Comment mesurer l'humour

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Qu'est-ce que l'humour ? On serait tenté de répondre : l'humour, c'est ce qui fait rire. D'accord, je ne veux pas vous contredire, partons sur ce principe de base. Mais en fait non, vous vous gourez complètement. L'humour ce n'est pas ce qui fait rire, c'est ce qui essaye de faire rire. La nuance n'en est pas une car la différence est énorme.

Par exemple sur un échantillon représentatif de 100 personnes lisant ce texte en ce moment même, combien riront instantanément si j'écris sans crier gare :

Chuck Norris.

On en dénombre 11. Autrement dit, 11% de la population mondiale estime que quand on dit "Chuck Norris", c'est de l'humour. D'un côté ça me rassure, je m'attendais à plus. Tentons une seconde expérience.

Chuck Norris est tellement grand que quand il se gratte ça programme son magnétoscope.

Laissons l'ordinateur calculer les résultats... Nous arrivons à 15. Cette phrase qui ne veut donc strictement rien dire fait tout de même rire 15% des gens; les 11% qui s'esclaffent par réflexe à l'évocation de Chuck Norris et 4 autres qui rient soit par politesse, soit pour faire croire qu'ils ont compris, ce qui en soit les rend encore plus stupides.

Mais où veut-il en venir vous demandez-vous sûrement ? Si je le savais, j'aurais fait un plan.

Ah si ça me revient. Donc tout ça pour dire que l'humour est une donnée variable dont la valeur dépend non seulement de ce qui est censé provoquer le rire, mais aussi du niveau de compréhension de l'auditoire. Maintenant que les bases sont posées, entrons dans le cœur même de cet essai dont le but est de déterminer une façon scientifique de mesurer l'humour.

Pourquoi mesurer l'humour

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À l’époque et jusqu’en 1936, l’humour était proportionnel à la taille de la moustache.

Quand un auteur se lance dans l'écriture d'un texte, il ne possède que deux armes à sa disposition pour intéresser le lecteur : le sexe et l'humour. On peut bien entendu essayer de combiner les deux mais c'est très difficile. Un exemple entre tous, la célébrissime "Tirade du nez" extraite de Cyrano de Bergerac :

   
Comment mesurer l'humour
Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !

On pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme... En variant le ton, - par exemple, tenez Agressif : « Moi, Monsieur, si j'avais un tel nez, Il faudrait sur-le-champ que je me l'amputasse ! »


   
Comment mesurer l'humour

—Utilisateur:Edmond_Rostand/Cyrano_de_Bergerac, acte I, scène 4

Rostand fait preuve ici d'un humour sans pareil qui lui valu son prénom d'Edmond. Heureusement que le génial auteur avait révisé sa copie. Dans la première mouture de son chef d'œuvre, il avait tenté de combiner humour et sexe pour "faire de l'audience" comme il s'en expliquera plus tard au micro de Daniel Schneidermann. Voilà ce que donnait alors la "tirade du nez" qui ne s'appelait d'ailleurs pas comme ça à l'époque :


   
Comment mesurer l'humour
Un pénis de babouin ? C'est ce que vous pensez ?

Eh bien foi d'animal, ce n'en est pas assez. Car pour comparaison, pour peu qu'il faille en faire, C'est au vit du cheval qu'il faut qu'on se réfère Et si vous en doutez, allez-y, penchez-vous, Je l'introduis au cul, il sortira au cou.


   
Comment mesurer l'humour

—Utilisateur:Monsieur_Brouillon/Cyrano_de_Bergerac, acte I, scène 4

Comme on le voit le coefficient "sexe" augmente en même temps que diminue celui de l'humour. Et si même nos plus grands auteurs se révèlent incapables de trouver un juste équilibre entre les deux paramètres, comment pourrions nous y parvenir ? D'où l'intérêt de quantifier scientifiquement l'humour d'un texte pour être sûr de ne pas se fourvoyer et bien cibler son public. Bien entendu on peut prendre le problème dans l'autre sens et décider de quantifier le niveau sexuel d'un texte, cela reviendra à peu près au même. Mais par expérience, je sais que la plupart d'entre vous ne s'intéressent pas au sexe donc j'ai pris le parti de me concentrer sur l'humour. Quitte à être drôle.

Unité de mesure de l'humour

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Découvert lors de fouilles sur le site de Tuladanlos, ce boulier d’origine grecque du IVe siècle avant notre ère servait à mesurer le degré d’humour et de sexe des pièces antiques. Le critique faisait basculer les boules vers la « Grenouille verte » en cas de sexe et vers le « Gros mignon nounours » en cas d’humour. Mais la plupart du temps il n’y avait ni l’un ni l’autre et comme il se faisait chier, il s’occupait en mettant les formes dans les trous.

Les premières tentatives pour quantifier l'humour se sont heurtées à un obstacle tout bête : il n'existait pas d'unité de mesure appropriée. Pendant l’antiquité les critiques littéraires primitifs utilisaient un boulier constitué de deux parties à la fois distinctes et en interaction : l’une mesurant l’humour et l’autre le sexe. Hélas, les romans et pièces de l’époque ne contenant ni l’un ni l’autre, ce système a rapidement été abandonné et les critiques littéraires ont tous périclité. À tel point qu’on a appelé cette période le « siècle de périclite[1] ».

Au Moyen-Âge et jusqu’à la Révolution on riait peu et on baisait beaucoup et il n’apparaissait pas nécessaire de comparer les deux tant le sexe possédait un avantage rédhibitoire. C’est à partir du règne de Napoléon Ier que l’on a commencé à s’intéresser à la mesure de l’humour. Hélas, les scientifiques de l’époque n’étaient pas très malins et ils tentèrent d’effectuer des calculs en utilisant les unités dont ils disposaient déjà.

Humour au poids

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À peine 12 grammes d’humour (principalement pour M. Alphonse Petitebite, Paris 12ème).

La première thèse consacrée à ce sujet est due à Gilles de Faysans (1777 – 1849), mathématicien célèbre pour n’être présent dans aucun dictionnaire ni encyclopédie (vous pouvez vérifier). Il tenta de mesurer l’humour en utilisant comme unité le gramme. Chaque saillie drolatique, calembour, facétie ou allusion à Chuck Norris se voyaient attribuer une masse de 1 à 15 grammes. À la fin de l’œuvre, il additionnait le tout ce qui donnait le poids total en humour. L’inconvénient majeur de cette méthode est qu’elle favorisait les romans-fleuves et les pièces de théâtre à rallonge. Ainsi une courte fable de Jean de la Fontaine comme « Le corbeau et le renard » atteignait à peine les 50 grammes d’humour alors que « Les Misérables » de Victor Hugo frôlait le kilo. Et pourtant on ne s’y marre pas beaucoup mais il y a « couilles » plusieurs fois et chaque couille pèse 15 grammes au bas mot.

Cette méthode fut donc rapidement abandonnée. Mais malgré sa brève existence, elle nous a apporté deux choses : c’est à elle que nous devons les expressions "humour très lourd", "humour léger" ou "humour pesant" et surtout, le mot "Livre" en est directement dérivé. On appelait en effet « Livre » une œuvre dont le poids en humour équivalait à 500 grammes[2]. Chez les britanniques, une méthode comparable conçue par Remington Sterling existait mais elle ne permettait que de mesurer l'humour des pièces de théâtre. C'est la raison pour laquelle les pièces anglaises s'appellent encore aujourd'hui les Livres Sterling.

Humour colorimétrique

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Le seul vrai gag du film.

Après avoir inventé le cinéma, les frères Lumière se sont eux aussi intéressés à la mesure de l’humour. Il faut dire que leurs premiers films avaient fait un bide total, ce qui n’est pas étonnant avec des titres aussi sinistres que « Arrivée du train en gare de La Ciotat » ou « La sortie des ouvriers à l’usine des frères Lumière ». Ça aurait sans doute mieux marché si ils les avaient intitulés « Alien vs. Predator » ou « Le Seigneur des Anneaux, le retour du Roi » mais le marketing n’était pas leur fort.

Pour autant ils n’étaient pas stupides et ayant eu vent des travaux de Gilles de Faysans, ils se sont demandés s’il n’était pas possible de mesurer l’humour visuellement. Ils échafaudèrent donc une théorie complexe à base de balises de couleurs. Chaque scène d’un film devait être liée à une couleur précise en fonction du degré d’humour, le résultat final devant être une sorte de bande arc-en-ciel faisant ressortir les moments rigolos. Hélas, ils se heurtèrent à un obstacle inattendu : ils n’avaient pas encore inventé le cinéma en couleur et leurs balises variaient seulement du gris clair (peu drôle) au gris foncé (très drôle), teintes déprimantes s’il en est. L’idée fut donc repoussée mais là encore cela a fait éclore une autre expression bien connue, humour noir, et par extension le "Film noir" qui qualifie encore aujourd’hui un long-métrage particulièrement rigolo.

Autres tentatives de mensurations de l’humour

Le XXe siècle fut parsemé de théories toutes plus aberrantes les unes que les autres pour mesurer l’humour. On utilisa le litre (ce qui a donné l’expression "Pisser de rire"), le mètre (ce qui a donné l’expression "le Mètre de l’humour") ou encore le Newton, cette dernière unité étant plutôt efficace mais trop spécifique puisqu’elle ne permettait de quantifier l’humour que dans la chute d’une histoire ; une chute sans gravité bien sûr[3].

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Dans certains cas, le degré de résistance à la crise de rire approche du zéro Ohm absolu et l’humour tend alors vers l’infini.

L’avancée la plus prometteuse fut due (fut due ? ça sonne bizarre) à l’imagination débridée du physicien argentin Hans-Pieter Schwarzmann (1916 – 1985) dont nous n’allons pas fêter le centenaire de la naissance cette année. Il prit le problème à l’envers en calculant non pas le degré d’humour d’un texte mais son niveau de sinistrosité. Pour ce faire, il employa une unité de mesure déjà connue à l’époque, l’Ohm dont l’abréviation est Ω et qui fut inventée par Georg Ohm, ce qui est tout de même une incroyable coïncidence. L’Ohm[4] mesure la résistance. Appliqué à un texte, cela permet de savoir jusqu’à quel point le lecteur est capable de "résister" soit à l’envie de rire, soit à l’envie de piquer un roupillon. Il faut ensuite effectuer de complexes calculs pour obtenir le degré réel d’humour, mais ce n’est pas à la portée du premier imbécile venu. D'où mon idée de concevoir un système innovant.

Unité de mesure officielle de l’humour

Il aura fallu attendre Internet et les nouvelles technologies pour que la communauté scientifique parvienne à trouver une façon unique et définitive de mesurer l’humour. Enfin quand je dis la communauté scientifique, je suis bien gentil avec elle puisque c’est moi seul qui en ai défini les principes.

Bref, l’unité de mesure de l’humour est le "lol". Elle est définie et réglementée par la norme ISO-AA6969 donc c’est du sérieux. Il s’agit d’une norme internationale mais les britanniques, comme d’habitude, n’en font qu’à leur tête et ont développé de leur côté le "mdr'", encore appelé "humour anglais". Pour passer de l’un à l’autre, il faudra appliquer la méthode conversion suivante : "1 lol = 1 mdr". Attention, dans l’autre sens, cela donne "1 mdr = 2 lols" car l’humour anglais est deux fois plus drôle.

Si le nombre de lols est trop important, il est possible de passer par des unités simplificatrices comme le lmao, le ROFL, le ROFLMAO et enfin le ROFLMAOZEDONG. En revanche il n’existe pas d’unités décimales pour le lol (il faut être sérieux, 0,7 lol ce serait totalement ridicule). Par définition, le lol ne prend pas non plus de valeur nulle. On utilise dans ce cas le "jé rien comprit". Voici le tableau récapitulatif des correspondances :

Unités Valeur en lols Valeur en mdrs Exemples
jé rien comprit 0 -4 Jeux de glace
lol 1 1 Stade Vélodrome
lmao 10 10 (ou 1 PTDR) Télé réalité
ROFL 100 One hundred Croûtes dans les cheveux
ROFLMAO 1 000 1 609 Bathing ape
ROFLMAOZEDONG 1 000 000 non applicable La gurne
Searchtool.jpg On peut écrire indifféremment "lol" ou "LOL" voire "Lol" mais jamais "lOl" ni "lOL" ni "Australopithèque"


Applications pratiques de la mesure de l’humour

Nous avons donc désormais un objectif (calculer la quantité d'humour dans une œuvre) et les moyens pour y parvenir (le lol). Reste à établir un barème simple et facilement reproductible pour déterminer rapidement le degré humoristique d'un texte. Bon ben allons-y alors qu'est-ce qu'on attend ?

Avant de commencer

Avant même d'entamer la lecture du texte à évaluer, ce-dernier est considéré par convention comme ayant une valeur d'humour de 1 lol. Dans la plupart des cas, cette quantité augmentera ou au pire restera stable. Il existe quelques exceptions où le texte sera à ce point dépourvu d'humour (alors qu'il aurait suffit de mettre "couille" quelque part), qu'il perdra ce lol et finira avec la valeur jé rien comprit. Si vous tombez un jour sur ce cas, ne vous alarmez pas et détruisez-le discrètement.

Une fois le texte choisi, analysez son contenu en tenant compte des indications qui vont suivre. L'analyse consiste tout bonnement à noter les différents traits d'humour et à répertorier leurs valeurs en lols. Il suffira au final d'appliquer une simple règle de conversion pour connaître l'"Indice Humoristique" ou IH du texte.

Titre

Pour le titre, la règle est simple : plus il est long et plus il est drôle. La Bible, ça vous fait marrer ? Il suffit donc d'appliquer la formule suivante : 1 lettre = 1 lol. On ne compte pas les espaces qui sont totalement dépourvus d'humour.

  • Exemple : "Comment mesurer l'humour" = 22 lols

Attention : dans la section sur le vocabulaire, vous trouverez d'autres règles à appliquer au titre, ne les oubliez surtout pas !

Nom de l'auteur

Sauf s'il s'agit de Chuck Norris (ce qui vaut dans ce cas 100 lols supplémentaires), le nom de l'auteur n'apporte aucune contribution à l'humour.

Éditeur

Pareil.

Vocabulaire

Là c'est le gros morceau de l'analyse. Il faudra lire attentivement chaque mot du texte et repérer les mots-clefs à valeur ajoutée humoristique. Ces mots sont très nombreux et il m'est impossible d'en donner une liste exhaustive. Je vais donc vous indiquer les principales catégories avec quelques exemples et leurs valeurs en lols.

  • Gros mots : les gros mots (merde, chier, bordel...) valent 10 lols mais ils voient leur valeur augmenter en cas de combo. Ainsi "Fait chier bordel de merde" vaut (10+10+10)*3 soit 90 lols.
  • Insultes : une insulte (connard, enculé, suisse...) c'est mieux qu'un gros mot car cela joue aussi sur l'affectif donc c'est 15 lols par insulte. On reprend également le principe du combo. "Enculé de connard de suisse" vaut donc 135 lols. Plus fort encore, les insultes employées au féminin voient leur valeur doubler, logique. "Enculée de connasse de suissesse" = 270 lols.
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Saviez-vous que...
une partie du corps utilisée en insulte voit bien entendu sa valeur augmenter. Ainsi la phrase "J'ai mal aux couilles"" vaut 50 lols mais "Espèce de couille molle" vaut 65 lols (130 si ça s'adresse à une femme)
  • Anatomie : dans le cochon, tout est bon, mais dans l'humour on est très sélectif. Ne croyez pas qu'il suffira d'écrire le nom de n'importe quelle partie du corps humain pour gagner des lols. Les lols, ça se mérite. Les 4 parties-clefs sont : "bite", "trou du cul", "poil" et "couille". Les trois premiers valent 40 lols (quelle que soit leur taille) mais "couille" a une valeur intrinsèque de 50 lols, car elle va par paire. Les organes mineurs ou les dérivés comme "braquemart", "chatte", "minou"" valent tout de même 20 lols. Les mots à connotations médicales pâtissent d'un coefficient négatif du fait de leur sérieux. "Clitoris", "verge" ou "épiderme" ne valent que 10 lols.
  • Mots sérieux : paradoxalement, certains mots sérieux sont catalyseurs d'humour. Mais il ne faut pas en abuser alors on ne leur attribue que 5 lols chacun. Parmi ces mots, citons "chiropracteur", "oléagineuse", "horodateur" ou "mesurabilité". Si vous avez un doute, c'est simple : vous ne comprenez pas un mot ? Attribuez-lui d'emblée 5 lols.
  • Mots désuets : c'est un peu comme les mots sérieux sauf que là c'est le décalage temporel entre le lecteur et la lecture qui sera rigolo. Mais ça ne vaut tout de même pas plus de 5 lols par mot désuet. Quelques exemples : "moult", "palsambleu", "parti socialiste", "topinambour"...
  • Mots étrangers : le lol étant une unité internationale, il accepte aussi les mots étrangers à raison de 2 lols par item. Faut quand même pas déconner. On va pas leur donner la même valeur que les mots français bien de chez nous !
  • Noms propres : ici il faudra récompenser l'imagination de l'auteur et chaque nom propre amusant se verra gratifier d'un bon 10 lols. Ainsi un texte mettant en scène des personnages aux noms aussi ridicules que Bernard-Henri Dombasle, Fulgance Bienvenüe ou Aristote Onassis verra sa cote monter. Cas particuliers : à l'instar de "couille", l'évocation de "Chuck Norris" vaut direct 20 lols. Au contraire, inclure Nicolas Sarkozy fait perdre 5 lols (non mais là ça compte pas c'était pour donner un exemple).
  • Mots inventés : comme pour les noms propres, il faut rendre hommage à l'auteur et récompenser les trouvailles lexicales. Chaque néologisme rapportera donc 10 lols. Je ne donne pas d'exemple car sinon ce ne seront plus des mots inventés pour le prochain auteur qui les utilisera. Je dois vraiment penser à tout, bordel (10 lols).
Exercice 1

Calculez la valeur en lols du texte suivant en appliquant le barème expliqué auparavant :


Les couilles de Chuck Norris

Dis donc espèce de connard de merde, tu vas la pousser ta raclure de bagnole sinon je te fais bouffer tes couilles et tu ressembleras à la romulguade à Nicolas Sarkozy, sapristi.

Écrivez votre réponse :


Humour plus sophistiqué

Au-delà des mots simples, il apparaît parfois un groupe de mots, pris dans son ensemble, formant quelque chose de drôle. L'humour que contiennent ces groupes de mots n’est pas toujours simple à appréhender de prime abord, rendant l’évaluation du texte plus délicate. Voici toutefois quelques astuces pour les repérer.

  • Le jeu de mot : quand une phrase vous paraît étrangement construite, de Schubert[5] ou d’un autre écrivain, c’est sans doute qu’elle cache un calembour. En Allemagne ou en France, c’est la même chose. Si l’auteur n’a pas pris soin de souligner la présence du jeu de mot par une note en bas de page par exemple ou en mettant en gras les parties qui font calembour (en Allemagne), tentez de trouver par vous-même. Si vous trouvez, ajoutez 20 lols. Sinon dans le doute, ajoutez tout de même 15 lols.
  • La contrepèterie : comme les queues de nouilles en gratin, la contrepèterie est une spécialité française. Elle ne peut toutefois apparaître qu’aux yeux de l’amateur exercé, à moins que l’auteur ne vous assiste en la faisant suivre de « et non pas... » Dans ce cas, comptez seulement 10 lols. Si vous trouvez vous-même une contrepèterie dans un texte, le tarif est de 20 lols. Multipliez par 2 si à l’évidence elle n’a pas été écrite intentionnellement par l’auteur.

Exercice 2

Quelques contrepèteries (authentiques) se sont cachées dans ces phrases célèbres, sauras-tu les retrouver ?

  • "Ces festons dans vos mains et ces fleurs sur vos têtes" Racine in Athalie, Acte I, scène III
  • "comme les queues de nouilles en gratin..." WiiKend in Comment mesurer l'humour
  • "Je plains le flot du Rhône où se peint son image...Lamartine in Le lac
  • "Ah ! Peuple, te voilà acculé dans l'antre. Et la paille qui sert aux bêtes de litière. " (double combo) Victor Hugo in La Légende des siècles


Humour en image

Parfois le texte ne suffit pas à déclencher l’hilarité générale de son lecteur. L’écrivain, malin comme un singe, dispose alors d’une autre arme à son arsenal : l’image. Et ça fonctionne plutôt bien. Il est toutefois très difficile de mesurer l’apport en lols d’une photo ou d’un dessin. Il faut considérer plusieurs paramètres et effectuer des calculs intermédiaires pour parvenir au résultat final.

Taille de l’image

Le rapport entre la taille de l’image et sa quantité d’humour obéit à une progression logarithmique et non pas linéaire. Cela évite les abus. Pour ceux qui ont séché les maths la semaine dernière, cela signifie qu’une image plus grande vaudra toujours plus de lols qu’une image plus petite mais que le gain en lols est toujours inférieur au gain en taille. De plus, cela permet d’empêcher l’intégration d’images avec une taille négative car on ne peut pas calculer le logarithme d’une valeur inférieure ou égale à 0. Je suis sûr que vous regrettez maintenant de ne pas avoir assisté au cours de Mme Gimbert, hein ? Bon puisque c’est vous, voici un joli graphique qui illustre parfaitement mon propos :

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Mon propos, parfaitement illustré

Sujet

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Parfois, le décompte s’avère plus délicat que prévu (surtout s’il apparaît que la personne située à gauche est Nicolas Sarkozy)

Une personne prise en photo ou dessinée a toujours l’air ridicule. Vous pouvez donc comptez 3 lols par personne présente sur la photo. On ajoute 2 lols pour un enfant, les enfants étant particulièrement ridicules. Par contre on enlève 1 lol par animal (hors insectes et poisson qui valent 0). Comme pour le texte, une photo de Chuck Norris voit sa valeur boostée de 10 lols. Alors qu’une photo avec Nicolas Sarkozy ne vaut aucun lol, quel que soit le nombre de personnes présentes.

Si la photo ne concerne pas des êtres vivants, il n’existe malheureusement pas de façon précise de calculer la valeur en humour. C’est la seule lacune de ma méthode et je m’en excuse. Vous devrez vous contenter d’en mesurer la taille et d’évaluer la drôlerie de l’illustration de façon subjective. Oui, je sais, c’est étrange de dire ça sur un thème aussi scientifique que l’humour mais tout n’a pas encore été inventé et je compte bien trouver rapidement une solution à cette faille dans ma théorie.

Rapport avec le texte

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À de rares exception près, la valeur “Rapport au texte” de cette image sera toujours égale à 30 lols.

Ici le calcul est simple : moins la photo possède de rapport avec le texte, et plus elle voit sa valeur en lols croître. C’est logique puisque le décalage est la principale – pour ne pas dire unique – source d’humour. Une image qui illustre parfaitement un texte reçoit sa note de "Rapport au texte" de seulement 1 lol. Et plus on s’éloigne du sujet, plus on ajoute des lols. Le maximum ne peut toutefois pas dépasser 30 lols.

Légende

À mi-chemin entre l’illustration et le texte, la légende reste relativement simple à évaluer. Comme pour le titre, on compte 1 lol par lettre (hors espaces) et on applique le barème classique du calcul de l’humour sur vocabulaire. On prend aussi en compte les bonus de calEMBOURS (EN ALLEMAGNE) et de jeux de mots. Si la légende n’a aucun rapport avec l’image, on applique un coefficient de 2. Si en plus elle n’a aucun rapport avec le texte, on double encore une fois. Autant dire qu’avec un peu d’imagination, ça peut rapporter gros.

Résumé

Au final, la valeur ajoutée en lols d’une image se calcule selon la formule mathématique suivante :

  • IH(image) = (log(largeur x hauteur) + 3*(adultes) + 5*(enfants) + (2*(animaux) – 2*(poissons) – 2*(insectes)) + 10*(Chuck Norris) + Rapport(Image) + [Légende]) – ROFLMAOZEDONG*(Nicolas Sarkozy) lols

La dernière partie de l’opération permet de s’assurer que l’image vaudra 0 lol (ou plutôt jé rien comprit) si Nicolas Sarkozy y est présent car la valeur en humour ne peut pas être négative. Il faut bien sûr connaître cette formule par cœur.


Exercice 3

Calculez la valeur en lols des images ci-dessous (attention aux pièges) :

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Une belle victoire pour le PSG

CoupePSG.jpg

Le dernier film de David Cronenberg repousse les limites du surréalisme

Wankermag.jpg

Un exemple pour notre jeunesse

Recompensejeu.png

Hambourg se situe en Allemagne

Teckel pere noel.jpg
Sarkhadafi.jpg

ROFLMAOZEDONG




Sexy bonus : utiliser l’IH pour connaître l’IP

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Ici l'IH est égal à 46 lols soit 4,6 lmaos. Vous pouvez donc vous branler les yeux fermés (d'ailleurs le nom de l'éditeur vous y invite).

Comme nous l’avons vu précédemment grâce à Edmond Rostand, l’équilibre entre humour et sexe d’une œuvre est constant. Autrement dit, nous pouvons affirmer la formule suivante :

  • Œuvre = Humour(IH) + Sexe

À partir du moment où vous avez calculé grâce à ma méthode l’humour en lols d’un texte, vous pouvez aussi obtenir son "Indice Pornographique" ou IP :

  • IP = Œuvre – IH

Autrement dit si vous tombez sur un texte avec un Indice Humoristique très faible (inférieur à 5 lmaos), vous pouvez vous branler en le lisant sans risque de vous tromper.

Conclusion

Récapitulons ce que nous avons appris aujourd’hui :

  • Comme le nombre de personnes bénissables par un curé ou la cocaïne en sachet, l’humour est une matière parfaitement quantifiable.
  • L’unité de mesure de l’humour est le lol, je ne reviendrai pas là-dessus.
  • Le lol s’applique principalement à l’humour contenu dans les œuvres écrites mais il peut tout à fait être utilisé également pour les arts mineurs en appliquant quelques modifications qu’il serait oiseux de décrire ici.
  • La somme "humour + sexe" d’une œuvre est une constante.
  • Le calcul de l’IH d’un texte prend en compte tous les éléments de ce dernier et doit être effectué de façon très précise ; la moindre erreur pourrait vous faire rire à mauvais escient, faisant de vous la risée de votre entourage.
  • Si vous êtes arrivé jusque-là, c’est que vous êtes très patient.

Voilà mesdames et messieurs ce que l’on pouvait dire sur la mesurabilité de l’humour. Je suis désolé d’avoir dû traiter ce sujet avec tant de rigueur mais il était temps que quelqu’un mette un frein à tous ces auteurs qui prétendent faire de l’humour sans que le grand public ne puisse réellement vérifier si c’est l’art ou du cochon.

Désormais, vous aurez la possibilité de calculer par vous-même le niveau de drôlerie d’une œuvre et ce point ne fera plus débat. Et pour vous récompenser tout en vous permettant de mettre en œuvre de façon pratique tous les éléments décrits précédemment, je vous offre un dernier exercice qui pourra vous occuper quelques minutes. À bientôt pour une prochaine émission.


Notes

  1. Ne riez pas, ce jeu de mots a remporté le Grand Prix du jury au dernier festival de l’Humour de Gdansk
  2. Celui-ci a fait 2ème
  3. Ce jeu de mots sera candidat pour la France aux Championnats du Monde de Calembours 2016 qui ont lieu cette année à Téhéran.
  4. Veuillez noter que je n’ai fait aucun jeu de mot avec l’Ohm alors que j’en avais le droit
  5. Lisez mieux, vous comprendrez
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Quel est selon vous la valeur en lols de cet essai ?
 
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Ce sondage a été créé le janvier 14, 2009 16:23 et 524 personnes ont déjà voté.
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