Désinformation:Les Cosmogonies bientôt exposées au Centre Beaubourg

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Les Cosmogonies bientôt exposées au Centre Beaubourg

De notre envoyé spécial  Bazoumboy Deluxe (discussion) - ‎le 9 septembre 2014

ParisFrance — Le temple de l’art contemporain rendra enfin hommage à Jean-Baptiste Machoin, l'inventeur du Réalisme Conceptuel, en accueillant exceptionnellement ses douze Cosmogonies.

La renommée internationale de Machoin est telle que certains critiques le qualifie de "dernier grand peintre de tous les temps", la révolution picturale qu'il a introduite le rendant indépassable selon eux. Faisant la synthèse entre le carré blanc sur fond blanc de Malevitch et des ready-made de Duchamp, Machoin commence sa carrière par la série des Peintures Potentielles, initiée par sa fameuse Toile immaculée. « Lorsque le peintre choisit une couleur, il exclut toutes les autres. La présence d'un carré, c'est l'absence de toutes les autres figures. Mais ne rien mettre, c'est autoriser la présence potentielle de tout ce qu'on peut imaginer. » Il y a donc virtuellement tout dans cette toile de Machoin : tout ce qui a été peint et qui aurait pu être repeint et tout ce qui n'a jamais été peint et n'a plus besoin de l'être. La Toile immaculée se situe à la jonction éternellement mobile du passé qu'elle synthétise et du futur qu'elle avale. Un autre aspect stupéfiant de cette œuvre est la soudaine apparition dans tout son être de ce qui était éternellement caché jusqu'ici mais là depuis toujours : la toile, justement. Maintenant, on la voit dans toute sa texture. Elle a une épaisseur, un grain, elle apporte la troisième dimension. Une dernière propriété remarqué par nombre de critiques est l'inversion temporelle que constitue son impossibilité principielle de se dégrader, bien au contraire. Alors que toute peinture subissait auparavant l'usure du temps et la perte de son éclat, les toiles vierges de Machoin se remplissent peu à peu des aléas de leur existence. La moindre poussière, la plus petite éraflure est un élément de plus qui enrichit sans cesse l'œuvre au gré du hasard.


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Quatre des peintures potentielles les plus célébres. Toile immaculée est située entre celles qui ne sont pas peintes non plus.


Mais l'absence totale de peinture n'est que le premier moment de sa révolution. Sa série des Fenêtres sur le Monde, constituées de cadres de tableau sans toile, pousse le réalisme de ses œuvres encore plus loin. Dès lors, il devient presque impossible de distinguer l’objet de sa figuration. La troisième dimension est encore mieux rendue, d’autant plus si on n’accroche pas le tableau contre un mur mais qu’on le pose hors-les-murs dans un endroit passant. « Loin des errements d’une certaine forme de création contemporaine, j’ai toujours souhaité que mon œuvre aille au devant du public. Avec mes Fenêtres sur le Monde, le public n’est pas seulement spectateur, il est acteur de l’œuvre. Bien entendu, il n’est acteur que pour les spectateurs qui sont de l’autre côté du tableau et vice-versa. Il est le spectateur pris de vertige de se voir examiné par un inconnu contemplant celui qui le regarde dans un jeu de miroirs médiatisé. » Par ailleurs, la critique a remarqué la synthèse que les Fenêtres réalisaient entre le Monde de la peinture et le Monde du cinéma. On raconte d'ailleurs qu'un admirateur aurait un jour rendu hommage au très-long-métrage Sleep d'Andy Warhol en s'assoupissant devant un cadre. Un spectateur cinéphile, commençant à s'étonner que l'acteur ne se réveille pas au bout des 8h, se serait permis d'essayer de le réveiller pour ensuite se rendre compte qu'il était mort d'une crise cardiaque résultant sans doute d'un syndrome de Stendhal trop intense.


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Neuf Fenêtres sur le Monde parmi les plus connues, achetées brutes à la boutique "Plein cadre", 13 avenue Victor Hugo à Senlis, puis devenue œuvres par la grâce artistique aérienne du Maître.


La dernière étape du parcours créatif et spirituel de l’artiste est atteinte avec ses douze Cosmogonies, où son Art atteint son point ultime d’incandescence. « Parvenu où j’en étais, j’ai senti qu’il fallait que je me libère totalement du matériau. J’ai donc eu l’idée de ces Cosmogonies dont le support est l’Univers dans son entier et la substance ma propre vision d’artiste que j’y ajoute. » Identité est la première œuvre de sa série, dans laquelle Machoin ne s’autorise à investir son support qu’avec la simple pureté du Néant. Dans Totalité, il projette au contraire tout son Être dans chaque particule de l’Univers jusqu’à saturation. Dans Flux-Reflux, l’Univers est parcouru par des nuées de particules d’abstraction qui se meuvent imperceptiblement dans de lents tourbillons. La douzième et dernière Cosmogonie, intitulée mystérieusement J'arrête là car ça va commencer à se voir, mais non ils sont trop cons, est celle qui absorbe les onze précédentes et s’avale elle-même dans un processus récursif infini.


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Détail de la douzième Cosmogonie. Un examen attentif et minutieux de l'image laisse apparaître la totale absence de quoi que ce soit.


Ce sont ces douze Cosmogonies que le marché de l’Art a le plus plébiscité. Elles n’ont pas besoin d’endroit où les entreposer, elles sont impossibles à voler et même si leur certificat d’achat était dérobé, le propriétaire de l’œuvre étant officiellement connu, les malfaiteurs ne pourraient rien en retirer.

Pour accueillir toutes ces œuvres, le Centre Beaubourg va être complètement vidé car seules de grandes salles vides et désertes peuvent rendre justice à leur immensité. Le public n’aura d’ailleurs pas le droit de pénétrer dans les salles afin de ne pas les abîmer. Par contre, ils pourront acheter leur billet sur Internet (25 euros au tarif plein, 16 euros au tarif réduit) et seront alors autorisés à déambuler spirituellement dans leur espace imaginaire pendant toute la durée de l’exposition (du 1er avril au 11 novembre 2015) et ceci 24h/24 ! Ce ne sera pas de trop pour parcourir ces œuvres dont chacune occupe l’Univers entier !

Certains demandent déjà qu’à la fin de l’exposition on trouve une solution pour les accueillir de façon permanente dans un lieu spécialement dédié. Mais les propriétaires des œuvres sont évidemment extrêmement réticents. On comprend bien que certains ont déboursé une telle somme qu’ils aimeraient bien en profiter de façon privée. Il est donc probable qu’il faille attendre longtemps avant qu’une exposition les réunisse toutes une nouvelle fois. C’est pourquoi nous vous suggérons de ne pas manquer cette occasion !


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