Bataille sur le Pont de la Seine

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L'évènement Bataille sur le Pont de la Seine eut lieu sur le Pont Neuf à Paris le 14 juin 1987. C'est l'un des grands évènements de l'Histoire de France, avec la Bataille de Verdun et la Bataille de Balaklava.

Contexte historique

Le 14 juin 1987 à midi, le soleil firmamental épinglé sur un ciel merveilleusement bleu, châtoyait sur la ville de la romance, éclairant la nature repue de sa verdoyance, et les épanouissements architecturaux du Pont Neuf dont on avait juste restauré les pittoresques mascarons sur un décret du roi Henri IV[1]. La Néo-Renaissance Française, nirvana de beauté, coulait à flots, et ne laissait jamais d'éblouir les grands d'Europe.

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J'étais lascivement penché en arrière, accoudé sur le muret d'un des balcons face au terre-plein de la luxuriance panachée de l'Île de la Cité, decorum ornemental dont on pouvait noter le soin tout féminin. Peut-être l'exquise duchesse Gabrielle d'Estrée, ou Marie de Médicis. La lumière tiède bécotait au gré des vents et des projections fraîches d'embruns transposant un bouquet parfumé à la rose et au muguet, aérant mes cheveux déployés de leur gorge de béatitude. Une paresseuse ondulation scintillante berçait le reflet mou des piles du pont ainsi que l'atmosphère un brin mélancolique, que chatouillaient les multiples vicissitudes optiques piquant la curiosité du badaud occasionnel, comme une carte postale animée des hautes herbes qui flottaient, le vent en poupe, comme des gamines échevelées.

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Nous étions en couple, moi et une cousine et amie d'enfance, Sarah. Nous étions tous deux vêtus de kilts écossais traditionnels aux motifs de tartan, complétés par des T-shirts blancs. Nous étions descendus d'Écosse pour visiter Paris, traverser les ponts les plus célèbres du monde, et nous enivrer du bon-vivre français, symboles d'une certaine faune avec nos appareils photo en bandoulière. Sarah sentait bon le Nivéa. Elle tenait la cornemuse de son grand-père sous son bras, et suçait sur sa glace à la vanille. Moi j'étendais les jambes sous la robe, et secouait les dernières poussières de lassitude infiltrées par l'entrebaîllement d'une longue sieste rédemptrice. La grève des cheminots était depuis longtemps derrière nous, et il était évident au passant occasionnel que nous faisions pont ce vendredi, comme les arcades majestueuses du Pont Neuf qui s'élevaient sur des vacances d'air parfumé en ascendance dans le plan de miroitement des prometteurs éclats estivaux.

Signes précurseurs

Je m'étirai de tout mon corps en sentant l'air glisser sur moi comme une caresse veloutée. Un moineau domestique s'était juché devant moi, qui piaillait, et laissait distinguer le jaune aux commissures du bec caractéristique des petits jeunes. En me relaxant je promenai une main distraite sur le chignon mignon de Sarah, avant de l'empoigner et capillotracter vers le bas non sans violence. Je la désequilibrai juste assez pour pourvoir à une vraie prise d'élan par laquelle je molestai son faciès contre une corniche. Enivré je profitai de son hébètement soudain pour lui faire visiter le pont à rebrousse-poil, la défonçant régulièrement à chaque saillie de la main courante. J'essayai ensuite de faire basculer son buste par-dessus le parapet de façon à présenter son visage aux mascarons de Germain Pilon pour un ravalement de façade, quand sa main droite vint loger ses ongles dans mon bras. Je hurlai et douleur et malédiction. Elle se dégagea et tira avec une furie de harpie sur mes cheveux. Je m'affaissai par terre, les mains en opposition. Alors qu'elle se jetait sur moi et tentait de me défigurer en lacérant de ses serres et de son bec acéré, je lui coupai providentiellement le souffle d'une Marcel Cerdan dans le foie. Elle se ploya en avant et je lui ceignis la tête dans un sleeper hold sous l'aisselle gauche. Je m'appuyai sur cette prise afin de me redresser sur les pieds, puis j'emboutis le bélier humain sur 10 pas d'élan contre le muret opposé, afin de véritablement lui faire traverser le pont. Je sentis le cou céder, je lui subtilisai le cône de glace à la vanille qu'elle tenait encore, le fourrai péremptoirement dans son gosier, puis je passai le bras droit sous son aisselle gauche et enroulai mon bras gauche autour du cou pour un fameux Arm Triangle Choke.
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Je serrai et me laissai tomber vers l'arrière, smashant ses zygomatiques et décalant significativement leur géométrie structurelle. Je la retournai sur son dos et m'assis sur son ventre, juste avant de délivrer une salve de coups de poings afin de lui faire avaler ses derniers spécimens de dents antérieurs. Le sang volait, mais la leçon n'entrait pas bien : elle planta hargneusement ses gencives dans mes veines, les narines dilatées giclant convulsivement le sang bouillonant de fureur. Je mis la main à son sac à main et en sortis un écrin de crème Nivéa. En maintenant en respect ma captive, je maculai mes doigts de crème et aplatis mes mains épaissies sur son visage et ses cheveux. Je m'appliquai aussi à lui faire ingérer du soin dermatologique en forçant quelques doigts dans le gosier et dans les narines, jusqu'à la faire éructer de dégoût et d'humiliation. Je procédai à une improvisation de strangulation avec la bandoulière de l'appareil photo, en la tenant en place avec une half-nelson, mais son coefficient d'adversité était suffisamment remarquable pour m'étonner, et c'est avec respect que je la traînai en laisse sur les pavés, laissant derrière le dessin d'une filière de lymphe, sang, salive, morve, urine d'effroi et régurgitation d'ex-glace à la vanille. Je me saisis de l'escarcelle et tirai sur le cordon pour la relever. Je la fis basculer cul à l'air en tirant sur la ceinture avec la perspective cristalline de la projeter complètement par-dessus bord pour une mise en Seine digne de Claude Lelouche. Mais elle se ramassait sur la main courante remarquablement bien, de sorte que je dus la ramener à la raison à coups de cervicales éclatées à la retombée de biais sur le muret.

Déploiement des effectifs sur le terrain

J'eus pour projet de disloquer ses mâchoires en les écartelant à deux mains, mais une bicyclette dans les parties honteuses acheva de me dissuader. Je roulai par terre de douleur, les mains dans l'entrejambe. Elle me cassa la nez d'une manchette ajustée. J'essayai de voler un instant de répit en détalant vers la liberté, mais à peine debout elle me culbuta avec une férocité surhumaine et je finis face contre le muret opposé. Je m'épanchai étalé de tout mon long sur le ventre. Elle sauta sur mon dos genoux en avant, suscitant de moi un haut-le-coeur suivi de gerbes de vomissures jaunes d'inspiration Néo-Renaissance.
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Elle me tendit la main pour m'aider à me relever : je saisis la perche ou le bâton dans un état relatif de démission mentale. Elle prit ostensiblement, dans le flou, 5 mètres d'élan et se rua vers moi en poussant une tonitruante vocifération inhumaine. Alors qu'elle allait rentrer en moi je tirai sur sa guenille de T-shirt et lui fit prendre la tangente. Elle s'emmura douloureusement avec un cri de loutre en voie d'extinction, et alors qu'elle rebondissait comme une loque déflatée je l'interceptai d'une corde à linge. Je lui brisai emphatiquement les côtes en m'empilant sur sa dépouille désespérément terrestre, puis je calai sa tête au creux de mon genou droit, et en tirant sur ma cheville j'essayai de toutes mes forces de comprimer son crâne pour le faire exploser par surpression. Cette prise aurait tué n'importe qui, mais pas Sarah. Elle persévérait à pousser des jambes, le buste affalé comme un demi de mêlée argentin cultivant l'anti-jeu.

Je sortis conclusivement mon Sgian Dubh (petit couteau écossais traditionnel) de ma chaussette et entrepris de taillader le frêle tissu qui la séparait de la mort, quand nous nous aperçumes soudain en braquant la tête d'un côté et de l'autre que toute une foule massée de part et d'autre nous regardait les yeux écarquillés.

Moment de silence.

J'essayai de leur faire un sourire, mais il me semblait, d'un lointain plan de conscience et d'existence, que j'étais vain, ou que ça sortait mal, ou qu'un prisme imaginaire réfractait mon sourire en un rictus épais et malaisé.

C'est à cet instant de la séquence cinématique que Nicolas Bataille, dramaturge aquatique mondialement célèbre[2], se présenta sur la rive gauche du pont et conduisit son cortège de courtisans dans une noble procession devant nos mâchoires déroulées en un double tapis rouge. Il allait faire la Une de tous les journaux nationaux de la presse et de la télévision ce soir là.

Conclusion

Nous étudierons prochainement un autre sujet au titre plus parlant : Pif, mascotte de Pif Gadget, sur le quai de la Gare Saint-Lazare.

Voir aussi

Notes

  1. Cf. La Reine Margot, film de Patrice Chéreau
  2. A moins que ce ne soit "dramaturge mondial aquatiquement célèbre", je ne sais plus.


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Ce sondage a été créé le janvier 5, 2008 13:42 et 87 personnes ont déjà voté.


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