et les articles.
- â On ne sâaccorde pas trop sur ce point. Certains gĂ©ographes signalent quâau vu des photographies il pourrait sâagir plutĂŽt de Mendive ou de Larrau. Claude LĂ©vi-Strauss en particulier ne sâest pas privĂ© de contester certains points du rapport de Mary Margot Trifle-Baloney, ce qui contraignit lâethnologue amĂ©ricaine Ă revenir sur certaines de ses affirmations dans la prĂ©face de son second ouvrage dĂ©diĂ© Ă la mythologie euskarienne, Nous sommes les sorciĂšres de la montagne basque : « Il mâa paru nĂ©cessaire Ă lâĂ©poque, et je le pense encore aujourdâhui, de modifier parfois les noms des personnes et des lieux afin de prĂ©server de lâattention et des atteintes dĂ©lĂ©tĂšres de la civilisation les fragiles traditions et les rites ancestraux de la Dame dâAnboto ».
- â Elle se rendra compte plus tard quâelle avait achetĂ© par erreur une carte de la forĂȘt de Fontainebleau.
[modifier] Sources
- JosĂ© Miguel BarandiarĂĄn, Dictionnaire illustrĂ© de la mythologie basque, Ăditions Elkar, 2002, disponible en intĂ©gralitĂ© sur la WikipĂ©dia.
- Mary Margot Trifle-Baloney, La Grande DĂ©esse Blanche dâAnboto, rĂ©vĂ©lations des AborigĂšnes Basques au citoyen de lâIdaho pour un monde nouveau. Presses de lâUniversitĂ© du Pays basque, Bilbao, 2006.
- Mary Margot Trifle-Baloney, Nous sommes les sorciĂšres de la montagne basque. Ăditions France Loisirs pour la traduction française, 2007.
- Mary-Ann Humbug-Cobblers, Le mythe dâArtus en Iparralde ou GueniĂšvre enfin libĂ©rĂ©e, Nevada Press, 1997.
- Mariah Tara Diddle, La femme basque aujourdâhui, un statut social exceptionnel dans le monde, Private Editions, Fargo, 1985.
- Mareen Frills-Bilgewater, La Dame du lac d'Harrieta, Nevada Press, 1998.



