Les souffrances du jeune Werther

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« Kevin m'a kitté... Put1 de vie!!! si sa continue je vai me tirée une balle, é vou serés bien dégouttés... »
~ Charlotte à propos de ses souffrances de jeune

Quel homme n'a jamais senti, après une journée éprouvante, tout le poids de ce monde? On se sent avoir en quelques heures duré plus qu'une vie n'en pût avoir l'usage, l'âme à vif et le nez alourdi d'une dure tristesse nous tourmentent de leurs froids élancements. Là est le fardeau de l'homme mûr : la fatigue, le désespoir, l'épuisement de vivre, la vieillesse de l'âme en somme ! On se met confusément à désirer un pendant à soi-même, un être semblable à soi sur lequel s'appuyer, celui que les longs épanchements calmes de la vertu pourraient avoir pour leur auguste mesure ; on se forge enfin l'identité d'un esprit à un temps comme un cœur qui aurait appris vers qui battre...

Mentirai-je si je dis que chacun aime à se tourner vers sa bibliothèque, à embrasser soudain d'un regard ses anciennes amours littéraires ; cette noble étagère où tous ceux dont l'esprit l'a jamais réjoui, ému, attristé, alangui, dégoûté ou saisi, ceux qui ont, en somme, accompagné l'enfant à travers toutes les nuances d'une vie humaine, semblent encore du haut des souvenirs insinuer à l'âme ses plus secrètes humeurs? Et la beauté de ce refuge m'apparut si grande, ses charmes si doux lorsque je pénétrai dans le salon de mon brave ami !

Quel dommage, cependant, qu'en lieu et place des pièces de théâtre antiques que j'affectionnais tant, s'empilassent -frivolité impardonnable!-, se succédant sur des rangées et des rangées, entassés comme un étal de poissons en papier au marché, sur les vastes longueurs de ces boiseries sombres dont le parfum suranné persistait malgré tout à ravir encore ma vertu contristée, d'innombrables exemplaires de ces pauvres romans modernes dont la fadeur et la licence ne feraient que honte à nos ancêtres. Et par qui donc avait-il été perverti? Songez plutôt : par certains Alphonse, Edgar, ou même
VieilleCarte.jpg

À croire qu'ils sont plus cons que nous.

un Charles d'une affligeante banalité... Quel ridicule que ces noms, en face de celui d'un majestueux Sophocle, d'un inspiré Eschyle ou d'un magnifique Racine ! Je vous le dis : malgré ces nouvelles cartes maritimes, tous ces ouvrages savants qui sont comme autant de boussoles modernes, la jeunesse se perd. Eh oui.


Malgré cela, mon interlocuteur semblait n'avoir aucunement la conscience de son grave état. Il souriait à tort et à travers les murs, soufflant un mot galant à l'une et tenant un verre de l'autre main, préférant à la saine concertation des sages le verbiage impotent que s'imposent comme un emplâtre les grandes figures de ce monde[1].

Comme je tentais tant bien que mal de rester hors de portée de ces malheureux insouciants, leur prose me donnait déjà mal à la tête ; cependant je ne pus m'empêcher d'ouïr certaine conversation entre mon hôte et une charmante dame dont le décolleté se creusant de plus en plus eût fait pâlir d'une féminine jalousie n'importe lequel des glacier d'Europe. Il était question de ces nouvelles parutions que l'on disait extraordinaires ; l'on dut s'apercevoir de mon trouble, car on s'attacha désormais à me prouver par tous les moyens que je n'étais qu'un vieux fou cacochyme et rétrograde.


C'est avec une macabre résignation que je cédai à l'empressement que mit l'homme, enhardi par ses compères effrontés, à me prêter l'un de ses maudits ouvrages, et sans même prendre la peine d'en lire le titre.


« Mais » -dis-je-, « Qui est donc ce Werther? »

« C'est un héros! » sanglota une femme.

« Un grand génie! » confirma un poète.

« Le plus haut des penseurs! » s'écria un philosophe.

« C'est l'homme le plus révolté de notre siècle! » admira un préfet.

« Un conteur accompli! » se fendit un journaliste.

« Notre porte-parole! » approuva un banquier.

« C'est Voltaire! » hurla un condamné à mort, frais du jour même[2].

« C'est le premier des romantiques! » s'écria mon ami.

Karel van de Woestijne.png Le lecteur de cet article dit :
Mais, Vous nous parlez d'un personnage ; qu'en est-il de son auteur?



« C'est un fou! » cria une femme.

« Un insensible! » pleura le journaliste.

« Un imbécile! » affirma le beau parleur.

« Comment donc - un cuistre! » s'indigna le haut fonctionnaire.

« Un mauvais éditorialiste » m'apprit le philanthrope.

« Un valet! » cracha le philosophe.

« Un dilettante! » gémit un gracié[3].

« Nous préférons ne pas en parler. » murmura mon ami.


Cependant, je sentais avec un malaise indescriptible une curiosité malsaine qui déjà germait en moi, s'infiltrait dans mon âme amollie comme la pluie dans l'argile, elle-même chaude et douce après le labour ...

Pardon...? NON! non monsieur je n'ai pas honte de mes métaphores. Et puis qui êtes-vous? Un de ces romantiques sans doute? A quelle aune me jugez-vous! Eh bien sachez que je n'accepte jamais les sarcasmes, proviennent-ils de la bouche inconsistante d'un blanc-bec tel que vous.

Cessez de m'importuner, monsieur. J'étais là en train de narrer un important événement qui... Comment...? Un duel ? Mais que me chantez-vous là !


[modifier] Acte I : Découverte du document

[modifier] Entretien préliminaire avec ma conscience

Je rangeai le livre dans ma veste et pris aussitôt congé de mon malheureux ami. Je sentais le poids du monstrueux ouvrage s'accroître dans ma poche ; à chaque pas la terreur m'apparaissait, plus grande et plus profonde, rôdait à mes côtés comme une ourse sibérienne. Nul doute que j'allais, si j'étais assez fou pour l'ouvrir, me perdre sans espoir dans des abîmes des déraison, où même la lumière la plus pure me paraîtrait enveloppée de noires ténèbres...

Un lieu atroce, inacceptable, siège de forces impies et d'infernaux sabbats, d'entités inconcevables pour la raison humaine, s'ouvrirait derrière les affreux vantaux de l'Univers! Fou, oui, j'avais été bien fou de faire confiance à cet homme! Il me fallait effacer de ma mémoire cette soirée où ma santé mentale avait vacillé, oublier jusqu'aux significations des symboles païens qu'il m'avait été donnés d'entrevoir, au détour de ce livre aux arabesques sinistres, placées là par son auteur sans doute dément comme un bestiaire pour effrayer l'inconscient qui pourrait en être tenté, comme une porte entrouverte sur les plus noirs mystères du cosmos... Oui, ces... ces « Souffrances du jeune Werther's » que je tenais à présent entre mes mains, il me fallait le détruire, et le plus vite possible!



Je ne sais comment je me suis retrouvé plus tard chez moi, dans un fauteuil, le livre ouvert à la main. J'étais comme possédé ; la curiosité avait été plus forte ; cependant, dès les premières pages, je fus atterré. Pris d'effroi, je me reportai aux dernières lignes du récit. Hélas! C'était bien ce que je craignais. Pas le moindre parricide. Pas la plus petite famille maudite. Nulle trahison. Et, morbleu, pas l'ombre d'un inceste! Comment voulez-vous faire quelque chose de concret sans un matériau narratif convenable ! Comment diable édifier quiconque contre les plus élémentaires dangers de la vie !


HommeC2.jpg L'homme à la grosse cigarette diffuse :
Sortez couverts, les enfants!



Merci monsieur, sans vous je ne sais pas qui se chargerait de...


HommeC2.jpg L'homme à la grosse cigarette diffuse :
Bah vous savez, de nos jours tout fout le camp, on remonte la jupe au-dessus de la cheville, on fornique à tout-va, tout le monde se voile la face, on découvre la fission nucléaire et puis on finit par coucher avec sa mère. A toute chose malheur est bon : c'est cela que j'appelle la volonté subconsciente du sur-soi : on désire sans se l'avouer tricher aux cartes, mais on s'interroge parallèlement sur la finalité de la victoire, ce qui nuit à son effectivité - sauf bien sûr dans l'exception bien connue du strip-poker que j'ai déjà analysée dans différents travaux et où on cherche avant tout à voir le cul de son voisin. Si vous n'êtes pas convaincu, regardez par exemple la forme d'une carte à jouer : est-que ça ne vous rappelle rien?



Ah? Ah si, effectivement. Vous ne voulez pas ranger votre cigare?


[modifier] Anatomie d'une aliénation

L'Allemagne n'est plus ce qu'elle
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Saviez-vous que...
Les Romantiques, dans leur violente campagne remplie de haine et d’infamie, n'ont de cesse de profaner avec une inconcevable cruauté le doux berceau de notre grammaire?
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Saviez-vous que...
Telle une pauvre vierge au cœur triste qui va errante par les chemins, la robe en lambeaux, refusant par une larme de fierté l'eau qu'un pauvre berger lui offre, la voilà victime des dernières affres : les boursouflures de monstrueuses hyperboles, d'exagérations ridiculement prétentieuses, d'accumulations sentimentales démesurément enflées trahissent la tranquillité de ses traits....
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Saviez-vous que...
C'est par ces odieux procédés, messieurs! que ces démons -ces bourreaux qui n'ont d'humain que le visage-, ces immondes chevaliers porteurs de l'apocalypse littéraire, déploient leur cape fuligineuse, tressée de souffrance et de duplicité couarde, sur la beauté et l'innocence de nos merveilleuses certitudes. Bêêêh!
était, ou ce qu'elle aurait pu être si on en avait retiré ce mauvais goût atavique des habitants qui les poussent contre toute logique à préférer, en chaque occasion de la vie, à la satisfaction de trois actes bien remplis et dûment divisés l'opulence innommable et indisciplinée de quelques dégoûtantes passions vaudevillesques.

Mais notre Werther, puisque c'est de lui qu'il s'agit dans ce tableau pastoral digne du rêve d'un naturaliste malsain, n'en a cure et passe son temps à s'agiter avec impotence au milieu d'une nuée de moucherons batifolant avidement dans l'air lumineux, comme ces sentiments flasques et orgueilleux qui gonflent les cœurs faibles et palpitent autour de leurs oreilles avec l'affectation d' une indolence ennuyée aussi inerte que ridicule. Il semble que nous allons assister au déploiement de ces passions molles et sans sens aucun ; aussi, dans cet étalement organique et suintant, notre héros annonce-t-il brusquement son intention de se suicider.

Excusez-moi? Encore vous, monsieur!

Pardon?... Bien sûr qu'il l'annonce ! Noir sur blanc, monsieur ! Oui, il rencontre une jeune fille, c'est exactement ce que je dis !
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Et arrêtez avec ces histoires!

Un minimum de culture et d'expérience vous auraient fait immédiatement pressentir... J'ai lu la fin, oui, bien sûr - pourquoi cette question? Comme si cela avait la moindre importance.


La personne en question mène une vie tranquille dans une petite maison entourée d'une cinquantaine d'enfants insupportables, attendant sou futur époux. Sans doute l'auteur a-t-il voulu faire par là l'éloge d'une vie de famille équilibrée, de la gentillesse de l'épouse, de la constance au foyer et des bienfaits d'une douce et réciproque tendresse conjugale.

Sauvages.

Mais passons, il n'est pas jusqu'aux plus hauts peuples qui ne se complaisent parfois dans la souille de leurs propres vices. Je serais de mauvaise foi en condamnant ces pratiques, qui bien qu'elles ne puissent qu'affliger tout défenseur de la Beauté et de la moralité la plus élémentaire, ne forment pas moins une partie fort essentielle et, somme toute, intrigante, pour l'ethnologue en tous cas qui s'attache avec un joyeux attendrissement aux plus primitives coutumes, du patrimoine immatériel de cette chère, si nécessaire dans son inanité,cette belle et si langoureuse Humanité.

En somme, restons tolérants, et sans céder à nos mauvais penchants en public crions en chœur - comme le faisait souvent Cicéron dans son bain avant de s'y faire poignarder par un de ces protestants refoulés - : O tenpura! Homards!



Mais tout cela en est trop pour un seul homme, il est temps d'être raisonnable : peu après l'arrivée du futur, voilà notre héros qui, se confessant à son ami imaginaire pour lequel il nous prend, décide de rendre les armes et s'efforce, avec une méfiance résignée et abattue, tristement hésitant à confesser sa faiblesse, de nous démontrer enfin combien la nature est si belle dans son intense verdure poudroyant au loin dans l'horizon et les oiseaux chantant gracieux sous les nuées et le ciel si plein d'une telle bonté céruléenne à laquelle on ne peut, larmoyant et confondu, qu'associer la félicité divine du Paradis. A cela, je présume, maint rhéteur ne trouvera à répondre.


[modifier] Acte II : Suicide et confettis

La célèbre scène dite du pistolet, où Albert et Werther débattent de la façon la plus saine pour un homme pour quitter ce monde, n'est que la reprise stérile d'une querelle vieille de deux mille ans. Il nous faut, pour la comprendre, remonter aux origines de l'existentialisme épicurien, sujet fâcheux s'il en est. Les controverses à ce propos ayant fait couler beaucoup d'ancres, parfois arrimées à un pauvre bougre de dissident, ce conflit se doit bien d'être saisi dans sa globalité. Il serait fâcheux que nous nous perdissions dans des limbes spéculatives stériles alors même que les bourgeons de la connaissance fleurissent tout autour de nous. Plutôt qu'un vague discours, reprenons la scène de dispute :

Albert : ...et c'est comme cela que je les entretiens. Tous les jours je nettoie la crosse, et une, fois par semaine, je lubrifie entièrement le mécanisme. Il est important, de nos jours, de se savoir protégé contre tous ces gens dont on ne sait qui ils sont, particulièrement les plébéiens, de se tenir à l'écart, en somme...
Werther : Mon cher,vous foulez aux pieds tout ce que dix ans de Lumières ont mis des siècles à établir! Tous les hommes naissent égaux en droits, en norme, en direction et, par dessus-tout, leur sens est le même : avancer vers la lumière, le destin, l'amour, la mort enfin, la beauté par essence, pour finir, enfin, par la mort, au terme ultime.

Quelle clairvoyance! J'en ai le souffle coupé. Qui ne verrait pas, dans cette réplique de Werther, une influence Hégélienne finaliste? En s'érigeant comme un poids contre la déterminité sociale, on le voit cependant qui retrouve un thème cher aux existentialistes, la liberté de l'individu à faire face à la mort par le suicide. Toute notion de contingence est donc, dans le même temps, refoulée par la conscience du suicidaire puisqu'il agit avec la celle d'une finalité à laquelle il se reporte.

Ce qui n'est qu'une pâle copie de la certitude tragique à laquelle l'auteur nous introduit par ce procédé aussi flamboyant que ridicule.

Werther : La souffrance ordinaire est cependant trop forte pour le pauvre corps d'un seul homme ; et s'il est touché par le malheur, quelle injustice dans sa douleur ! Le voilà à porter un double fardeau. Lorsque tout dans vos jours vous pèse comme la fièvre dévore le malade, que faire sinon couper le membre touché? Que faire sinon se plonger comme une otarie dans la mort sensible des livres, ou dans le trépas péremptoire d'une balle Winchester SL22. chemisée métal? Et que d'autres ne viennent pas me parler de folie : ceux-là sont aussi fous que moi,qui prétendent pouvoir juger!


Ici on touche à l'extrême question de l'oeuvre : qu'embrasse au juste la vision exaltée de Werther? Que parvient-il à voit par ses yeux habités par l'Amour? C'est quelque chose de puissant qui se dévoile : une
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Vous savez, Hector, que l'on donne la bastonnade pour moins que ça, aux Indes? Parfaitement, Hector. On fait agenouiller le vilain domestique sur le dos d'un crocodile sacré, puis un singe vient le fouetter avec des feuilles de palmier pendant tout un jour et toute une nuit, avant de le plonger dans le Yang-Tsé-Kiang pour le purifier des fautes qu'il a commises. Après quoi on le fait défiler dans les rues avec un régime de bananes accroché au cou, et les gens lui jettent de la sauce brûlante depuis les fenêtres. D'ailleurs j'ai déjà été suffisamment bon pour vous accueillir toutes ces années à mon service, et ce malgré votre petit handicap capillaire, et s'il vous plaît de calomnier ainsi votre bienfaiteur sous son propre toit, je ne vous ferai pas l'affront de vous indiquer la sortie, ce qui vous permettra de vous rendre compte de tout ce que... Comment dites-vous? Ah oui, le thé, le thé va refroidir... Eh bien, apportez-le, bougre de nigaud ! Et ne vous trompez pas de service!

sensibilité particulière nie la raison, nie tout autre chose que la pure partialité consciente d'elle-même ; et pourquoi est-elle plus légitime que n'importe quelle autre, qu'elle conçoit mais s'abstient de formuler? C'est tout simplement qu'elle est dans son individualité fondamentale, et que le mouvement qu'elle amorce ne concerne qu'elle. La beauté suprême du texte résiderait en cette pure inexactitude, cette imperfection magnifique et peut-être fondamentalement créatrice qui...


Quoi, qu'y a-t-il? Comment ça, ce que lit monsieur, Hector, non mais en voilà des manières, Hector, n'avez-vous donc rien de mieux à faire, que sais-je, repriser des serviettes ou laver les services à... Hector, en voilà assez, bien sûr que non je n'ai rien à cacher, voilà, si vous y tenez - ce n'est rien que par simple curiosité, une amusette... Oui, une curiosité, voilà le mot, on doute parfois, on se pose des questions sur soi, sur ses propres préoccupations, on tourne en rond et on ne sait plus vraiment quoi faire, eh bien, le mieux à faire est encore d'aller vérifier tout ça par soi-même, oui, voilà ce que je dis... Aller se plonger dans les propres méandres de sa conscience, et en ressortir grandi et comme habité d'une résolution nouvelle. Et n'allez rien vous imaginer qui soit déplacé, Hector! Nous sommes entre gens de bonne moralité, que diable, et puis, vous me connaissez, depuis tout ce temps, jamais je ne me complaira à un acte que, eh bien, que réprouverait la bienséance...

D'ailleurs le voilà qui tourne casaque, cet imbécile. Un paysan de plus qui ne comprend rien à l'art subtil et délicat de la critique littéraire, où la satire la plus innocente se sublime parfois dans un inconcevable étalement de véhémence.





  1. Que je n'apprécie pas. Mais peu-être m'a-t-il déjà été donné de vous le préciser?
  2. Car l'homme avait laissé entendre qu'en cas de victoire de la Prusse sur la France, il coopérerait avec entrain et l'envahisseur. Cela déplut fort au préfet, patriote engagé et adepte effrayé de l'orthodoxie grammaticale, qui se convainquit d'accompagner partout le dissident jusqu'au terme qui lui était assigné, espérant le ramener à temps dans la voie de Dieu par la fréquentation assidue d'une société bien lettrée.
  3. L'inflexible politique avait pris rapidement la décision de gracier le criminel, après que quelques personnes au fond eussent fait valoir, avec raison, que la ni Prusse ni la France ne guerroyait actuellement.
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