Fête de Vulcanalia

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A l'Antiquité, on savait encore faire la fête, la vraie. Et chaque décennie, le peuple romain aux abords du Somma Vesuvio ne s'y trompait pas en misant tout sur la fête ultra-populaire de Vulcanalia en l'honneur de Vulcain, le Dieu des Forges de l'Enfer du Samedi Soir.

[modifier] Une inexpérience inoubliable

[modifier] Les préparatifs

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La fête de Vulcanalia est aussi la fête du barbecue.

A chaque nouvelle Vulcanalia, pompéiens, napolitains, herculanuméens et autres huns, célébraient Vulcain dans le fond plat de l'immense caldeira large de plusieurs dizaines de kilomètres de diamètre. Les fêtards en tuniques à motifs fleuris et sandales, apportaient des tables massives en plomb avec un relief d'assiettes de plomb (nous en verrons l'utilité plus tard), des escabeaux, des cors de brume, du saumon, des hérons, des préfets, et assez de boissons alcoolisées pour durer jusqu'à la fin du monde, en prévision de l'assèchement des puits et des fontaines.

Les premiers arrivés étaient les premiers servis, mais par tradition ils étaient censés poser le décor du banquet de feu de dieu : monter le théâtre en plein-air, hisser les trompe-l'oeil géants du film Armageddon, élever des tribunaux d'Inquisition et allumer quelques bûchers apocalyptiques.

[modifier] Déroulement classique d'une fête

Les signes avant-coureurs de l'apogée de la fête consistaient en quelques secousses telluriques qui insufflaient un rythme endiablé aux raves, les émissions de gaz sulfuriques expulsés des fumerolles faisant instantanément oublier les fumigènes romains primitifs. L'on mourait rapidement asphyxié ou empoisonné, et on en redemandait si l'on en juge par les longues queues de cadavres et les gens qui marchaient dessus à quatre pattes.

Mais le plus important, c'est que tout ceci était excellent pour la préparation du saumon fumé et du héron cendré malgré lui.

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Avec ces labyrinthes de lave, une expression telle que "mourir est un jeu d'enfant" prend tout son sens.

Les fumerolles entrées en activité signalaient naturellement le début des réjouissances. Généralement les parents envoyaient alors les enfants en éclaireurs aux premières lueurs de magma. Les jeux d'enfants ne manquaient pas, car grâce aux nouveaux ruisseaux de lave, des labyrinthes excitants naissaient comme par magie.

En plus des enfants, on pouvait (re)trouver de nombreuses prostituées de la cité, comme Vulva, Lascivia, Emmesta, Enema, Eva Longoria, attirés par la rumeur que les hommes y seraient chauds bouillants. Et parfois dans le lot il y avait de vraies bombes latina, genre Appolonia (vous savez, dans Le Parrain).


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C'est quand même vachement plus beau que les couchers de soleil.

Aux premières heures du brouillard noir de cendres en suspension extrêmement pratique pour les cors de brume par définition, la fanfare des légionnaires déguisés en sauterelles faisaient retentir les cors de brume. Le roi de boisson agitait les âmes en perdition dans la grande marmite, haranguant les passants qui applaudissaient comme des cons à bwère, afin d'être auwère. Pour les sportifs, il ne fallait pas rater les parties de pétanque où le cochonnet était remplacé par les cheminées du volcan ouvertes dans des gueules de louve empanachées de fumée autour des narines. Des hommes-corbeaux piquaient les yeux des pestiférés coincés dans les élitres d'une blatte géante. Comment ça je ne fais que décrire un tableau de Jérôme Bosch ?


Pour resituer l'ambiance, il faut savoir qu'on comprenait rien à ce qu'il se disait. C'était l'Antiquité, les langues étaient mortes.

— Gutenum Tagus !
— Wieare Geth'sum ?
— Sehrui Gutus, Dankeorum Schonus.

Comme le lecteur peut constater de lui-même, la syntaxe était insondable et le déclin de l'Empire Romain était visible dans les déclinaisons mêmes. On aurait dit de l'allemand mélangé à du latin. Chaque nouvelle Vulcanalia apportait d'ailleurs son nouveau dialecte. Au lieu de la base allemande, on pouvait avoir le suédois, l'arabe (les déclinaisons étant à droite ou à gauche selon le sens de lecture), le cunéiforme (langue où phonétiquement on passe pour un canard), le pastiche (langue basée sur le pastis), ou même le latin ! Le latin latin est encore dans le programme de l'Education Nationale ! Mais que font Boutros Boutros-Ghali et Rachida Dati ?

[modifier] Le climax

Les signes avant-coureurs passés, on pouvait passer aux choses sérieuses.

La montée de magma était acclamée dans une ambiance super chaude. Les corps commençaient à sauter. Quand un napolitain se faisait exploser, un "Tiens un connard de napolitain en moins" d'un pompéien était de rigueur, mais aussitôt y faisait écho un "Tiens un connard de pompéien en moins". Les plus connaisseurs disaient "Tiens c'est Appolonia dans Le Parrain". Des pluies denses de cendres s'abattaient dans le délire total. C'était vraiment le summum du Roman Entertainment System (la RES), de la Néo-Roman Géo, et de la Roman Playstation (mes connaissances en jeux vidéo ne vont pas plus loin).

Ensuite là il faut régler le compte à une mauvaise croyance. Les gens n'avaient pas le temps de vraiment apprécier les bourrelets de Vulcain. Quand on dit pluie de cendres, c'est plus du genre 3 mètres de matériaux lourds qui t'enterrent d'un coup. Y'a pas beaucoup de suspense je sais, mais tu peux toujours te consoler en regardant la lave qui coule doucement des flancs du volcan et se dirige lentement vers la ville dans un reportage. C'est cool.

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Effets yeux rouges garantis !

[modifier] Pourquoi faire la fête sur le Vésuve ?

Plus besoin de chauffeur de salles, ni de metteur d'ambiance. Le volcan prenait en charge toutes les prestations de manière naturelle (à l'époque on disait pas encore "100% bio" pour nommer la combustion des corps en milieu ouvert ou la couverture sous plusieurs mètres de cendres). Le gouffre de la Sécurité sociale ne serait plus un problème s'il était aussi explosif que le Vésuve, mais tout espoir n'est pas perdu.

On avait pas non plus besoin de faire le ménage après la fête, ou d'arrêter les petits profiteurs qui faisaient discrètement leurs 400 coups de poignard dans le dos de tout le monde. Ils n'existaient plus.

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Je veux la même chose dans mon jardin !

[modifier] Si c'est si bien, pourquoi y'a que sur le Vésuve que ça se faisait hein ?

Simple, petit con. D'abord, il n'y avait pas 36 volcans en activité dans le monde. Et sur les 5 dernières années, encore moins. Il ne peut pas y avoir plus de fêtes vulcanisantes qu'il n'y a de volcans.


[modifier] Interprétation mythologique

Toute la littérature mythologique date d'avant la naissance de Steevy Boulay. A l'évidence, l'incroyable Vulcain (oui vous la sentiez venir celle-là ?) "cherchait à faire monter la sauce". De plus, les festivités devant se prolonger jusqu'au bout de la nuit, il fallait assurer un minimum avec l'éclairage. A l'époque, le mot "volcan" n'existait pas, seuls des mots tels que "torche", "lanterne", "flambeau". Mais l'initiative de Vulcain assura que "volcan" aurait sa place dans le vocabulaire vulgaire en tant qu'outil d'éclairage sans pile et sans commutateur au même titre que les sus-dits outils.

Ici la lumière part des pieds à la tête avec des effets de fumigène. On dirait qu'on baigne dans un reflet de rideau ondoyant très esthétique pour accompagner un danseur du ventre aussi doué que Vulcain. Vous avez jamais vu Vulcain danser du ventre ? C'est hot !

[modifier] La fête du 24 août 62

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Vulcanalia se fête généralement le 24 août.

En 62, le groupe de rock velu français Dionysos était très populaire chez les cathares (successeurs des bâthares, prédecesseurs des dathares). C'est pourquoi le 24 août de cette année Néron décida de les emmerder en montant son propre spectacle et ainsi leur voler la vedette à la barbe du nez. Sa maman Agrippine la Jeune l'avait dépêché sur les lieux aux premiers signes avant-coureurs.

Sur le proskénion, il interpréta ses smashing hits les plus célèbres en s'accompagnant à la lyre. Par exemple :

  • Allumer le feu
  • Joue pas avec le feu
  • Quelqu'un m'a mis le feu au cul
  • T'as pas du feu ?
  • J'ai les poils du nez en feu
  • Au feucours !

Au point culminant de sa performance, les effets spéciaux effusivo-explosifs des éjections de nuées ardentes donnèrent un éclat inespéré à son répertoire alors que tout le monde s'en foutait, trop occupé à se la couler (bronzer quoi) dans la toute nouvelle station thermale bâtie autour du nouveau lac de lave.

[modifier] Influence sur le monde artistique

L'extrêmité réjouissante des conditions inspira les oeuvres majeures des artistes de l'Antiquité : Les Grandes Baiseuses Baigneuses de Cézannus Dissetbite, ou Déjeuner sur l'herbe roussie d'Edouardus Rochus Magnetus en sont des brûlots pittoresques.

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Titien, Les trois stades de l'Homme Hot : la chaleur donnait envie de faire la sieste.

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Cezannus, Les Grandes Baigneuses : prendre son bain dans la lave était devenu un loisir accessible même aux petits provinciaux.

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Edouardus Rochus Magnetus, Déjeuner sur l'herbe roussie : par une telle chaleur, le pique-nique à poil s'impose. Tu vas pas rester enfermé habillé chez toi quand même.

D'après Suétone, De Vito Danny, Néron (Neronus Neroni) resta sur scène jusqu'à ce que celle-ci s'effondre lors du déplacement de terrain qui donna naissance au mont Somma. Son one-man orchestra show préfigure de manière saisissante l'orchestre du Titanic connu pour avoir joué sa partition en coulant avec le paquebot. L'expérience plut tellement à Néron qu'il décida d'enflammer Rome en 64 et Lugdunum en 65. Mais ses ennemis politiques du Sénat, dont l'infâme patriarche Patricus Sabatieri qui lui préférait Patricus Brulé, finirent par l'inonder, ce qui lui fit fameusement dire, avant de se suicider, qu'il "en avait mare" (sic).

[modifier] L'ère moderne

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Au lieu de se baigner comme tout le monde, Jésus marchait sur la lave.

[modifier] Les fous

A part Néron, Jésus et Moïse avaient également des problèmes bien documentés avec la lave. Au lieu de barboter joyeusement dedans, ils faisaient des trucs assez morbides avec qui contredisent parfaitement l'épithète de "pro-fête" qu'on veut bien leur coller.

[modifier] Postérité

La fête était toujours un succès populaire phénoménal. D'après Pline le Pas Si Ancien Je dirais Même Jeune, jusqu'à 30000 personnes pouvaient assister de près aux feux d'artifices. Devant le succès de la fête, un nombre incalculable de villes champignons poussèrent à proximité du Vésuve, comme les villes d'Evian et de Volvic (embouteilleurs nationaux de laves de source minérales). Les bâtisseurs en retard cherchèrent d'autres opportunités le long de l'arc campanien qui clotûre au sud la plus large chaîne volcanique de la plaque eurasienne. Ils pouvaient aussi attendre l'ensevelissement des villes actuelles et construire par-dessus. Les villes pas trop éloignées du cratère gagnaient le privilège d'être à la retombée des pierres ponces pilate et des boîtes à meuh éjectées par les explosions du Vésuve. Alors bon ça faisait un truc comme ça quand on se prenait tout ça sur la tronche : MMMMMMEEEUUUUUUUUUUUUUUHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH


HHHHHHH SCHTONK !!! (pour la table en plomb)

Mais tout n'était pas parfait. Vulcanalia était réputé pour ses lendemains de fête difficiles qui avaient tous en commun de se réveiller avec la "gueule de basalte" après s'être saoûlés à la bière Phoenix. Après la fête, chacun retournait dans son coin en oubliant que ben, ils sont fous ces romains.

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Le no-life après la fête



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