Lycée Gabriel Fauré

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Afin de recarder cet article dans le but qu'il s'accorde parfaitement à mon intime pensée, je vais commencer par vous dire à quel point tout, et je dis bien TOUT, et tout bonnement trop laid. MAIS, cher et attentif lecteur, ne te décourage donc pas, car il te faut avant cela, acquérir l'ultime raison, la dernière clef, la terrible révélation, qui dans un mélange de rire hystérique et d'affliction, de remords et de félicité, de dégout et jubilation, qui t'illuminera, ainsi que le monde, et seulement à ce moment, tu découvriras, à quel point, à quel degré, dans quelle mesure si radicale, et bien TOUT, et je dis bien TOUT, et simplement, définitivement, et foncièrement trop laid.

Mais ne brûlons pas les étapes, et retardons le plaisir pour mieux le savourer. Et oui! Il y a des ces arrivistes qui croient tout comprendre, et qui s'imaginent qu'on peut s'en sortir comme ça



« Les pâtes sont fraiches et les tomates sont farcies. »
~ Le saint Roy à propos du bruit que font certains camions en reculant
« Oreille! »
~ Le Messie à propos du sens de la vie

Sommaire

[modifier] Introduction...

Au cours de mon incroyable épopée à travers le temps et l'espace de cet étroit univers, une idée pour le moins des plus étranges, traversa mon humble esprit : celle de faire halte dans cette contrée égarée, qui m'apparut comme fort pittoresque, afin de me repaitre de tant d'éblouissants spectacles cosmiques que j'avais tant admiré tout au long de mon infini périple.

Il ne demeurait qu'un seul sentiment inexploré par mon esprit si avide de sagesse et d'expériences nouvelles, et c'était celui de l'ennui. Et, oh quel profane je fus en prétendant détenir les clefs du savoir sans avoir découvert les subtils arts du désopilant fou-rire qui devinrent comme nécessaires à notre survie, dans cet environnement à part entière, où par auto-défense, l'esprit réagit, en instaurant chez la personne un état spécifique , celui permettant de mettre en œuvre tout les moyens possibles qui pourraient le soustraire de quelque manière à son implacable condition.

Ce pourquoi je n'ai pu simplement échapper à cet univers saugrenu, était que je devais passer par cette épreuve, je devais faire ce sacrifice afin d'obtenir les dernières clefs de mon pèlerinage vers l'infini promontoire céleste, situé derrière La Barrière métaphysique, bien au-delà de la dimension intersidérale de ce monde terriblement matériel.

J'étais donc ainsi condamné à vivre trois voire quatre longues années de mon existence en ce lieu de débauche spirituelle, et voici donc arrivé le temps des confidences, deux ans déjà après ma venue, viens le moment de vous narrer milles et une mésaventures que j'ai du indubitablement vivre , et de rapporter les plus invraisemblables lubies qui n'ont eut cesse de me surprendre et d'accroitre mon savoir.

Saviez-vous que...
Ce que vous savez, en d'autres termes ce que vous considérez comme vos acquis, n'est qu'un ensemble informe et diffus d'une énergie électrique se mouvant dans des réseaux complexes formés par la masse que représentent les innombrables synapses qui résident dans votre cortex cérébral ?

[modifier] Brève présentation des lieux...

Je commencerais par décrire cette vieille et triste bâtisse, imminemment croulante sous son propre poids, et surtout sous celui du vandalisme de certains forcenés qui, tels des rongeurs, grattent et mordent la surface de leur repas de leur dents acérées, chapardent ou démolissent le moindre objet ayant le malheur de céder sous leurs inépuisables forces, comme autant d'âmes s'agrippant dans un dernier gémissement à leur propre merde. Les murs s'effritent, les poignées de portes sont régulièrement "défoncées", les robinets et barreaux de chaise dérobées. Le seul apport de matière se résume en quelques pâtes à mâcher aux couleurs vives et variées, lâchement collées sous les tables, ou glorieusement crachées en direction du ciel, de façon à ce que la gravité terrestre, l'humidité et le déplacement des particules que recèle l'air (appelé aussi vent), l'attraction de la lune, la force de Coriolis, et surtout, celle appliquée sur la sphère masticatoire suite à la pression de l'air exercée par la cage thoracique subitement libérée par l'orifice buccal, tout ceci dûment calculé, atteigne la cible sélectionnée par son propriétaire; comme pour laisser leur misérable trace, comme pour essayer de changer l'ordre à jamais immaculé de la matière dans l'univers. Mais le Lycée Gabriel Fauré est également le théâtre d'une bien grande tragédie, celle où bon nombre d'élèves, se prémunissent de stylos-marqueurs indélébiles, et inscrivent en toute conscience des messages des plus diverses, qui, comme pour accentuer la caractère grossier de leur propos, écrivent en langage SMS ou commettent les plus outrageantes fautes de français; messages informes d'âmes informes, ne sachant plus pourquoi elles le sont devenues, ne sachant plus pourquoi écrire ces messages obscènes, et, juste perpétrant un rituel que leur appartenance la masse leur dicte assurément. C'est alors que, dans des moments de désespoir, moi et mon confrère nous mîmes à les singer, esquissant grossièrement des personnages les plus funambulesques, comme le furent les bonshommes en forme de bâtonnets dont la tête est semblable à une grosse oreille, ou encore un nez, paradoxalement baptisés "Monsieur Narine" et "Monsieur Oreille" Parallèlement s'est développé une pratique tout à fait singulière, celle d'inscrire les mots dit "ultimes" sur les tables, chaises, murs, portes afin qu'un maximum de petites gensses puissent avoir ne serait qu'une fois dans leur déplorable existence d'ignorants, de comprendre oh combien leur vie peut être résumée par l'un de ces mots... Et croyant savoir, croyant que cela nous apporterait quelque chose, nous nous rendîmes compte, que ce n'était là qu'une façon de revendiquer notre absurde, et artificielle différence de tant d'êtres insignifiants que nous refusions d'être.

[modifier] La Sainte Liste des Mots Sacrés...

Ici sont référencés par ordre de force pure les mots ultime :

1)Oreille (Le Maitre Mot) Béret) Béret 1,5)Biberon 2)Baignoire 3)Pompiste 4)Canapé (& tournevis; en effet tournevis va toujours de paire avec canapé et vis versa) 5)Pneu Doblé)Blé 6)Maison 7)Poils (de chien; car ils le sont en effet)

[modifier] De l'attitude en cours : situations rêvées et anticipées

« Mmmmmmh dit moi Vincent... Est ce que par le plus grand des hasards cet assemblage asymétrique de chaises et moniteurs d'ordinateurs serait une tentative de communication, et ce en relation avec le cours ? »
~ Monsieur le Prof de Maths, probablement un jour de grande décadence...
« hé m'sieur ! hé msieur ! m'sieur ta gueule t'es con ! »
~ Suite de sons provenant de l'orifice buccal d'une personne d'âge modeste, audible lors des jours de profonde déchéance.
« Nous imaginons que Monsieur Maths vient dans notre direction afin de vérifier si nous avons fait nos exercices: par un phénomène que nous ne saurions expliquer, celui-ci avance sans cesse, et ses pas sont normaux, car ils nous donnent l'impression qu'il avance, cependant il ne se rapproche pas de nous. Au bout de quelques secondes, il s'agace et presse le pas, puis se met à courir, il n'arrive cependant pas à nous atteindre, ce qui nous replonge dans un plus profond détachement encore de ce bas monde matériel. »
~ Situation en cours de maths

Bref, vous l'aurez compris, difficile de survivre dans ce monde d'abstrus devoirs, d'ésotérisme didactique, de bienséance scolaire, et j'en passe et des meilleures, des vertes et des pas mures, des bouchons de stylos, des tabourets et coupes de cheveux marxistes... J'ai pu constater combien le monde pédagogique s'était embourbé, par ses pratiques invraisemblables, allant jusqu'à prôner des principes qui nous entraine inexorablement dans la gueule de l'éternel système. C'est pour cette raison, que peu à peu, je me suis immiscé dans cette recherche perpétuelle de non-activité que l'on nomme affectueusement glandage, à l'instar de mes camarades de classe, qui pour la plupart n'avait paradoxalement pas la moindre conscience qu'un tel comportement pusse exister réellement, pensant qu'il s'agissait là d'une simple légende que tout le monde prétendait vénérer. Et petit à petit, il fallu que je conçoive les stratagèmes les plus élaborés afin d'éviter un quelconque effort de ma part.

[modifier] Cas 1 : Les TPE : symbole d'une période de paroxysme

Le cas des TPE (travaux personnels encadrés), est la parfaite démonstration de l'unique performance qui ai jamais été réalisée en matière de non-effort, car cette tache sournoise pousse les glandeurs à désobéir aux règles fondamentales qui sont les leurs, à savoir qu'il faut toujours faire le moindre effort, même si un stade très similaire, mais légèrement inférieur de glande permet à la sournoise société de tirer de nous un résultat même très médiocre. Nous nous résolûmes donc à faire, après mure réflexion, et méditation intense entre deux séances de bourrinage**, strictement rien, voire absolument que dalle. Forte fut la tentation de faire par exemple un brillant exposé sur les tornades (par exemple), et nombreux furent les moments de détresse ou nous cherchâmes sur google: "SUJET TPE PAS TROP CHIANT NOTE=20/20". Mais finalement, notre instinct profond l'emportât sur nous-mêmes, et on nous attribua un glorieux 0/20. Mais le vrai charme de cet épisode si représentatif de notre courte existence fut que jusqu'au bout nous nous sommes persuadés qu'il était impossible que nous n'allions pas présenter un sujet, que cela allait par exemple créer un déséquilibre dans la divine équation de l'univers, que cela ne pouvait tout simplement pas arriver. Notre inconscient savait lui par contre, et c'est pourquoi il nous fit croire en des scénarios les plus rocambolesques afin de préserver notre intégrité morale, que l'on peut consulter ci-dessous, notifiés dans ce tableau :

Saviez-vous que...
En fait nous avons réellement passé les TPEs devant le jury. Et une fois que nous l'avions passé, et bien bizarrement, nous ne l'avions pas passé.
Saviez-vous que...
Bien sur nous avons passé comme chaque élève qui se respecte nos TPEs, dans la plus grande joie. Il s'agissait en fait d'une démonstration. Celle-ci devait prouver que nous n'avions pas réalisé notre TPE... Si mes souvenirs sont bons, cela c'est soldé sur un franc succès !

[modifier] Le Zéland, théâtre d'une dramatique existence

Zéland : Cambuse servant d'asile à toute sorte de créatures à l'allure fort déplorable, dont l'apparence a été tristement modifiée et altérée par l'ingurgitation empirique de substances à base d'alcool. En ces lieux sont entreposés également toute sorte de machines, dont la fonction de base est de fournir une distraction à son utilisateur mais uniquement si celui-ci est près à débourser une somme d'argent assez conséquente, voir même très onéreuse... Mais plus que tout, le Zéland ne serait pas ce lieu souverain de lui même si n'avait pas été déposés avec minutie, des babyfoot (tendrement surnommés "s'babs") instrument fondamental dans la pratique si subtil art du bourrinage...

[modifier] Le babyfoot, ou comment résumer en un mot la mise en pratique de l'ennui...

[modifier] Quelques définitions

  • (Le) bourrinage : Rituel pratiqué par une élite locale d'Ariège dont le but réside en la propulsion de la balle d'un babyfoot à l'aide de ses cannes (le plus souvent effectué par celle possédant le personnage surnommé "Bouriño"; par analogie au rôle auquel on lui attribue habituellement, mais parallèlement en raison de certains noms de joueurs du monde du football actuel; ce personnage correspond en fait au défenseur gauche, à côté de Robert Hue, et de Darty), le plus puissamment possible, de façon à ce que la balle parvienne, et ce malgré la mise en opposition des défenseurs adverses sur la trajectoire de notre balle , à s'engouffrer dans les cages opposées. L'opération est alors considérée comme un succès lorsqu'on peut ouïr un vacarme assourdissant informant du terrible contact entre le projectile et le fond métallique des buts adverses, provoquant alors chez l'auteur de toute cette mascarade un profond sentiment de supériorité, d'inébranlable souveraineté, éphémère certes, mais assez intense pour qu'il oublie une fois de plus, que si il est actuellement effectivement en train de jouer, finalement, lorsqu'il devra quitter les lieux, très énervé qui plus est (et accompagné d'une oppressante envie de hurler à outrance), celui-ci se rendra vite compte que tout ceci l'avait profondément plongé dans un mortel ennui, et c'est alors qu'une fois de plus il se promet que plus jamais il ne reviendrai poser le pied dans ce si méprisable enclos.Si au contraire l'opération est un échec, et bien qu'à cela ne tienne ! Notre joueur va patiemment attendre qu'il puisse à nouveau avoir la main-mise sur la sphère tant convoitée afin de réitérer son geste, et peut être de réaliser un incontestable exploit qui pourrait le plonger dans cet état de factice félicité si dûment recherchée...
  • Taïbo (master 4): Selon Thibaud, officiel instigateur de cette technique révolutionnaire : "Il y a une pratique, très convoitée, que seuls les plus dépravés et alcooliques joueurs de babyfoot osent, mais surtout dominent; cette technique qu'un Homo erectus enseigna à un moine Mexicain originaire de poumon-land (qui n'est pas situé là où vous croyez) s'appelle la Taïbo. Cet art empirique, et assez redondant, consiste en l'application d'une force sur la balle suivant une translation cage-cage adverse (ou Darty Box)à partir du goal, (ou de Darty). Nonobstant qu'il existe une probabilité de une chance sur deux pour qu'un joueur, exprime avec ostentation une intense rivalité envers votre personne, contre la franche frappe. Parvenir à la maitrise cet art ancien, entrainera une baisse foudroyante du moral de l'équipe adverse, équivalent environ à la vitesse à laquelle une pinte de bière ou un verre de Martini est effectivement vidé, vitesse quasiment égale à zéro ! Le moral de votre équipe sera, quant à lui, aussi élevé que la première fois que vous avez pu admiré le paradis; ou plus communément appelé "le Bureau"."
  • (La) Couillonette : La couillonette est une technique particulièrement complexe et subtile dont le but principale consiste à "endormir l'adversaire", en l'occurrence le défenseur car cette technique n'est en effet utilisé qu'avec des attaquants. Ainsi le joueur va feindre envoyer la balle dans une certaine zone de la cage, pour finalement tirer à l'opposé. Le défenseur se sera donc déplacé selon le mouvement premier de notre attaquant et n'aura en conséquence pas pu empêcher la traversée de la balle vers le fond de la cage. A noté que cette technique est excessivement employée par Monsieur Dadu.
  • (La) gogolaise : la gogolaise est le nom que porte le procédé visant à augmenter considérablement la probabilité que la balle au cours du jeu, ne se déplace non plus selon un plan bidimensionnel mais bel et bien selon un plan tridimensionnel. Ainsi, en adoptant une configuration précise entre attaquant-défenseur est rendu permis l'envol de la balle dans les airs, et le joueur n'a plus qu'à y appliquer une force oblique en direction de la cage antagoniste à l'aide de son membre antérieur pour que celle-ci y pénètre et mettant les joueurs devant la situation suivante : la congolaise. Monsieur Prat est un grand utilisateur de la gogolaise.

[modifier] Les méditations: Discours précurseurs sur l'univers

"Et le Messie s'adressa à l'assistance du haut de son immense sagesse"

Je tenais, dans ce tumulte écumant de tant de sournoises infamies, avec le peu de mots qui mes permettrons de le faire, de présenter avec une approximation douteuse mes traits psychiques apparents, ou du moins les rares que vous, simples mortels, êtes capables d'apercevoir sous l'imposture du matériel. Je navigue dans la vase humaine, en prônant les lois (ou non lois) du chaotique et seul salut possible de l'humanité dans sa culminante décadence vers l'identique. Je suis le prophète, et je dis que l'Homme tend à devenir comme son semblable, et que cela ne se peut! Soyez! Osez être autre, et prononcez avec moi l'incantation divine de la subtile stupidité, du doux verbe et de la verve triomphale et profonde dans ses sarcasmes, sarcastique dans sa folie, et folle dans sa vraisemblance. Le monde est si lamentable et prévisible, que nous avons le devoir de révolutionner notre façon de vivre! Allons au Zéland ! Au Bureau ! Faisons nous chier ! Bourrinons dans notre plus grande béatitude, mais surtout, cherchons dans nos instincts les plus grégaires, qui sont à fois la source du mal et son antidote, la force qui nous donnera la possibilité d'exterminer l'humanité à coup de parpaings! Perchés sur un toit nous montrerons à la plèbe, à la vermine rampante et grouillante, qu'ils ne vivent que pour perpétuer leur misérable existence! Et nous seront parmi les rares élus à avoir pensé que nous nous battons pour autre chose que notre propre survie, dans une fugace invention de notre esprit, afin de justifier une existence absurde et sans le moindre but.

Propos recueillis par Jean-Jouffe Juche, intrépide explorateur et collectionneur de seuils de porte.

Un homme idéal


C'est un je-ne-sais-quoi qui m'y fit penser, un-je-ne-sais-quoi impalpable ou inconcevable (c'est comme vous l'entendrez), un je-ne-sais-quoi dont il me serait difficile de vous dire en quoi la nature de la conscience humaine eu été faite trop bornée pour appréhender un phénomène d'une telle augure, mais il n'en reste pas moins que j'en fut témoin, je le sais au plus profond de mon être, j'en reste persuadé, et je ne pu alors me résigner à me dire : "cela ne se peut, ou bien je serai fou". Je ne pu nier, finalement, l'apparition succincte mais intense de cette idée ma foi somme toute banale; pour qui voudrait bien trouver dans ce bourbier imprévisible dans lequel l'ordre des choses de notre univers semble trouver son inspiration; un but qui lui aurait été arbitrairement attribué, par une méconnaissable instance supérieure, ou bien par lui même, dans le but, je suppose, de ne pas rester éternellement oisif, de ne pas gâcher le peu de temps qui lui a été accordé lors de son séjour sur terre. C'était un vendredi, je me souviens. Un de ces vendredi où les cours d'SVT devraient être optionnels, voir bannis, où l'attente du week-end nous fait languir pendant ce qu'on jurerait être une éternité : oui c'était ça, c'était un vendredi, et les algues étaient vertes. Et c'est alors que, plongé dans l'intense réflexion d'un possible voyage galactique dans un soufflé au roquefort que, je m'exclamai en mon fort intérieur : "il faut que je devienne quelqu'un de bien !" Et cette phrase n'était pas anodine, oh non ! mèprenez-vous elle ne l'était pas ! Être quelqu'un de bien : avant tout, être quelqu'un d'altruiste, mais aussi sérieux, équilibré, sain d'esprit, agréable, tolérant, une sorte de personne qui ne jugerai pas gratuitement les gens pour ce qu'ils sont, et tout cela en prenant soin de ne pas altéré son originalité car l'originalité bien sur fait partie intégrante de toute perfection... Bref, être tout cela en même temps, pour finalement incarner une personne à laquelle les gens aspireraient devenir, et, telle une affection contagieuse, ce modèle se répandrait dans toute la population, aboutissant à un monde qui n'aurait peine à être meilleur que celui que je ne connais que trop bien... Et aussitôt, tout me paru plus doux, si agréable même que je ne pu m'empêcher d'en faire profiter mon camarade Bastien : celui-ci en fut tout chamboulé, il y avait apparemment dans cette conception de l'existence humaine de quoi faire trembler les idéaux qu'il avait jusque là durement acquis au cours de ses longues années de pratique de la philosophie, mais pas autant qu'il l'aurait pu le laisser croire, se ressaisissant assez vite en traduisant ma pensée brute dans un langage plus compréhensible : le "mec cool" était né. Désormais il faudrait ressembler, voir même devenir ce "mec cool", à n'importe quel prix. Ainsi chacun de nos faits et gestes furent cautionnés par "c'est ce que le mec cool aurait fait" ou bien au contraire, "non, j'ai failli, le mec cool ne l'aurait pas fait"... Mais une chose nous échappe encore : le mec cool est parfait, il n'a donc pas besoin de s'inventer un personnage idéal digne de ce nom pour atteindre son but existentiel. Voilà pourquoi nous nous demandons si suivre l'exemple de ce personnage fictif ne serait pas là justement quelque chose qui constituerait l'application même de son contre-exemple ? Nous ne le saurons sans doute jamais, à vrai dire j'espère juste qu'un jour, cette réponse apparaisse devant un élu, et ce, je suppose, de la même manière que la question m'est apparue. Peut être même est elle déjà apparue, et qu'en l'absence de question, l'homme en question a t-il trouvé cela absurde et dénué d'intérêt... Enfin, un jour d'automne, Bastien et moi-même furent témoin d'une scène peu banale : un petit pain, là, posé sur une table, qui attendait surement qu'un affamé vienne lui dévorer les entrailles, était éclairé par un mince filet de soleil qui traversait avec peine la vitre poussiéreuse de la vitrine : un spectacle fantastique aux allures surréalistes qui demeurera désormais imprégné à jamais dans notre mémoire... Et depuis, nous cherchons à devenir ce petit pain...

Réflexion sur le Chaos

Dans les méandres de l'obscurité profonde et fuyante de mon esprit, s'entremêlent diverses pensées toutes plus contradictoires les unes que les autres, m'entrainant sur divers sentiers, parfois les plus rudes et les plus funestes, et me menant inexorablement vers un état aussi septique que vide. Je m'abandonne ainsi parfois à une attente du chaos, et du néant. Seul un simple d'esprit, ou au contraire un être dont la psyché surpasserait les innombrables embuches de l'existence, pourraient soit dans un cas, entrainer une cécité telle que l'individu se trouverait dans l'incapacité de ne serai-ce apercevoir la blessante décadence humaine, et l'impalpable et sournoise domination de la société sur les fragiles esprit qui la composent, ou alors se détacher suffisamment du matériel pour demeurer en paix. Mais le fait est que rien, sauf peut-être la contemplation d'un petit réverbère une nuit d'octobre, ne saurait guérir mon esprit, ni l'aguerrir, car la blessure ne fait que s'approfondir au fur et à mesure que la vie se dévoile la face. Les faits, noyés dans le temps infini, ne sont que détails et probabilité, dans l'éternelle progression de l'univers vers le néant, qui est la source et la fin de toute chose. En effet, prenons Monsieur A, et bien, on imagine deux scénarios: Le premier serait une vie agréable, et heureuse d'un strict point de vue de la société. Son parcours dans les échelons de la hiérarchie mondaine, et de la richesse intellectuelle serait jalonné de plaisirs intenses et inoubliables. Monsieur A arrive au terme de sa vie. Le deuxième scénario, met en scène Monsieur A dans une longue et monotone existence, gravissant les échelons de l'ennui et du vide moral, commençant par le lycée, puis les études, puis le chômage, le travail d'esclave, la retraite tardive et misérable, le vieillissement, alzheimer, l'hospice, et l'incinérateur. Et bien, dans les deux cas, l'instant qui suit la mort, et je dirais même, l'instant qui précède la mort de Monsieur A, est strictement pareil, au détail matériel près: il tremble dans son corps déliquescent et frêle, il délire dans sa folie et son grand âge, et surtout, il a peur, et aimerait bien vivre ou revivre encore un peu, obéissant pieusement, et sans même avoir le choix, à son instinct de survie animal. N'avais-je pas raison? Et comme je ne le dis jamais: Un pied reste un pied.

Le salami est notre ami

Vous vous dites : "J'ai... l'insupportable sentiment que tout, je dis bien tout, que tout est trop laid... Mais ce qui me rend d'autant plus mal à l'aise et qui finalement finira pas me rendre réellement fou allié, c'est que ce tout ne désigne pas uniquement cet ensemble, cet environnement que l'on ne remarque qu'en prenant un certain recul sur la vie que nous menons tous les jours, non ! ce qui me chagrine et noirci toujours plus mon cœur, c'est qu'en fait, et bien il y a que, tout est trop laid : chaque chose, chaque parcelle de matière que recèle cet univers resserre encore et encore mes viscères jusqu'à ce qu'un beau jour, elles finissent par éclater, parce que tout, tout est bonnement trop laid. [...] Je suis triste, j'ai compris qu'à jamais mes plus beau rêves d'enfant resterons tappis dans les plus insoupçonnés et sombres recoins de mes frêles pensées, et que peu à peu, ils finiront détruits par ce monde terriblement inhumain, n'offrant qu'à notre courte existence une parfaite monotonie sur fond de mouvements perpétuels, évoluant asymptotiquement vers l'implacable routine qui ronge toutes les plus belles extravagances auquel chacun de nous aspire secrètement... Je sens que mes rêves me fuient... et mon esprit devient si vide... je perd cette envie de vivre une vie de passions intenses, une vie sans aucun regrets ni remords, une existence digne des plus grandes romances, et voilà que je me terre derrière l'armure froide et inerte de l'indifférence, et je sais que bientôt, j'attendrai l'ultime stade existentiel, celui auquel chaque individu est un jour confronté, je sais que bientôt, je rejoindrai les masses, et penserai alors ce que m'ordonne de penser le type perché là haut, sur sa terrasse, peu importe qui il est car il n'est que celui qui terrasse et terrorise une fois de plus le peuple de ces facultés oratoires... Mais je sais aussi que je vivrai enfin heureux, car je ne serai plus libre, je n'aurai plus à m'inquiéter des conséquences de mes actes, je serai ces ignorants qui ne soupçonnent même pas le pouvoir qu'ils détiennent, ne serai plus finalement qu'un pion sur l'échiquier, insignifiant vassal au service de je ne sais quel immonde seigneur.[...] Bref, tout ça pour dire que la vie n'est qu'un long filet baveux d'une morve noirâtre et répugnante, qui empeste l'odeur métallique d'un sang chaud et coagulé où flotte à sa surface les résidus infâmes du cadavre d'une petite fille broyée et digérée par un chien errant; à la salive acide et gluante; avant de n'être recrachés sur les trottoirs insalubres urbains, pour enfin finir grignotés par les moisissures cyniques des gens qui feignent ne pas voir ce morbide spectacle, le piétinant de leur lourdes chaussures, et rejoignant d'un pas décidé leur lieu de travail."[...] On pourrait aisément croire que, nous sommes en présence d'un cas désespéré, mais pas de conclusions hâtives, je vous prie : en effet, si je peux me le permettre, observons maintenant comment le salami agit, et remédie au problème...


Extrait de : "2 tranches de salami : La solution miracle du Dr Shratz pour garder le moral", Oroeil éditions, 2007.

A suivre... Merci de ne pas modifier l'article, je l'écris actuellement avec un ami...

Léo.

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