Arlon

Un article de la désencyclopédie.

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« F'neh Arlon, c'neh r'tah jnebe'h ryulh'lhu n'ath n'thai Cthulhu n'gah ! Arlon c'neg R'lyeh ! »
~ Proverbe Arlonnais

Par delà le mur du sommeil, mes médiations oniriques maintes fois me conduisirent en un lieu démesurément étrange, au sein duquel une brume opaque recouvrait une architecture ancienne érigée par un peuple disparu...


I


Mes recherches sur les civilisations prémésozoïques, qui me valurent la chaire que j'occupais valeureusement au sein de l'université de Miskatonic, me conduisaient outre mesure à feuilleter de nombreuses revues traitant de découvertes anthropologiques et de curiosités scientifiques. Il m'arrivaient également de lire d'autres types de publications, et ma surprise fut incommensurable lorsque je découvris, dans un certain opus intitulé La Meuse, une référence à une ville dénommée Arlon, laquelle partageait un nombre étonnant de similitudes avec d'antiques cités mythologiques.

Cet article faisait la part belle à l'écriture d'un pamphlet contre la ville, publié sur un site de l'Internet nommé Désencyclopédie. Je reproduis ici fidèlement le texte en question, écrit par un certain professeur Barry Cow, dont je ne possède malheureusement pas le cursus. L'objet du scandale n'est recopié ici que pour ses mentions, qui vous seront utiles par la suite pour la compréhension de cette aventure, dans laquelle je crus bien perdre ma santé mentale.



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Un des rares portraits du professeur Barry Cow.

Après moultes recherches, je ne découvris aucune trace du professeur Barry Cow, l'auteur de cet article. Cela était dommage, car j'eus aimé le questionner sur divers points, particulièrement cette mystérieuse évolution démographique qui se produit chaque nuit, lorsque le bourg se dépeuple et que de 27000 il passe à 57 villageois.

La même anecdote est contée au sujet de grandes cités pré-antiques peuplées d'hommes-reptiles, selon la légende de Yig le Dieu des Serpents, contée dans l'effroyable Necronomicon écrit par Abdul Al Hazred, l'Arabe devenu fou après l'achèvement de son ouvrage.

D'autres étonnantes spéculations me faisaient craindre le plus inquiétant : l'existence d'un certain "maitrank", une boisson qui amenuise les capacités respiratoires de son consommateur et qui me fit penser au suc démoniaque sécrété par Yog-Sothoth, le Gardien de la Porte.

Bien entendu, il ne s'agissait là que d'hypothèses farfelues se basant sur un folklore local.

Néanmoins, la comparaison entre l'habitant d'Arlon et le "bouseux" me fit également frémir, car elle me fit immédiatement penser aux habitants d'Innsmouth en Nouvelle-Angleterre, lesquels seraient selon d'anciennes légendes racontées par les autochones d'Arkham, les descendants d'un singulier peuple d'hommes poissons-grenouilles machiavéliques habités par d'effroyables shoggoths. Je le répète, il ne s'agissait à l'époque pour moi que de simples suppositions, mais elles suffirent à éveiller mon intérêt pour la cité d'Arlon, située vraisemblablement en Europe de l'Ouest.

N'ayant pu obtenir de l'université le budget nécessaire à une exploration archéologique, je pris néanmoins sur mes propres économies de quoi me lancer dans l'exploration de ce que j'appellerai plus tard "le cauchemar d'Arlon". Mon départ vers l'étrange ville fût donc organisé par mes soins, et je partis muni de l'étonnant article du professeur Cow, de mon revolver et de mon guide du routard.

Ne vous sentez pas obligés de croire le récit qui va suivre, vous êtes tout à fait en droit de le considérer comme une fantaisie de ma part. On ne peut reprocher à quiconque de douter de la véracité de faits qui dépassent la compréhension humaine et plongent l'inconscient humain dans l'abîme du temps. N'en croyez pas un mot, préservez votre santé mentale. Considérez cela comme une pure fiction et n'y réfléchissez pas en tentant de trouver le sommeil, la nuit, lorsque d'étranges craquements se font entendre dans votre immense résidence perdue au cœur d'une sombre forêt.

Ne croyez en rien ce récit...

Pour peu que vous ne soyez pas effrayé par les terrifiants Hommes-Crevettes du Pas-de-Calais ou les démoniaques shoggoths mangeurs de tartiflette du Luxembourg...


II


Quant à mes lectures durant cette escapade, elles se composaient certes des pièces dont je rapportais l'existence précédemment mais également d'ouvrages de qualité inhérentes à la somme de leurs connaissances occultes, telles que De Vermis Mysterii de Johann Kreuser, ou encore Les Vampyrs de Louys Feuyade, ainsi que Malesdictions de nostre Terre par les Gynées du grec Pithoyagos. J'emmenai aussi avec moi ma bonne vieille collec' de Picsou magazine. Quoi de plus agréable à lire au coin du feu tout en fumant un bon cigare et en buvant un bon verre de brandy que sa bonne vieille collec' de Picsou magazine ? Je m'égare.

Mon trajet fût très calme quoique fort mouvementé, et j'arrivai enfin aux environs du bourg. Les dimensions fantasmagoriques des arbres projetant une ombre pénétrante sur les murs démantibulés des maisons biscornues créèrent chez moi un indicible sentiment exaltant de troublante magnificence mêlée de terreur absolue et en même temps j'avais envie d'aller aux toilettes. Je pris une chambre dans une pension environnante de la ville.

La découverte d'Arlon et de ses environs devait se faire avec prudence, car si j'en croyais les documents en ma possession, la ville pouvait fort bien receler une interférence avec une dimension parallèle telle que la quatrième dimension, les travaux einsteiniens d'Euclide et la théorie de la relativité variable et absolue m'avaient convaincu que l'Univers était un tout décalé et que l'essence même de l'existence résidait dans les mondes égarés des galaxies intersidérales inconnues.

Il n'était pas impossible qu'Arlon fût la porte maléfique des êtres démoniaques omnipotents venus d'autres horizons asservir la race humaine par le biais de Yog-Sothoth, le Maître des clés des dimensions hypercosmiques, Dévoreur de Mondes parmi les Grands Anciens. Et comme j'avais peur des Hommes Crevettes du Pas-de-Calais, je pris avec moi une matraque électrique pour leur mettre un coup au cas où je les croisais.

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Yog-Sothoth dévoreur de l'Inconnu.

Au fur et à mesure de mes réflexions qui se conjuguaient avec la marche à pied que j'entrepris pour me rendre à Arlon, inconscient que j'étais, une hypothèse frôlant la folie pure se constitua en mon âme.

Ce qui me dérangeait le plus dans l'article du site internet "La Désencyclopédie" était cette étonnante enquête qui demandait aux lecteurs de manifester leur soutien en fin de texte, en votant dans un petit sondage : hormis quelques occultistes, qui diable pouvait s'intéresser à Arlon ? Il me vint alors à l'idée que les votes n'étaient pas le fruit d'êtres humains normaux. Je pensai à Shub-Niggurath, le Bouc Noir aux Mille Chevreaux : et s'il avait demandé à ses Chevreaux de voter pour Arlon pour ce sondage ? Je songeai également à l'innomable Cthulhu : et si tous les votes étaient actionnés par des ordinateurs différents, grâce aux tentacules glacés et brûlants de l'abominable antiquité diabolique ?

Les gens d'Arlon étaient-ils en fait des Hommes-Crevettes du Pas-de-Calais ? Ou bien, sous la brume, voyait-on en fait qu'il ne s'agissait pas de gens marchant dans la rue mais plutôt de tentacules déguisés en êtres humains, des tentacules reliés à Cthulhu, LE MARIONNETTISTE MONSTRUEUX ???


III


Suivant les recommandations du professeur Barry Cow, je savais que trois emplacements d'Arlon recelaient des secrets inavouables : le "Centre", le "Café" et l'"Escale". Je craignais de me faire attaquer par des êtres tentaculaires venus d'intrigants passages spatio-temporels, mais dans l'intérêt de la Science, je devais commencer par visiter le "Centre".

La ville en elle-même était d'une fausse banalité, je supposais bien que derrière les innommables et ternes murs des hermétiques et mystérieuses maisons se cachaient les plus sombres secrets de l'univers et que les entités cosmiques qui avaient bâti cette cité recherchaient la clé de voûte du passage intramondes leur permettant de venir dévorer la race humaine.

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Craignez le courroux de Cthulhu !

Je traversais alors funestement le Centre, un amas rectangulairement urbain de maisons et de rues rectilignes et de trottoirs adjacents de façon inquiétante. Je découvris spectralement ainsi une première rue en angle droit dans laquelle les démoniaques rayons du soleil dardaient sur les effroyables véhicules et les étranges passants dans une ambiance machiavélique probablement venue d'un univers ancestral construit sur la sagesse troublante des guerriers anciens et maléfiques.

Puis je traversais une autre impénétrable rue fantasmagorique dans laquelle la lumière éblouissante de l'astre du jour éclaboussait de sa violente imprécation lumineuse les vitrines réfléchissantes des commerces et les fenêtres transparentes des automobiles à moteur. Les passants qui n'étaient guère éblouis étaient-ils des tentacules maléfiques de Cthulhu ? Non-éblouis par le soleil, on eût dit qu'ils cheminaient au sein de la monstrueuse cité grouillante tels des vermisseaux monstrueux et maléfiques qui auraient pris forme humaine.

Dans une autre rue, je m'aventurai avec crainte, car même si les habitants potentiellement tentaculaires ne m'avaient point pris comme victime, je ressentais une oppression des plus malsaines par la simple présence du spectre lumineux qui détaillaient le contour des résidences, des rues et des véhicules par son éclat brûlant venant d'on ne sait quel enfer.

Puis je pris une autre infâme et horrible rue, et l'heure tardive fît que les terrifiants rayons dardant éblouissants du monstrueux phénix solaire laissaient peu à peu place... à l'incommensurable terreur de la nuit ! Déjà il faisait moins jour et par une magie démoniaque l'obscurité envahissait Arlon ! Étais-je fou de folie ? Devais-je craindre le courroux des Hommes-Crevettes du Pas-de-Calais ? Devais-je reconnaître déjà que j'avais fait le déplacement pour rien et qu'il n'allait rien se passer ?


IV


Bien laborieusement, je traversai donc le "Centre" et arrivai enfin au "Café". Déjà l'astre lunaire dardait ses rayons funestes dans les ténèbres de la nuit. La lune resplendissait comme le trône d'Azatoth, le Sultan Démoniaque. Nyarlathotep !


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Ïa ! Shub-Niggurath ! Le Bouc Noir Aux Mille Chevreaux !


Je m'engouffrai sinistrement dans le Café en quête de vérité, me demandant si par la même je n'actionnai pas un interrupteur invisible et occulte conduisant à une dimension enfouie dans les entrailles spectrales des galaxies perdues. Devant moi s'étendait une foule de quatre à six personnes consommant des breuvages, et cet étrange sabbat était orchestré par un homme qui essuyait d'un torchon blanc immaculé mais sale un calice qui était une choppe de bière vide. Ce verre était-il destiné à recevoir le sang d'un enfant innocent pour ramener d'entre les morts la sorcière Keziah et le satanique démon Mictanctecutli ?

Un indigène - un Homme-Crevette du Pas-de-Calais ? - s'approcha alors de moi et me glaça par ses effroyables paroles :

— B'eh f'eh qu'wa qu'i b'wehra n'ot n'vel am'y quel b'yenv'nu ? M'ifel k'ef Cthulhu y s'er ? Un d'mi, f'neh Dagon ?

LES MOTS PROFANES DES GRANDS ANCIENS ! LE LANGAGE DE CTHULHU !

Je m'enfuis violemment de ce sinistre repaire ! J'étais bien dans l'antre du Malin !

Non ce n'était pas possible, je devenais fou ! Le piège démoniaque des forces occultes se refermait sur moi ! Déjà, les suppôts de Dagon et Cthulhu se ruaient hors du Café et se jetaient sur moi en me menaçant avec leur effroyable regard ! Je n'osai bouger lorsqu'ils se jetèrent sur moi pour me parler poliment avec une courtoisie diabolique ! C'était le maître du sabbat !

— Allons monsieur, revenez boire un verre au Café, c'est la maison qui invite ! Vous avez fait peur à Robert ! Pourquoi vous êtes-vous sauvé ? Il n'est pas méchant, il a juste un bec de lièvre. Il vous a demandé "Bé c'est quoi qu'il boira notre nouvel ami qui est le bienvenu ? Michel, qu'est-ce que tu lui sers ? Un demi, c'est d'accord ?"

Je n'en crus pas un mot ! Ces diables tentaculaires de CTHULHU essayaient de me retenir de force avec leur non-violente gentillesse et leurs regards, mais je réussis à m'enfuir ! Je parvins à m'évader en marchant ! Les suppôts des Grands Anciens ne purent me rattraper !

J'eus l'impression de marcher des kilomètres entiers, dans des dimensions trapézoïdales qui exerçaient sur moi une pression indigne digne d'une entité hypercosmique et extragalactique qui me rappelait la violence qui parfois me submergeait lorsque j'utilisais dans mes phrases tous ces pronoms relatifs, tous ces adverbes et ces adjectifs inutiles dont j'avais le fantasmagorique secret. Je marchai, marchai, et parvins enfin à l'Escale, le Haut Lieu d'Arlon, la Cité Maléfique de DAGON ! Ïa ! Shub-Niggurath ! Le Bouc Noir Aux Mille Chevreaux ! (Excusez-moi, cela me prend comme des éternuements).


V


L'Escale, lieu de tous les tourments et de toutes les damnations ! Point culminant d'Arlon et point fatidique de la perte de ma santé mentale ! Quelles impossibilités pour la raison se profilaient derrière ce mur d'escalade réputé dans les contrées mystiques de la région ?

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Bon ben voilà en fait c'est nul Arlon et les monstres ça n'existe pas, et il n'y a pas d'aventure du tout, pardon pour le dérangement.

Quelles horreurs funestes allais-je découvrir ? Je voulus tant le savoir mais je craignais que la folie ne m'étreigne tel un Homme-Crevette du Pas-de-Calais ! Je voulus monter au sommet du mur d'escalade, gravir cette maléfique Escale et me lancer à corps perdus dans les maléfices du temps au travers des portes interdimensionnelles sur lesquelles règnent un vide abyssal dans les abîmes du temps déchiré.

Mais sur la porte de la salle de l'Escale, il y avait marqué "Fermé pour rénovation".

Donc bon j'ai pris un taxi et puis je suis rentré chez moi ensuite et ça m'a coûté bien cher des sous de faire le voyage.

Et puis à la réflexion j'ai rien vu de spécial à Arlon, pas d'Homme-Crevette du Pas-de-Calais, pas de mangeur de tartiflette du Luxembourg, pas de monstre tentaculaire (je vous avais raconté des conneries au dessus ;) désolé lol)... Personne ne sortait de l'ordinaire hormis un pauvre couillon affublé d'un bec de lièvre. Cela dit c'était un vrai cauchemar de me faire chier là bas (le cauchemar d'Arlon).

Depuis, j'ai arrêté de lire le site internet Désencyclopédie qui est vraiment pourri et nul à chier et écrit par des cons (d'ailleurs je l'appelle personnellement Merdencyclopédie, je trouve que c'est très drôle) !

Et quand à La Meuse, ce journal merdique, désormais les rares fois où j'en trouve un exemplaire qui emballe le poisson que j'achète au LIDL, je l'utilise pour garnir le fond de la litière de mon chat, ça me revient moins cher que des sacs poubelles !


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