Complainte

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[modifier] Complainte

Hier, quelques sorbonnards scolastiques,

En proie à l’excitation linguistique

Et sous prétexte que j’ignore les tics

De la chimère qu’ils appellent grammaire,

Mes thèses d’nihiliste verbal réfutèrent

Niant la doctrine mutique, les Cerbères.

J’esquissais, pris d’malaise,

Me sentant mal à l’aise,

Quelques coucourtes stances

A cette circonstance:

Eh bien, Messseurs, j’déclare

Que j’en ai cent fois marre.

Je préfère, et de loin,

Le charme du baragouin,

La grammaire de San-A

A celle dudit Dauzat.

Mon cri de guerre fougueux,

Glaçant l’sang syntaxeux,

Le sang et même la pisse,

Sera << Sus à Grevisse >> !

Par ces lilignes malignes,

Ces lignes sur la liligne

J’carresse la vue coqette,

Faisant mine de poète,

D’provoquer illico,

Via simulacres d’mots,

L’apoplexie chez les mecs

Prof ès vertus intrinsèques

Des law systems restreignant

Le noble cour inhérent

Al naturel procès

De notre sainte pensée.

Si à la proxime cabale

J’fais le converti verbal,

Bâtisser pas d’illusion :

C’est qu’je ferai le con,

Changeant el mutismot

Pour l’opportunismot.

Voilà l’hypocrisie

Dans l’Université.

Merde ! Il n’y a que le vice

Qui hante notre compisse !


Juillet 1973