La tête à Papineau

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La momie de Lénine, dans son cercueil de verre, attend, allongée au Musée du Communisme de Saint Pétersproutch, qu'un lendemain qui chante vienne l'embrasser sur la bouche tel le prince charmant de Blanche-Peau d'Âne et mette enfin fin à 80 ans de mort du socialisme.

De même les québécois ont conservé la précieuse relique qu'est la tête à Papineau dans leur Musée de l'Humour de Québec. La tête est empaillée, et parfois mise à l'abri des plaisantins dans une petite cage à oiseau.

Mais qui est donc ce Papineau, ostie de calisse ?

L'enfance d'une tête

Papineau naît en 1750 à Montréal, d'un père maire et d'une paire mère. C'est à dire que sa mère est paire, c'est à dire qu'elle a une jumelle : vous allez bien mieux comprendre pourquoi je vous raconte tout ça en lisant la suite de l'histoire. Non, ne relisez pas le début.

Donc, Papineau naît bébé avec une mère en double, ce qui donne lieu à de nombreux quiproquos hautement comiques : en effet, la mère à Papineau est une bonne sœur très chaste et quasi-virginale, alors que la tante de Papineau est une prostituée fétichiste carrément glauque, et en plus spécialisée dans le fantasme lubrico-dégueulasse de la bonne sœur qui fait des choses sales avec un crucifix - vous voyez le genre.

Le genre le voici : quand le petit Papineau rentre de l'école et demande à sa mère de lui préparer son goûter, il arrive qu'il se trompe de personne car les deux sœurs se ressemblent comme deux gouttes de sirop d'érable, et donc demande à sa tante pute jumelle habillée pareille que sa mère la sœur :

Papineau : Maman, je veux mon goûter !
La tante salope : Criss ne m'appelle pas maman mais ma salope s'il-te-plaît !

Du coup le petit Papineau est tout désorienté. Et quand sa maman vient le border le soir avant de faire dodo, le pire est à craindre.

La mère à Papineau : Bonne nuit mon petit Papineau-Lapinot d'amour tout joli.
Papineau : Bonne nuit ma salope adorée.

Et vlan, il se mange une tarte dans la gueule. A chaque fois ça ne loupe pas. Aussi, dès petite, la tête à Papineau subit déjà de grosses mandales. A 14 ans, las de se faire autant tarter, Papineau décide d'abandonner sa mère et sa tante, et de consacrer sa vie à la patrie, qu'il considérera désormais comme sa vraie mère.

« Elle ne me met pas de tarte, elle ! »
~ Papineau à propos de la fière patrie de Québec

La gloire

Âgé de tout juste 14 ans, Papineau débarque à Québec, la capitale du Québec. Oui car au Québec, les habitants ont un vocabulaire bien précis : ils remplacent la plupart des mots par Québec. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on les nomme : les québecois.

Exemple de dialogue :

— Québecques-tu bien mon gârs ?
— Québec ! Il vâ québecquer c'soir ! Faut qu'j'québecque au Québec pour voir l'québecqueur !

Désorienté, le jeune Papineau fera tout pour rendre le québécois compréhensible. Il entre alors au Parlement Québécois et devient premier ministre, puis vote la loi dite "français normal". Les québécois doivent dorénavant causer français comme leurs cousins européens.

« Tabarnak ! C'te criss de déveine de d'vôr jacter comme les frogs, dis ! »
~ Québécois souffrant de devoir parler français

Les québécois et les français entament, suite à cette réforme, de cordiales relations commerciales, ce qui développe l'économie des deux contrées. La France exporte son vin, qui sert à huiler les skis au Québec, tandis que le Québec achemine son sirop d'érable, qui colmate les fenêtres parisiennes.

Au XXème siècle, les relations commerciales se poursuivent, car les québécois envoient de nombreuses chanteuses à voix et des humoristes de talent à la France, laquelle échange ces biens culturels contre des auteurs de science-fiction illisibles et des anciens premiers ministres.

La consécration

Couronné Penseur de l'année, Papineau poursuit sa carrière d'homme politique réformateur et met en place d'intelligentes mesures : se laver les mains avant manger, pas péter à l'église, pas garer sa voiture sur les places handicapés.

Quand il meurt d'un arrêt cardio-circulatoire à l'âge de 99 ans, le Québec est en deuil de celui qui fût un peu le Aimé Césaire du Canada.

L'hommage posthume

Afin de sceller la renommée de ce grand personnage, les québécois organisent un méga-brainstorming au niveau national. Certains radicaux proposent de renommer le pays Papineau et de remplacer tous les mots du vocabulaire courant par Papineau, ce qui nous prouve une fois de plus à quel point il faut se méfier des gens de droite en matière de réformes.

La proposition la plus sensée, couper la tête à Papineau, l'empailler et la mettre au musée, recueille l'unanimité. Mais à l'heure où cette décision est prise, le corps de Papineau est dans une voiture à destination du crématorium... Sauvera-t-on la tête à Papineau d'une crémation certaine ? Qui aura le courage de foncer au secours de la tête à Papineau ?

Les concurrents

Plusieurs héros se détachent de la masse des québécois pour sauver la tête à Papineau :

  • Jonathan et Jennifer Hart : ce couple de justiciers milliardaires ne recule devant aucune embûche. Mais il faut dire que pour eux c'est tranquille : ils ont plein de fric et ils ont l'Amour, ce qui leur facilite la tâche quand il s'agit de mieux risquer. De plus, le risque resserre les liens de leur mariage : ils utilisent le risque pour s'aimer. Ce qui démontre une fois de plus que les friqués ne pensent qu'à leur gueule, et que s'ils font dans le caritatif, c'est uniquement à des fins personnelles. Personne n'accepte de laisser des parvenus égoïstes participer à la quête de la tête, et le couple rentre chez lui, sous une pluie d'injures.
  • Joséphine ange gardien : une naine ange qui pratique la magie. C'est presque trop facile pour elle, puisqu'elle est quasiment omnipotente. Voilà pourquoi, par souci d'équité envers ses concurrents, elle choisit de se délester de ses pouvoirs le temps de la course-poursuite entre les héros et la tête à Papineau. Ce qui s'avère infructueux, car sans pouvoirs magiques, notre naine ne peut rattraper le véhicule funéraire - les grosses roues de la voiture vont bien trop vite pour ses petites jambes. Essoufflée, Joséphine ange gardien est exclue de l'aventure.
  • Jacky Cacahouète : le célèbre pilier de comptoir belge du bar du tuning-club de Mouscron est avantagé par rapport à ses concurrents car il possède une golf supercinq panda customisée ultra-rapide. Tous les espoirs des québécois reposent sur ses compétences et la vigoureuse puissance adrénalinesque du moteur 78 chevaux de son bolide. Hélas, si Jacky a accepté le défi, c'est uniquement parce qu'il est bourré à la bière d'érable, vu qu'il est au Canada suite au pari de boire tous les alcools du monde. Jacky se lance à la poursuite de la voiture mortuaire, mais rate le premier virage et s'encastre dans un érable. Adieu Jacky.
  • Satanas et Diabolo : adepte d'une compétition automobile déjantée, les deux compères (Satanas est un humain et Diabolo un chien fort gloussant) se lancent sur la trace de la tête à Papineau afin de gagner le respect des québécois pour mieux endormir leur méfiance et s'emparer par la suite du trésor du Canada : la crosse de hockey en argent de Wayne Gretzky.

Une équipée sauvage

Comme nous l'avons vu précédemment, seuls deux concurrents restent en piste : Satanas et Diabolo. Nos deux héros, délaissant le reste des autres postulants au titre de rattrapeurs de la tête à Papineau, font gémir le moteur de l'Archéoptéromobile et rejoignent le véhicule funéraire en un rien de temps.

Ils convainquent le chauffeur de leur laisser couper la tête au corps à Papineau, et lui remettent en échange un savoureux bakchich salade-tomate-oignons. Puis ils filent vers les québécois en brandissant avec force fierté la tête à Papineau, plantée sur une pique pour cette occasion, de façon à ce qu'elle s'élève au dessus de l'Homme.

Une procédure vraiment crado

Le 15 novembre 1849, un jeune empailleur fétide du nom de Clifford Fiesta reçoit la difficile tâche d'empailler la tête à Papineau afin de la rendre présentable. La procédure n'est pas simple. Les yeux ayant été bouffés par des chenilles, Clifford s'attache à les remplacer par des billes peintes. Or l'époque ne favorise guère la production qualitative de peinture chimique, celle-ci étant conçue à base de vieux vomi de porc. Et les billes ne sont rien d'autres que des crottes de lapin. Le cerveau liquéfié de Papineau est remplacé par de la mie de pain aux céréales ; puis les dents par des morceaux de sucre. Enfin, la base du cou est recousue avec un palet de hockey pour empêcher le jus de fuir.

Telle quelle, la tête à Papineau fait un peu peur, mais le respect dû au grand homme surpasse les petites répulsions, et la relique sacrée est acclamée dans tout le Québec. Ce qui est dommage, c'est les moisissures sortant des trous des oreilles, et les asticots présents à cause de l'utilisation de vieux vomi de porc, mais les temps sont rudes et les québécois ne s'arrêtent pas aux détails, hourra triple hourra pour la tête à Papineau.

La tête à Papineau à travers les siècles

Fête du Québec, 1871

En janvier 1871, alors que l'hiver bat son plein et produit vraiment du super froid, les québécois fêtent pour la première fois l'indépendance de leur pays, en se réunissant sur le territoire des indiens Iroquois pour partager avec eux le sirop d'érable de l'amitié.

Des milliers de québécois se retrouvent donc dans la forêt de Québec, et déversent du sirop sur des milliers de pancakes. L'un de ces québécois, qui n'est autre que l'arrière-arrière-grand-père de André Arthur, décide de tirer un coup de canon en l'air pour marquer le coup.

Monsieur Arthur ne savait pas que dans le canon, il y avait la précieuse tête à Papineau que le président québécois avait caché parce qu'il se méfiait des Indiens ! De fait, lorsqu'il enflamme la mèche du canon, c'est la tête à Papineau qui s'envole en l'air, et non un boulet ! Ce malentendu va déclencher la première guerre de sécession québécoise !

Les québécois cherchent la tête pendant des heures : où est-elle retombée ? "Mais pourquoi a-t-il fallu que je perde la tête ! " se lamente monsieur Arthur. Des individus bas de front accusent les indiens. "Ce sont eux, comme ils n'ont pas de tête à empailler, ils nous volent la nôtre ! Mort aux indiens ! " Les indiens sont franchement vexés, voire désobligés d'entendre de telles accusations.

Petit-Poney, le chef de la nation Iroquoise : Mon peuple est très mécontent des propos tenus à son égard.
Bobby Macaroullette, le maire de Québec : Nous on aime pas trop les sauvages, et encore moins les voleurs !
Petit-Poney, le chef de la nation Iroquoise : Je pense qu'il y a un imbroglio : il n'a jamais été dans nos intentions de voler à une bande de blancs décervelés leur vieille tête-totem puante et pleine d'asticots. Mais si vous voulez bien arrêter de nous accuser sans preuve, et si vous pouvez dire à votre copain qui se trimballe avec sa corde d'arrêter de faire l'association mentale entre moi-même et le magnifique hêtre à grandes feuilles sis devant nous, je convaincrai ma tribu de vous aider à retrouver cette relique qui a tant d'importance à vos yeux.

Bobby Macaroullette, qui n'est pas si bête, pend le chef Petit-Poney à un hêtre avec l'aide de son ami Junior Babouque et déclenche l'ouverture des hostilités.

Beaucoup de québécois sont tués ce jour-là, et tous les iroquois disparaissent. Après la bataille, la tête à Papineau est retrouvée par Junior Babouque dans son sac : il l'avait cachée par mégarde, et avait oublié que c'était lui qui l'avait. Ce propriétaire terrien deviendra ensuite célèbre pour ses multiples travaux d'expansion du parc industriel québécois, élargissement des installations périphériques, construction d'autoroutes et de parkings géants...

Quand à la tête à Papineau, elle est remise dans son écrin au musée de l'humour québécois.

Deuxième guerre mondiale, 1945

Qui aurait pensé que la tête à Papineau gagnerait la deuxième guerre mondiale ? Tant de morts pour rien, alors que dès le départ des conflits, les bons auraient pu gagner.

Effectivement, ce n'est pas la mesquine contribution des américains qui permit au camp des gentils de remporter la guerre après avoir utilisé la bombe nucléaire sur des civils. Car en fait de bombe nucléaire, c'est ni plus ni moins que la tête à Papineau customisée qui fût lâchée sur Hiroshima.

Les québécois furent oubliés lors de la remise des médailles. C'est dommage, dans le plan Marshall, ils auraient très bien pu diviser encore plus Berlin et leur donner au moins la rue du sirop d'érable (Erablensyrup Str.)

Une fois de plus, l'ingratitude mondiale est à la hauteur de l'apport bénéfique des québécois au monde civilisé, et une vieille tête coupée empaillée ne dira pas le contraire.

Fin

La tête à Papineau est désormais rangée dans son écrin de verre, soumise à la contemplation du monde entier. Adieu, Papineau, adieu la tête.

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La tête à Papineau !


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