Illittérature:De l'épopée d'un frêle esquif

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De l'épopée d'un frêle esquif est une nouvelle de Marc Musso sortie en janvier 2014. Dans l'avant-propos, qui n'est pas reproduit ici, l'auteur explique sa démarche à travers trois grands axes thématiques. Tout d'abord, il explique puiser comme Stephen King dans ses tourments d'enfants, au plus profond de son inconscient, à la recherche de traumatismes dont il sait toute la difficulté de saisir les vraies origines mais dont il s'insipire sans vergogne. Car ses souvenirs, dit-il, n'appartiennent qu'à lui. Ensuite, le second axe est d'ordre méta-narratif puisque Musso projette d’interpeller suffisamment de lecteurs pour faire de sa nouvelle un best seller intemporel. Le troisième axe, c'est enfin son désir d'écrire un livre, si possible avec de l'eau dedans.




« Cependant, on ne peut pas dire pour autant que le faux constituerait un moment ou même une composante du vrai. Qu’en tout faux il y ait du vrai, – dans cette expression les deux ont valeur, comme l’huile et l’eau qui, sans pouvoir se mélanger, ne sont reliées que de façon extérieure. Précisément, eu égard à leur signification qui est de caractériser le moment de l’être-autre-parfait, il faut que leurs expressions ne se trouvent plus utilisées là où leur être-autre est sursumé. Tout ainsi que l’expression de l’unité du sujet et de l'objet, du fini et de l'infini, de l’être et du penser, etc., a cet aspect impropre qu’objet et sujet, etc., signifient ce qu’ils sont en dehors de leur unité, et donc dans l’unité ne sont pas visés selon ce que dit leur expression, pareillement justement le faux n’est plus, comme faux, un moment dans la vérité »
Hegel, La phénoménologie de l'Esprit


« Celui qui se transforme en bête se délivre de la douleur d'être un homme. »
Dr. Samuel Johnson, Dictionnaire de citations


à ma femme, le plus beau poisson que j'aie jamais pêché,




    Il se trouvait un frêle esquif, achevé de bric et de broc voilà quelques saisons, qu'Edouard, que tous et pour de bonnes raisons appelaient le matelot, convoitait de ses yeux gris couleur de la mer. Un petit bout d'embarcation qu'aucun capitaine n'avait encore porté sur la Grande Bleue, mais qui, il en était certain, pouvait en embrasser des routes. C'est pourquoi quand un marin du village résolut de former un équipage pour baptiser sa première traversée, le matelot fut le premier à en être.


    Quand ils furent une dizaine d'hommes qui en avaient vu d'autres, tous, et le nouveau capitaine et Edouard, partirent de Marseille pour ce long périple, briguant les côtes africaines et ses mystères safranés. La mer d'entre les terres, s'ouvraient toute grande pour le matelot et ses rêves de navigation.


    La fille du capitaine, Belle, qui avait pris ses appartement dans la soute du capitaine, son père, et le matelot s'étaient rapprochés. Non qu'il fut le seul jeune homme de son âge en pleine mer, bien qu'il le fût quand même, mais il avait été rapidement nommé nautonier et sa récente promotion avaient fini par entrouvrir des possibilités dans ses dessous. Et ses yeux gris étaient comme la mer mystérieuse, ce qui provoquait l'amour de la belle Belle. La Méditerranée leur semblait être le Paradis.


    Mais au bout de trois semaines qu'ils voguaient en père pénard, des discussions houleuses commencèrent à animer le navire. Les hommes commençaient à se plaindre du rationnement, et du comportement de Belle qui était là, tout ça. Des clans se formèrent et des rumeurs commencèrent à circuler. La mutinerie commença à gronder lorsque quelques semaines plus tard, le capitaine annonça que les vivres allaient manquer.


    Une solution fut rapidement trouvée afin que les émeutes ne se déclassent point. Mais choisir de manquer un repas chaque jour mena progressivement à en oublier deux, et très vite la faim comme la grogne revinrent frapper à la chambre du capitaine. Cette fois, sans qu'il y eut de concertation ou de débat apaisé, une autre solution fut trouvée : si le capitaine ne trouvait pas de quoi les ravitailler, les membres de l'équipage allait tirer au hasard l'un d'entre eux et le manger. Ceci n'effraya pas le capitaine, qui s'enferma dans sa cabine avec sa fille, bien décidé à repeupler le monde un jour, si le pire devait se produire. En quelques jours le bateau devint un domaine de non-droit dont le maître avait déserté le commandement.


    Comme aucune vivre n'arriva, l'on tira donc à la courte-paille, et c'est le matelot qui fut choisi. Le pauvre : abandonné de Belle et de son protecteur, qu'allait-il advenir de lui, était-ce déjà son heure ? Il nourrissait encore l'espoir d'entrevoir la terre avant qu'on ne le cuisinasse, c'est pourquoi il se hissa tout de go tout en haut du grand hunier.


« Ohé ! Ohé ! Le matelot ! Tu connaissais nos règles, où te caches-tu ? » En même temps qu'il les voyait s'affairer pour le trouver, de tout en haut du mât, il songeait à la belle Belle et à ses rêves d'aventure, tous sur le point de tomber dans l'oubli. Le matelot aura alors navigué si peu de temps sur les flots.


Retrouvez l'intégralité de la nouvelle dans la collection Sursaut culturel aux éditions Librio, 4 pages avec reliure, 14,99€.




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