Jacob de Laffont

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Jacob de Laffont est un médecin allemand d'origine française né à Strasbourg le 31 juillet 1881 et mort à Offenburg le 16 février 1918.

[modifier] Sa jeunesse

Jacob était l'aîné de quatre enfants d'une famille bourgeoise de juifs alsaciens. Son père, était un médecin qui avait de nombreuses relations parmi ses collègues allemands. Sa mère, infirmière, aidait parfois son mari dans son travail. Après des études réussies à Strasbourg, Jacob devint agrégé en biologie puis docteur en médecine en 1905. Au décès de son père, en 1908, il prit la nationalité allemande pour obtenir une chaire de professeur à l'université de Stuttgart, où il avait effectué plusieurs stages dans le laboratoire de microbiologie dirigé par Hans Schneckeloch, un ami de son père. Son avenir assuré, il épousa en 1911 son assistante, Inge Meyer, avec laquelle il eut trois enfants. Il décrivit l'amnésie dysmorphique rétroauriculaire chez des patients infectés par la grossine lors de leur séjour en Afrique occidentale.

[modifier] La période de guerre

Incorporé dans les services de santé de l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale, Laffont s'intéressa à la souffrance des victimes de guerre et chercha autant à améliorer leur confort que les traitements. Persuadé que les voies d'administration parentérales conduisaient à une plus grande efficacité médicamenteuse, il s'intéressa à la formulation des suppositoires. Ceux-ci étaient rarement prescrits en raison de leur inadéquation morphologique. Chez Krupps AG, où Laffont exerça, la performance des obusiers, notamment de la Grosse Bertha, l'incita à donner aux suppositoires, jusqu'alors de forme parallélépipédique, le profil d'un obus. À peu de choses près, cette forme est toujours utilisée actuellement.

Durant l'épidémie de notavirus qui toucha l'armée allemande sur le front en 1917, il prescrivit ses suppositoires, qui réconfortèrent les malades grâce à un fort effet placebo. Les désagréments le conduisirent à inventer le Q-Papier (papier Q), un papier fabriqué avec de la ouate de cellulose, à la fois doux et résistant. Cela lui valut de devenir une légende vivante et les soldats parlaient avec admiration de la « résistance alsacienne ».

Ironie du sort, Laffont mourut à Offenburg à 36 ans, atteint par un éclat d'obus, quelques mois avant la fin de la guerre, alors qu'il essayait de soigner un patient atteint de thixochronie.

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