Analyse a-factuelle

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Tout le monde sait qu’il est évident que jamais au grand jamais un article tant soit peu sérieusement scientifique ne commencera par l’expression d’arguments d’autorité tels qu’il « est bien connu que » ou « puisqu’aucun doute n’est permis quant à ».

C’est dès lors sans l’ombre d’un doute que nous pouvons affirmer ici, sur base de présomptions irréfutables puisque totalement issues du meilleur bon sens, que la communauté scientifique ne nous dit rien sur bien des sujets sous le fallacieux prétexte qu’il n’y a rien à en dire puisqu’il n’y a rien à en connaître.

Ce qui est un peu réducteur étant donné que cette absence de faits même est le signe que ce qu’ils ne recouvrent pas, par défaut d’existence, est de facto cachée, puisque non révélée !

Et n’oublions pas que, comme l’affirme fort justement le dogme de Finagle, « La Science est la Vérité. Ne vous laissez pas tromper par les faits. »

Il est remarquable de constater que la science n’a encore développé aucun outil cognitif pour appréhender ce pan entier de la connaissance humaine[1]. Et c’est ainsi, afin de combler cette lacune, que voit le jour par le biais de cet article un arsenal analytique innovant, baptisé ‘analyse a-factuelle’, (avec un a- privatif, comme dans a-contrario : je ne suis pas contraire, et un ‘factuelle’, ce qui est un fait).


[modifier] Définition

Si l’on veut analyser scientifiquement un sujet quelconque dont l’existence n’est ni confirmée, ni infirmée par quelque fait que ce soit, nous entrons dans le domaine de l’analyse a-factuelle[2].

L’analyse a-factuelle est le corpus d’outils analytiques destiné à sous-tendre l’étude scientifique de tout sujet dont l’existence est étayée par une absence totale (voire totalement parcellaire ou absolument lacunaire) de faits généralement quelconques, ou non, les concernant.


[modifier] Méthode analytique

À l’inverse de la méthode dite de Lavoisier[3], dont le mécanisme dialectique est basé sur une mauvaise foi crasse, l’analyse a-factuelle est po-si-tive : Plutôt que de nier, elle éclaire, et permet de restituer au domaine de la Connaissance son équivalent à la Matière Noire de l’Univers dont on sait qu’on l’a quelque part mais qu’on ne sait plus très bien où ni de quoi elle a l’air.

Pratiquement, l’analyse a-factuelle se fait avec patience et abnégation.


[modifier] Exemples d’applications

[modifier] Archéologie a-factuelle

Contrairement aux civilisations bien connues qui depuis la plus haute antiquité ont un jour cessé leurs activités en laissant traîner partout des déchets, des ruines et des musées, il apparaît comme évident que, quelque part, il fut un temps où un nombre n de civilisations avancées (quoi que cela puisse vouloir dire), ont été fondées, ont prospéré (ou du moins vivoté un temps), et ont ensuite totalement disparu !

La meilleure preuve que leur existence est on ne peut plus certaine est qu’ayant totalement disparu, on n’en retrouve aucune trace ! Ceci sous-tendant cela de manière ontologique[4].

Et c’est ici que l’analyse a-factuelle est grande et montre toute son efficacité, car grâce à elle, sans aucun fait dans les mains ni aucune trace dans les poches, ces civilisations disparues peuvent être reconstituées ici, maintenant, comme ça :

Nous pouvons, avec une marge d’erreur assez faible, affirmer que la population desdites civilisations disparues était constituée de gens, très vraisemblablement des deux sexes, s’exprimant dans des langages sonores émis de manière buccale. De plus, les probabilités nous montrent que ces populations maîtrisaient déjà très certainement le sommeil et la respiration, ainsi que l’usage désaltérant de certains liquides aqueux. Il peut enfin être considéré comme acquis qu’ils possédaient à tout le moins des rudiments de la reproduction sexuée, qu’ils étaient aptes à digérer tout ou partie de ce qu’ils mangeaient, et qu’ils jouissaient d’une longévité leur permettant de vivre jusqu’à leur décès. Et voilà pour eux.


[modifier] Histoire a-factuelle

Il est absolument certain que tous les moments historiques dont aucun écho n’a percé ni aucune conséquence ne s'est faite sentir ont été perpétrés dans le plus grand secret par des individus solitaires (Grands Inconnus), des groupes occultes (Sociétés Secrètes), voire même des agents extérieurs (Visiteurs Venus d’Ailleurs et Qui y Sont Généralement Retournés).

Les Grands Inconnus sont des personnages dont on ne sait rien des circonstances de leur naissance, qui ont mené leur existence dans le plus grand secret, et qui se sont volatilisés dans la nature, sans que rien de ce qu’ils ont pu faire en ce monde dans l’indifférence générale n’ait eu la moindre conséquence directe ou indirecte. La meilleure preuve a-factuelle de leur existence avérée est qu’on ne les retrouve dans aucun dictionnaire historique, même sous un faux nom !

Les Sociétés Secrètes[5] ne peuvent, par définition, être secrètes que si et seulement si personne autour d’elles ne sait qu’elles existent (et si même les membres n’en savent rien, c’est encore mieux) ni ce qu’elles font (si tant est qu’elles fassent quoi que ce soit). Leurs agissements ne laissent aucune trace et ne perturbent en rien le train-train quotidien qui les entoure. Au regard de la méthode a-factuelle, le fait qu’elles ne soient cause d’aucun effet et que tout le monde s’en fiche est la preuve évidente que de telles sociétés existent, sinon ça se saurait !

Les Visiteurs Venus d’Ailleurs et Qui y Sont Généralement Retournés nous ont visité tellement discrètement que ce manque total de la moindre trace de leur passage est un silence qui, a-factuellement parlant, ne peut qu’être assourdissant comme preuve indubitable de leur visite.


[modifier] Physique a-factuelle

Au côté du boson de Higgs[6] (qui a quand même joué au malin longtemps avec les physiciens bien qu’ils savaient avec certitude qu’il existait théoriquement vu qu’on pouvait constater de visu qu’il faisait son boulot), l’analyse a-factuelle peut, avec la même certitude toute théorique, affirmer qu’une foultitude d’autres mini bidules subatomiques n’en foutent pas une, leur existence étant prouvée par la simple évidence que leur inactivité n’a jamais été détectée, et pour cause !


[modifier] En conclusion

Bon ben, voilà…

  1. Hormis peut-être pour ce qui ressort de la cryptozoologie, qui consiste à chercher la petite bête qui loup-y-es-tu/non je mets ma culotte.
  2. Oui, un peu comme Dieu, la théologie et tout ça, sauf qu’ici, on parle d’analyse sci-en-ti-fique !
  3. Papa de la chimie moderne, né en 1743 et étêté en 1794. Il affirma entre autres, au sujet des aérolites que des pierres ne pouvaient pas tomber du ciel pour la bonne et simple raison qu’il n’y avait pas de pierres dans le ciel.
  4. Voilà pourquoi l’Atlantide, Mu, Is ou la Terre du Milieu sont de mauvais, très mauvais exemples : ils ont laissé à la postérité leur nom, un historique, voire une description de ce qui les anéantit, ou encore pire, et ça, ce sont des traces, des faits porteurs du risque qu’un jour on les redécouvre (rappelons-nous toujours de Troie, que tous croyaient mythique, et dont on en a retrouvé finalement une bonne demi-douzaine empilées les unes sur les autres !). Ils sortent totalement du champ d’application de notre méthode, et puis voilà.
  5. À ne pas confondre avec les groupes folkloriques dont les membres se déguisent en Templiers de salon afin de, par exemple, jouer aux ouvriers du bâtiment, garder des pyramides à l’œil, ou, pour les moins recommandables, dessiner des K sur des paquets de cigarettes.
  6. Dont la preuve de l’existence, longtemps théorique, arrangeait bien les physiciens puisque sans lui, ils se retrouvaient avec des lois physiques qui expliquaient tout, sauf le fait que l’univers existe tel qu’il est, et qui vient il y a peu de sortir de notre champ d’investigation puisqu’on a fini par lui mettre la main dessus.


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