Désinformation:Lequel de Nous achètera le nouvel album de Patrick Bruel

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Lequel de Nous achètera le nouvel album de Patrick Bruel

De notre envoyé spécial  χλςmith ΤrismégistΞ Pendu or.png - ‎le 26 novembre 2012

ParisFrance — La musique de chambre froide connaitrait-elle un nouveau sursaut ? Le docteur Bruel répond à cette question en redonnant vie aux chansons avec des sentiments dedans. Le bête est lâché.

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La pochette : En arrière-plan, une foule de villageois en colère. Ils hissent haut fourches et piques et réclament la tête de celui qui, en premier plan, scrute avec flegme un horizon de mouettes et d’arcs-en-ciel. C’est cela la musique de Patrick Bruel, une ode contemporaine qui rappelle combien nous sommes heureux en ce monde, et à quel point certaines personnes n’y ont pas leur place. Ces personnes, ce sont les méchants.

En saignant ce dernier album, le chanteur à la voix cassée achève de se frayer une place méritée dans la musique engagée, entre Didier Super et Farinelli.


Entretien avec notre reporter, Estelle Mouille


J’ai fait la rencontre de M. Bruel la semaine passée, dans le salon de l’hôtel Crillon. Assis près de la lourde cheminée d’époque, dans un sobre fauteuil de style Henri II et déchiffrant Le Monde diplomatique, le chanteur-acteur m’attendait pour l’interview. J’avais quelques minutes de retard et ma rédactrice en chef, Marie Irène, m’avait admonestée d’importance pendant près d’une demi-heure : l’artiste n’aimait semble-t-il pas qu’on lui fasse défaut. C’est pourtant un tout autre Patrick qui m’accueillit, se levant promptement à la vue de mes petites lunettes de pigiste à Gala.

« Mademoiselle, je suppose que vous êtes celle que j’attendais ». Si mes amies d’enfance avaient entendu une phrase pareille, nulle doute que j’aurais instantanément perdu leur amitié : qu’un homme comme Patrick Bruel, presqu’un dieu, qui a fait couler mes premières gouttes de cyprine, m’accueille avec une telle chaleur, moi, une inconnue, c’était tout simplement irréaliste ! Après les civilités d’usage (je lui demande un autographe, il me le signe) et une fois ressaisie, je commençai l’entrevue.


Alors, M. Bruel, pourquoi avoir attendu si longtemps pour sortir un nouvel album ?
Pardon mon enfant, mais je ne sors pas d’album. Je n’ai jamais su le faire. Tout juste suis-je l’instrument par lequel la musique s’exprime et se déverse sur notre mère la Terre…mais rien de cela n’obéit à un schéma, à quelque chose de prévu ou à une opération commerciale. Je sors un album quand j’ai 9 titres et 2 interludes, ainsi qu’une avance de 4%, et c’est tout. Je ne fais pas rentrer de considérations économiques ou religieuses dans cette décision.


Oui mais tout de même, six ans ! Vos fans désespéraient !
C’est la raison pour laquelle les chansons 8 et 9 ne sont en fait que trois minutes de parfait blanc sonore. Je n’avais pas fini l’album et j’avais déjà pris les dates pour mes six prochaines années de vacances. Au gré de la tournée, prévue l’été prochain, nous comblerons ces trous avec des chansons d’Yves Duteil ou de Laroche Valmont.


Le métier de chanteur vous manquait-il ?
Je n’ai jamais envisagé le fait d’être chanteur comme un métier, pour lequel il faut du talent ou des compétences. La musique, c’est une aventure. Devais-je avoir un tel succès ? Peut-être pas, et je vais être humble en disant cela. Mais je l’ai mérité. Je n’ai jamais vu une chose aussi honnête que le succès : il n’arrive qu’à ceux qui le méritent.


On sent une grande maturité dans ce dernier album : Patrick Bruel a grandi, s’est assagi ? La naissance de votre fils a-t-elle changé la donne ? Bien entendu ! Vu le monde dans lequel on vit, on ne peut rester les bras croisés, tranquille dans sa kippa, à observer le monde s’écrouler autour de soi sans rien faire. Je précise que je suis très engagé, dans différentes causes, et que ce combat est celui de toute une vie : rendre le monde meilleur, en musique. D’où l’optimisme, omniprésent dans cet album, qui n’est pas sans rappeler l’album des Minikeums, sorti en 1999. Mais dites-moi…votre mère serait-elle une voleuse ?


Non pourquoi ? Hihihi…
Car elle a volé les deux plus belles étoiles du ciel pour les souder dans vos yeux ! Ils sont magnifiques. Marrons-verts, c’est cela ?


Oui, hihihi. Enfin marron, oui. Arrêtez vous allez me faire rougir M. Bruel…
Je n’y peux rien, vous m’ensorcelez. Vous avez les yeux…revolver !


Je ne sais que dire…j’ai l’impression de vivre un rêve ! Continuons l’interview un petit peu quand même, sans quoi je risquerais de perdre ma place ! Ahem… Pouvez-vous nous expliquer le titre de votre album ?
Bien sûr. Vous pouvez juste me le rappeler ? Ça peut paraître bizarre, mais avec mon producteur on a hésité jusqu’au dernier moment entre plusieurs choix et je me rappelle plus de celui pour lequel on a opté.


Attendez, je l’ai là…il s’appelle «Lequel de Nous ».
Ah oui, Lequel de Nous…eh bien figurez-vous que ce titre a une histoire. C’était il y a quelques semaines, j’étais avec Martine, ma compagne, et Mozart-Napoléon, notre fils. Ce dernier venait de composer une nouvelle fois, et il allait falloir changer sa couche. Comme pour mes chansons, j’aurais pu réutiliser l’ancienne et faire illusion. Mais Martine, une femme très alerte, m’a demandé : « Lequel de nous va-t-il changer sa couche, Patrick ? » « Lequel de nous »…je devais paraître suffisamment songeur pour qu’elle se décide à me préciser : « ben oui, c’est qui qui va le faire, toi ou moi ? » Je n’ai pas pu répondre, j’avais trouvé trois mots collés ensemble qui faisaient un peu rêver. M’arrêtant sur « lequel de nous », j’ai prétexté un besoin subit de coucher mon inspiration sur papier. C’est ainsi que j’ai échappé à cette corvée, et éprouvé par la même toute la complexité des relations homme/femme dont je pense ne pas avoir fait encore le tour. La femme reste pour moi un mystère. Le prochain de mes albums portera d’ailleurs sur des choses typiquement féminines, telles que l’excision. Avec des samples audio d’excisions réellement perpétrées. J’aurais alors à peu près tout dit sur cet animal étrange.


Nous avons continué quelques heures à nous entrastiquer, les yeux de Patrick dans les miens, les miens dans les siens, avant de décider de poursuivre dans sa chambre au 3ième étage. Je garde intimement ce que nous a réservé la suite de l’entrevue. Je peux simplement dire que Patrick s’est montré comme son nouvel album, discret et courtois. Peut-être avons-nous cédé à la tentation ; peut-être m’a-t-il chanté a capella sa dernière œuvre encore inconnue ; peut-être était-ce un rêve.


En tous les cas, je peux maintenant dire que ce qu’on dit sur les noirs est la stricte vérité. Ils chantent mieux.

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Pour que Bruel live, tapez 1.


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