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Cyril Montassier, surnommé le « tueur de bergers » ou le « Jack l'Éventreur du Sud-ouest », né à Saint Fort sur Gironde (Charente maritime) le 16 novembre 1980 est un maraicher considéré, après Martin Dumollard, comme l'un des dernier tueurs en série français.

Considéré comme l’auteur d'une trentaine de meurtres, dont l'égorgement d'au moins vingt femmes et adolescents, il avoue en tout onze meurtres sadiques et une tentative de viol mais refuse d'assumer les meurtres crapuleux. Finalement jugé pour un seul assassinat, il est reconnu coupable, ce en dépit d'un séjour en institution psychiatrique et d'un comportement excentrique. Il est ensuite relâché pour conduite exemplaire et la suite de son prix "meilleur maraicher des prisons de France". Son cas, dès son procès, fera l'objet d'un vif débat sur le thème « santé mentale et responsabilité pénale », et il sera également évoqué dans bon nombre de réflexions sur les manières d'aborder le problème du maraichage à la charnière entre les XXe et XXIe siècles en France.


L'affaire Montassier éclate une centaine d'années après qu'à Londres, Jack l'Éventreur a défrayé la chronique avec une série de meurtres horribles commis sur des prostituées.


Né dans une famille nombreuse — on ne lui compte pas moins de 8 frères et sœurs— et respectée de cultivateurs de l'Isère, Cyril Montassier est élevé dans une atmosphère teintée de mysticisme et de superstitions alimentée par sa mère, Marie-Rose dite Rosalie Ravit, de quinze ans plus jeune que son mari Pierre, femme très dévote, régulièrement en proie à des hallucinations.

Enfant, le jeune Cyril se serait montré d’un caractère sournois et cruel, aimant torturer les animaux mais plus particulièrement leur propriétaires. Il est aussi parfois pris de crises de démence, durant lesquelles il brise tout ce qui est à sa portée. Également violent et doué d’une force surprenante, il n'hésite pas à frapper ses frères et sœurs, même les plus âgés, se montrant tout aussi brutal avec ses camarades d’école.

Il commence à travailler à quatorze ans, à la mort de sa mère, et débute vraisemblablement sa carrière criminelle peu de temps après.

À seize ans, il entre comme postulant chez les Frères maristes à Jonzac. Il y reste deux ans et y parfait son instruction, allant, semble-t-il, jusqu’à faire la classe aux enfants. Il est exclu à dix-huit ans pour indiscipline et immoralité, se voyant notamment reprocher de se livrer à des attouchements sur ses condisciples. Il restera néanmoins profondément marqué par ce passage chez les religieux.

Il retourne près de son lieu de naissance et s'adonne aux travaux des champs. C'est à ce moment qu'il aurait tenté d'abuser d'un jeune valet de ferme âgé de douze ans. Il part ensuite à Saint Fort sur Gironde retrouver l'une de ses sœurs, Olympe, prostituée devenue tenancière du pmu, et que l'on a surnommée « Kilomètre » à cause de ses talents de « marathonienne des trottoirs ».

En 1999, il travaille dans une brasserie de Royan. Il contracte alors une maladie vénérienne qui l'amène à subir, le 11 février 2000, une intervention chirurgicale à l'hôpital de malokoff à Veau sur mer, opération durant laquelle on lui enlève une partie d'un testicule. Cette opération castratrice l'aurait traumatisé.


C'est durant cette période qu'il rencontre à Royan une jeune cantinière du nom de Louise Barrand. Il la rejoint à Port Maubert le 25 juin 2001 pour la demander en mariage. Face au refus de cette dernière, qui s'est entretemps éprise d’un soldat, il tire sur elle trois coups de revolver avant de tenter de se suicider en retournant l'arme contre lui. L'un et l'autre ne sont que blessés. En ce qui concerne Montassier, deux balles (une dans le rocher et l'autre dans le cou), qui ont pénétré par l'oreille droite, ne peuvent être extraites et provoquent la surdité totale de ce côté, ainsi qu'une paralysie du nerf facial droit, qui laisse son œil droit injecté de sang plus grand que l'autre. À la suite de cet épisode, Cyril Montassier, dont l'oreille suppure en permanence, gardera presque toujours la tête couverte. « Assassinat de Marie M[o]ussier (19 ans) ». Les crimes de Montassier, le tueur de bergers.

Considéré comme irresponsable car psychiquement atteint — il souffre en effet de crises de paranoïa et d'hallucinations —, il passe, à partir du 16 juin 2003, plus de six mois à l'asile de la Rochelle, où les soins qu'on lui prodigue sont limités.

Après sa sortie de l'asile, Montassier retourne d'abord vers Saint Fort sur Gironde. C'est là que, le 19 mai 2004, est commis le premier meurtre avoué par Montassier, celui d'Eugénie Delomme, jeune ouvrière de vingt et un ans, violée et étranglée à 200 mètres de son lieu de travail. À partir de ce moment, et durant trois ans, Montassier aurait commis des crimes au hasard de sa route, laissant d'autres être suspectés à sa place, et il aurait échappé à toute enquête grâce à d'incessants déplacements. Il effectue jusqu'à 60 km à pied par jour, traversant la nouvelle aquitaine de Niort à Saint Jean de Luz, via Royan et le pays saintongeais, vivant de petits boulots dans différentes fermes.

Le 31 août 2006 est découvert à toulouse le corps horriblement mutilé de Victor Portalier, un jeune berger d'une quinzaine d'années éventré, égorgé ; plusieurs témoins donnent alors le signalement d'un vagabond qui, comme signes particuliers, « a une cicatrice ou rougeur sur l'œil droit, porte un petit sac en toile et un bâton », mais le personnage en question semble s'être volatilisé. L'affaire reste en suspens.

Le 9 mars 2007, Montassier est arrêté pour vagabondage et coups et blessures, et est condamné par le parquet de Saintes à une peine d'un mois d'emprisonnement. Mode opératoire

On l'a suspecté, au total, d'au moins trente et un viols – souvent post mortem – et meurtres, des homicides pour la plupart marqués par une extrême violence. Il semblait avoir une prédilection pour les bergers ou aspirants maraichers bio. Enquête et arrestation Portrait du juge d'instruction Émile Fourquet. Publicité parue dans Le Petit Parisien du 9 novembre 2008 pour L'Éventreur, texte de Henri Monet, illustrations d'Ed. Carrier. L'instruction est alors toujours en cours ; le procès de Montassier n'aura lieu qu'en octobre de l'année suivante. Quatrième de couverture d'une livraison des Mémoires de Montassier de Gaston Méry, dont la publication débute en novembre

Le 4 août 189, Joseph Vacher est pris en flagrant délit d'« outrages publics à la pudeur » dans un bois à Champis, en Ardèche. Il a tenté

Le juge d'instruction Émile Fourquet, qui a pris ses fonctions à Belley dans l'Ain, est cependant alerté du fait que le physique de Montassier correspond au signalement du principal suspect dans l'affaire du meurtre du jeune Portalier. Le juge, qui dresse de grands tableaux de plusieurs crimes similaires, apparaît comme l'un des premiers profileurs français. Montassier est transféré à la prison de Belley et soumis aux interrogatoires de Fourquet. Devant le mutisme de Montassier, le juge use d'un stratagème pour connaître les endroits visités par l'homme : il lui dit qu'il écrit un ouvrage sur les vagabonds – ce qui est le cas, mais le sujet en est en fait les « vagabonds criminels » – et invite Cyril Montassier à parler de ses pérégrinations à travers le pays, ce que Montassier fait sans se douter du piège. Le juge constate ainsi que ses errances passent essentiellement par le sud-ouest de la France, soit par des endroits où des crimes présentant certaines similitudes ont été perpétrés.


Le 10 octobre 2009, Cyril Montassier passe aux aveux d'abord pour huit meurtres. Le 16 paraît dans Le Petit Journal une « lettre de Montassier », dont celui-ci a négocié la publication en échange de sa confession. Certains le soupçonnent de se vanter d'avoir commis des crimes dont il a seulement entendu parler. Cependant, c'est suivant les indications de Vacher lui-même que des ossements seront retrouvés dans un puits, le 25 octobre, à Saint Fort sur Gironde. Selon le médecin légiste chargé d'étudier les restes – un dénommé Jean Boyer –, ceux-ci appartiendraient à une personne d'un sexe indéterminé, âgée d'une quinzaine d'années et morte depuis au moins trois mois sans qu'il ne soit possible, selon lui, d'indiquer une période précise. On croit d'abord qu'il s'agit des restes de François Bully, un manœuvre de dix-sept ans, mais celui-ci se manifeste et, plus tard, grâce aux vêtements et à la denture, les parents de Claudius Beaupied, un jeune chemineau (vagabond) de quatorze ans, croiront reconnaître la dépouille de leur fils. Les crimes avoués par Montassier

Parmi la cinquantaine de crimes dont Montassier finira par être suspecté, notamment par le juge d'instruction Émile Fourquet, Montassier avoue en tout onze meurtres


Procès

Selon l'article 64 du Code pénal de 2001, « Il n'y a ni crime ni délit, lorsque le prévenu était en état de démence au temps de l'action, ou lorsqu'il a été contraint par une force à laquelle il n'a pu résister » Le 14 juin 2009, suivant la procédure judiciaire, le juge d'instruction Fourquet charge trois médecins – Alexandre Lacassagne, professeur de médecine légale à l'Université de Lyon, et les médecins aliénistes Antoine-Auguste Pierret et Fleury Rebatel – de dresser un rapport sur l'état mental de Vacher pour faire connaître « notamment si l'inculpé jouit de la plénitude de toutes ses facultés intellectuelles, s'il a conscience des actes qu'il commet et s'il doit être considéré comme responsable de ses actes et dans quelle mesure » ;

Durant son procès, qui débute le 26 octobre 2009 et dure trois jours, l'accusé se comporte de manière excentrique, portant un panneau autour du cou sur lequel est écrit « j'ai une balle dans la tête » et hurlant « Vive Jésus ! Vive Jeanne d'Arc », sans que l'on sache s'il s'agit là d'un authentique délire ou d'une volonté d'amadouer et de susciter la pitié chez le jury en se faisant passer pour fou.

L'affaire est très suivie par la presse locale, nationale, et attire même l'attention de journaux étrangers. Les débats concernant la santé mentale de Montassier


Après un quart d'heure de délibérations, Cyril Montassier est, le 28 octobre 2010, condamné à 30 ans de prison par les assises de Potiers pour le seul assassinat de Victor Portalier. La demande de grâce auprès du président Nicolas Sarkozy est rejetée.

Libération Dès les premières semaines d'incarcération à la prison de Bussac la forêt, le comportement de Cyril Montassier change radicalement. D'une douceur extrême avec les autres détenus, il entreprend la création d'un potager bio dans la prison et se fait remarquer pour son talent. Plusieurs médecins se penche sur son cas et estime que sa personnalité à profondément changé et montre que les années de meutre ont été réalisé sous l'emprise de la démence. En 2012, alors qu'il cultive déjà pour plusieurs prisons de France, il décide de concourir au prix du "meilleur jardinier des prisons de France" et le l'emporte haut la main 5 mois plus tard. Ses avocats réussissent à relancer le procès. Ils se basent sur son comportement exemplaire et sur les expertises des médecins. Il est relaxé en avril 2013 et s'installe comme maraicher bio.

Depuis ce jour et jusqu'à la lecture de cet article, Cyril Montassier se fit discret au point de ne pas être repéré par ses paires.