Ainsi cherchait un emploi Zarathoustra

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[modifier] Prologue

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Bonjour, je m'appelle Friedrich et j'ai une moustache sublime.

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Bonjour, Friedrich !

Quand Zarathoustra eut trente ans, il quitta sa patrie et le lac de sa patrie et s'en fut dans la montagne. Il vécut là, se nourrissant de sa sagesse et de sa solitude, et dix ans passèrent sans qu'il en fût las. Mais il advint que son cœur changea, et un matin, s'étant levé avec l'aurore, il se présenta devant le soleil et lui parla ainsi :

« Ô grand astre ! Que serait ton bonheur, si tu n'avais ceux que tu éclaires ?

Voici dix ans que tu montes jusqu'à ma caverne ; tu te serais dégoûté de ta lumière et de ce trajet, si nous n'étions là, moi, mon aigle et mon serpent.

Mais nous t'attendions chaque matin, pour te prendre ton superflu et t'en rendre grâces.

Vois : je suis saturé de ma sagesse, comme l'abeille qui a butiné trop de miel ; j'ai besoin de mains quémandeuses.

Je voudrais donner, et je voudrais aussi, avant dix ans, m'offrir une Rolex, pourvu que les sages d'entre les hommes se sentent heureux de leur folie, les pauvres heureux de leur richesse.

Il me faudra pour cela descendre dans les profondeurs, comme tu le fais chaque soir, quand tu plonges au-dessous de la mer pour aller porter ta lumière au monde souterrain, astre débordant de richesse.

Il me faudra comme toi travailler, ainsi que disent les hommes vers lesquels je veux descendre.

Bénis-moi donc, œil paisible qui peux voir sans envie même l'excès de bonheur !

Bénis le prolétaire qui va candidater, et que son or ruisselant aille porter partout le reflet de ta félicité.

Vois : ce prolo aspire à pointer de nouveau, et Zarathoustra aspire à redevenir homme. »

Ainsi commença le déclin de Zarathoustra.

[modifier] Premier rendez-vous à Pôle Emploi

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Je suis l'auteur du Zarathoustra.

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Enfin, pas de ce Zarathoustra.

Là-dessus, Zarathoustra marcha deux heures encore, se fiant à la route et à la lueur des étoiles ; au bout de ces deux heures, il arriva au Pôle Emploi de la Vache Bariolée, s'installa dans une salle d'attente que des contempteurs de la vie avaient baptisée « Auditorium », et patienta. Enfin, un jeune homme arriva, stupéfait, et déclara :

— Monsieur Zarathoustra Nietzsche[1]? Voulez vous bien m'accompagner ?

Zarathoustra le suivit jusqu'à un bureau surhumainement sobre, et le jeune homme lui demanda :

— Bien, Monsieur. Nous allons déterminer ensemble quelle est votre cible. Avez-vous une idée de votre objectif ?
— Le grand Midi.
— Plaît-il ?
— Le grand Midi, c'est l'heure où l'homme, parvenu au milieu de la voie qui va de l'animal au Surhumain, célèbrera comme sa plus haute espérance le chemin déclinant du soir ; car c'est le chemin du nouveau matin.
— ...
— Au moment de périr, il s'estimera bienheureux de passer dans une autre sphère ; et pour lui, le soleil de la connaissance atteindra son zénith.
— Eh ben...
Tous les dieux sont morts, ce que nous voulons à présent, c'est que le Surhumain vive ; tel sera un jour, lors du grand Midi, notre vouloir suprême.
— ...Je pense que nous allons partir sur un accompagnement rapproché.
— Mais je l'ai voulu ainsi !

Ainsi parlait Zarathoustra.


[modifier] Atelier lettre de motivation

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En fait, l'auteur écrit "Je suis l'auteur du Zarathoustra" pour me faire dire que moi, je suis l'auteur du Zarathoustra.

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Donc quand il écrit "Je suis l'auteur du Zarathoustra, ça veut dire "Je ne suis pas l'auteur du Zarathoustra.

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Et il a déjà fait le coup de masser des images à droite.

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Ou de répéter la même image. Ou de dire "ça, c'est déjà fait".

[modifier] 1

Zarathoustra atteignit la lisière de la ville, et entra dans un bâtiment. Là, il rencontra des hommes qui lui demandèrent :

— Zarathoustra, es-tu là pour l'atelier ?

Zarathoustra acquiesca, puis pénétra dans une salle austère et s'assit. Il médita jusqu'à ce qu'une voix interrompe ses réflexions :

— Bonjour à tous. Nous sommes ici pour apprendre à rédiger des lettres de motivation efficaces. Avant toute chose, il faut garder en tête que votre objectif est de capter l'intérêt du recruteur. Pour cela, montrez que vous connaissez l'entreprise et qu'elle vous attire, mettez en valeur votre motivation, et surtout, soyez concis, synthétiques et directs. Monsieur, vous n'êtes pas d'accord ? Et pourquoi écrivez-vous en rouge?
— Celui qui écrit avec son sang et en maximes ne veut pas être lu, mais appris par cœur.
— J'ai bien peur de ne pas vous suivre.

— Quand on connaît le lecteur, on ne fait plus rien pour le lecteur. Encore un siècle de lecteurs, et l'esprit lui-même sera une puanteur.

Que tout le monde ait le droit d'apprendre à lire, voilà qui à la longue vous dégoûte non seulement d'écrire mais de penser.

Jadis l'esprit était Dieu, puis il s'est fait homme, à présent il devient canaille.

Ainsi parlait Zarathoustra juste avant d'apprendre à faire une belle lettre de motivation avec le Faux Sage.

[modifier] 2

Le Faux Sage ne s'attarda pas sur les paroles de Zarathoustra et poursuivit son laïus. Il insista sur le choix de termes positifs et professionnels. Ainsi, il fallait, pour lui, éviter à tout prix « je pense être » et préférer à cette formulation « je suis ». De même, les demandeurs d'emploi devaient bannir « j'aimerais », trop sentimental et hésitant, et écrire plutôt « je veux ».

Tout Faux Sage qu'il était, ces paroles qu'il prononça agréèrent aux animaux de Zarathoustra[2]. Aussi, Zarathoustra se leva et parla à ses disciples :

— Tout l'être sensible souffre en moi de se sentir prisonnier, mais toujours mon vouloir intervient pour m'affranchir et me donner la joie.

Vouloir est délivrance ; telle est la vraie conception du vouloir et de la liberté ; voilà l'enseignement de Zarathoustra.
— Enfin, voulez-vous bien me laisser finir la formation ?
— Ne plus vouloir, ne plus juger, ne plus créer ! Oh ! Puisse cette grande lassitude me demeurer toujours étrangère !

Ainsi parlait Zarathoustra.

[modifier] 3

Le Faux Sage était sur le point de finir sa session de formation lorsqu'il interpella Zarathoustra et les autres Hommes Supérieurs en ces termes :

— Et surtout, n'oubliez pas, c'est bien vous qui vous exprimez, donc exprimez-vous à la première personne ! Dites « je » et « moi » !

Entendant cela, Zarathoustra rit. Puis il dit :

— Tu dis « moi » et tu es fier de ce mot. Mais il y a quelque chose de plus grand, à quoi tu refuses de croire, c'est ton corps et sa grande raison ; il ne dit pas mot, mais il agit comme un Moi.
— Allons bon ! Monsieur Nietzsche se lance à nouveau dans ses diatribes ! Je vais vous laisser rentrer chez vous, il déblatèrera aussi bien tout seul !

— Ton Soi rit de ton Moi et de ses bonds prétentieux. « Que m'importent ces bonds et ces envols de la pensée ? se dit-il. Ils me détournent de mon but. Car je tiens le Moi en lisières et lui souffle ses pensées. »

Le Soi dit au Moi : « Souffre à présent .» Et le Moi souffre et se demande comment ne plus souffrir – c'est à cela que doit servir la pensée.

Le Soi dit au Moi : « Jouis à présent .» Et le Moi ressent de la joie et se demande comment goûter souvent encore de la joie – c'est à cela que doit servir la pensée.

Ainsi parlait Zarathoustra.

[modifier] Atelier CV

Zarathoustra revint la semaine suivante au même endroit, soulagé et consterné qu'il était de ne plus déverser sa sagesse, puisque tous avaient refusé de l'entendre. « Les voilà, se dit-il en son cœur, les voilà qui rient ; ils ne me comprennent point, je ne suis point la bouche qui convient à ces oreilles. »

Mais Zarathoustra s'était fait une raison, admettant que le chemin vers le Surhumain était long, et que lui ne serait pas le Surhumain, mais qu'il avait pour tâche de l'engendrer. Aussi s'assit-il et suivit-il attentivement les propos du formateur du jour, le plus Hideux des Hommes.

— Bien. Nous allons travailler à rendre votre CV intéressant pour un recruteur. Tout d'abord, nous allons soigner la présentation. Qu'est-ce qui rend un CV agréable à l'œil ? Oui, Monsieur Nietzsche ?
— Où y a-t-il de la beauté ? Là où tout mon vouloir m'oblige à vouloir ; où je veux aimer et périr afin qu'une certaine image ne demeure pas uniquement une image.
— Euh... Certes... J'aurais dit « une bonne organisation, des titres clairs, et un bon équilibre entre variété et sobriété ».

Mais qu'importaient ces rebuffades à Zarathoustra, tant qu'il restait entouré par l'animal le plus fier sous le soleil et l'animal le plus sage sous le soleil ? Aussi travailla-t-il son CV.

En fin d'atelier, le plus Hideux des Hommes revint vers Zarathoustra et lui demanda :

— Bien. Puis-je voir votre CV ?


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NIETZSCHE TE VOIT QUAND TU TE MASTURBES !!!!

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Enfin, moi, c'est le cas, vu que j'ai un poster de lui dans ma chambre.

Le plus Hideux des Hommes soupira et haussa les épaules pour exprimer son marasme. Voyant cela, Zarathoustra se leva et se prépara à poursuivre sa route ; car il se sentait glacé jusqu'aux moelles.

— Proscrit volontaire, tu ne veux plus vivre parmi les hommes et la compassion humaine ? Soit, fais comme moi ! Ainsi tu t'instruiras à mon exemple. C'est en agissant qu'on s'instruit.

Ainsi parlait Zarathoustra.

[modifier] Entretiens d'embauche

Lorsque Zarathoustra eut suivi d'autres ateliers lui permettant de préparer au mieux des entretiens de recrutement, il se lança dans les candidatures. Et si la masse des recruteurs voyaient d'un mauvais œil son profil un peu atypique, quelques exemples de cette nouvelle noblesse qu'il appelait de ses vœux l'avaient recontacté. Aussi se remémora-t-il au mieux les conseils de ses formateurs afin de parfaitement aborder ces rencontres.

[modifier] Premier entretien

Zarathoustra marcha jusqu'à un bâtiment à l'aspect carcéral. Il y entra et y rencontra un homme à l'aspect terne et bouffi. Celui-ci lui déclara :

— Bonjour, Monsieur. Je vous rappelle que vous êtes candidat à un poste de contractuel pour enseigner la philosophie dans notre beau lycée. J'ai eu un aperçu de vos travaux en philosophie, qui sont tout à fait intéressants, et en tout cas originaux. Mais je voulais savoir ce que signifiait, pour vous, intégrer la fonction publique et servir l'État.

— L'État ? Qu'est-ce à dire ? Allons ! Ouvrez vos oreilles et je vais vous parler de la mort des peuples.

L'État, c'est le plus froid des monstres froids. Il est froid même quand il ment ; et voici le mensonge qui s'échappe de sa bouche : « Moi, l'État, je suis le peuple. »
— Mais enfin... Cela ne vous intéresse pas d'être au service de vos concitoyens ?
— Si tant est qu'il y ait encore un peuple, il ne comprend rien à l'État et le hait comme le mauvais œil, comme un péché contre la morale et le droit.
— Écoutez... J'ai bien peur que vous n'ayez pas l'état d'esprit d'un fonctionnaire responsable...
— La confusion de toutes les langues du bien et du mal, voilà le signe que je vous donne ; telle est la marque de l'État. En vérité, c'est un symptôme de la volonté de mourir. En vérité, c'est une invite aux prédicateurs de la mort.

Ainsi parlait Zarathoustra.

[modifier] Deuxième entretien

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Même que ça m'émoustille drôlement.

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Nietzsche dit : "Coucou, tu veux voir ma bite ?".


Zarathoustra chemina encore jusqu'à ce que le soleil ait presque atteint son zénith. Encouragé par la radiance de l'astre solaire, il se présenta à son rendez-vous. Il suivit son contact dans son bureau, gardant bien en tête qu'il fallait prétendre accepter les valeurs de cette société de superflus et de Derniers des Hommes pour atteindre son objectif.

Son interlocuteur lui parla en ces termes :

— Bonjour, Monsieur Nietzsche. Tout d'abord, votre parcours de vie ne manque pas d'intérêt, mais vous conviendrez qu'il n'est guère conventionnel. Qu'est-ce qui vous a amené à faire ces différents choix de vie ?

Zarathoustra répondit :

— Il me semble qu'il était crucial, étant donné les évolutions rapides de la technologie et du monde du travail, d'apprendre à bien me connaître moi-même et de développer des compétences d'adaptabilité, d'autonomie et de prise de décision, cela dans une optique de performance et d'accomplissement d'objectifs 2.0. Aujourd'hui, je me sens pleinement apte à apporter tout mon éventail de compétences et toute ma motivation à la société et, je l'espère, à votre compagnie dont j'admire le business model qui tient compte à la fois des exigences du marché B2B et de celles du marché B2C, le tout au sein d'une approche résolument responsable et eco-friendly.
— Fort bien ! Vous me parlez d'objectifs. Est-ce nécessaire, selon vous, de se fixer des objectifs dans la vie ?
— Évidemment. À mes yeux, l'ambition apporte beaucoup, non seulement à la personne qui s'attache à ces objectifs, mais aussi à son entourage, et, en fin de compte, à tous. Cependant, il faut que ces objectifs entrent dans une démarche d'accomplissement de soi.
— Eh bien ! Je vois que vous partagez les valeurs de notre entreprise ! Une dernière chose, au niveau de votre vie familiale, quels sont vos projets ?

— Ce que la multitude, la foule des superflus, appelle le mariage, hélas ! Quel nom lui donnerai-je ?

Hélas ! cette misère de l'âme à deux ! Hélas ! cette ordure de l'âme à deux ! Hélas ! ce pitoyable bien-être à deux !

Voilà ce qu'ils appellent le mariage. Et ils prétendent que leurs mariages sont inscrits au ciel !

Le recruteur eut un rire nerveux et interrompit Zarathoustra :

— Euh... Peut-être pourriez vous mettre de l'eau dans votre vin...

Bien au contraire, Zarathoustra s'enflamma :

— Ne riez pas de tels mariages. Quel enfant n'aurait pas lieu de pleurer sur ses parents ?

Son interlocuteur, justement, fondit en sanglots, serra la photographie de ses deux enfants contre sa poitrine, et quitta le bureau[3]. Zarathoustra émit un rire narquois et ajouta :

— Beaucoup de brèves folies – c'est ce que vous appelez l'amour. Et à ces folies le mariage met fin – par une longue bêtise.

Ainsi parlait Zarathoustra.

[modifier] Troisième entretien

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Un coup, au Scrabble, j'ai placé "nietzschéen" en mot compte triple.

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Depuis, ma famille ne me parle plus.

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"Je t'ai pas trop dérangé dans ta lecture ?"

Zarathoustra insista dans ses recherches d'emploi pendant trois jours et trois nuits. Au matin du quatrième jour, il se mit en marche afin de rencontrer deux disciples employeurs potentiels.

Arrivé devant les locaux du premier, il sonna et on l'introduisit dans le bureau de la directrice de la structure :

— Bonjour, Monsieur. Merci de votre ponctualité. Vous n'avez pas eu de problème avec les bouchons ?
— Non, je suis venu à pied.
— Très bien ! Nous avons des valeurs fortes, et votre souci de l'environnement vous honore. Pour commencer, qu'est-ce qui vous motive le plus dans le poste proposé ?

Zarathoustra se souvint qu'il fallait mettre en avant ce qui correspondait le mieux au poste proposé et à l'employeur. Aussi répliqua-t-il :

— Eh bien, travailler pour une association dans le domaine de l'assistance juridique, c'est permettre à tous et à chacun de faire valoir ses droits. Cela implique donc un goût du contact, et également une utilité sociale.
— Très bien. Vous parlez de défendre « tous et chacun ». Dites m'en plus à ce sujet.
— Toute vie n'implique-t-elle pas le vol et le meurtre ?

La recruteuse ouvrit de grands yeux et tint à préciser :

— Euh, vous savez, nous faisons très peu de pénal. Nous essayons surtout d'aider de pauvres gens à faire face à leur bailleur, à leur banque... et à les faire condamner, et cela dans le but de rétablir une certaine égalité.
— « Volonté d'égalité » - voilà désormais le nom que les tarentules donneront à la vertu ; elles poursuivront de leurs cris tous ceux qui détiennent la puissance.
— Je ne sais que vous répondre...

— Je vous donne donc ce conseil, mes amis, méfiez-vous de tous ceux chez qui l'instinct de punir est puissant.

C'est une triste engeance, une mauvaise race ; leurs faces trahissent le bourreau et le limier.

Ainsi parlait Zarathoustra.

[modifier] Quatrième entretien

Poussé dehors par un agent de sécurité, Zarathoustra trouva le lieu de l'entretien suivant et s'y fit recevoir par un homme austère habillé d'un costume-cravate rutilant. Il était décidé à ne plus se cacher derrière des faux-semblants.

— Bonjour, Monsieur Nietzsche. Avant toute chose, permettez-moi d'insister sur la difficulté de ce poste de sous-directeur. Nous avons rejeté plus d'un candidat sérieux, tout simplement parce qu'il nous semblait trop fragile. Je voudrais d'abord comprendre comment vous envisagez cette fonction de manageing.

— On commande à celui qui ne sait pas s'obéir.

Et voici le point suivant : commander est plus difficile qu'obéir. Non seulement parce que celui qui commande assume la charge de tous ceux qui lui obéissent, et que cette charge risque de l'écraser, mais parce que j'ai reconnu que commander comporte une chance et un risque, et chaque fois qu'il commande, le vivant risque sa vie au jeu.
— Bien, vous avez une vision réaliste du rôle qui pourrait vous être assigné. Et d'ailleurs, qu'est-ce qui vous attire, dans le travail proposé ?

— Passion de dominer : verges cuisantes réservées aux cœurs durs entre tous ; cruel martyre réservé au plus cruel ; sombre flamme des bûchers où grésille la chair vive.

Passion de dominer : frein cruel imposé aux peuples les plus orgueilleux ; insulte à toute vertu incertaine ; cavalier qui chevauche toutes les montures et tous les orgueils.
— Ah ! De l'audace, très bien ! Mais, pour vous, en tant que directeur, faut-il toujours se comporter de manière éthique ?
— Où je vois de la bonté, je vois aussi de la faiblesse. Où je vois justice et pitié, je vois juste autant de faiblesse.
— Ah ! Enfin une vision sans concession ! Passons à un cas pratique. Imaginez que la société souffre d'un trop-plein de main-d'œuvre ; comment gèrerez-vous cette décision ?

— Celui qui n'a jamais vécu, comment pourrait-il mourir à temps ? Mieux vaudrait qu'il ne fût point né. Tel est le conseil que je donne aux superflus.

Mais les superflus eux-mêmes attachent bien trop d'importance à leur mort, et la noix la plus creuse exige encore qu'on la casse.
— Formidable ! Je crois que nous tenons notre homme !
— L'homme est ce qui doit être dépassé.

Ainsi parlait Zarathoustra.


[modifier] Épilogue

Le Barbier
Du sang neuf dans les télécommunications en France

Zarathoustra Nietzsche a été nommé, hier, sous-directeur du groupe Fraise-France Bigophone. Cet inconnu du grand public prône des méthodes originales, sans tabou ni dogmatisme. Il a déjà mis en place une restructuration des agences régionales. Lorsqu'on lui a demandé s'il allait revenir aux méthodes de gestion des années 2000, qui ont provoqué plusieurs suicides, et si sa volonté réformatrice allait durer, voilà ce qu'il nous a répondu :

« Oh ! Comment ne brûlerais-je pas du désir de l'éternité, du désir de l'anneau des anneaux, l'anneau nuptial du Retour!

Jamais encore je n'ai rencontré la femme de qui j'eusse voulu des enfants, si ce n'est cette femme que j'aime ; car je t'aime, ô, Éternité !

Car je t'aime, ô, Éternité ! »

La Bourse a salué ce choix d'une continuité avec la politique menée depuis l'ouverture du capital. Le cours de l'action a monté de quatorze points ce matin.

[modifier] Voir aussi


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  1. Ben oui, on porte généralement le nom de son créateur
  2. Il avait demandé au formateur s'il pouvait amener son serpent et son aigle à la séance. Heureusement qu'il était tombé sur un membre de la SPA.
  3. Par la fenêtre. Depuis le dixième étage.


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