Film américain

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Film américain

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« Il saigne le salaud ! »
~ Arnold Schwarzenegger dans Prédator à propos de sa surprise qu’en tirant une demi-tonne de plomb dans le cul d’un alien patenté, à l’aide d’un vaste échantillon de tout ce que l’industrie américaine peut produire d’armes à feu, il réussisse à lui arracher trois gouttes du liquide fluo qui lui servait de fluide vital.

Notons au passage la subtilité et la logique implacable de la déduction suivante, qui intervient dans le même film, et qui exprime également le contentement dudit Arnold « S’il peut saigner, on peut le tuer. »


Le film américain est au cinéma ce que le jumeau diabolique est aux séries américaines. Sans lui, rien ne serait possible. De manière générale, comme tout ce qui est ou sonne américain, le cinéma américain est mieux, et n’a pas besoin de comparatif. Il est MIEUX ! Il est la quintessence du divertissement, et le regarder fait saliver tous les intellectuels, surtout ceux qui ont des lunettes épaisses, un gilet et éventuellement peu de cheveux sur le crâne (pour les plus intellos), même s’ils se cachent bien de le dire. Comble du sublime, il fait aussi saliver les non-intellectuels, pour des raisons qui tiennent tout à la fois du technique et du divin.

[modifier] Le scénario

Le principe de base du scénario de film américain est de nous amener de manière haletante vers une fin qu’on ne soupçonnait pas du tout au début. Les exemples de fin non-soupçonnée sont légion, par exemple :

  • A la fin, le gentil se tape la gentille
  • A la fin, le méchant meurt
  • A la fin, Columbo coince les méchants
  • A la fin, tout explose sauf le gentil
  • A la fin, on se rend compte que le méchant est un malheureux, et le gentil le guide sur le chemin de la rédemption, qui se trouve être également celui de la chaise électrique
  • A la fin, ils sont toujours potes, mais encore plus qu’au début où on avait l’impression qu’ils se détestaient
  • A la fin le gentil qui était bourru et macho se trouve être un mec au grand cœur qui montre sa tendre virilité à l’écran, et à la bombasse de service

Le lecteur avisé notera que toutes ces fins ne sont pas incompatibles, et il arrive fort souvent que toutes se mélangent (cf partie Chefs-d’œuvre)

En général, une longue introduction nous présentant les crédits du film nous permet tout à la fois de nous familiariser avec l’atmosphère du film et sa Bande Originale, et de faire démarrer l’histoire, en nous présentant les personnages. Cela peut commencer par les gentils (comme Forrest Gump, bien qu’il n’y ait pas vraiment de méchant, si on exclue le copain de Jenny, ou comme Psychose) ou par les méchants (Columbo, dont on sait qu’il confondra le tueur, mais on ne sait pas comment). Tout cela nous amène à nous demander « Mais que va-t-il se passer ensuite ? ». Le suspense commence ici, ainsi que tout l’intérêt du film. D’une manière générale, méchants et gentils vont alors se battre, ce qui incluse moult poursuites en voiture, en avion, en tuk-tuk ou en train. La raison pour laquelle ces gens apparemment civilisés (ils parlent tous Anglais et font caca durant les publicités pour pas qu’on les voit) se déchirent à grand renfort de mitraillettes, couteau de cuisine et autres instruments de jardinage est secondaire, mais on peut les classer en deux catégories.

  • Ils veulent la même chose, et il n’y en a qu’une, il faut donc être le plus rapide (comme pour des places au concert des Tokio Hotel)
  • Ce que veut le méchant dérange profondément le gentil, car il trouve qu’aliéner le monde et le soumettre à son unique volonté n’est pas vraiment honorable. Il doit donc stopper le méchant pour l’empêcher de ruiner ses week-ends à venir (ou alors il a eu la même idée, ce qui revient à la catégorie 1).

Après les poursuites, sur lesquelles nous reviendrons (cf partie Effets Spéciaux), gentils et méchants élaborent généralement chacun des plans, plus ou moins fumeux et réalistes, afin de terminer le film honorablement. S’en suit la confrontation dans la mise en œuvre des plans, et la victoire du camp des gentils, la fierté du monde libre et le démantèlement des filières terroristes. Cet affrontement prend place n’importe où, dans le désert comme à Alcatraz, dans une cabane au fond de bois remplis de sorcières ou dans les aéroports lorsque John MacLane attend sa femme. Pour un bon film, comptez au moins 80% de morts chez les méchants, 10% chez les gentils (qui visent mieux), et environ ½ tonne de munitions tirées par personne et par demi-heure de bagarre (évidemment, cela est un chiffre minimum, et on peut faire bien plus). Il faut également inclure dans le film américain une scène ne montrant que la préparation des héros, sans dialogues mais avec de la musique. A ce moment, les héros peuvent charger leurs armes, construire une forteresse ou faire du shopping de manière excessive (Pretty Woman)

Le scénario est un élément excessivement important dans le film, et il nous entraîne en s’adressant à l’intelligence des spectateurs, c’est-à-dire nous ! Il nous montre des évènements cohérents et plausibles, par exemple le fait que les rues sont désertes à toute heure du jour et de la nuit, dans les bleds de bouseux comme dans les mégalopoles, ce qui permet de se garer toujours pile devant l’endroit où on veut aller.

[modifier] Les héros

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« C’était pas ma guerre. »
~ John Rambo à propos du fait que c'était pas sa guerre

Le héros est humble. Il sait qu’il est le héros, mais ne se la pète pas, car seuls les méchants se la pètent. Ayant auparavant entrepris une carrière dans une branche de l’armée américaine spécialisée dans les commandos secrets, opérations spéciales ou attaques de camps terroristes à mains nues, bref, tout ce qui nécessite d’apprendre à faire un feu avec des herbes séchées, à tuer son repas, vivre dans la forêt, viser avec une arme d’une seule main et se camoufler en haie du potager, le héros est mieux que les méchants. Il est Américain. Il a des faiblesses, ou le fait croire, pour que les méchants se moquent et cela les déconcentre. Ils vont même parfois jusqu’à se faire capturer, évidemment exprès ou à cause d’une quelconque femelle avec laquelle il s’est ou va s’accoupler, tout cela pour que le méchant ne se doute de rien jusqu’au moment de la fin inattendue. Il est fort ce héros ! En plus de cette astuce, le gentil, qui est un peu bourru au début, possède des qualités indéniables, et parfois surnaturelles. Par exemple, en arrivant dans une pièce pour chercher un méchant, il n’allume pas la lumière, car il voit dans le noir. Le méchant, qui est pourtant gentil pour sa maman (cf 8 millimètres), lui, n’y voit que dalle, et se prend les pieds dans le tapis. Le con ! Tel Indiana Jones, sauter du bateau et se réfugier sur le sous-marin des nazis n’est pas un problème. Survivre à un voyage de 2000 kilomètres en restant accroché au périscope, sans manger ni boire ni respirer non plus. Il peut viser d’une main avec un flingue tirant plus de 200coups/minute, sans dévier d’un centimètre. Cela prouve la supériorité des gentils. Le gentil a le sens de l’humour.

Seul avec le colonel Trautman, face à l’armée russe (2000 combattants à pied, 15 camions remplis à ras bord de matériel et d’hommes, 10 chars et 5 hélicoptères) Rambo est hésitant sur la stratégie à adopter.
« Ca va être dur de les encercler ! »
~ Rambo III à propos de sa tactique

Il laisse des petits messages subtils aux méchants, ce qui les énerve et les déconcentre. Ainsi si Parker Lewis ne perd jamais, le Héros ne perd jamais son sens de l’humour. Le gentil a des cojones, plus qu’un autre, c’est pour cela qu’il est le héros.

Le colonel Trautman, torturé depuis plusieurs heures, est suspendu par les mains et se fait fouetter par un eunuque en tenue de militaire russe – à moins que ce ne soit un ours…bref-

Méchant russe : Alors chien d’Américain, dis-moi où sont les missiles !
Colonel Trautman : Tout près…
Méchant russe  : Où ça ?
Colonel Trautman : Dans ton cul !

[modifier] Les méchants

Les méchants ne lisent pas les scénarios. Ils ne savent pas que ça va barder pour eux, alors ils font des bêtises, et font des caprices. Ils vivent dans des maisons remplies de bouteilles de gaz et de jerricans d’essence, parce que ça explose mieux, et leurs jeeps ont une tendance inévitable à se retourner dès qu’ils roulent sur un ticket de métro. Les suspensions ne valent décidément rien, ou alors les mécanos méchants sont nuls. Ils vivent dans des bases secrètes que personne n’a jamais trouvé, même pas les 2000 ouvriers employés à plein temps pendant 2 ans pour construire le bazar, ni les sociétés qui ont livré les 200 000 tonnes de béton, 45 000km de câble électrique et 125 écrans géants, sans compter les pizzas pour les soirs de match. L’adresse de livraison : « Base secrète au milieu de la jungle, troisième porte à gauche » ne choque personne dans les films américains.

Ils n’ont pas vraiment de famille, ni amis, mais plutôt des complices, plus bêtes qu’eux-mêmes, et ayant cette particularité d’être interchangeables. On peut les tuer, on retrouve assez facilement un autre bras droit, cela n’a pas grande importance. Si les hommes de main meurent facilement, les vrais méchants, eux, sont des durs à cuire. Une balle dans la tête, une pendaison ou une explosion atomique n’ont pas toujours raison d’eux. Les méchants se reconnaissent facilement, ils ont un sourire énigmatique, un rire caverneux et sont souvent habillés en noir… même dans le désert. Cela facilite le camouflage la nuit, et indique que ce sont bien eux les méchants. Les films américains nous facilitent encore la tâche en leur attribuant des éléments invariants d’un film à l’autre. De manière certaine et tangible, le méchant a soit un accent pourri (de type russe le plus souvent) soit une chapka. C’est la règle, c’est l’un ou l’autre. Au début de Double Détente, Schwarzy se permet d’avoir les deux, mais il n’est pas n’importe qui, et il lâche bien vite la chapka, il est humble, donc pas tout à fait méchant. Nous pouvons leur dire merci, les films américains sont à tout point de vue parfaits.

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Les méchants ne le sont pas, mais c’est volontaire. Ils livrent leur plan comme des buses avant de tuer le gentil, invoquent des motifs fallacieux pour justifier leur soif de pouvoir, et lisent Télé 7 jours. Ils sont parfois des femmes, ce qui leur permet de se taper le héros. Comme nous l’avons dit, tous deux pensent abuser l’autre pendant ce temps, mais le héros ne se laisse pas faire aussi facilement, et saura se sortir de la situation. Ils sont parfois des extra-terrestres, mais là, c’est normal qu’ils soient reconnaissables, moches et méchants. On peut les tuer sans état d’âme, ils ne sont pas humains et sentent le poisson pourri. De manière générale, il meure à la fin, fille, garçon ou autre, ou du moins le croit-on, car il faut faire une place à la suite du premier film…

[modifier] Les Effets Spéciaux

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Le dépôt de béton des méchants saute

Contrairement à ce qu’on pourrait croire en voyant la beauté sublime des images projetées devant nos yeux ébahis, tout n’est pas vrai. Si Chuck Norris existe bel et bien (et heureusement !), il arrive que certaines scènes soient truquées, pour nous donner du frisson. Par exemple, lorsque Chuck Norris saigne, ce n’est pas vrai. C’est une ruse pour faire croire au méchant qu’il est faible. En revanche, lorsque les voitures explosent, c’est bien dû à une particularité des voitures de film, à savoir que les réservoirs d’essence se trouvent situés tout autour de la carrosserie, à côté des réservoirs de magnésium, pour produire l’étincelle. Cela leur permet d’exploser lorsqu’elles rencontrent un trottoir. Autre effet spécial répandu, les voitures démarrent toutes immédiatement, car les clés se trouvent dans le pare-soleil… Même pour les décapotables, les camions de chantier, les avions de chasse et les porte-avions. Enfin, les balles des méchants, si elles font des petits trous ou des éraflures aux gentils, ne sont pas les mêmes que celles des gentils, qui elles permettent, au choix, de faire exploser un cordage à 200 mètres, d’entamer les serrures de porte blindée, d’allumer des incendies, ou de faire des trous larges comme des moules à tarte dans les méchants en les envoyant à plus de 20 mètres en arrière. Les films américains en raffolent, et c’est pour ça qu’ils sont bien.

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[modifier] Les chefs-d’œuvre

Les chefs d’œuvre sont évidemment ceux où les héros gagnent avec le plus de classe, tout en conservant un sens de l’humour inébranlable. Nous pouvons donc citer :

  • Rambo III, où John Rambo défait l’armée russe en Afghanistan en se jetant seul contre elle, avec son arc et ses flèches.
  • Rocky IV, où Rocky Balboa bat à mains nues un char d’assaut russe et réconcilie les Etats-Unis et l’URSS en prenant le micro avec son œil au beurre noir.
  • Prédator, où Arnold Schwarzenegger court, ce qui lui permet d’échapper à une explosion nucléaire et ainsi d’anéantir un méchant alien qui n’a pas une gueule de porte-bonheur.(sic !)
  • Le maître de guerre, où Clint Eastwood élève des crétins au rang d’arme de destruction massive contre des ennemis non-identifiés en les abreuvant d’argot qui se veut du jargon militaire.
  • Pretty Woman, où Richard Gere ne sait pas conduire une voiture en boite manuelle, mais arrive à choper quand même (en payant…)
  • Piège de cristal, où John MacLane veut retrouver sa femme, mais comme le roi ne le veut pas il pète là tête à un régiment de méchant en ayant au début pour seule arme des cure-dents du cocktail. Après il va mieux, car il peut déclarer, par l’intermédiaire d’une pancarte sur le cadavre du méchant « Maintenant, j’ai une mitraillette, Hohoho !! »

(humour et messages désobligeants à l’égard des vilains)

  • 58 minutes pour vivre, où John MacLane veut attendre sa femme, mais comme il y a des terroristes dans l’aéroport, il doit d’abord le faire exploser.
  • Le flic de Beverly Hills, où Axel Foley nous apprend que la police a une assurance spéciale pour les dégâts causés par lui dans le cadre de ses enquêtes.
  • Indiana Jones et la dernière croisade, où Indiana Jones doit contrer tout seul la totalité de l’Afrika Korps, et y parvient en trouvant le Graal avant eux dans les maisons troglodytes de Jordanie.
  • Terminator, où Schwarzenegger défonce hommes femmes et enfants sans broncher et imite trop bien la voix de la mère de Sarah Connor.
  • Alien, où Ellen Ripley éclate la gueule d’un gugusse grand comme deux escabeaux sans se rendre compte qu’elle a été inséminée entre-temps……
Jésus adore cet article

Le Fils de l’Homme lui-même, dans Son infinie sagesse, a daigné y jeter un œil. Il a, dans son infinie bonté, lu, approuvé et béni cet article. L’auteur se verra pardonner cinq péchés véniels.

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