Autant pour moi

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« Autant pour moi », et non pas « au temps pour moi »[1], ni « autant par mois ? »[2] est une locution exprimant la reconnaissance d'une erreur de la part du locuteur. On rencontre couramment la graphie « au temps pour moi », mais Maurice Grévisse[3] souligne que la graphie « au temps » soulève encore un doute, et rappelle qu'André Thérive[4] estimait que « au temps » est un substitut pédantesque de « autant ». De même, selon la treizième édition du Bon usage de Grevisse[5] la graphie « au temps » de l'injonction militaire et gymnastique est peut-être une altération de autant.

Hein.

Donc tous les fiers à bras qui crient sur tous les toits qu'« autant pour moi », ça s'écrit comme le temps, ils peuvent remettre leur casquette à l'envers.

[modifier] Sens et étymologie

Selon l'Académie Française, « au temps » est une expression militaire signifiant qu'un des soldats n'était pas dans le temps en faisant un mouvement, et l'opération doit être reprise depuis le début. Selon d'autres feuilles de salade, « au temps » proviendrait des chefs d'orchestre qui sont les seuls maîtres à bord.

Quant à la vraie version, « autant pour moi », elle provient du bas-latin autantus para meo[6]. Une description mot à mot est de rigueur :

  • autantus vient du grec αυτόν qui signifie « soi-même » auquel est adjoint le suffixe islandais -tus qui signifie « et je peux te dire que je le regrette, parce que franchement, des comme ça je m'en passerais » (autantus a donné « désolé, je me suis »).
  • para vient du ghetto et il signifie « la légion m'a refusé mais je vais leur prouver que c'était une erreur. Nom d'un chien. » (Cela donne « trompé »)
  • meo vient de ma petite sœur qui me crie tout le temps « nan meo c'est moi qui parleuh ». Il a perdu son sens au fil du temps pour simplement vouloir dire « je répète ». (Allez, devinez ce que ça donne.)

Le tout mis ensemble fournit le sens suivant : « désolé, je me suis trompé, je la refais ». Exemple d'utilisation :

« Je crois que j'ai dix euros. Autant pour moi, j'en ai douze. »

Ou encore :

« Je crois que la fille de Philippe Pottdanlfrigo s'appelle Sylvie. Ah non, autant pour moi, c'est Jessica. »

On trouve la graphie « Au temps pour moi » dans deux livres de Maurice Genevoix sur la Première Guerre mondiale : Sous Verdun (1916), où un capitaine, s'apercevant qu'il a ordonné le feu par erreur, donne le contre-ordre : « Cessez le feu ! Au temps ! Au temps pour moi ! » ; et La boue (1921), où, au cours d'une conversation familière avec son lieutenant, un soldat accompagne d'un « Au temps pour moi » la constatation que l'évènement ne lui a pas donné raison. Comme quoi, les militaires ne savent vraiment pas écrire.

[modifier] Claude Duneton

L'historien du langage Claude Duneton a, lors de sa courte vie, exposé plusieurs autres théories.

Né en 1902 à Autant-sur-Moine, dans les Deux-Sèvres (79), il a écrit, en 1918 un premier livre appelé Autant pour toi, autant pour moi, qui racontait l'histoire sulfureuse de deux amis qui partageaient la même femme. L'année suivante il a enchaîné les best-sellers en écrivant dans la foulée Est-ce qu'il reste du riz ? Oui dans le frigo, Les aventures titanesques de Ernst Blintz et Comment manger des nouilles quand on n'a pas de bouche - un traité sur l'anorexie en dix volumes. Son premier livre fit un scandale terrible. Hernani, à côté, c'était de la gnognotte. Lorsque Claude Duneton monta un mouvement pour la défense de la bonne orthographe, les membres de l'Académie Française ne voulurent pas prendre parti, de peur d'être associés aux scandaleux propos dudit ouvrage.

C'est alors que, dans un souci de défense aveugle des bonnes mœurs, ils créèrent cette orthographe de substitution[7], avec une étymologie aléatoire et innovante, en espérant que ça passerait inaperçu. Cependant, Claude Duneton restait aux aguets et dès la parution du décret stipulant que « au temps pour moi » était correct, il s'insurgea et donna mille raisons assurant que « autant pour moi » était la bonne orthographe.

Il proposa, par exemple, que l'expression aurait pu venir de : « Je ne suis pas meilleur qu'un autre, j'ai autant d'erreurs que vous à mon service : autant pour moi. » C'est l'interprétation toute naturelle de l'expression, hein.

Claude Duneton a aussi repris l'expression anglaise « so much for ». Elle n'a pourtant ni le même sens ni la même construction. Il devait être fils de militaire.

Il est mort en 1921, en glissant sur une feuille de salade à la sortie de l'Académie Française où il venait de mener un combat[8] sans merci pour la défense de cette orthographe. Quand son ami Patrick Robaisepierre a recueilli ses dernières paroles, qui montraient son obstination à la réussite :

« Je vais vivre ! - arggh - ah non, autant pour moi. »

En sa mémoire, un décret de 1926 interdit de manger de la salade aux abords du quai de Conti. Cependant les académiciens ayant survécu à l'assaut refusèrent d'accepter la bonne orthographe. Depuis la mort de Claude, le combat entre les académiciens et les défenseurs de l'orthographe correcte de cette locution a été pour le moins destructeur. On ne compte plus le nombre d'attentats ayant eu lieu contre le bastion des académiciens.

Ces dernières années, le combat s'est légèrement calmé, en particulier depuis qu'on ne demande plus aux hommes politiques de savoir lire.

[modifier] Dérivés et autres sens

On trouve aussi dans le langage d'autres expressions issues de cette expression dramatiquement connue.

  • « Au taon pour moi » signifie qu'on n'a pas peur des guêpes, finalement.
  • « OTAN pour moi » est une expression américaine utilisée exclusivement dans la phrase : « que veux-tu, Saddam, j'ai l'OTAN pour moi ! » et qui signifie « tu vas voir ta tête dans un an mon petit père. »
  • « Au TAN pour moi » signifie qu'on donne rendez-vous à quelqu'un à un arrêt de bus à Nantes/Niort.
  • « O Tannenbaum » signifie mon beau sapin roi des forêts que j'aime ta verdure.

[modifier] Notes

  1. Qui signifie : « Désolée mais ce soir j'ai tai chi, tu veux pas me laisser vivre ou quoi ? » - voir par exemple Un couple de la cinquantaine de Stanley Kubrick.
  2. Dont le sens est admis par l'Académie Française comme : « Vous êtes vraiment certains qu'un appartement de 20m² doit coûter 950€ par mois ? » - voir par exemple dans le 15e arrondissement.
  3. dans Le Bon Usage (10e éd., 1975, paragraphe 989, 2, note 1)
  4. dans Les Querelles du langage, tome II
  5. (refondue par André Goosse), 1993, § 1051, b, p. 1569 (qui renvoie à J. Damourette et Éd. Pichon, Des mots à la pensée, Paris, 1911-1971, § 2690)
  6. On retrouve par exemple cette expression dans la célèbre déclaration de César lors de son assassinat. Lorsqu'en tombant il s'écria « tu quoque mi fili ! », sa tête heurta le sol et son regard passa sous la toge de Brutus et César dut rajouter : « autantus para meo, mi filiae ! ». On n'a jamais su si César avait eu le temps de comprendre pourquoi Brutus voulait toujours se faire appeler Chloé.
  7. Il est évoqué ici l'orthographe « au temps ». Il est annoté que les académiciens se sont bien poilés en inventant de pareilles sornettes. On raconte même qu'ils s'étaient un peu amusés à sniffer de la roquette, avant.
  8. On rapporte même qu'il avait sculpté dans le manche de sa machette l'inscription suivante
    « Autant pour moi et autant dans ta gueule. »


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