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Birdemic: Shock and Terror, chef d'oeuvre de James Nguyen sorti dans les salles obscures en l'an de grâce 2010 est un film de genre, transcendant les codes du cinéma tel qu'il est conçu par le commun des mortels.

SynopsisModifier

L'on suit les pérégrinations de Rod et Nathalie, deux jeunes tourtereaux dans le dédale de la vie, qu'ils n'auront pas facile. Et pour cause: une invasion de volatiles .gif-iques menace l'équilibre du cosmos. Comment nos deux héros vont ils se sortir de cette situation pour le moins épineuse?

Birdemic, ou l’histoire d’un film qui changea les HommesModifier

Introduction Modifier

De tout temps, les hommes ont recherché un idéal esthétique, et ce à travers toutes les formes de l’Art. A travers Birdemic : Shock and Terror, James Nguyen nous propose sa vision du Beau. En abordant diverses thématiques sociétales et philosophiques, cette œuvre expose une vision de la condition humaine résolument novatrice et critique d’un mode de vie occidental sur le déclin. Hommage assumé aux Oiseaux d’Alfred Hitchcock, Birdemic est un film fondamentalement référencé qui parvient malgré tout à s’extirper des travers récurrents bien trop souvent présents dans les productions contemporaines du septième art.

Revendications socio-politiques Modifier

Fervent défenseur des libertés individuelles, James Nguyen s’est attaché à faire transparaître dans le film ses profondes convictions humanistes. En effet, Birdemic s’érige comme une diatribe virulente de l’impérialisme américain à travers ses partis pris graphiques diabolisant les gouvernements phallocrates et sectaires. S’inscrivant dans la lignée des films engagés tels que L’Affiche rouge (1976) et Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne (2011), il s’approprie avec panache les codes d’un genre éculé qu’est le film d’épouvante ; il se joue habilement des stéréotypes récalcitrants hérités d’une vieille école dont George Romero et Wes Craven sont des figures de proue incontournables, mais ayant néanmoins autant façonné que fasciné leur auditoire. Enfin, James Nguyen tente désespérément de faire entendre raison aux masses trop souvent mal informées en tirant une sonnette d’alarme environnementale, nous rappelant le caractère par nature égoïste et irresponsable de l’Homme vis-à-vis d’une Nature « qui nous a si longtemps portés en son sein ». A travers cette œuvre, Nguyen se pose comme l’un des plus grands penseurs de son temps, en signant une révision altermondialiste des Oiseaux tout en nuançant un propos parfois confus et contradictoire dans l’œuvre originale.

Doctrine philosophique Modifier

La filmographie entière de James Nguyen, et par extension sa pensée, s’articule autour d’un concept en apparence évident mais pourtant essentiel : le Pourquoi. « Le premier penseur fut sans nul doute le premier maniaque du Pourquoi », disait Emil Michel Cioran. Une phrase qui n’a jamais autant été sublimée que par l’objectif de Nguyen, qui n’essaye pas de changer le monde, mais de le comprendre. A travers le prisme de sa sagesse, il diffuse sa compréhension profonde des relations sociales, signifiant son appartenance éperdue au genre Humain. Ici, comme chez Sartre, l’intersubjectivité passe par la méditation du corps. C’est donc le sentiment de honte qui agira comme médiateur au moment de réaliser son existence aux yeux d’autrui. Nguyen se prend même à philosopher sur la philosophie elle-même, en suivant une démarche d’apprentissage à se laisser mourir au sensible. Il apporte de nouveaux concepts, il les expose, mais ne les discute pas. Il s’efforce de comprendre au sens large ce que ses contemporains se contentent de montrer.

La dialectique du Maître et de l’Esclave dans BirdemicModifier

Théorie incontournable de l’idéalisme allemand, la dialectique du Maître et de l’Esclave de Georg Wilhelm Friedrich Hegel trouve un écho particulièrement résonnant dans Birdemic : Shock an Terror. Tout au long du métrage, le rapport de force entre les protagonistes (le maître) et le fléau aviaire (l’esclave) ne cesse d’évoluer dans un va-et-vient flamboyant. L’Homme œuvrant contre la Nature se transforme lui-même et revendique son autonomie au monde animal. En tant qu’animal politique, l’Homme jouit d’un statut privilégié sur le règne du vivant. Une hiérarchie contestée par l’oiseau, véritable prodrome de l’angoisse de Nguyen face aux dérives multiples de la technique.

La Forme au service du Fond Modifier

Faisant fi des conventions préétablies par les pionniers du genre, Nguyen livre un produit à la photographie irréprochable sans pour autant délaisser son propos, à la manière de Kubrick dans sa période psychédélique. Empruntant à la fois l’identité picturale et les idées de Grant Wood, Nguyen dans Birdemic premier du nom impose son travail comme une œuvre conciliant scène américaine et Nouvelle Vague hong-kongaise (Hitman le Cobra). Les deux hommes – et quels hommes – ont en commun une verve inégalable quant à leurs convictions, à savoir un dégoût profond envers la décadence du Midwest américain. L’art n’a d’autre objet que d’écarter tout ce qui nous masque la réalité, pour nous mettre face à la réalité même. Birdemic l’a bien compris et le met en pratique au travers de plusieurs éléments. L’iconique scène du cintre met en scène ceux que le cadrage nous montre comme héros utilisant cet ustensile, véritable réification du capitalisme utilisé contre la menace volatile. Les personnages sont victimes d’un syndrome de Stockholm, prisonniers du mode de vie qui les a vu naître. Le cintre ne constitue ici ni une flore, ni une faune. Pourtant il donne bien l’impression d’une végétation proliférante et d’une jungle, où le nouvel Homme sauvage des temps modernes a bien du mal à retrouver les réflexes de la civilisation. Le mode de vie occidental apparaît comme une seconde Nature pour l’Homme, orphelin de son état originel. D’autre part, d’aucuns remarqueront que le nombre d’oiseaux par plan suit une évolution selon le morphisme bijectif de $ \mathbf{R} \to\mathbf{R}^+ $ solution du problème de Cauchy suivant :

$ \begin{cases} y' = y \\ y(0) = 1 \end{cases} $

Cette gradation, tant auditive que visuelle, participe à faire naitre chez le spectateur un sentiment d’oppression, qui permettra chez lui l’inception de la thèse du réalisateur par les mécanismes de réflexes conditionnés tels qu’ils ont été mis en évidence par Pavlov au début du XXème siècle. En bref, James Nguyen se livre à une profonde introspection, à un dialogue avec lui-même. Tout en analysant les causes profondes du Désir, il propose une vison nuancée et subtile de la nature humaine, retraçant d’une manière iconoclaste mais toutefois pertinente le parcours de notre espèce, depuis la nuit des temps jusqu’à notre époque moderne. De Birdemic : Shock and Terror, nous ne retiendrons donc qu’une chose : l’Homme est une création du Désir, non pas une création du Besoin.


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