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Présidentielle 2017 : ma petite-cousine renonce à se présenter

De notre envoyé spécial  Psychoparten,  Combattant sanguinaire, mais humaniste - ‎le 6 décembre 2016

Arnac-la-Poste, France — Nouveau coup de théâtre à la suite de l'annonce par Thaïs, 10 ans, qu'elle renonçait à concourir à l'élection présidentielle de 2017. Les cartes sont rebattues, et le champ politique apparaît infiniment fragmenté (ce qui me paraît être un paradoxe physico-philosophique prometteur pour Doliprane). Analyse.

« Thaïs, je t'ai déjà dit qu'on ne jouait pas avec ton grand-cousin quand on est à table ! » Jean-François est un grand-père grognon, mais plus fort en gueule que strict, et Alzheimer le guette. Thaïs l'a compris. Elle répond « Oui, Papy ! » avec un beau sourire, attend trente secondes et revient tranquillement jouer. C'est une chouette môme.

Candbourgeois

Bon. Mais le jeu a ses limites, et les enfants se lassent vite. Alors, nous nous mettons à parler. Elle me parle de ses amis, de ses espoirs, de ses parents qui sont de braves gens... C'est frais, les enfants. Après, ça fait un bac S parce que Papa veut que, ça trouve un boulot à la con pour pouvoir se payer du papier toilette et, rentrés le soir, ça boit ou, pire, ça regarde la télévision pour oublier. Si vous me lisez, les enfants, croyez-moi : commencez à picoler d'abord et à travailler ensuite.

Nous entendons des échos de la table des grands. Ça parle de présidentielle. Je rebondis là-dessus : « Et toi, Thaïs, ça t'intéresse, les élections ? » ; une lueur pétille au coin de ses yeux bleu ciel : « Oh oui ! Surtout Emmanuel Macron, je le trouve attendrissant. Dommage qu'il faille forcément avoir un programme pour être élu président. La maîtresse nous l'a dit. » Ah ah. Qu'est-ce que ça peut être naïf, les gosses.

Je poursuis : « Et toi, c'est quoi, ton programme ? Foutre 500.000 personnes de plus au chômage ? Supprimer les impôts pour riches et augmenter ceux pour pauvres ? Fermer la frontière avec l'Allemagne ? Déclarer la guerre à la Russie ? » Thaïs me regarde et rit : « Mais, Tonton Psycho... moi, je veux pas être présidente ! »

Stupeur. Tweets azimutés. Micro-trottoirs. Commentaires d'experts en tout.

Candtaupin

Un renoncement presque sans précédent

Sylvia Pinel l'a promis, elle sera tenace et déterminée. Jean-François Lagarde n'en a pas fait mystère, il ne renoncera pas. François de Rugy a mis cartes sur table, il ira jusqu'au bout. Nathalie Arthaud l'a proclamé haut et fort, son nom sera dans nos bureaux de votes au printemps prochain. Olivier Delafon a été catégorique, il sera le candidat de Nouvelle France. François Vigne l'a répété, ses quatre enfants verront son portrait sur les affiches électorales.

Aucun narcissisme derrière ces déclarations. C'est la conviction qui meut ces hommes et ces femmes, la certitude que la France a besoin d'eux, qu'ils peuvent, eux Présidents, redresser le pays.

Candmourguy

En ces temps de repli communautaire, nous pouvions nous en rassurer : tous les Français, quels que soient leur genre, leurs origines, leurs opinions religieuses et philosophiques, ont une aspiration commune : être élu Président de la République. Oui, nous sommes une nation.

Pourtant, ce consensus républicain a été mis à mal dernièrement. Ce sont d'abord les propos séditieux de François Hollande qui ont contribué à fracturer le pays, entre ceux qui étaient soulagés d'avoir un concurrent de moins et ceux qui auraient souhaité qu'il leur apporte son soutien pour le second tour.

Candsuperchâtaigne

Et aujourd'hui, cette sortie intolérable... Non, décidément, il y a quelque chose de pourri au royaume de la République Française.

Quelles perspectives pour 2017

Ce brutal effritement de la cohésion nationale n'a pas douché l'ardeur des impénitents impétrants. Tous persistent dans leur intention de présenter leur candidature aux Français.

Avant que la campagne ne batte son plein, une analyse à froid s'impose. Quelles tendances décideront de l'issue du scrutin ?

Candlegrand

Il est plus qu'improbable qu'un candidat ne vote pas pour lui-même. Les comas et les accidents de voiture pourront toujours fluidifier le jeu électoral, mais seulement à la marge.

Non. Les deux forces principales derrière l'élection de Donald Trump auront été la colère des États désindustrialisés du Nord et la peur des électeurs au tempérament autoritaire.

Candmélia

De même, les forces qui décideront de la prochaine élection ne pourront être que François Hollande et, désormais, Thaïs.

Candverdier

Mais, j'y pense... Même en utilisant au mieux la relativité restreinte, elle n'aura pas dix-huit ans, la petite chérie ! Horreur ! Injustice ! Déni de démocratie !

C'est ma mission d'y remédier. Aujourd'hui, par pur altruisme et esprit de sacrifice, je me lance dans un combat de longue haleine pour pourfendre ce sombre dragon !

Candpsychoparten


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