AllĂŽ BiĂšre Shit
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AllĂŽ BiĂšre ShitÂź est une entreprise parisienne dĂ©marrĂ©e en 1994 par Alexis Lemennissier et Pierre-Joseph SeilliĂšres. SA au capital dâĂ peine 21000 euros, la compagnie emploie dĂ©sormais quatre cents personnes et possĂšde des filiales Ă Lille, Marseille, Strasbourg, Lyon et Bordeaux.
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[modifier] Concept
La sociĂ©tĂ© AllĂŽ BiĂšre ShitÂź (ABSÂź) propose Ă ses clients de les livrer Ă domicile en biĂšre et en shit, ce Ă nâimporte quelle heure du jour et de la nuit. Alexis Lemennissier expose les dĂ©buts de sa compagnie :
« Le concept initial, câĂ©tait AllĂŽ Champagne CokeÂź, car nous pensions toucher une niche de consommateurs aux revenus Ă©levĂ©s et par consĂ©quent susceptibles de payer rapidement et sans regarder au prix. Cependant on sâest vite rendu compte via diffĂ©rentes Ă©tudes de marchĂ© et par notre expĂ©rience personnelle que les consommateurs de coke et de champagne Ă©taient trop minoritaires, et quâen prĂ©vision de leurs activitĂ©s, ils gardaient suffisamment de produits en rĂ©serve pour la nuit â nous serions devenus faillitaires en peu de temps. Ou alors il aurait fallu axer notre campagne commerciale sur le consommateur Ă tendance toxico-alcoolo, pour qui lâusage nâest plus seulement rĂ©crĂ©atif, mais cela aurait Ă©tĂ© beaucoup de contraintes administratives et de problĂšmes de recouvrement de crĂ©ances, sans parler de la concurrence avec les holdings sud-amĂ©ricaines trop bien implantĂ©es sur ce secteur dâactivitĂ©s.
Certes, nous avons bien un portefeuille de clients dĂ©pendants et malades mentaux avec AllĂŽ BiĂšre ShitÂź, mais Ă©tant donnĂ© que nos tarifs sont adaptĂ©s aux petits consommateurs, nous sommes payĂ©s en temps et en heure â dâautant que nous avons le quasi-monopole du marchĂ© de la livraison Ă domicile. »
Aujourdâhui, AllĂŽ BiĂšre ShitÂź approvisionne chaque nuit plusieurs centaines de fumeurs de cannabis alcooliques français rĂ©partis sur plus de 86 500 kmÂČ.
[modifier] Légalité
Bien sĂ»r, AllĂŽ BiĂšre ShitÂź est une entreprise tout ce quâil y a de plus lĂ©gale. Comme nous le confirme monsieur SeilliĂšres, la compagnie ne distribue quâune rĂ©sine de cannabis spĂ©cimen, autant dire quâil ne sâagit que de dĂ©coration dâintĂ©rieur.
« Les toxicomanes font appel Ă nous pour soigner un manque psychologique, en aucun cas nous ne fournirions de vraie drogue, allons donc ! » nous glisse-t-il avec un clin dâĆil. « Le cannabis fourni est une forme de pĂąte Ă modeler trĂšs ressemblante, et nos livreurs sâils sont contrĂŽlĂ©s, ne risquent absolument rien Ă©tant donnĂ© lâĂ©tendue des pots-de-vins que nous versons Ă la brigade des stupĂ©fiants. Jâai dit pots-de-vins ? Excusez-moi, il fallait comprendre :participation dĂ©sintĂ©ressĂ©e Ă la cagnotte du bal des orphelins de la police. »
Et pour la biĂšre, câest lĂ©gal ? « Bien sĂ»r que oui ! Nous ne livrons que de la biĂšre sans alcool, donc câest 100 % lĂ©gal ! Allons, vous connaissez UNE SEULE entreprise française capable de vendre de lâalcool sans se soucier de lâĂąge des consommateurs, et en proposant des facilitĂ©s de paiement dĂ©fiant toute concurrence ? Et bien laissez-moi vous dire que si UNE SEULE entreprise française tolĂ©rait cette bassesse, et bien elle ne mĂ©riterait pas du tout dâĂȘtre française, croyez-moi. Ou alors câest quâelle a un directeur dâachat mystĂ©rieusement disparu Ă lâĂ©tranger, et dans ce cas ce ne serait pas la faute des dirigeants de cette entreprise mais bien de celle des lobbys communistes de la CGT. Pourquoi ? Allons donc ! Ils sont partout ! ».
[modifier] Concurrence
Si AllĂŽ BiĂšre ShitÂź a acquis le monopole de la livraison tardive lĂ©gale de biĂšre et de shit, câest, selon SeilliĂšres, parce que ses concurrents nâont pas su sâadapter au marchĂ©.
« Nous avions des concurrents perpĂ©tuellement dans lâillĂ©galitĂ©, de mauvais gestionnaires, qui nâhĂ©sitaient pas Ă se dĂ©charger des rĂ©sultats mĂ©diocres de leurs exercices en se dĂ©foulant sur leurs salariĂ©s. Je me souviens de notre principal adversaire, la sociĂ©tĂ© Hamid ChelouÂź, qui proposait tellement de produits stupĂ©fiants, quâelle nâa su optimiser ses calculs de coĂ»ts et sâest vite retrouvĂ©e dĂ©ficitaire. Incapable de rembourser son principal fournisseur, la holding Afghan InternationalÂź, lâentreprise a dĂ©posĂ© le bilan et fini dans la Seine.
Nous avons bien Ă©videmment rĂ©cupĂ©rĂ© les contrats qui liaient Hamid ChelouÂź Ă Afghan, et embauchĂ© dâanciens cadres de cette compagnie. Ces hommes Ă©taient rĂ©ellement compĂ©tents, croyez-moi, ils Ă©taient juste sous-Ă©valuĂ©s par leur ancienne boĂźte. Câest grĂące Ă eux que nous avons dĂ©fait notre autre principal concurrent, VlĂŒkje KllerstrimÂź, la filiale hollandaise de marijuana et de biĂšre Ă dix degrĂ©s. Les hollandais avaient pignon sur rue dans le Nord de la France, mais ils ne rĂ©flĂ©chissaient pas en terme dâĂ©conomie attractive et de libĂ©ralisme primitif. Ils pensaient quâavec une offre toujours croissante, ils pouvaient maintenir leurs tarifs ! Nous nâavons eu quâĂ envoyer des enseignes autour de Lille et proposer une marchandise meilleure Ă moindre coĂ»t. RĂ©sultat : des clients fidĂ©lisĂ©s, et des concurrents ridiculisĂ©s dont les employĂ©s cherchent Ă tout prix Ă intĂ©grer nos effectifs ! »
[modifier] Tarifs
Avec le monopole du marché, AllÎ BiÚre ShitŸ en a-t-il profité pour augmenter ses prix ?
« Absolument pas ! » sâĂ©crie Lemennissier « ce serait immoral pour nos clients ! De plus, nous ciblons aussi les classes les moins aisĂ©es de la population, nous devons leur rendre un service adaptable Ă leurs besoins ! Franchement, vous croyez que la moitiĂ© du pays serait alcoolique â pardon, je voulais dire Ćnologue, si le vin coĂ»tait cher ? Et comment payer nos impĂŽts par la suite, sans consommateurs ? »
Nous en arrivons au vrai problĂšme : les charges.
« Aujourdâhui, le vrai problĂšme est lâimpĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s, qui nous Ă©trangle, et aussi la TVA Ă 19,6 % qui rĂ©duit le pouvoir dâachat de nos consommateurs. Nous avons demandĂ© Ă lâEtat de nous accorder une TVA Ă 5,5 %, appuyĂ©e par nos clients, mais rien nây fait. Le lobby europĂ©en continue dâingĂ©rer dans les affaires des entreprises qui ne cherchent quâĂ faire le bien autour dâelles. Franchement, quand je vois un jeune qui traĂźne dans la rue, je nâai quâune envie : lâengager immĂ©diatement comme dealer ! Mais que voulez-vous, lâEurope semble prĂ©fĂ©rer les chĂŽmeurs ! »
[modifier] Avenir de la société
La sociĂ©tĂ© française sâenfonce dans la dĂ©pression, le moral est au plus bas. Câest une vraie tragĂ©die, sauf pour la sociĂ©tĂ© AllĂŽ BiĂšre ShitÂź, qui surfe sur la vague du spleen Ă fond la mobylette, selon Pierre-Joseph SeilliĂšres.
« En terme de chiffre dâaffaire, le bilan 2008 nous promet un rĂ©sultat qui dĂ©passe les objectifs fixĂ©s en 2007 du triple. Nous avons atteint notre seuil de rentabilitĂ© en fĂ©vrier, vous rendez-vous compte ? LâĂ©lection prĂ©sidentielle a Ă©tĂ© un vĂ©ritable coup de pouce dans notre activitĂ© : vous nâavez pas idĂ©e du nombre de futurs RMIstes alcooliques et sans espoir qui se mettent au shit pour trouver le sommeil, des retraitĂ©s insomniaques qui nous appellent Ă deux heures du matin pour une bouteille de Fernet-Branca ou du taux dâĂ©tudiantes qui boivent de la vodka pour oublier quâelles se prostituent afin de payer leurs appartements de six mĂštres carrĂ©s ! Et sans parler du quota de branleurs habituels, Ă©tudiants sans avenir, tĂ©lĂ©conseillĂšres dĂ©pressives, zonards ou intĂ©rimaires de chantier, coincĂ©s dans des chambres de bonnes, qui contactent nos livreurs pour Ă©gayer avec de la mauvaise drogue et de lâalcool leurs soirĂ©es de pauvres ! 2008, câest la BA-RA-KA ! »
Une bien belle parole optimiste, qui nous montre quâune fois encore, lâesprit dâentreprise permet aux peuples dâavancer.
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