Les portes du mystère : Le livre qui tue

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Parfois, les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être. Parfois, l'horreur se cache dans les objets les plus innocents. Parfois, les journées d'épouvante se suivent et se ressemblent quand la terreur fait place au quotidien[1]. Qui sait, cette histoire est arrivée dans un pays lointain, mais après tout, elle aurait pu vous arriver à VOUS.

Tremblez, car je vais vous faire pénétrer à travers les portes du mystère et vous conter la terrible histoire qui a bouleversé l'existence paisible de tout un village. Un village qui vivait dans la sérénité jusqu'à ce jour terrible qui les mit aux prises avec

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Ah saloperie de Word
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La terrible malédiction

Laissez-moi vous présenter la famille O, qui vit dans le petit village de Bourbe-sur-Merde[2], une famille comme il en existe tant dans un village comme il en existe tant. Enfin en général avec des noms moins ridicules. La famille O se composait d'un mari aimant, François O, et d'une femme attentionnée, Françoise O. Rien ne laissait présager les journées d'horreur qu'ils allaient bientôt traverser. Non, rien n'aurait pu laisser deviner les épouvantables mystères qu'allait devoir affronter cette famille paisible. Car vraiment, il était impossible d'imaginer l'horrible histoire qui allait leur arriver. Non, personne n'aurait pu penser que de terribles malheurs les toucheraient, eux par ailleurs si paisibles. Oh non ! Pas dans cette si cette paisible famille, dans ce si paisible village. Vraiment non. Oh que non. Diable, le contraire aurait été surprenant. À tout le moins.

François O, en plus d'être un mari aimant, était pharmacien de son état, l'un n'empêche après tout pas l'autre. Et il s'essayait dans son temps libre à écrire quelques petits opuscules sur les arcanes de son art, dévoré qu'il était par une terrible soif de science qui lui tenaillait les tripes de sa griffe d'acier. C'était une soif de science 2 en 1 qui dévore d'abord et qui tenaille ensuite.

Françoise, quant à elle, attendait un heureux événement : bientôt les soldes à Saint-Maclou, ce serait l'occasion d'emmener son mari aimant acheter de la tapisserie pour refaire les murs du bureau du rez-de-chaussée. Et puis elle attendait également un enfant et l'accouchement était pour dans quelques jours.

Le terrible événement

Et justement, transportons-nous quelques jours plus tard, tandis que Françoise accouche dans la douleur, François travaille à son dernier projet de livre. Quel est donc ce livre ? Oh, il semble tout à fait ordinaire, c'est un in-octavo, relié d'un beau cuir rouge (couleur qui rappelle étrangement le sang, le sang qui abonde au cœur, organe de l'amour !). Sur le beau grain de la couverture, pourtant il y a une bizarrerie, puisque ce livre ne porte pas de titre ! En fait pas si étrange, François n'a pas encore acheté son petit matériel de couvreur de livres et c'est la galère pour imprimer sur du cuir sinon.

C'est à ce moment, que Françoise accouche enfin d'un beau garçon. Elle se tourne alors vers son mari, avec un beau sourire qui ne laisse pas deviner qu'elle refoule du goulot terriblement :

Françoise : Regarde mon chéri, c'est un beau garçon ! Comment veux-tu que nous l'appelions ?
François : A !

Et François s'écroula, raide MORT, la plume encore à la main. Personne ne le savait encore, mais il était la première victime de

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Tsoin ![3]

Le terrible[4]mystère

Après la MORT de François, Françoise resta seule à élever le petit A. L'enfant était timide et renfermé. Il souffrait beaucoup des moqueries des ses camarades moqueurs qui se moquaient du nom de leur camarade souffrant, ce qui le faisait souffrir, à cause duquel.

Les camarades qui se moquent : A O ! A O ! Amplificateur opérationnel !

Les enfants sont cruels, surtout quand ils font de l'électronique.

C'était décidé, A O se ferait un nom dans le monde, pour leur montrer à tous que ce n'est pas le nom qui fait l'homme. Non, ce qui fait l'homme, c'est la largeur du caleçon. A O se disait que l'écriture, passion de son pauvre père, serait un terrain idéal pour donner à son nom la sublime envolée dont il rêvait, envolée non sans rappeler la catapulte à purée qu'il avait fabriquée à midi. Entre autres choses.

Pendant ce temps, Antoine Facassoutre, le meilleur ami de François, restait dans l'expectative. Il faut dire que la narration linéaire m'empêchait de vous en parler en même temps, sinon on aurait rien compris du tout. Antoine se demandait ce qui avait bien pu causer la MORT de François, qui était, en plus d'être un pharmacien et un mari aimant, également un homme dans toute la vigueur de son âge. Je vois vraiment pas en quoi ce serait contradictoire. Et donc cette MORT prématurée restait pour lui un mystère. Et il vint à penser à ce livre sur lequel son ami travaillait. Peut-être y trouverait-il des indices pour éclairer ce mystère. Mystère assez terrible, il faut bien le dire.

Son enquête le mena d'abord chez Françoise. Et puis c'est tout. On est à la campagne, les gens savent rester simples, sans mener des enquêtes interminables en quinze épisodes avec des rebondissements incroyables. D'accord, tant pis pour le décorum, mais la vie reste douce, même si ça sent un peu le fumier. D'ailleurs on s'y fait.

Antoine : Salut Françoise, tu sais pas où est le livre sur lequel François travaillait ?
Françoise : J'ai dû le ranger dans la bibliothèque.

Ah, qu'est-ce que vous voulez, c'est la campagne, hein ! C'est pas une société sophistiquée avec des gens qui rangent des livres dans des endroits impossibles.

Entre un exemplaire de Je sais faire des conserves et un vieux Je sais faire des clés de tête de Ginette Mathiot (avec Rey Mysterio), Antoine trouva le livre sans nom, à la couverture rouge. Que pouvait bien contenir ce livre ? Vous le saurez en lisant

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Tsointsointsoin ![5]

Antoine revint chez lui pour ouvrir le livre, et il ne fit pas de révélation sur son contenu le lendemain, car il était MORT. Le livre avait fait une nouvelle victime.

Le terrible horrible héritage[6]

Le temps passa à Bourbe-sur-Merde. L'hiver prit fin, et fut suivi du printemps. L'été succéda au printemps et l'automne a l'été. Et après l'automne, ce fut à nouveau l'hiver. Les saisons tournaient et revenaient à l'image de la Terre tournant autour du soleil. Pour de vrai, je veux dire. Et les années se suivirent comme des petits nains qui vont à la mine en chantant, ou bien comme des quartiers de mandarines mis en file indienne pour faire comme un petit train, ou encore comme des chiens qui copulent.

On s'était fait à la MORT MORT MORT de François et d'Antoine. A avait grandi. C'est bien le moins. Il s'apprêtait à se lancer dans l'écriture et se cherchait un nom de plume pour conserver à sa gloire toutes les chances de se déployer au soleil éclatant de son nom véritable et le faire resplendir pour l'éternité dans un accord sublime de génie, de labeur et de foutre aux couilles. Comme tant d'autres, il pencha pour une anagramme. Qui serait assez malin à Bourbe-sur-Merde pour deviner qui se cachait derrière l'ingénieux nom de « O A » ? Certainement pas lui-même en tout cas.

A se demanda un moment le sujet qu'il allait traiter et se ressouvint du livre que son père avait commencé. L'idée de terminer cet ouvrage lui envahit l'esprit comme une bande de singes envahit un bananier à l'époque de la maturité des fruits. Il alla s'enquérir auprès de sa mère de ce livre.

A : Salut M'man, il est où le bouquin que le vieux écrivait ?
Françoise : Veux-tu ben n'pas parler comme ça ? Il doit être chez Antoine.

Ah la campagne ! On ne s'encombre pas de discours ampoulés et difficiles à comprendre. La vie est simple. L'hiver, on met les vaches dans la cuisine pour avoir un peu plus de chaleur. Et puis on accueille les touristes avec des fusils. Tant pis pour eux. Ils n'avaient qu'à rester à Paris, là où les gens vivent sous terre. C'est Mme Saindoux qui me l'a dit. Son beau-frère y a été une fois.

A partit chercher le mystérieux livre chez Antoine, mais il ne le lut pas immédiatement. Il le posa sur un buffet et l'oublia un moment, occupé qu'il était à lancer des cartes dans un chapeau pour tuer le temps. La visite impromptue de sa fiancée, Aurélie Grodademerte, l'interrompit.

A : Bonjour, Aurélie, ça va ?
Aurélie : Oui et toi ? Je voulais savoir si je pouvais t'emprunter un livre, je m'ennuie. Ah tiens, je peux prendre celui-là avec la couverture rouge, il a l'air joli ?
A : Pas de problème. Je suis occupé de toute façon.
Aurélie : Merci. On se voit plus tard ?
A : Tu m'étonnes.

Ces paroles attendries, A devait se les rappeler longtemps, car le lendemain, Aurélie était retrouvée MOOOOORRRRTE.

L'épouvantable doute

Intrigué par cette accumulation de MORT!MORT!MORT!MORT!MORT dans son entourage, A remarqua soudain une coïncidence que les plus sceptiques trouveraient suspecte, et que les plus naïfs qualifieraient peut-être de vengeance démoniaque suite à l'établissement d'une porcherie au-dessus d'un cimetière indien. Toutes les victimes avaient plusieurs choses en commun :

  1. Elles étaient décédées
  2. Elles habitaient à Bourbe-sur-Merde.
  3. ELLES AVAIENT LU LE LIVRE SANS TITRE À COUVERTURE ROUGE !
  4. Elles étaient liées de près ou de loin à la famille O.

Ce dernier point intéressa particulièrement A. Peut-être sa mère pourrait-elle lui en dire plus à ce sujet.

A : Salut M'man. Tu trouves pas ça bizarre, tous ces gens qu'on connaît qui sont pu vivants ?
Françoise : Sûr.

Les doutes d'A se trouvaient confirmés. Il rentra chez lui taper sur son chat avec une poêle en fonte.

La terrible révélation

Finalement, A repartit récupérer le livre rouge pour travailler dessus. Il alla chez Aurélie pour le prendre et le ramena chez lui. C'était un après-midi d'automne doux comme des fesses de bébé. Il ouvrit le volume à la couverture souple et au papier crémeux comme une soupe aux poireaux et à la crème. En fait, ça vient surtout de la crème. Vous y trompez pas. Les poireaux sont juste là pour donner du goût. Il déchiffra le titre sur la première page. L'écriture fine et élégante de son père y avait tracé en gros caractères : 50 recettes à base d'amanites phalloïdes créées et testées par François O. Il n'y avait qu'une autre page d'écrite.

Notre histoire touche maintenant à sa fin. Le garde-champêtre vit un peu plus tard A ramasser des champignons dans la forêt et le lendemain, A ne dit rien à propos du mystérieux livre. Ni le surlendemain. Ni le jour d'après encore. Ni plus jamais. Car il était MORT.

Voilà cher lecteur, les choses horribles et étonnantes qui peuvent se dérouler dans une paisible famille, tandis que des épisodes de terreur pure déchirent parfois la réalité comme c'était le cas de notre conte d'épouvante ou de notre prochaine histoire, intitulée de façon inquiétante

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Les terribles notes

  1. ♫ doubidou ♪
  2. Pays lointain, tu parles.
  3. Veuillez faire l'élision dans votre tête pour lire « du livre qui tue ». Sinon ça a l'air ridicule.
  4. Penser à acheter un dictionnaire de synonymes
  5. En fait vous êtes déjà en train de le lire, pas la peine de chercher frénétiquement la suite ailleurs, quoique je puisse comprendre votre fébrilité. Si je m'écoutais, je sauterais aussi au dernier paragraphe pour connaître la fin de cette palpitante histoire.
  6. « Le horrible », sinon on l'écrirait « l'orrible ».


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