La Cité de la Peur
Un article de la désencyclopédie.
La Cité de la Peur est un flim fait par des Français, pour des Français, les étrangers ayant très peu de chances de comprendre l'engouement fait autour d'une pseudo-comédie dont les seuls prétendus gags nécessitent d'être francophone pour les comprendre. C'est un peu comme pour les humoristes québécois, difficilement exportables (contrairement aux chanteurs québécois, un peu trop exportés).
Sorti au début des années 90, en pleine crise des banlieues (attisée, est-il besoin de le préciser par les rappeurs du groupe NTM, actuellement en prison), cette fresque romanesque, éminemment moderne, traite de la vie difficile dans les cités HLM de l'agglomération cannoise. Alain Chabat (dans son plus grand rôle dramatique) tient le haut du pavé face à la caillera Chantal Lauby qu'il finira par convaincre d'assagir sa vie et de trouver Dieu. (Dieu, magnifiquement interprété par Dominique Farrugia, qui n'a pas eu à forcer son talent, ni son physique).
Hélas, le flim est entâché par de trop nombreuses guest-stars et se perd dans une intrigue policière dont la noirceur n'a rien à envier aux passages les plus radicaux de Navarro. Comble de l'ironie, les dialogues taillés sur mesure par un Audiard en pleine forme (j'ai mis Audiard parce que c'est le seul mec connu dans son domaine) feront à jamais l'objet de références incessantes par des générations de classes moyennes white trash qui n'ont absolument rien compris au message sous-jacent d'une nécessité de "cohérence sociale et territoriale par le biais d'un large débat participatif et entièrement interactif" (rappelons qu'en 1994, même les jeux vidéo next-gen sont interactifs - cf. le Mega-CD et la 3DO). Malgré tous ces déboires, l'oeuvre sera récompensée par trois césars, quatre marius, six oscar wilde et soixante-deux ours d'or du Festival du flim d'art et d'essai de Kaboul.
Un succès comme il se doit félicité par le futur Président de la République, monsieur Jacques Chirac : " Ce chef-d'oeuvre, joyau abracadabrantesque de notre culture, m'a fait comprendre qu'une "cité" n'est pas seulement "cool" mais qu'elle peut aussi "craindre un max". Je promets à toutes et à tous de réduire la fracture sociale de 75% d'ici douze ans. "


