Comment écrire un roman fantastique

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« Depuis que j'ai lu ce guide, je peux écrire des romans fantastiques... fantastiques ! »
~ Sacha Guitry à propos de sa carrière d'humoriste ratée

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Le récit fantastique!

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Ou prologe

Aventurier ! Votre verge est à son plus bas car vous rêvez de célébrité sans pouvoir l'atteindre ? Vous vous estimez capable de chevaucher l'une de ces sauvageonnes d'actrices d'Hollywood, mais vous vous demandez COMMENT, ce qui vous réduit à continuer simplement, exilé de la communauté, votre entraînement avec votre fidèle perche magique ?

Comment en ai-je appris sur vos séances d'exercice ayant pour but de perfectionner le maniement de vos armes ? Oh, je sais bien des choses, jeune félin. Mais approchez-vous, oui, comme ça.

J'ai une quête à vous proposer. Oui, je sais, mes dires ne semblent pas pouvoir être acceptés avec l'accueil chaleureux d'un coeur sincère parce que j'écris sur la sencyclopédie, mais oyez-moi quand même. Je sais comment vous pourrez rejoindre la monture cinématographique de vos rêves.

Ah, je savais que vous seriez intéressé, jeune félin. Maintenant, saisissez la souris et aggripez cette barre enchantée sise sur le côté de l'écran. Faites-la descendre.







Voilà. Maintenant, je vais vous expliquer la Procédure. Non, je n'exigerai aucune pièce d'or en retour, mais peut-être autre chose. Elle est bien simple. Vous devrez développer l'art qui a été ensemencé en chacune de nos âmes depuis la nuit des temps, le pouvoir d'ÉCRIRE UN ROMAN FANTASTIQUE !!! QUE LES SCEAUX DU DESTIN S'OUVRENT DEVANT VOS YEUX !!!

Cessez de trembler. Votre quête ne devrait pas apeurer un parangon de vaillance et de virilité comme vous, jeune félin. Pour l'accomplir il vous faudra le courage d'un coeur noble, des vivres et surtout du parchemin et une plume. Ou plutôt, pardonnez-moi, Microsoft Word.

Oui, vous avez toutes les chances de réussir. Les montures épiques de Hollywood se précipiteront sur vous quand vous aurez déployé votre imagination sauvage d'écrivain boutonneux sur le papier.

Commencez donc par le Chapitre Premier.

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Le commencement

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Ou Chapitre Premier

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Ou Comment Façonner une Histoire

Jeune félin ! Écoutez-moi. Tout bon roman fantastique recèle en lui une trame de fond. Une histoire, quoi. Pour l'inventer, il faudra invoquer le pouvoir mystique que les hommes nomment Inspiration. Ce ne sera pas facile. L'Inspiration ne vous viendra pas toute seule, comme ça. Je vais vous prodiguer un conseil pour l'attirer à vous : tenez-vous assis bien droit sur une chaise, assurez-vous que vos yeux aient l'air de regarder dans le vague et tournez votre tête vers le ciel.

Voilà.

Hmmm... Ce ne sera pas aussi facile que prévu...

Bon ! Je vais plutôt voir à la mise en place de votre trame de fond moi-même, puisque vous semblez éprouver dans ce domaine une légère difficulté. Non, ce n'est pas bien grave. Alors allons-y.

Les romans fantastiques comportent toujours la même...attendez un peu, je serais plus confortable si je me tenais face au dossier sur ma chaise... voilà... comme ça. Comme je discoursais, les romans fantastiques sont toujours dotés de la même toile de fond : il y a un héros, ou une héroïne, mais moi je préfère les héros Mixtes car leur Mixtinité sied mieux à leur tâche, qui doit sauver le monde. Enfin, son monde d'origine. Un monde qui est différent du nôtre. Oui, avec une géographie exotique. Oui, il peut y avoir des blattes de 10 mètres de long et des montagnes parlantes... Je vous expliquerai ça plus tard.

Comme je disais, le héros ou l'héroïne, de sexe préférablement mixte, doit sauver le monde. C'est presque toujours comme ça. Sinon, c'est que le héros (ou l'héroïne) doit d'abord sauver sa dulcinée d'une crapule sanguinaire qui réside dans un château, et par là sauver le monde parce que le méchant, soit la crapule dont je parlais dans cette même phrase, veut toujours détruire le monde, et a kidnappé sans raison précise la dulcinée du héros (ou de l'héroïne), le poussant à agir. Non, ne vous en faites pas, vous n'aurez pas à trouver de raison pour laquelle la crapule aurait pu s'emparer de la dulcinée, c'est comme ça dans tous les romans fantastiques. Vous me suivez ? C'est bien. Bravo. Je vais interpréter votre bouche légèrement ouverte et votre main placée sur votre menton comme un signe de compréhension.

Et pour arriver à ses fins le héros ou l'héroïne, à la personnalité par ailleurs masculine, va souvent s'allier d'un ami, parce qu'il en a besoin. Il faut que l'ami en question soit moins intelligent et moins fort que le héros pour ne pas lui prendre sa place de héros priviligié. Quoi ? Oui, en effet, l'ami peut être une amie. Mais attention, je vois où vous voulez en venir, petit pervers : si le héros ou l'héroïne s'amourache de son amie, il faut que vous fassiez attention que vous enleviez la dulcinée potentiellement secourable à la fin. Non, c'est ça, les lecteurs de fantastique n'aiment pas les relations sexuelles à plus de deux personnes ; c'est qu'il ne sont même pas capables d'atteindre le niveau des "deux personnes", voyez-vous ? Non ? Laissez tomber. Je savais que vous étiez un imbécile.

Ah oui, et on s'en fout si il y a une armée d'environ 3.6 millions de puissants guerriers qui bloque l'entrée du château du méchant. La seule chose qui compte, c'est que le héros, son ami et/ou son amie réussissent à la vaincre. Dans le livre, décrivez les combats comme étant faciles et ce n'est pas grave si le méchant ne devient jamais lucide en allant lui-même au devant de son armée mettre les intestins du héros en orbite. C'est que, voyant quelle sorte d'élève vous avez fait jusqu'à maintenant, je peux arriver à la conclusion que, si vous publiez, vous aurez un public facile et naïf de boutonneux de douze ans et demi. Ah, que feriez-vous sans ma stupidité !

Pour poursuivre votre destin aux grandes promesses, passez aux Chapitre Second.

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Le destin est sur ton chemin

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Ou Chapitre second

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Ou Comment Créer des Personnages

Allons ! Vous voilà en devant de votre prochaine épreuve ! Il s'agit... de créer des personnages ! TATAAMMM !! Vous avez en votre possession une histoire, mais s'il n'y a pas de personnages, elle s'effritera comme un jeu de dominos sous la pression vindicatrice d'un index félon. Il faut que vous crééiez des personnages stéréotypés. Oui, du genre que TOUT LE MONDE A VU AVANT ! Sans cette caractéristique, vos personnages demeureront au statut de minables qui essaient d'être originaux, un peu comme moi. Jeune félin, êtes-vous prêt ?


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Le héros(/oïne)

Commençons par le héros. Oui, celui dont je vous ai amplement parlé auparavant. Il faut d'abord déterminer son sexe. Il faut qu'il soit stéréotypé. Vous verriez une fille démolir le château d'un méchant démoniaque, vous ? Pauvre esprit ! Seuls les garçons imprégnés de la fibre virile peuvent le faire ! La fille ne pourrait que casser les ongles du vilain ! Maintenant que votre héros ou héroïne est équipé d'un organe sexuel très masculin et extensible, passons à son apparence physique. C'est ce qui compte en premier dans les romans fantastiques. Votre héros doit être un véritable Apollon. Il doit posséder une beauté foudroyante. Oui, vous avez compris : contrairement à vous, il doit être capable de séduire des sauvageonnes hollywoodiennes. Vous apprenez vite !

Après, son nom. Votre héros doit posséder un nom qui vient de sa langue. La langue de son monde d'orgine, imbécile ! Oui, le monde avec les montagnes parlantes ! C'EST ÇA ! Et il faut que cette langue soit totalement différente et, surtout, incompréhensible aux yeux de n'importe qui sur notre planète. Oui, notre monde. Sans montagnes parlantes. Non, vous n'avez pas à vous donner la peine de fournir la moindre traduction entre notre langue et celle de votre héros, il y a juste des marants comme J.R.R. Tolkien qui font ça. À quoi votre langue devrait ressembler ? Je vais vous expliquer ça plus tard. Pour l'instant, voici des suggestions de noms pour votre héros, qui vont apparaître en caractères gras dans ce que je vais vous dire :

  • Heumm... voyons voir... yyyyyropityproitykljher
  • Aussi... Jahfjknvweruoq
  • Peut-être... Legolas
  • Ah oui ! Dokktlpbkpbae-otron
  • Bon... Ajkfhnvyh
  • Ehhh... Ewilan
  • Et enfin... Réjean
  • Pour les héroïnes..."Sinyx" peut faire l'affaire"

Ensuite, ses origines. Il doit être préférablement orphelin pour que le lecteur sente un sentiment de sympathie se développer pour lui. En plus, s'il n'a pas de parents, votre roman sera plus facile à... Attendez, je serais encore plus confortable si je m'installais comme ça, au sol. Voilà. Comme je parlais mielleusement, votre roman sera plus facile à comprendre et l'explication que je vous fais pourra se permettre d'être moins longue. De plus, en tuant les parents de votre héros avant même le début de l'histoire, vous pourrez accentuer l'impression que le héros part à zéro pour entrer dans la légende, à la fin, en bottant le cul du méchant.

Bien entendu, le héros doit aussi, à un moment donné, se découvrir un pouvoir insoupçonné (un talent caché, un peu comme quand vous découvrez que vous êtes capables de faire des sons intéressants avec votre langue) qui lui servira dans l'annihilation brutale et expéditive du méchant, mais il ne le sait pas encore. Par ce pouvoir, votre héros doit également être très puissant, en tout cas assez pour être capable de réussir à anéantir tous les gouvernements en place dans son monde. Seulement, utiliser ce pouvoir à des fins de domination mondiale ne doit jamais passer par la tête du héros. À titre exemple, ce pouvoir peut tenir d'être capable de faire tomber des montagnes-guerriers du ciel ou de pointer quelque chose du doigt et de le faire exploser dans des gerbes de lave volcanique par la même occasion. Oui, je crois qu'il peut aussi tenir d'avoir la possibilité de faire jaillir des jets de morve à haute pression en éternuant.

Par la suite, ses motivations. Elles sont très importantes... HAHAHAHAHAHA !! Je vous ai bien eu, jeune félin ! C'est l'aspect psychologique, donc on s'en fout ! Il suffit que vous donniez à votre personnage le goût de faire le bien. Ensuite, ce n'est pas compliqué : le méchant (qui veut détruire le monde) lui prend quelque chose, ce qui le force à sauver le monde. Oui, son monde d'origine. Je ne reviendrai pas là-dessus. Ce quelque chose peut varier entre un objet du genre "l'amulette que ses parents lui ont donné avant qu'ils ne meurent" et la dulcinée du héros.

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Le méchant

Vous me suivez toujours ? Oui ? Vous m'impressionnez. Oui, franchement. Je croyais toutes ces explications réservées à ma sagesse. Passons maintenant au second protagoniste le plus important de votre récit, soit le méchant. Le méchant possède lui aussi des caractéristiques qui lui sont propres, nous allons ici les étudier.

Tout d'abord, il faut savoir qu'il doit être laid ou simplement idiot. À s'en donner des crises de vomissements ininterrompues en se regardant dans un miroir, et à donner une excuse même à Gollum pour ne pas sortir avec lui. D'ailleurs, dans un bon roman fantastique, la laideur du méchant pourrait être la raison de sa rancoeur envers le héros : le méchant, affreux, pourrait être jaloux du héros à cause de sa beauté de dieu grec. Il pourrait par exemple s'en prendre à lui en arrivant dans sa retraite estivale et lui proposer, par exemple, de manger un fruit empoisonné de façon à le tuer... Et à la fin, le héros serait sauvé par un prince charmant ! Croyez-en ma sagesse infinitésimale, ce truc est certain de fonctionner dans un récit fantastique. Quoi ? Que me dites-vous là ? Taisez-vous et oyez-moi !

En tout cas, la laideur sera, pour vous, bien plus facile à décrire que la beauté. Alors que, pour le héros, vous ne pouvez écrire que quelque chose comme "Il était beau" comme seule description, vous pouvez, pour le méchant, dresser un portrait ressemblant en tous points au vôtre. Voilà votre description physique de méchant ! Maintenant, replacez bien vos imposantes lunettes sur votre nez et oyez-moi alors que je vais me servir un café.

Le méchant doit, comme je vous l'ai dit, vivre... attendez... je verse mon café dans cette tasse de faïence richement ornée... AAAAAAHHHHH !!! C'EST CHAUD, BONS DIEUX ! AIDEZ-MOI, PAUVRE SOT !!! C'EST ÇA, APPELEZ UN MÉDECIN !! En attendant, et malgré la douleur monstrueuse que je ressens, je vais continuer mon discours. Le vilain doit avoir comme habitation un château. Et pas n'importe lequel. Il doit être imposant et préférablement de couleur noire avec des grandes tours. Un vrai fort, imprenable et tout-puissant. Je vous conseille aussi de placer un canon laser sur une de ses tours pour relancer l'intérêt du lecteur à la description de la forteresse. Le méchant doit vivre seul à l'intérieur. Le méchant est fondamentalement solitaire. Il n'aime pas les humains. Vivant seul, le méchant ne se lave jamais, c'est pourquoi il pue et il est sale. Ah oui ! Le méchant peut parfois accueillir dans son château quelques personnes, mais il ne peut s'agir que de prisonniers destinés à une torture brutale et sanguinolente qui tient de la boucherie, après laquelle le méchant se régale des fleuves de sang demeurant sur le plancher. Votre clientèle de douze ans et demi adorera ces passages imprégnés du sadisme, voire du sado-masochisme inhérent à sa nature.

Merde de gnome, si ce médecin n'arrive pas plus vite, il va avoir de mes nouvelles.

Le méchant en a appris sur le héros par une sorte de pouvoir prévisionnel qu'il possède, donc il sait qu'il vient pour l'anéantir. Seulement, il faut retenir une chose d'une importance capitale : le méchant ne passe jamais à l'action avant que le héros ne soit parvenu à lui. Le méchant a bien beau être l'entité maléfique la plus puissante de son monde, il ne pense jamais à aller casser les dents du héros pendant que celui-ci est en chemin, et moins fort. C'est qu'il faut qu'il laisse une chance au roman de bien se terminer, voyez-vous ? Rappelez-vous bien de ceci, ou votre livre sera un gâchis total et il ne pourra refléter proprement mon génie.

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L'ami du héros

Bien, continuons cher et viril apprenti, l'ami du héros se doit avant tout d'être fort et plutôt bête. Mais pourquoi ? Mais parce que votre héros aura l'air moins con à côté, presque intelligent(!). Voici quelques astuces pour créer un personnage bête..., COMMENT ? Oh non, ne vous décrivez pas, on a besoin d'un type imposant, voyez-vous ? Mais vous pouvez garder le visage et le quotient intellectuel si vous voulez. Bref, donc l'ami du héros mesurera plus d'un mètre quatre-vingt, pèsera plus de 80 kilos, son physique de dieu grec sera forcément décrit lorsque le héros le rencontrera, soit dans un endroit malfamé, une miteuse auberge par exemple, ou en pleine activité virile, oui, un concours de lancers de troncs d'arbres peu convenir. Ainsi donc les habiletés de l'ami du héros doivent s'opposer à celle du héros, et ce dans tous les domaines de la vie. Par exemple, si votre héros est bon pour monter des chevaux, son ami doit en être totalement incapable, et devrait donc être excellent pour monter des autruches.

Attendez un peu, on cogne à la porte... Ah, c'est vous docteur ! Oui, je me suis renversé du café sur le bras gauche... ça fait très mal... ouilleouille. Quoi ? L'acupuncture ? Bon, si vous voulez. C'est bon, c'est bon, je m'installe au sol. Jeune félin, je vais continuer votre apprentissage pendant que le docteur me jouera dessus avec ses aiguilles.

Alors, que disais-je ? Oui, à propos de l'ami du héros. Cet ami peut être une amie, aussi. S'il s'agit effectivement d'un objet animé, pardon, d'une femme, il faudra qu'elle soit plus stupide que le héros principal, mais pourtant pas très forte non plus. Il faudra qu'elle s'occupe des activités ménagères lors du développement de votre trame historique. Il ne faudra AÏE !! Docteur, pas sur les aisselles ! Quoi ? Je vous déconcentrais ? Balivernes ! Bon, continuons, apprenti. Il ne faudra surtout pas qu'elle pourfende les acolytes ténébreux du méchant. Par exemple, pendant que le héros pourrait se battre contre un dragon dantesque cracheur de venin paralysant, son amie pourrait cultiver des baies fraîches pour lui faire un repas. Il faudrait qu'elle s'enfarge quelques fois dans des ronces pour accentuer sa stupidité ainsi que l'effet drôlatique de sa tâche. De toute façon les morveux de douze ans qui vous liront haïssent les héroïnes féminines fortes, agiles, séduisantes, plantureuses et amplement décrites par des illustration en couleur à la fois.

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La dulcinée du héros

Dépêchez-vous, docteur, je n'ai pas tout mon temps à consacrer à vos conneries d'aiguilles que vous ne placez incessamment que pour me faire payer plus cher !

Bon, où en étais-je ? Ah ! Oui ! C'est vrai. La dulcinée du héros. On va s'amuser. Il doit, s'agir, dans votre récit, de l'entité la plus stupide et imbécile, surpassant le méchant et même l'ami du héros dans ce domaine. La taille de ses seins doit également être inversement proportionnelle au degré de son imbécillité. La dulcinée, parce qu'elle est stupide, se fait généralement capturer par le méchant alors que le héros l'a enfermée dans un coffre-fort pour être sûr qu'elle ne se perde pas par la qualité douteuse de son sens de l'orientation. Lorsque le méchant la kidnappe, elle se laisse bêtement faire et trouve ça amusant que l'être maléfique le plus puissant du monde joue au sac de patates avec elle.

Docteur, pourriez-vous me servir un café ? C'est bon, je vous attends.

Ensuite, elle reste patiemment à attendre le retour de son bien-aimé... Oui, le héros, imbécile... dans le château du méchant sans jamais faire quoi que ce soit. Non, je sais que ce serait intéressant, mais elle ne se déshabille pas par pur amusement. Jamais. Les jeunes morveux n'aiment pas ça et préfèrent plutôt lire sur des sujets comme un homme musclé au torse généreux qui pourfend des ennemis, puis qui enlève son armure suavement, découvrant une chemise maculée de sueur.

Et c'est tout. La dulcinée ne fait rien d'autre. Oh mon Dieu ! J'allais oublier ! Elle jette au moins un regard langoureux au loin durant le récit. Je crois que vous pouvez vous faire une dulcinée de façon fluide, maintenant.

Ah, docteur, merci. Mais que vous êtes bon ! Vous m'avez apporté du sucre en plus !

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Les figurants

Ils sont là, mais ils ne font rien. À peine plus que la dulcinée du héros. Généralement, ils sont là quand le héros passe à côté et sont en train de magasiner des vêtements, ou plus rarement en train de danser la gigue irlandaise. Ou bien de faire l'amour dans la chaussé, c'est selon le genre de votre roman !!!

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Ftaghn wragh'krimah Okfhl, lskdfwe

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Ou Chapitre Tiers

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Ou Comment faire des trix d'écriture crédibles

Bon, continuons votre leçon, jeune félin. Les trucs d'écriture sont extrêmement importants pour votre roman car, à défaut d'avoir une bonne histoire, il possédera au moins quelques passages intéressants. Commençons.

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Les trucs au début

En commençant votre histoire, assurez-vous de mettre un chapitre composé d'une seule phrase... non, pas pour faire chier les environnementalistes, idiot... mais pour agripper votre public de boutonneux de 12 ans et demi, et aussi pour donner l'impression que votre livre est plus long qu'il ne l'est vraiment. Par exemple, votre roman pourrait débuter ainsi :

[Insérez un beau petit dessin stylisé ici]

Chapitre 1

Le rôdeur, tapi dans l'ombre, attendait...

Ensuite il s'agit de forcer vos lecteurs à s'humecter le doigt pour changer de page en passant tout de suite au chapitre 2, où vous ferez une introduction plus ou moins propice de vos personnages... Oui, les montagnes parlantes peuvent être incluses là-dedans aussi... Mais il faut surtout commencer le chapitre 2 par une citation n'ayant aucun rapport avec le chapitre 2. Il faut aussi que cette citation ait un caractère fantastique : vous faites un roman fantastique, bon sang ! Ainsi donc, en voici un exemple :

[Insérez un autre petit dessin stylisé ici]

Chapitre 2

« J'aime beaucoup la queue des dragons et cette citation n'a aucun rapport avec le chapitre 2. »
~ Sacha Guitry à propos de la citation sur le chapitre 2

Quoi, vous prétendez que cette citation n'a aucun sens ? Pauvre sot ! En passant, voulez-vous me goûter ce café ? Il est vraiment excellent !


Qu'en dites vous ?


Vous ne l'aimez pas ? Imbécile... J'aurais dû le savoir...

Quoi qu'il en soit, continuons avec le chapitre 2. Il s'agit d'y présenter le plus de personnages et de lieux possible en prenant le moins d'espace possible. Tâche difficile, certes, mais que nous allons voir lorsque je vous montrerai à quoi votre roman devrait ressembler, plus tard.

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Les trucs au milieu

Il s'agit alors de faire passer votre intrigue de stupide et ennuyante à stupide et intéressante. Pendant que le héros et son copain arpentent les routes en direction du château du méchant, ils peuvent rencontrer par exemple des brutes armées de redoutables fléaux d'armes qu'ils battent sans problème à toutes les quinze minutes, ou encore des vendeurs d'assurances si vous vous sentez original. Insérez des scènes d'amour fougueuses entre les passages de combat pour ajouter à la sympathie que les lecteurs auront pour le héros. Accentuez l'effet d'action des combats par des trucs d'écritures amplement expliqués dans les exemples suivants :

Chapitre 11

[Insérez une citation sur les infections sidéennes ici]

yyyyyropityproitykljher combattait avec le grand chauve qui brandissait deux gigantesques épées dans ses bras. Il évitait tout sans problème et passa soudainement à l'attaque. Il piqua d'abord le méchant au nombril avec son bâton...

[les points de suspension ajoutent du suspense]

Chapitre 12

[Insérez une citation sur la fabrication des accordéons ici]

Ensuite il le vainquit sans difficulté. Son ami était en difficulté mais il trouva facilement un tronc d'arbre qui traînait par là et le projeta sur son ennemi.


Ou encore

Chapitre 11

[Insérez une citation sur les vendeurs d'assurances ici]

Le vent soufflait sur l'arbre rouge...

[Insérez le plan d'un sous-marin ici]

Chapitre 12

[Insérez une citation sur les combinaisons gagnantes au Scrabble ici]

Le vendeur d'assurances sortit de la forêt sans bruit. Ensuite il passa à l'attaque !!! Il brandit d'abord sa robuste valise d'affaires sur yyyyyropityproitykljher qui reçut le coup en s'effondra par terre. Heureusement que l'ami de yyyyyropityproitykljher était là car il répliqua sauvagement en envoyant une solide branche d'arbre sur le vendeur d'assurances qui mourut sur le coup. Fier de son acte, il embrassa fougueusement yyyyyropityproitykljher.

Quoi ? Qu'est-ce que vous avez ?

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Les trucs à la fin

En tout cas, passons outre.

La fin de votre roman fantastique doit posséder une bonne conclusion, et surtout une scène de combat. Le héros doit y affronter une armée d'au moins un million de guerriers qui pourraient chacun botter le cul de Sauron sur les stéroïdes. Et la vaincre, bien entendu, sinon vos lecteurs morveux ne vont pas s'identifier à votre personnage principal. La bataille finale doit prendre au moins cinquante chapitres d'une demi-page à raconter car vous devrez sauter de chapitre en chapitre entre "le héros qui botte le cul de la super-armée du méchant" et "la dulcinée qui attend et qui regarde ses ongles mélancoliquement" pour donner un effet de contraste. Non, il ne faut pas qu'il y ait moins de chapitres pour le grand combat. Il peut y en avoir plus, par contre. Après avoir vaincu l'armée, le héros doit posséder la norme fixée par la loi de trois égratignures sur la joue gauche et doit finalement affronter le méchant au chapitre 109. À ce moment, vous manquerez d'idées, alors le méchant doit se suicider en disant ceci : "Nous nous retrouverons un jour, Élu des Dieux."

Et enfin, le héros doit grimper les murs du château (il est bien trop viril pour emprunter les escaliers) de façon à aller secourir sa dulcinée qu'il embrasse légèrement sur la joue. À ce moment, le héros vient de sauver le monde en tuant le méchant, mais il n'en a même pas conscience et retourne vivre dans sa maison pouilleuse de campagne en compagnie de sa dulcinée avec qui, implicitement car votre récit s'arrête juste avant ce point, il connaît de sauvages orgies sexuelles qui le condamneront à avoir des enfants avant de mourir dans l'oubli.

Et voilà, bravo, j'en ai enfin fini avec vos leçons d'écriture. Il reste maintenant à voir à quoi votre roman devrait ressembler avec tout ça.

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Lokptra'gne'fon

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Ou Chapitre Quatrième

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Ou À quoi votre merde roman devrait ressembler

Ce livre est dédié au pervers caféinomane gentil monsieur en cagoule qui m'a montré comment écrire des romans fantastiques,

Avec amour, [Votre nom]

CHAPITRE 1

Le vent soufflait dans les arbres de la prairie. Le cow-boy L'homme vêtu de la cape attendait...

CHAPITRE 2

« Non, je n'ai jamais approuvé le passage des lamantins à la douane. »
~ Sacha Guitry à propos du Livre Secret des Morts

Hjkaslkdooajf, notre héros a petite quéquette, se leva à cinq heures ce matin-là. Il vivait dans le monde de Jafjieowotuiy. Dès lors il se mit à regarder de la porno sur son ordinateur il sut qu'un grand mal s'attaquerait bientôt sur la Terre. La Créature, il en avait toujours entendu parler, mais elle serait là. En plus sa chère Thérèse Oisjlshjvuia n'était pas là ce matin-là parce que le méchant Gafdavporusajfh Lan-Bisdhvb l'avait enlevé la nuit précédente à son insu en se camouflant avec son armure de guerrier-grenouille sa terrible épée, Wawrwrwrpklkpklk.

Enfin bon, il fallait qu'il se lève et il se leva à cinq heures ce matin-là. Il alla vers l'école des sorciers les champs mais se détourna en route pour aller à la ville de T'osjdfioj, non loin de là. En chemin il rencontra un vendeur d'assurances tapi dans les bosquets qui tenta de l'agresser sexuellement de lui voler son sac à main. Après avoir pourfendu son ennemi, Hjkaslkdooajf rencontra un ami dans la ville et cet ami s'appelait...

CHAPITRE 3

« Le livre des dragons recèle une grande connaissance qui m'oblige à me concentrer sur le passage des lamantins à la douane. »
~ Sacha Guitry à propos du Livre Secret des Morts, tome 34

Uyegfdcv. Uyegfdcv était présent à un concours de calage de limonade et était bien plus gros et costaud et moins intelligent que Hjkaslkdooajf. Ils furent donc amis.

CHAPITRE 4

Non, la baleine ne s'en irait pas. L'homme vêtu de la cape sembla se retourner un instant...


Bon, si vous voulez bien m'excuser, je suis taraudé par les démons de la fatigue et je reviendrai plus tard pour compléter cet article votre leçon. Vous pouvez disposer.


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