Dieu

Un article de la désencyclopédie.

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« Le divin est un concept vieux comme le monde. C'est bien là que réside tout le problème. »
~ Platon, à propos de l'arthrite en tant que mal du siècle, d'après ce que j'ai compris


« Eh, Karl, je te parie ce que tu veux qu'il n'existe rien de transcendant à la possession matérielle. »
~ Blaise Pascal à propos d'entuber son monde, encore une fois.


« Une petite partie de dés ? »
~ Erwin Schrödinger à propos de son addiction au jeu.


« Allongez-vous, détendez-vous. Tenez, racontez-moi votre enfance, par exemple. Alliez-vous régulièrement à la messe ? Aimiez-vous vous occuper des cierges ? »
~ Freud à propos de service divin.


« Pour être honnête, je pense que le problème a surtout pris de l'importance dans les dernières années de ma vie. »
~ Jésus-Christ à propos de son complexe d'Électre.


Dieu est un concept immense et infini. C'est pour cette raison, je crois, qu'on le trouve dans des cathédrales, des mosquées, des gares routières et tous un tas de bâtiments vastes et imposants construits pour accueillir Sa majesté divine sans déborder. C'est aussi pour ça qu'on met une majuscule quand on prononce Son nom, même si ce n'est pas vraiment son Nom, je crois que c'est un pronom personnel assujetti, comme disait mon institutrice, qui disait aussi que je devais passer plus de temps à étudier et moins à regarder le Ciel. Ça me semble un peu bizarre quand même, parce qu'une majuscule c'est plus grand que toutes les autres lettres, je veux dire, mais c'est pas comme si on pouvait faire rentrer une église dedans. A moins que Dieu ne veuille habiter que dans des trucs plus grands que les autres, mais dans ce cas il habiterait aussi dans les HLM de vingt étages, et je pense qu'on l'aurait remarqué quand même, parce que ça m'étonnerait qu'il supporte le bruit. Il est grand le mystère de la foi.


Mais, qu'est-ce que Dieu ?

Entre René. Il avance craintivement, regarde autour de lui avec circonspection, comme s'il avait peur de quelque chose. Arrivé au milieu, il regarde le public, désigne le ciel d'un air mi-sceptique, mi-effrayé, mi-stérieux.


René. — C'était quoi, ça ?


René. — Je rigole pas, là. Qu'est-ce qui vient d'arriver ? C'était effrayant comme un coup de tonnerre.


René. — ...


René. — J'ai l'impression qu'on se moque de moi. C'est très désagréable.(haussant les épaules) Mais qui peut dire ?


René. — Pas moi, en tous cas. Déjà que j'ai les plus grandes peines à me rappeler comment on fait pour se souvenir, encore il faudrait que je ramasse les miettes des autres ? Non, je refuse, c'est tout. On a encore le droit de refuser, non ? C'est bien la dernière chose qui compte. Tout le monde a le droit d'approuver, ça fait partie du principe. Alors arrêtons-là, voilà. Comment est-ce qu'on pense déjà ? Avec les mains ? (Il regarde ses poignets). Il faudrait qu'on ait des mains. Ça serait bien pratique pour toutes sortes de choses je ne sais pas, par exemple pour signer des contrats avec l'existence, de toute manière tout le monde vit à crédit de nos jours, on fait usure sur nos chemises avant qu'elles tombent en lambeaux, c'est bien une société qui fonctionne puisque personne ne peut rembourser ses dettes, elles s'accumulent montent en tas comme les monuments à la gloire de l'humain-sacrifice, on en a tout le tour du ventre, c'est la culture de la consommation, oui mesdames, le consumérisme poussée à outrance. Il faudrait que je me penche sur ça... J'existe ? Après tout, peut-être que je découvrirai que la réponse est négative ; ce qui serait bien arrangeant.


Il s'agite, devient rouge. Brusquement, il prend la parole.

René. — Devant vous messieurs, et vos yeux ébahis quoique spongieusement cloîtrés dans l'inhabitation spectrale du mensonge, grande première dans votre petite vie loin de tout ! Au programme, ce soir : interrogation scandaleusement transcendantale sur les mystères de l'existence, nous passerons quelques minutes à nous demander ensemble si les singes bâtissent des fourmilières, concours de grimaces de nos deux clown favoris, Poissard et Candide, dont les amusantes saillies oratoires vous réjouiront la joue et dessilleront jusqu'à l'aorte des paralytiques !


Blue girl-1.png
La nana aux cheveux bleus dit :
Oh!



Karel van de Woestijne.png Le lecteur de cet article dit :
Ah!



La nana aux cheveux verts.png La nana aux cheveux verts dit :
Magnifique!


La nana aux cheveux blonds.png La nana aux cheveux blonds dit :
Trop cool !



René continue à parcourir la scène, dans le sens de la largeur, avec ses grands gestes de montreur. Il sourit, ménage ses effets, bref il se donne en spectacle.

René. — Nous abandonnerons ensuite le terrain des virevoltantes arabesques à Honorius, petit génie des cordages, malin comme pas deux, interprète de talent, redoutable souffleur de bulles de savon, danseur de corde émérite, et surtout acrobate é-pous-tou-flant qui n'aura de cesse de surprendre et suspendre vos langues assourdies par un tel défi lancé à la gravité -un direct précis, pan, dans la direction du foie !- et vous fera envier jusqu'à la sérénité rampante de la tortue !


La nana aux cheveux verts.png La nana aux cheveux verts dit :
Ouais !


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La nana aux cheveux bleus dit :
Super !



Karel van de Woestijne.png Le lecteur de cet article dit :
Quelle impatience ne me ronge-t-elle pas!



René. — Et en parlant d'animaux sauvages, sachez-le : ni l'immense et suffocante jungle panafricaine, que surplombe avec une majestueuse et exotique lenteur l'ombre bleue du Kilimandjaro, aux larges pentes recouvertes de givre, ni les secrets infernaux que recèlent les idoles maudites de l'ancienne et vénérable Inde, ménageant perpétuellement dans la curiosité grave de leurs demi-sourires un passage discret au souffle des légendes noires, puisées comme une eau ferreuse au cœur des profondeurs ténébreuses d'un âge évanoui, n'abritent pas de plus tempétueuses créatures, ne sont pas le théâtre de plus irascibles sauvageries, de plus redoutables chasses, des évolutions de plus chamarrés et prodigieux fauves que ceux que nous réservons aujourd'hui à l'incroyable privilège de votre avide contemplation. Ce sont, sans aucun doute, les animaux les plus étranges et effroyables que la Terre ait jamais portés, de lointains survivants d'un âge oublié et cryptique et qui pourtant rôdent sans cesse, dissimulés, à l'ombre de nos pensées - pour ne dévoiler une pauvre idée de l'horreur à laquelle ils prétendent, dans un oppressant goutte à goutte, qu'à travers la mince et onduleuse tenture du nom, voici pour vous, qu'il me suffise de les décrire brièvement, : le mystérieux et obtus œil-de-bœuf, que la vue de n'importe quel être vivant attise jusqu'à une fureur de destruction qui n'a aucune égale dans le monde connu ; l'hypnotique cerf-œil au brame éblouissant, dont les andouillers épineux provoquent chez l'enfant la neurasthénie et la mort ; et bien sûr l'immonde et mortelle faute-œil, au sournois et tentaculeux regard brûlant comme un joyau de sang dans un entrelacs de coulpe gluante, qui dardera sinueusement sa queue imprégnée de ce fameux venin d'esprit qui vous glacera, d'une traite, le corps de la ceinture jusqu'aux chevilles ; et ce ne sont bien là que les plus innocents, les plus inoffensifs représentants de notre Bestiaire !


Blue girl-1.png
La nana aux cheveux bleus dit :
Brrr!



Karel van de Woestijne.png Le lecteur de cet article dit :
J'en frissonne à l'avance, par quelque délicieuse et coupable anticipation du malheur.



La nana aux cheveux blonds.png La nana aux cheveux blonds dit :
Ça fait peur ! Hihi !


Gosse.png
Un sale gosse dit :
Ah non, moi ma maman elle a dit que je pouvais pas voir. C'est obscène, qu'elle dit, ma maman, c'est pas bien de regarder ça, parce que c'est cruel. On enferme des animaux pour le plaisir.


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La nana aux cheveux bleus dit :
Mais quel rabat-joie !



René. — Approchez, approchez ; tout de suite, la première partie de notre programme. Pour commencer, pourquoi suis-je ici ? La question est superflue : parce qu'il était sans doute nécessaire que j'y fusse ; partant, qui m'y a amené ? Ce point est plus délicat. J'imagine qu'une puissance certaine est nécessaire...


Entre Sören.

Sören. — Eh bien, c'est une excellente question, ma foi ! Je vous remercie de l'avoir formulée ainsi avec tant d'à-propos. C'était brillant, vraiment. Car oui, enfin, qu'est-ce que Dieu ? Cette interrogation, qui ressort à la fois à la philosophie téléologique et à la religion en tant que système transcendant[1], n'a pas grand sens si l'on se place d'un point de vue séculier ou, comme cela a été fait à de trop nombreuses reprises, si l'on considère l'idée en tant qu'entité positive quasi-autonome capable de confrontation vis-à-vis de l'homme et de sa propre connaissance. Un problème majeur tel que celui-ci, dans lequel se trouve condensé toute l'activité de la réflexion (depuis que l'humain sait penser, c'est-à-dire est capable de cuisiner des tartes aux pommes, la réalisation de la tarte et l'épluchage des pommes peuvent être vues comme une appropriation de la volonté d'existence par le pouvoir de manger), se doit d'être abordé avec délicatesse. En ce qui me concerne, et si j'avais à me prononcer, je dirais que ce que nous appelons divin est avant tout quelque chose dont la caractéristique est sensible. Pourquoi ? parce que c'est à ça que servent les mains.


René. — Hein ? Hophophop, qu'est-ce que ça veut dire cette histoire ? Ça va bien de tirer la couverture à soi ? Alors on reçoit une question, comme ça, sans savoir même d'où elle tombe, on arrive comme une fleur et on commence d'office à étaler sa science, sans consulter personne et de but en blanc, c'est beau tiens. Bravo monsieur. Je ne vous félicite pas. Un peu de prudence et d'humilité ne vous feraient pourtant pas de mal.


Baruch. — Ah il a bon dos le public de béotiens. Ils ont bon dos les critiques ! Mais on oublie souvent que quand on ne sait pas raisonner, on ferait mieux de se taire. Voilà.


Sören. — Allons bon. Vous arrivez dans mon dos, comme des renards outrés et vous venez me faire la leçon ? Ce n'est pas très courtois de s'inviter dans la démonstration d'autrui sans prévenir. Je vous répondrai aimablement que si vous voulez passer votre temps à exaspérer le monde (et il semble apparent que vous n'ayez rien de mieux à faire), rien ne vous empêchera de prendre la parole quand ce sera votre tour. Si vous venez pour un colloque, sachez que je discuterais avec plaisir et courtoisie pour peu seulement, messieurs, vous daigniez faire l'effort, au long de notre bavardage, de vous sentir visés et de prendre pour votre compte à chaque phrase mes ambigüités, chaque pique dissimulée, l'intégralité des sarcasmes (mêmes ceux destinés à ma femme) dans les notes de bas de page, toute ironie sans exception aucune et bien entendu l'ensemble de mon œuvre elle-même, car, nous sommes bien d'accord, il n'y a rien de plus sain que le travail bien fait. Et puis comme je le disais, placé en face d'une interrogation tout à fait extraordinaire comme celle-ci (qui taraude l'Humanité depuis des siècles, rappelons-le), n'est-il pas naturel de rassembler pour elle toute l'attention dont on dispose ? Quelle qu'en soit l'origine, son importance ne réduit-elle pas à néant tout le reste des préoccupations humaines ?


René. — Ouais, c'est ça. Mais ça ne répond pas du tout à la question.


La nana aux cheveux verts.png La nana aux cheveux verts dit :
Et les clowns ?


Sören, effaré. — Quels clowns ?


La nana aux cheveux verts.png La nana aux cheveux verts dit :
Vous avez dit qu'il y aurait des clowns.


Sören, à René. — Tu leur as promis les clowns ?


René. — Euh... Non, non, jamais de la vie. Des clowns ! Ha ! On aura tout vu !


Sören. — Je n'y crois pas. Comment veux-tu arriver à mener un débat intéressant avec des types en pyjama qui pompent toute l'attention du public ? Et maintenant, évidemment, ils vont être défiants, ils vont se sentir trompés. Qu'est-ce qui t'as pris ?


René. — Ben... Je me sentais en veine de métaphores, alors...


Sören. — Mais il y en a ou pas ?


Karel van de Woestijne.png Le lecteur de cet article dit :
Nous, on veut les clowns !



Tous se mettent à crier pour avoir les clowns. D'un côté, les clowns c'est drôle et distrayant, ça permet au moins d'oublier le quotidien et ses misères, ce qui est quand même bien agréable quand on a le loyer à payer et qu'on galère à mettre de l'argent de côté, sans compter qu'il faut aussi s'occuper des gosses qui les laisseront dans la merde à la première occasion et se taper toutes les semaines les convocations de discipline du collège, c'est pas tous ces embrouillements philosophiques qui t'aideront à boucler le mois, ah ça non, c'est tellement barbant. Non c'est vrai, moi je comprends que les gens n'ouvrent jamais un livre quand ils entendent des trucs comme ça, après on s'étonne que le populaire manque de culture mais si on ne fait pas l'effort de rendre la culture attrayante et un peu moins élitiste je ne vois pas comment on serait en droit de se plaindre.


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La nana aux cheveux bleus dit :
Ouais ! Les clowns !



Karel van de Woestijne.png Le lecteur de cet article dit :
Les clowns !



La nana aux cheveux verts.png La nana aux cheveux verts dit :
Les clowns !


Amenez les clowns !


La nana aux cheveux blonds.png La nana aux cheveux blonds dit :
Les clowns !


Gosse.png
Un sale gosse dit :
Ouais !


Chanteuse.png La nana aux cheveux rouges dit :
Les clowns !


Sören. — Mais non ! Taisez-vous ! Il n'y a pas de clowns ! Ce n'est pas un spectacle, bon sang !


Karel van de Woestijne.png Le lecteur de cet article dit :
Ah non ?



Sören, exaspéré. — Mais non ! Tenez, on va s'y remettre, voilà, si vous n'êtes pas satisfaits je n'y peux rien, allez voir aill...


Entrent les clowns.

Sören. — Mais c'est complètement déloyal ! Vous ne pouvez pas faire ça !


Un papillon se met inexplicablement à tourner autour de la lampe. Ben tiens, semblent tranquillement dire les ombres qui se déplacent en silence sur les murs, je vais me gêner.

Premier clown : Mais dis-moi, Gouillot, n'est-ce pas aujourd'hui que doit appareiller la flotte grecque ? Il me semble que le départ était fixé à tout à l'heure.
Second clown : Tout à l'heure, c'était encore trop tôt à l'époque. Maintenant, je crois que c'est déjà passé.
Premier clown : Mais tu as raison ! Et la journée est magnifique. Je parie qu'ils sont déjà arrivés. Ils doivent bien s'amuser là-bas !
Second clown : Je gage aussi que le soleil a donné deux ou trois coups de rame. C'est bien la moindre des choses.
Premier clown : Ce n'est pas comme s'ils avaient des mains.
Second clown : Ou s'ils savaient à quoi elles servent. Ça ne lui coûte pas grand-chose dans tous les cas.


Ils rient en se tenant les côtes.

Second clown : Non, plus sérieusement. Qu'est-ce qu'on en sait ?
Premier clown (frissonnant) : Rien, si ce n'est que ce serait terrible dans le cas contraire. Changement total de paradigme. Les lumières qui s'éteignent, les mers en furie, les volcans asthmatiques qui crachent leurs fumées de soufre. Les lanternent qui s'étouffent avec des papillons.
Second clown : On ne saurait pas où les ranger, d'ailleurs. Tu imagines ? Ça traînerait partout.
Premier clown : Ce genre de libations, très peu pour moi. J'ai toujours mal au crâne, après.
Second clown : Ce doit être un coup du soleil. Tu parles, maintenant qu'il a des mains, il ne s'en prive pas.
Premier clown, les yeux au ciel : Je t'avoue qu'au début, je croyais à un aigle.
Premier clown : Avec tout le respect que je me dois, moi aussi j'y croyais.


(Un silence)

Second clown : Tu t'es encore répondu à ma place. C'est très frustrant, tu sais ? Tu avais promis d'arrêter.
Premier clown, désinvolte : C'est bon, je suis sûr que personne n'aurait rien remarqué. Tu vois, il aurait suffi de continuer sans en rien mentionner, ils n'auraient pas fait attention et on serait passés à autre chose. Maintenant, évidemment...
Second clown, changeant de ton : Ouais, bien sûr, c'est sûr que t'as encore raison, hein ? Mais tu t'en tireras pas si facilement. Tu connais la différence entre nous deux ?
Premier clown : C'est encore une de ces blagues absurdes. Aucune, sauf le chapeau melon, c'est ça ?


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La nana aux cheveux bleus dit :
C'est nul.



Premier clown : Pardon ?


Blue girl-1.png
La nana aux cheveux bleus dit :
C'est pas drôle, ni fin, ni intéressant. Vous vous croyez très pertinents et intelligents, mais on dirait que vous avez juste décidé de dire n'importe quoi et de répondre quelque chose qui sonne bien. C'est nul.



Premier clown : Ah ouais ?


Blue girl-1.png
La nana aux cheveux bleus dit :
Ouais.



Premier clown : Vous n'aviez qu'à ne pas venir.


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La nana aux cheveux bleus dit :
C'est ce que j'aurais dû faire.



Second clown, hautain : Viens René, inutile de perdre notre temps. Je crois que ces béotiens n'ont pas compris le premier mot de notre prestation.
Premier clown, avec un soupir, suivant l'autre qui quitte la scène : Voilà pourquoi j'aurais voulu être comptable.


Rideau.

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La nana aux cheveux bleus dit :
Bon débarras.



Sören, bas, à René. — Tu vois que c'était une mauvaise idée.


René, bas, attristé. — Comment est-ce que je pouvais savoir ? Je ne suis pas omniscient.


Sören. — Pas besoin de faire cette tête-là. On en avait déjà parlé.


René. — Ah oui. Vous vous attendez toujours à ce qu'on suive votre parole comme une messe, j'avais oublié.


Sören. — Mais oui. Ce n'est pas grave. On va continuer tranquillement, voilà. Ou en étions-nous ?


René (bombant le torse). — Aux coupables les mains pleines, monsieur.


Entre Emmanuel. Il avance en désignant le ciel.

Emmanuel. — Eh, regardez ! Là-haut ! C'est juste un putain de titre qui flotte au-dessus ! Mais, qu'est-ce que cela veut donc dire ? Eh bien, que durant tout ce temps, seul votre esprit a interprété son être comme une injonction, tandis que le Titre, lui, continuait à exister de manière essentiellement externe à vos perceptions et même à votre essence. Rien n'est réel, tout est ! De là, on peut se poser les questions suivantes : Qu'est-ce que signifie l'en-soi ? Que signifient les Titres ? Y en a-t-il d'autres ? De quoi se nourrissent-ils ? Qui l'a placé là ? Peut-on les manger ? Ont-ils une morale ? Et, si l'on découvre que l'on est soi-même un Titre, que convient-il de faire ?


Baruch. — Qu'est-ce qu'il raconte, lui ? Haha, regardez. Il se tortille par terre en essayant de... euh...


Sören. — Je crois qu'il essaie d'atteindre le Titre.


René. — J'en connais qui feraient bien d'atteindre le titre de philosophe. Huhu.


SingeSavant.jpg L'auteur de cet article dit :
C'est le titre de la section. Je me suis dit que ça ferait bien de le mettre là (parce qu'on était au début de la section).


Emmanuel. — Ah ! Eh, faut prévenir quand vous faites ça !


Baruch. — Mais qu'est-ce qu'il dit encore ?


Sören. — Ce doit être une illumination divine. Remarquez le bonheur qui se dessine sur son visage !


SingeSavant.jpg L'auteur de cet article dit :
Pardon, c'est que j'ai encore un peu de mal avec les murs. Bon, allez, on arrête de traîner. Faut que vous me définissiez Dieu, là. On a déjà perdu cinq minutes, je voudrais pas être en retard pour la section suivante. Et faites des blagues, aussi.


Baruch. — Mais qu'est-ce que c'est que ce diktat de la pensée ? Ce n'est pas quelque chose qui se définit d'un coup de dialectique. Vous devriez être bien placé pour le savoir.


Sören. — Allons, allons, il ne faut pas dramatiser. Je pense qu'on peut, si on se bouscule un peu, sans scrupule définir Dieu comme un concept à la fois déterminé en soi (par son infinité autotélique) et transcendant (par son existence simienne et objective de sujet pensant). Un concept en forme de chimpanzé.


René. — Quoi ? Mais mon petit monsieur, il ne faut surtout pas vous gêner. Allez-y mon vieux, parlez de Dieu comme d'un macaque infiniment poilu, on ne vous dira rien.


Sören. — Mais vous voyez bien que c'est un singe.


SingeSavant.jpg L'auteur de cet article dit :
Hein ? Ah non, moi je suis juste l'auteur de cet article. Je suis là pour vous dire de vous dépêcher, encore une fois, parce que si on avance à ce rythme on sera encore là dans six mille ans.


René. — Mais c'est complètement ridicule ! Je m'indigne ! Comment osez-vous nous donner des ordres pareils ? Vous vous croyez autorisé à toutes les indiscrétions, c'est ça ? Vous vous imaginez qu'on se laissera faire sans réagir ?


Sören. — Allons messieurs, faites preuve d'un peu de compréhension. Ce pauvre Auteur, dont vous êtes les créatures pensantes, vous voyez bien qu'il essaie de faire son travail du mieux qu'il peut sans contraindre votre liberté.


Critique crâneuse des caractéristiques du divin

René Descartes : Là ! Vous voyez ! Ça a recommencé !


Baruch Spinoza : Effectivement. Positivement.


Sören Kierkegaard : Certes ! C'est véritablement un phénomène extraordinaire. Extrasensoriel, aussi. Dame, extrasempiternel, pourquoi pas.


René Descartes : Vous voyez bien que ce n'était pas le fruit de mon imagination.


Baruch Spinoza : Je ne serais pas aussi catégorique, à votre place. Pour commencer, ça ne fait pas très sérieux de baser sa réflexion sur des phénomènes observables. Si vous n'avez pas de raison de douter, normalement, tout se déroule sans accroc. Ensuite, bon, il faut bien avouer que ce n'est pas en restant cloué là qu'on arrivera à quelque chose. Et il faut accorder le plus grand pouvoir à l'imagination (en tant qu'elle est le reflet du monde). Si vous la remettez en cause, c'est un peu comme si vous vous donniez tort à vous-même.


Emmanuel Kant : A quoi pensez-vous exactement ? Là, c'est un peu flou. C'est comme si je vous parlais de mon chat Nestor en commençant par dire que j'héberge ses moustaches. Ce n'est pas faux, on peut peut-être en tirer quelques vérités, mais tant qu'elles n'ont pas été critiquées elles n'ont pas une bien grande valeur.


Baruch Spinoza : Bien sûr, critiquons à tout-va. Voilà pourquoi le système va à vau-l'eau : on passe plus de temps à discuter de justice de la place qu'on occupe et de la taille de ses attributs qu'on n'en consacre au plus élémentaire bon sens.


E. K : Permettez !


Baruch Spinoza : Non, non. Tenez, tenez, critiquons-les alors. Il est patent, dès lors que l'on se sait dans le domaine de la raison, qu'il sera toujours possible de considérer séparément chacune d'entre elles comme une connaissance évidente. Toutefois, peut-on retirer de cette observation l'idée d'une quelconque substance dont la caractéristique est pour nous de les contenir, conformément à la dialectique de la subsumation et de l'émanation à partir de la substance en tant que propriétés extrinsèques particulières, ce dans le but de valider la possibilité de l'affirmation globale posant l'affinement progressif du savoir les concernant à mesure que l'on s'éloigne (dialectiquement) de leur base (cas dans lequel on se verrait alors à un moment dans l'obligation d'apporter une précision générale concernant la composition et la perception de ladite base, notamment sous le rapport entretenu par la connaissance explorante quant à sa douceur et à sa couleur, et à la relation immédiatement perceptible entre ces deux qualia) et de ramener l'ensemble ainsi décrit et "su" au comportement globalement régulier d'un mouvement horizontal réflexif ?


Emmanuel Kant : Pardon ? Mais je parle de la critique des hypothèses, enfin, c'est absurde...


Baruch Spinoza : ET de là, en admettant que l'étape précédente ait donné un quelconque résultat, il faudrait, n'est-ce pas, encore étendre le domaine de l'investigation au pouvoir réel ou supposé que l'on a sur l'émergence de propriétés tangibles, telles par exemple que le ronronnement, ou bien encore sur la propriété effective que l'on exerce sur le porteur de celui-ci en ramenant le non-comportement de demi-fuite furibarde observé de manière quasi aléatoire le jour et parfaitement auto-complaisante la nuit au sentiment médiat d'affection mesurée à l'anti-dégoût organique-animal non-non-couinant plus-ou-moins-vivant après avoir été jeté en l'air et rattrapé pendant un quart d'heure et terminé rampant-gisant sur la moquette du salon ! Hein ? Et je ne parle même pas des attaques incessantes sur le bas de votre peignoir, de la discursivité utilisée comme arme de guerre contre une population coalisée de séparatistes félins, ou du motif du pelage qui, comme chacun le sait, nécessite une approbation totale et deux mois d'expertise exigeante d'un assesseur abyssinien assermenté sous Hyppothèse et hypotenseurs pour être jugée digne de figurer ou non en une sur le pas de la porte pour que le facteur tourmenté y déchiffre l'énigme de votre adresse !


Emmanuel Kant : Je crois que vous avez très mal compris ce que j'entendais par là. Il ne s'agissait évidemment pas pas de la critique de mon chat Nestor dans son rapport aux moustaches, mais bien de celle d'une hypothèse afférente à celles-ci. Vous mélangez tout.


Baruch Spinoza : Tiens donc. Alors comme ça on se mêle de critiquer tout et tout le monde, sans se gêner, l'air de rien, on badine, voilà, et puis on décide tout à coup que l'avis du prochain ne vaut rien. Non, ne niez pas, je ne suis pas surpris. Quand on se repose sur une méthode aussi biaisée, il ne faut pas s'attendre à autre chose, n'est-ce pas.


Sören Kierkegaard : Un petit verre d'absinthe, ça tente quelqu'un ? J'en ai rempli trois.


Emmanuel Kant : En plus, je n'ai jamais eu de chat.


Collusions régulières avec le séculier

René Descartes : Eh ! Encore !


Sören Kierkegaard : Vous n'allez pas nous faire le coup à chaque fois, si ? On dirait que vous n'avez jamais rien vu d'aussi merveilleux qu'un titre de section. Faut passer à autre chose, mon vieux. Esbaudissez-vous ailleurs, enfin. Sortez, rencontrez du monde, je ne sais pas moi, allez vous promener sur les quais de la Volga, mangez une glace, allez au théâtre. Ce n'est pas bon de rester enfermé avec une idée fixe. C'est comme ça, vous savez, qu'on se met à ne plus voir personne ; là, quand on est certain de ne pas être inopinément sauvé par un importun, on commence à délirer gentiment sur les Titres, on voit des Titres partout, des Titres beaux, des Titres rugueux, des Titres avec une dot éblouissante et des appas troublants, des Titres graves, des Titres appétissants dont on surestime toujours la valeur et on se met à en chercher partout, jusque derrière son oreille...... On s'amuse à les étudier, on ne peut pas s'empêcher de les classifier même, et on consigne dans un gros livre toutes les fois qu'on en rencontre un pour finir par en remarquer n'importe où, chez son éditeur, dans un bateau espagnol, caché dans le parfum d'une rose... Et à un moment quelqu'un vous moque, ou vous traite de fou, et on vous place en asile sans résistance de votre part, après tout, n'est-ce pas, car ce n'est qu'à titre honoraire qu'on vous accueille, non ? Et une fois dans son petit chez-soi, confortablement installé dans une belle cellule capitonnée, on doit vite déchanter et on se querelle bien avec ce qu'il nous reste : deux pauvres titres de fou et de bon-à-rien. Ce n'est pas très sain, n'est-ce pas ?


R D : Je pense tout de même que la méthode et la rigueur rendent une telle investigation nécessaire, à un certain point. Je ne poursuis rien d'autre que la connaissance ; ce n'est pas comme si de là je m'amusais à discourir sur tout et n'importe quoi en espérant tomber sur une hypothétique révélation.


S K : Bien sûr, on se dit toujours que ça n'arrivera jamais à soi, qu'on gardera toujours le contrôle, bref qu'on ne tombera pas dans le piège et la vie dissolue de tous ceux qui font de ces petites révolutions scientifiques mesquines tout seuls dans leur coin pour qu'on leur érige un quelconque monument. Mais dites-vous bien que personne n'est à l'abri d'une telle malédiction. Tenez, par exemple, je connaissais un général qui était complètement obsédé par les titres. Les titres militaires, certes, ça n'est pas bien méchant. Ça mord quelquefois, mais dans ces cas-là ça vous lâche presque tout de suite une fois sur le champ de bataille.


B S : Pardi, les titres sont volages. Surtout les contrats de mariage...


Sören Kierkegaard : Je ne vous le fais pas dire. Lui, il aimait bien ça, les médailles, les insignes, les flagorneries, bref tout le clinquant attirail du pitre attitré, et ça faisait rire ses amis quand il se montrait avec ses deux livres de métal sur la peau, avec parfois des épingles pour faire tenir le tout et équilibrer un peu l'organigramme. Mais un jour, eh bien, ça ne lui a plus suffi. Il s'est mis à en vouloir d'autres. Il lui en fallut plus, toujours plus, il se mettait dans des situations fâcheuses juste pour obtenir le titre de fauteur de trouble parmi ses connaissances, il écrivait des lettres à tout le monde, au gouvernement, aux femmes, au peuple (des lettres ouvertes, certes, mais ça ne change rien au problème quand on est soi-même aussi perclus d'autant de titres financiers qu'une mine à ciel clos)... Il a terminé avec le titre d'Empereur, parfaitement, mais même là il n'était pas content. Ça faisait trop bourgeois, trop pauvre, ça n'était pas encore assez lent et peureux pour lui...Pour finir, il s'est pendu au fronton d'un temple, juste pour avoir la satisfaction d'un Titre, un énorme, un magnifique Titre en pierre taillée, en marbre blanc d'Italie très digne et très prude, avec des fioritures partout et de superbes gravures dans le style corinthien, qui semblait, quand on l'a découvert comme ça, tout raide et goguenard, avoir été érigé juste pour lui au-dessus de la place. C'est pour ça que je vous enjoins à plus de prudence dans votre histoire de Titres. Plus d'un y a laissé des plumes.


Eclair foudre.jpg

Tonnerre de Brest !

René.Ahhhhh ! Maman, je suis horrifié ! Viens vite me rejoindre, me réconforter. Compte-moi une légende, fais moi revenir à mon stade d'enfant ! Rends moi mon insouciance et ma naïveté !


Sigmund. — Mon cher collègue, sans vouloir aucunement vous accuser d'inceste, je vois dans votre réactive craintive une volonté inconsciente de vous rapprocher de votre mère. Votre subconscient souhaite tirer profit de cette éprouvante situation pour vous permettre de vous serrer contre elle, comme pour se rapprocher de son corps, afin d'atteindre la joie d'Œdipe.


Emmanuel. — Mon pauvre René, inconsciemment désireux de sa mère. Tu as là perdu toute ta raison pratique !


Albert. — Chers confrères, je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais la forme utilisée pour retranscrire vos incessantes discussions n'a cessé de changer tout au long de l'article. Vos prénoms sont devenus gras après que l'article ait un peu avancé dans la dimension temporelle de l'espace-temps, vos noms de famille sont apparus (contredisant ainsi la maxime de Lavoisier), des initiales sont apparues inopinément, et voici que nous nous retrouvons actuellement dans l'état initial du système. J'en déduis donc que nous nous trouvons dans un univers cyclique, ce qui semble privilégier l'hypothèse du Grand Rebond à celle du Big Bang. Il n'y a donc point de commencement à l'univers, puisqu'il est source de lui-même. Cette manière de penser me convient parfaitement : cet article n'a pas de commencement, ce qui permet d'affirmer qu'il n'y a point besoin du concept de Dieu pour expliquer ses débuts.


Sören. — Votre théorie, ma fois fort intéressante, ne peut à elle seule réfuter l’existence d'un être transcendant les règles physiques et logiques de ce monde. Avouez-le : l'apparition divine de tout à l'heure, ainsi que le signe de l'éclair, peuvent être interprétés comme un argument tangible en faveur de la foi.


SingeSavant.jpg L'auteur de cet article dit :
Mais non, triple buse ! Bachi-bouzouk ! Je t'ai déjà dit que je ne suis pas Dieu !


Sören. — Vous êtes cependant notre auteur, et donc notre créateur. De plus, en temps que créateur de nos bavardages, vous décidez et savez ce qui nous arrivera par avance, ce qui prouve votre caractère omniscient et omnipotent.


SingeSavant.jpg L'auteur de cet article dit :
Ah bon ? C'est-à-dire que si je décide que Baruch va se palucher dans les instants suivants, il le fera de manière certaine, sans pouvoir s'y opposer ?


Sören. — Oui, sans aucun doute possible.


Baruch. — Ah ! Ah ! Oui !


René. — Il a réussi ! L'auteur est le tout puissant ! L'éternel !


René et Sören se prosternent devant l'auteur

Emmanuel. — Mais enfin mon bon Baruch, que vous arrive-t-il ? Ne ressentez-vous point de honte à ainsi sortir votre attirail à la vue de tous ?


Baruch. — Non, je crois que vous êtes aveuglé par les règles bien-pensantes imposées par notre société. Voyez-vous, l'homme originel était nu, et il ne ressentait point de honte à se tenir debout, dans son plus simple appareil, au milieu de ses compagnons. Sauf quand il faisait froid. De plus, je ne vois point ce que l'assouvissement d'un besoin naturel a de choquant.


René. — Baruch, il faut que vous connaissiez la vérité à propos de ce que vous subissez.


Sören. — L'auteur, qui est l'Unique, le Dieu véritable, a choisi délibérément que vous deviez faire des va-et-vient de votre propre main.


Baruch. — Mais enfin mes amis, ne croyez donc vous plus au libre arbitre ? Pensez-vous donc que le choix n'est qu'une illusion ? Que l'homme n'est qu'une créature dont l'avenir est fixé à l'avance ?


Sören. — Vraiment ? Vous n'osez croire à l'évidence du divin ?



Albert. — Si l'on en croit le Grand Rebond, il est possible que tout ce que nous vivons actuellement ait déjà eu lieu dans notre univers, avant qu'il n'ait été la source de lui-même pour la dernière fois. En admettant l'existence des trous de ver, j'en déduis que l'auteur a juste voyagé dans l'espace-temps de l'univers fondateur du notre, en emportant avec lui sa connaissance des évènements de l'Histoire, afin de nous faire croire qu'il possède un don divin alors qu'il n'est que devin.


Emmanuel. — Êtes-vous donc tous devenus crédules ? Ne réfléchissez donc vous plus ? Ne vous êtes-vous donc jamais remis en question ? Ne pensez-vous pas que tous ces évènements ne puissent être que le fruit du hasard, que vous divinisez pour masquer votre incompréhension du monde ?


SingeSavant.jpg L'auteur de cet article dit :
Amen, je vous le dis, en temps que Dieu, je vous demande de m'honorer en m'accordant des dons, preuve de votre foi en moi. La grille tarifaire des bénéfices que je vous accorderez avec ces dons vous sera transmise prochainement.


Sören. — Oui, oh Dieu très haut ! Voici ma modeste contribution, preuve de l’admiration que je vous porte !


René. — Misère, je ne possède plus un sou. Peut-être qu'en compensation de mon absence de don, je pourrais offrir la vie de l'impie Baruch en sacrifice !


Baruch. — Quoi ! Ainsi donc, vous seriez prêt à devenir barbare par votre croyance ? C'est donc là la preuve que la croyance n'entraine que la haine de l'autre, du non-croyant. La religion est donc désormais à proscrire. L'athéisme sera la seule porte de sortie.


Friedrich Nietzsche : L’homme cherche un principe au nom duquel il puisse mépriser l’homme ; il invente un autre monde pour pouvoir calomnier et salir ce monde-ci ; en fait, il ne saisit jamais que le néant et fait de ce néant un « Dieu », une « vérité » appelés à juger et à condamner cette existence-ci. N’aimer qu’un seul est barbarie, car c’est au détriment de tous les autres. Fût-ce l’amour de Dieu. Dieu est une réponse aux embarras de l'intelli...


Albert Einstein : Eh, regardez, la mise en forme de nos dialogues a encore changé ! C'est la preuve que ma théorie sur la cyclicité est valide !


Grepolis zeus.jpeg

Vous n'avez pas cru au bon Dieu. Vous serez tous châtiés pour votre perfidie !


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Fin lost.png

Quoi ! Ça se finit comme ça ! Putain, c'est trop nul. Je suis déçu. PUTAIN, VOUS AVEZ FAIT DE LA MERDE AVEC LA FIN, VOUS ÊTES CONTENT DE VOUS, AUTEUR DE MES DEUX !


Icône religion.svg  Portail de l'Irreligion

 

Êtres invincibles ou immortels
Bruce Indestructible.png
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Mon Dieu


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Ce sondage a été créé le juin 24, 2017 12:00 et 1 personnes ont déjà voté.


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  1. Eh, on s'en sort comme on peut.



René. — Eh, regardez, on est encore en vie. Il y a une vie après la mort ! C'est trop cool.


Sören. — Ben ça alors. Si j'avais su, j'y aurais cru.


Baruch. — Vous aviez raison, je dois l'admettre. Dieu existe, et cela est désormais un fait.


Emmanuel. — Tout cela dépasse la raison... Il y aurait donc un Dieu qui nous aurait accordé la résurrection...


Cobb. — Ne vous faites pas avoir, vous êtes coincés dans les limbes, tout comme moi ! Rien de tout cela n'est réel !


Sören. — Ah, cela est embêtant...


Albert. — Mais non. Il suffit de considérer que tout est relatif. Du point de vue de la vraie réalité, cet endroit peut sembler ne pas être réel. Mais de mon point de vue, cet endroit est désormais notre nouvelle réalité.


Emmanuel. — Ah ouais, pas con...


Cobb. — Du coup, on dit que cet endroit est un niveau supplémentaire de réalité, c'est ça ?


Sören. — Honnêtement, je verrais plus ça comme une réalité totalement distincte de la réalité vraie. Le modèle en couche ne me convient pas.


Albert. — Non, attendez, je pense que vous avez tord, et que c'est moi qui ait raison. Je pense qu'en fait, la théorie des multivers est exacte, et que donc nous sommes dans un univers différent de celui d'origine, avec des propriétés physiques différentes.


René. — Avez-vous tous perdu la tête ? Nous sommes encore dans la vraie réalité, je ne sais pas pourquoi vous prenez vos rêves pour des réalités !


Cobb. — Mais si, justement, les rêves sont des réalités !


René. — C'est même pas vrai d'abord !


...


...


...

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